‹ Traité des maladies des artères des veines (volume 2)Chapitre 34 sur 50 · OBSERVATION XXV · texte numérisé non relu

OBSERVATION XXV

Un homme fort et musculeux, âgé de trente-quatre ans, fut admis à l'hôpital de Guy pour un anévrisme considérable à lais-

note qui se trouve à l’observation xt, j'ai rencontré un . troisieme exemple d’anévrisme d’une artère de l’encéphale. Le sac avait la grosseur d’une cerise, et provenait de l’une des artères antérieures du cerveau. Il ne contenait point de coagulum lamelleux, et, par sa rupture, il produisit une apoplexie qui entraina la perte du sujet, Ce malade était un jeune homme, et ce fait resserhle beaucoup a celui de l’observalion x1.

178. MALADIES — selle, qui avait déjeté la clavicule ét détruit. Tes côtés. Il portait én même temps une tumeur pulsative à Paine droite, mais à laquelle il attachait si peu importance , : que, quoiqu’ elle existât depuis six ou sept ans, il ne jugea pas nécessaire de consulter un homme de l’art à ce sujet. Il attribuait la cause de cette tumeur à un effort violent qu'il avait fait pour soulever une pièce de bois , et il assurait qu’en peu de temps elle était parvenue au volume qu’elle offrait alors. Dure au toucher , elle présentait de fortes pulsations, et sa grosseur était supérieure 2 à celle d’un bubon ordinaire. Elle resta dans le même état jusqu'à la mort du malade, qui eut lieu peu de temps après Son admission à l'hôpital. La tumeur de l’aîne fut enlevée, et sa section longitudinale fit découvrir les altérations suivantes. L’artére fémorale, à son origine et dans une étendue de trois pouces, était dilatée en forme de sac, et des couches trèsconsistantés de edagalam d’une apparence charnue garnissaient son intérieur. Cet amas de coagulum n ’obstruait pas complètement le passage à travers la poche , puisqu'il restait encore dans son cenire un canal irrégulier plus large dans quelques endroits que l’artère même lorsqu'elle est dans son état naturel.

Le coagulam qui formait l’enveloppe immédiate de ce canal.était plus condensé que par- ‘tout ailleurs , et il offrait une apparence membraneuse semblable a celle dont il est parlé dans les observations xx, XXILet XXIII. Une guérison spontanée s était done eflectuée dans ce cas par l'accumulation du coagulum, dans le centre duquel il restait un canal entretenant la continuité du tube (1).

Les faits que j'ai rapportés démontrent Yimportance du dépôt du caillot comme agent primitif de la guérison spontanée de Yanévrisme , et suffisent pour prouver que la cure de cette maladie peut avoir lieu sans l’oblitération de la cavité de l'artère où elle est développée. La connaissance de ce fait :

est d'autant plus importante que, sans elle ,.on espérerait en vain la guérison des anévrismes de l’aorte.

Les phénomènes qui indiquent le commencement de ce mode de guérison:spontanée, sont le plus grand degré de solidité qu’acquiert la tumeur et la diminution graduelle de son volume. La pulsation existe encore si la cavité de l’artère n’est pas oblitérée en méme temps ; parce qu’autrement

| (x) Planche vu, fig. 4.

le sac et le coagulum qu’il contient participent à Ja dilatation et à la contraction alternatives de l'artère à laquelle ils adhèrent. Sous ce rapport la partie est placée dans une condition semblable à celle de toute autre tumeur atlachée aux membranes d’une artère, et ses battemens dépendent de la même cause.

Dans l'observation xxv, quoique la guérison eût commencé à s'effectuer depuis six ou sept ans, la tumeur présentait encore de fortes pulsations. Quand au contraire la ca- -vité d’une artère est oblitérée, la pulsation dans l’anévrisme cesse de suite. Le plus grand degré de solidité acquis par la tumeur et la contraction du sac lorsqu'il adhère au larynx ou à la trachée , sont des causes fréquentes de mort, lors même que la cavité du sac est oblitérée , et que l’on ne doit pas craindre que sa rupture devienne funeste. Cet effet m’aétéexpliqué de la manière suivante par M. George Young : lorsque la tumeur est volumineuse, elle comprime d’un côté la trachée-artère, et dans leur point de contact l’adhérence entre elles devient intime. A mesure que la cavité de la tumeur se rétrécie par l'accumulation des couches du coagulum, la portion adhérente de la trachée éprouve un resserrement proportionné. Il en résulte une grande diminu-

tion dans la cavité de ce conduit , circonstance qui explique la sensation alarmante de suffocation et les paroxysmes violens de toux qui finissent par enlever le malade. Quelquefois la pression générale est si considérable sur le ‘canal aérien qu’elle produit les obstacles les plus grands à la respiration. Sous ce rapport, leffet est absolument le même que lorsque des glandes engorgées ou diverses autres tumeurs morbides existent dans le voisinage de la trachée. La plus grande solidité acquise par la tumeur , à mesure que le dépôt du coagulum devient plus considérable , explique l'augmentation de la difficulté de la respiration par les progrès de l’oblitération de la cavité du sac, et ces effets furent tels dans les observations xx et xx11, qu’il en résulta la perte des malades.

On verra dans les observations suivantes l’ensemble des phénomènes qui accompagnent la guérison spontanée de Panévrisme aux extrémités, lorsqu’en même temps il y a oblitération de la cavité de l'artère.

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