‹ Traité des maladies des artères des veines (volume 2)Chapitre 36 sur 50 · OBSERVATION XXVII · texte numérisé non relu

OBSERVATION XXVII

+ Une: malheureuse femme: âgée de trente- ‘six ans , qui avait méné une vie très-dissolue, ‘étant dans un état d'ivresse au mois de septem- — bre 1809, se démit le genou, et peu de temps apres s’aperçut d’une tumeur au jarret , accompagnée de. fortes’ pulsations. Il survint bientôt un gonflement très-douloureux de la jambe, qui augmentait tellement par la marche qu’ellé ne pouvait faire vingt pas sans s’arrêter. La tumeur pulsative du jarret s’accrut graduellement pendant plusieurs mois. Soumise enfinà unexamen attentif, cette grosseur fut reconnue pour être un anévrisme de l’artère poplitée. La pulsation était apercevable à travers les compresses, et la tumeur devenait plus molle en pressant sur la partie supérieure delartère. Elle avait le volume d’une orange ordinaire ; elle occasionnait une douleur intense et une pesanteur trés-grande danstout le membre. La malade ayant refusé de se soumettre à l’opération qui lui fut proposée, on se contentad’appliquerune bande médiocrement serrée depuis les orteils jusqu’au milieu de la cuisse. Ses souffrances |’empéchérent de continuer sa vie dissolue , et la pauvreté la forca à la tempérance et à une diète sévère. Elle se

tint dans son lit , et fut fréquemment purgée et saignée. Au bout de deux mois, la tumeur . acquit plas de consistance ; les pulsations furent moins fortes et finirent parcesser entiérement. La tumeur se fondit graduellement et devint presqu’imperceptible. Ces changemens furent accompagnés d’une diminution correspondante dans le gonflement du membre et dans les douleurs que ressentait la malade. Six mois après , elle put recommencer à marcher sans autre incommodité qu’un sentiment de faiblesse dans la jambe. v

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