OBSERVATION XVII
Un homme’ avait un large anévrisme po- | plitéqui, à l’époque où il s’adressa à son chirurgien, était trés-dur et sans pulsation. Peu detemps après la tumeur commença à s’ulcérer , et il en sortit une masse très-consistante de coagulum. L’ulcération continua à s’étendre sur la surface du sac; mais la santé du
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malade Hédhiia rapidement, et il mourut faute de pouvoir supporter le travail de la nature. A l’examen du cadavre , on trouva que les extrémités supérieure et inférieure de Partére en communication avec le reste du sac étaient oblitérées par des amas de coagulum. Sur le bout supérieur le coagulum s’étendait jusqu’à l’origine de l'artère profonde, et la fémorale offrait aussi un petit anévrisme du volume d’une noix, entièrement rempli de la même substance.
Le peu de fréquence de la guérison de l’anévrisme par le sphacèle, et les circonstances désespérées de la maladie qui, seule, peut lui donner lieu , doivent la faire craindre plutôt que desirer par l’espoir d’un résultat favorable. Le danger qui accompagne toujours le sphacèle d’une surface aussi étendue: , et lincertitude de l’oblitération de l'artère en communication avec le sac par ce procédé , rendent totalement inadmissible l'idée de l’exécuter au moyen de Part: Autrefois cependant le cautère actuel était recommandé pour Ja guérison de cette maladie, et M. A. Severin (1) rapporte l'histoire d’un anévrisme vo-
Li ; PA RSA ee Hite e ly by 46: sens : — Bs
(1) De Abscessuum recondita -naturé, p. 199- Des
exemples d’anévrismes guéris apres le sphacele et la sup+
DES ARTÈRES ET DES VEINES. 143 lumineux de l’aîne qu'il guérit , aprèsla manifestation du sphacéle, par Papplication de fers rouges et de poudres caustiques. . |
IT. Un sac anévrismal acquiert quelquefois une position telle que le corps de la tumeur est appuyé sur la partie supérieure ou inférieure du vaisseau qui entretient la maladie. Dans ces circonstances, il peut survenir un tel degré d’inflammation dans les membranes de Yartère, par suite de la pression que le sac exerce sur elle, qu'il en résulte l’adhérence de ses parois et l’oblitération de sa cavité. Cet évènement est, je crois, extrêmement rare.
Sir Everard Home a remarqué que l’élargissement du sac dépendant entièrement de la force avec laquelle le sang est poussé par le cœur , il ne doit pas, comme d’abord, continuer à s’opérer à angle droit avec le côté de l'artère , mais bien dans une ligne diagonale entre lui et le trajet de Vartére ellemême, attendu que l'impulsion du sang a lieu dans cette direction: de cette sorte, le sac s’étend le long du côté externe de l’artére, et,
puration des tumeurs sont rapportés par Wiseman, Traité de chirurgie, p. 73, 74; par Wilson , dans les Transactions d'une Société pour les progres des connaissances médicales et chirurgicales , vol. 11, p. 268.
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par sa. pression sur elle , oblitère dans quelques cas l’orifice inférieur de communication, d’où provient la stagnation totale du sang dans le sac (1). Scarpa observe aussi qu’il n’est pas improbable que les exemples de guérison radicale et spontanée des,anévrismes externes ne dépendenten partie de la position du sac, qui , comprimé par les ligamens et les tendons, de-’ vient assez fort pour exercer à son tour, sur Vorifice de l'artère malade , une compression semblable à cellequ’on obtient par desmoyens artificiels et capables de produire le rapprochement des parois artérielles ; qu’a la fin Pinflammation adhésive se manifeste , et que le tube de l’artèreen s’oblitérant constitue le second mode de guérison radicale de cette maladie (2). Toutefois, sir Everard Home et Scarpan’ontappuyé leurs raisonnemens nisur
des observations , ni sur des ouvertures de
cadavres, Dans le cas suivant, il est probable,
a en juger du moins par la dissection , que lo-
blitération de l'artère fémorale et la guérison
de l’anévrisme furent effectuées par la com-.
(1) Transactions of a Society for the improvement of medical and chirurgical knowledge , vol. 1 , p- 130.
(2) ) Scarpa, Réflexions et Observations anatomico-chi-
rurgicales sur ’anéyrisme , etc. , oARa ean, de Delpech.
pression de la partie supérieure de l'artère entre le sac et le fémur.
nsse aux XVIIT.
Un homme âgé de trente ans, après une partie de chasse, éprouva une douleur à la cuisse qu'il crut de nature rhumatismale. Un mois après il s’apercut d’une petite tumeur pulsative dans le trajet de l'artère fémorale , à quatre pouces environ au-dessous du ligament de Poupart. La tumeur augmenta, et la cuisse et la jambe devinrent œdémateuses, On le saigna copieusement et on le soumit à une diète sévère. Des compresses furent appliquées sur la tumeur dans le trajet de l’artère fémorale , jusqu’au ligament de Poupart, et lon entoura le membre de bandes trés-serrées depuis le pied jusqu’à laine. L’application des bandes augmenta la douleur et le malade en ressentit beaucoup de fièvre. Ce traitement était continué depuis quelques mois, lorsque tout-a-coup le membre devint froid et engourdi ; la tumeur et la partie supérieure de la cuisse prirent une teinte livide, et Von conçut des craintes sérieuses que la gangrène ne vint à sen emparer. Le lendemain matin de cet évènement, la pulsation avait cessé dans la tumeur ; mais la couleur livide
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140. shel MALADIES, et le défaut de sensibilité n’en persistaient pas moins. La douleur était abattue, la fièvre moindre , la chaleur du membre commença à revenir et la tumeur à diminuer.
Dès-lors le malade se rétablit progressivement. Cependant ils’écoula un temps fort long avant que les parties eussent repris leur sensibilité naturelle et que l’oœdême fat disparu. Au bout de six mois, il ne ressentait nulle incommodité de cette affection, si ce n’est que la partie supérieure de la cuisse malade avait quatre pouces de plus de circonférence que celle du côté opposé à la même hauteur. Le membre resta douze ans dans cet état, après quoi la tumeur commença à augmenter de nouveau, et fit éprouver au malade de cruelles douleurs à la suite d’exercices pénibles. Depuisce temps, la tumeur augmenta graduellement. Lorsque je la vis, vingt ans après son apparition, elle avait acquis un volume considérable ; mais elle n’avait aucun des caractères d’un anévrisme. Elle paraissait comme charnue , ne présentait pas. de pulsations , et l’on ne pouvait y découvrir aucune fluctuation. Elle continua àaugmenter encore pendant deux ans: alors son sommet s’ulcéra etilen sortit une grande quantité de matières brunâtres mêlées de caillots qui ressemblaient
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beaucoup à du coagulum lamelleux dans un état de putridité : aucune hémorragie ne survint. Il résulta de cette évacuation une large cavité dont la surface paraissait ulcérée: le malade mourut de la fièvre et.de Pirritation quien furent les suites. A l’ouverture du cadavre, on trouva la tumeur formée d’une substance charnue dans un état de suppuration ; mais aucun vaisseau sanguin considérable necommuniquaitavec sa cavité, L’artére fémorale , avant de pénétrer dans le tendon du triceps , était oblitéréedansune longueur de trois pouces. Le corps du sac était appuyé en haut sur la portion obstruée de l'artère, qui devait avoir été compriméeentre le sac et le fémur ; au-dessous dela partie oblitérée les membranes artérielles étaient dans une condition morbide remarquable ; et elles étaient dilatées sous forme d’un petit sac au jarret (1). II parait probable, dans ce cas , que la guérison de Panévrisme fut la suite de loblitération de la partie supérieure de l'artère comprimée entre la tumeur et le fémur. Une action morbide paraît s’être développée quelques années après dans la poche ; qui devint une tumeur sarcomateuse remplie d’un fluide
(1) Planche ty, fig. 6.
148. me MALADIES grumeux , mêlé de caillots , très-semblable à du coagulum lamelleux dans un état de putridité (1). : my ‘Ona vu la pression d’un sac anévrismal oblitérer une artére adjacente. M. Astley Cooper cite un exemple dans lequel la cavité de l'artère carotide commune fut fermée par la pression d’un anévrisme de l'aorte qui s’étendait en haut vers le cou, sur le côté de la trachée (2). J’ai rencontré la cavité de Vartère sous-clavière gauche oblitérée par la pression d’un anévrisme de la courbure de l'aorte. A l’origine de l'artère sous-clavière, il y avait aussi un petit anévrisme dont la guérison | spontanée avait commencé par l’amas de coagulum lamelleux , à la suite de l’occlusion de cette partie du vaisseau communiquant avec l'extrémité humérale du sac. Sous ce rap-
(1) J’eus occasion de voir ce malade pendant qu’il était traité par M. Freer de Birmingham , auquel je suis aussi redevable d’avoir pu examiner les parties enlevées après la mort. M. Freer a rapporté le commencement de l’histoire de ce fait dans ses Observations sur l’Anéyrisme; p. 106 ; la suite a été postérieure à la publication de Vous yrage ae M.'Freer,
(2) Medico- Chirurgical Transactions. publised by the medical and chirurgical Society of London, vol. 1, p- 12; pl. Il , fig. 2, ‘ ;
port, ce cas sert à faire connaître le mode de guérison provenant de la pression d’un anévrisme sur la partie inférieure d’une artère qui communique avec le sac. Il est intéressantaussi en ce qu'il sert à démontrer la puissance de Ja circulation collatérale , lorsque la source immédiate de la nutrition serait détruite dans l'extrémité supérieure par l’obli-tération de l'artère sous-clavière avant qu’elle ait donné naissance à aucune branche.