SECTION II
De la Guérison spontanée et du Trains
| médical de PAnévrisme.
Un des points les plus importans de l’anatomie pathologique est la connaissance des procédés au moyen desquels la nature effectue parfois la guérison d'une maladie. Cette branche de la pathologie nous apprend à ne pas renoncer au traitement d’une affection contre laquelle nous n’avons pas de remèdes assurés , et elle nous indique souvent la mamière d’aider la nature dans ses méthodes curatives. De telles recherches au sujet de l'anévrisme peuvent paraître d’abord super-
remarquer que , dans ces cas de tumeurs sanguines come
‘muniquant avec la cavité d’une artère par une trèspetite ouverture, les pulsations isochrones à celles du pouls sont Aencités dans les premiers temps de la maladie , lorsque surtout la tumeur est encore placée profondément dans lépaisseur de nos tissus, et que dans la derniere période du mal, le mouvement des parties affectées est moins une pulsation distincte qu’une espèce de vibration ou de trémoussement. Ce phénomène mérite toute l'attention des gens de l’art ; il peut éclairer leur conduite, et leur faire juger à priori si la maladie offerte à leur observation est une tumeur sanguine produite par Ja dilatation du tube artériel, ou par l'érosion d’un point des parois de ce canal. ( Note du traducteur.)
flues. La grande hardiesse déployée par la chirurgie moderne dans les opérations qui y ent rapport , la puissance reconnue de la circulation collatérale dans toutes les parties du corps , et la précision donnée à l’application de la ligature semblent établir un remède efficace et certain. Ces motifs peuvent en apparence rendre moins important tout ce qui a rapport aux anévrismes des extremités. Mais lorsque nous considérons que, dans le plus grand nombre des cas, la maladie a son siége au thorax ou a l’abdomen ; que la chirurgie ne peut étendre ses opérations a ces parties ; que ces cas sont considérésen général comme > Sans ressources, et qu’a côté nous voyons l'art arrêter quelquefois les progrès de la tumeur et aider la guérison naturelle, alors peut-être ces recherches ne nous paraïtrontelles pas dépourvues d’un puissant intérêt pratique.
Les procédés par lesquels est effectuée la guérison spontanée de l’anévrisme sont les suivans, d’après mes observations particulières et les exemples que j'ai rapportés :
1°. L’enlévement de toute la tumeur’par le sphacéle, à la suite de Yinflammation trésintense excitée par la distension des. parties environnantes. me
2°. La position prise par la tumeur qui, par sa pression , peut oblitérer la portion supérieure ou inférieure de l’artère en communication avec le sac. | |
BP, L’amas graduel de Ja fibrine du sang | dans le sac anévrismal et dans l’artère qui s’y rend , finit par les oblitérer et par permettre ensuite l’extirpation de la tumeur. Je vais considérer les circonstances propres à produire ces effets, et je chercherai ensuite à en déduire les moyens par lesquels l’art peut lésseconder.
I. Quand un anévrisme des extrémités a acquis un volume énorme , les parties environnantes en éprouvent quelquefois une distension si considérable que la gangrène survient, et que latumeur dégénère en une vaste masse en suppuration. Si les forces du malade peuvent supporter le travail de la nature, la maladie disparaît au moyen des escarres qui, se détachant successivement, sont remplacées par un ulcére de bonne nature qui finit par se cicatriser. On prévient, dans ces circonstances, Vhémorragie de lartère qui communique avec le sac par les moyens employés pour s opposer a l’effusion du sang des vaisseaux des parties gangrenées. Dans les cas de sphacèle, le sang se coagule dans les artéres et dans les veines de la partie , et leurs cavités sont
DES ARTÈRES ET DES VEINES. 159 oblitérées à une distance considérable par des amas de fibrine. Le même effet a lieu fréquemment dans l'artère d’une poche anévrismale attaquée de gangrène : on doit alors espérer que le sphacéle s’étendra assez loin pour produire ce résultat. La formation d’une escarre sur le point le plus distendu de la tumeur est la manière la plus ordinaire dont ont lieu les hémorragies des anévrismes externes : le plus souvent cependant, lesphacèle ne se propage pas assez loin pour oblitérer l'artère. L’observation suivante recueillie à l’hôpitald’ York à Chelsea, présente la guérison d’un anévrisme inguinal volumineux au moyen du sphacèle.