‹ Traité des maladies des artères des veines (volume 2)Chapitre 13 sur 50 · RS TNA LA ELLES · texte numérisé non relu

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démontrer que les membranes artérielles sont le siége de la maladie. En effet , c’est dans la membrane interne que se dépose la’ matière calcaire, et si l’on trouve cette substance dans toutes les parties du sac , on en pourra conclure qu’il est formé par la membrane interne, de sorte que « l'identité de maladie indique l’identité de structure (1) ». Au reste cette membrane est très-épaissie et ressemble. au péritoine dans un sac herniaire ancien.

Des poches ou sacs plus petits naissent souvent sur-les côtés du grand kyste, et sont entourés d’une croûte calcaire. D’autres fois Jes membranes dilatées paraissent s'être ou vertes dans quelque endroit, et un anévrisme est pour ainsi dire enté sur l'artère dilatée. Cette circonstance pourrait sans doute faire confondre la maladie avec un anévrisme ; mais dans ces cas, l'endroit où commence le col du sac est très-manifeste, et son enveloppe ne présente pas ces apparences morbides particulières aux membranes artérielles. Une autre particularité qui distingue aussi ces dilatations de la plupart des anévrismes est qu’on n’y trouve jamais de coagulum lamel- Jeux, comme dans ces derniers. M. Allan

(1) BicHaT, Anatomie générale, tome 11, p. 294.

DES ARTÈRES ET DES VEINES. 65 Burns (1) cite un cas où il a rencontré quelques couches de coagulum ; mais la dilatation avait une telle étendue, qu’elle avait produit des fentes dans les membranes du sac, Où il s'était déposé de la fibrine. La dilatation se termine souvent brusquement à Ja courbure de l'aorte ; mais d’autres fois elle va en diminuant graduellement. Parfois la dilatation est partielle et occupe seulement un côté du vaisseau , qui forme’ une poche semblable a un anévrisme ; mais de telles di- Jatations partielles contiennent trés-rarement du coagulum lamelleux. Je considérerai les différences essentielles des deux maladies quand je traiterai de la formation de l’anévrisme.

Cette condition morbide des artères se rencontre plus fréquemment dans l'aorte ascendante que dans tout autre vaisseau, du moins je ly ai observée un plus grand nombre de fois que dans toute autre partie du système

sanguin. Je l’ai trouvée aussi à laorte thoracique et abdominale, et les angles où se fait la bifurcation des artères offrent souvent une dilatation remarquable, surtout aux divisions

(1) Burns , On disease®@f the heart, c'est-à-dire, des Maladies du cœur, p. 206.

des artères carotides et iliaques; quelquefois cependant , quoique le vaisseau soit fort dilaté, ses membranes ne présentent aucune altération remarquable de strücture.

Cette maladie, observée par Senac (1), Morgagni(2), Lieutaud ( 3), Haller (4), Richerand (5), Scarpa (6), Pelletan (7) et Blackall (8), a été confondue par ces auteurs , à l'exception des trois derniers, avec l’anévrisme.. Les symptômes qui l’accom- pagnent, quand elle a son siége dans l'aorte ascendante, sont les mêmes que ceux que jai décrits comme constituant ceux de l’angine de poitrine, et se trouvent exposés succinctement dans les observations suivantes.

ic: ) Traite de la Structure du cœur, t. 1, liv. tit, ch. vu, p. 407. Sd

(2) Epist.xvir, art. 19, 233 xvur, 28 ; LXIV, 12, etc.

(5) Historia anatomico- idibls lib. x, sect..7, p.101.

(4), Opuscula pathologica, obs. xx.

(5) Nosographie chirurgicale, t. 1v , p.72.

(6) Réflexions et Observations anatomico-chirurgicales sur |’ anéyrisine ; traduction de M. Delpech, chap.v, p.71. etsuiv. |

(7) Clinique chirurgicale , t.1, p. 88, 90, gt.

(8) Observations on the-nature and cure of dropsies | and on angina pectoris , etc., c’est-à-dire, Observations sur la nature et le traitementies hydropisies et sur l’augine de poitrine, p. 560, S.A FT aa

Un homme vigoureux , âgé de soixante ans, se plaignait depuis long-temps d’une diiliculté de respirer, d’une grande oppression de poitrine, et de palpitations fréquentes du cœur. Il était parfois sujet à des syncopes et préférait la position inclinée. Son pouls, trèspetit, était fréquent et intermittent , et son médecin lui soupgonnait un hydrothorax ou quelque maladie organique du cœur. Dans cet état , se promenant un jour dans sa chambre , il tomba tout-à-coup par terre et expira à l'instant. Le ventricule droit du cœur était mou et très-dilaté. L’aorte , élargie de son origine au commencement de sa portion descendante, formait un large sac qui pouvait facilement admettre ensemble les cing doigts de la main.Cettedilatation se terminait graduellement , et la membrane qui la formait était épaissie et recouverte dans plusieurs endroits d’écaillescalcaires et de dépôts de matière athéromateuse. Les valvules semi-lunaires étaient épaissies et séparées l’une de l’autre. Le ventricule gauche plus large paraissait sain. L’aorte et le ventricule gauche étaient gorgés d’un sang récemment coagulé ; maisiln’y avait pas de coagulum lamelleux à la surface du sac.

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