OBSERVATION XXXI
Une femme ayant peu d’embonpoint et âgée de trente ans , s apercevait, depuis quatorze mois, de battemens violens à la partie | supérieure de la poitrine , accompagnés de palpitations fréquentes du cœur et d’une respiration difficile. Dix semaines environ après l'apparition de ces symptômes, une tumeur pulsative se manifesta au côté droit de la poitrine , entre les seconde et troisième côtes. On ne pouvait pas douter que la maladie ne fût un anévrisme de l'aorte , et la tumeur, ainsi que la gène de la respiration et la douleur cruelle de la poitrine, firent des progrés rapides.
Lorsque je vis la malade, il existait une pulsation générale à la partie supérieure, du thorax; la tumeur externe était plus grosse qu’un œuf. La malade paraissait très-souffrante ; la douleur était extrême , et le sommeil sans cesse interrompu par la fréquence de la toux et la difficulté de respirer. Pendant la première huitaine du traitement , on lai fit deux saignées très-copieuses ; une lo-
tion froide fut pratiquée sur Ja tumeur ; on ordonna une diète sévère, et des purgalifs répétés furent administrés. La douleur et la diffiiculté de respirer diminuèrent ; mais la — tumeur continua d'augmenter. La constance de la malade s’affaiblit et elle abandonna tout- | à-fait le traitement commencé. Quinze jours après , elle revint se soumettre à ce même traitement dont elle avait déjà éprouvé les bons effets. La tumeur , dans cet intervalle, s'était accrue rapidement, et son volume égalait alors celui du poing. La pulsation était assez forte pour soulever le sternum, les cartilages des côtes et les clavicules. La malade
se trouvait reduite au dernier degré de dépérissement par la douleur continuelle , la toux
et la difficulté extrême de respirer qu’elle éprouvait. Des saignées copieuses et répétées furent pratiquées. Pendant les cing semaines -
qui suivirent la reprise du traitement, on fit
quatorze fois la phlébotomie. Une pinte de sang, et quelquefois méme une plus grande quantité , fut tirée à chaque opération. Quatorze sangsues furent appliquées sur, la poitrine à différens intervalles. La diète consistait | dans du thé, quelque liquide adoucissant, et un peu de pain et de beurre. On donna à l’intérieur la digitale et la scille; maisle dérangement
que ces substances produisirent sur l’estomac et le tube intestinal contraignit à les discontinuer, et l’on se contenta d’administrer de loin en loin quelques purgatifs. La douleur, l’anxiété et les obstacles a la respiration s’affaiblirent par ce traitement. La tumeur devint plus dure et diminua graduellement de volume. La malade refusa alors de se laisser saigner davantage ; mais elle veilla avec le plus grand soin sur son régime, apres avoir éprouvé les facheux effets qui résultaient pour elle du moindre exercice ou'de la plus légère augmentation dans la quantité de ses alimens.
Il ya plus d’un an que le traitement a commencé , et pendant tout ce temps, j'ai eu des occasions fréquentes de la voir et d’observer Ja diminution de sa tumeur. Maintenant cette tumeur n’est pas plus grosse qu’un œuf de pigeon , etelle est située immédiatement au-dessous de Ja clavicule droite; et derrière les cartilages des seconde et troisième côtes, qui sont absorbées. La clavicule, le sternum et les parties environnantes sont encore légèrement poussés en dehors à chaque pulsation ‘du coeur; la tumeur"est solide , le battement profond et les tegumens paraissent sains. Son volume a diminué d’un quart pendant l'année dernière. La gêne de la respiration ne se ma-
208 MALADIES nifeste plus, si cc n’est lorsque la malade est agilée ; elle ne se plaint que d’une toux fatigante qui survient plus particulièrement lorsqu’elle est dans une position horizontale. A tous égards sa santé générale est bonne. Elle a pris de l'embonpoint et de la force, quoiqu’elle ne se nourrisse que de pain , de eis et de thé. L’expérience lui a démontré les inconvéniens de tout écart dans son régime ; et lorsque; par une cause quelconque, la douleur, la difficulté de respirer et la pulsation dans la tumeur augmentent , elle obtient un sou- Jagement marqué en se faisant tirer du sang.
Les cas précédens , en prouvant l’efficacité” du traitement débilitant pour arrêter les progrès des anévrismes , montrent aussi l’extension qu’on peut donner à ce même traitement pour obtenir le résultat desiré. M. Pelletan l’a poussé aun degré alarmant; mais ses heureux effets ne sont devenus remarquables que lors— que le malade a été réduit à la plus grande débilité possible. La pratique de Valsalva était également rigoureuse. « Quand Valsalva, dit Morgagni (1), avait tiré autant de sang qu'il était nécessaire il avait coutume de diminuer chaque jour la quantité des alimens et des boissons, jusqu’à ce qu’il fût venu à ne don-
(1) Epist. xvir, art. 30. : |
‘ ner qu'une demi-livredes premiers le matinet ull quarteron Je soir, et rien autre chose que de l’eau pour boisson, et encore sans dépasser une | certaine quantité de ce liquide: Après avoir suffisamment affaibli son malade ‘par cette méthode , de manière à ce qu’il n’eut plus Ja force de tirer sa main-hors de son lit; où ible faisaitmeltre des le commencement du traite:
ment, Valsalva augmentait chaque jour et par degrés la quantité-dessalimens jusqu’à ce que les-forces nécessaires fussent revenues.»
Le danger de faire naître d’ autres maladies peut détourner, dans certaines circonstances , de l'emploi de ce traitement débilitant , ou au moins empêcher de le pousser jusqu’au point où il produirait des effets avantageux permaneus. Pour obvier aux suites probables d’une déperdition extrême: on doit faire en sorte qué la débilité qui est produite ne dure pas plus long-temps qu’il n’est nécessaire pourarrêter accroissement immédiat de latumeur, et qu’ensuité la circulation soit modérée par une grande tranguillité et par un! régime sévere. L’objet. d’une déplétion soudainé “est d'empêcher. accroissement ‘du sac; Tamits consécutif du coagulam danssa cavité est-un procédé lent et graduel. Dans un grand nombre de cas, ilest donc suffisant d'arrêter les page ? | 14
510 ‘IL MALADIES progrès de lamaladie par la déplétion ; lotsque ce but est rempli, on peut prévenir le ‘ danger de faire naître d’autres affections par une débilité trop long-temps entretenue, en permettant l'usage d’alimens substantiels par leur qualité , quoique pris en petite quantité. Lorsque la maladie a son siége à l'aorte , on ne doit pas pousser la saignée jusqu’à produire des lipothymies, parcequ’alorslesang pourrait s’accumuler dans le sac anévrismal , et former un obstacle à la circulation au moment où le cœur reprendrait ses fonctions. J'ai vu, dans des circonstances semblables, des dé-
faillances durer assezlong-temps pour'exciter de vives alarmes. Morgagni (1) dit les avoir vu une fois se terminer par la mort. Pour obvier à cet effet, on ne doit pratiquer que de petites saignées qu’on répétera fréquemment : c’est aussi par la mémeraison que l’ouverture faite parla lancette doitêtre peu étendue pour que le jet du sang ne soit ni trop abondant ni nad rapide, et c’est probablement dans la même intention que M. Pelletan (2) ouvrit la veine d’un deses maladessans appliquer de ligature àla partie supérieure du membre , afin que
(1) Epist. xvir, art. 52. |
(2) Voyez plus haut, observation deuxieme.
DES ARTÈRES ET DES VEINES. 211 le sang pdt s’écouler lentement en forme de nappe. | |
Les saignées et la diète sont lès moyens les plus puissans de diminuer la force de la circulation ,quoiqu’il y aitencore d’autres agenscapables de faire parvenir au même résultat.
L’immersiondes extrémités dans l’eau chaude était employée par Valsalva (1) dans l’intention de diminuer la quantité du sang qui se portait à l’anévrisme, en le forçant à se rendre dans une autre partie. L’effet de cette pratique n’est toutefois que temporaire; mais on peut sen servir avec avantagé “pendant les paroxysmes de dyspnée qui accompagnent quelquefois les anévrismes de l'aorte. \ »
La digitale a également été recommandée comme un agent puissant pour diminuer l’action du cœur et des artèrés. Je Vai vu employer dans le traitement des anévrismes , et quelquefois avec un bienfait marqué, surtout lorsque la maladie était compliquée d’'hy- © dropisie, ce qui arrive souvent. Plusieurs auteurs ont recommandé les acides minéraux pour boisson ordinaire ; mais j'ignore d’après quoi l’on a pu s’en promettre d’heureux résultats dans le traitement des anévrismes. Il
ne)
(1) MorGaëni , Loc, cit, .
212 | MALADIES est probable toutefois que quelques alimens particuliers peuvent contribuer plus que d’autres à favoriser la formation du coagulum, quoique jusqu'ici léxpérience. n’ait Lun aucune indication décisive à cet égard.
L'application de la glace pilée ou de Peau ‘à la glace , a été conseillée dans le traitement des anévrismes , Soit pour faire coaguler le sang renfermé dans le sac, soit pour favoriser la contraction de ce dernier. M: Guérin(1)a fortement recommandé son emploi, et M. Pelletan , qui s’en est servi plusieurs fois, en a retiré de. grands avantages dans le traitement des anévrismes internes. Je Pai ‘vu appliquer. sur un anévrisme inguinal yolumineux;. mais la douleur qu'elle produisit fut si grande, qu’on fut obligé de discontinuer son, #PR8P (are Pur 69; HA HE
(1) Rebiigit Périodique de la Société de santé a Paris’, n° rrr 400 fiom athe lb tu MK
(2) La glacere et les autres réfrigérans ont été dite dans l'intention de faciliter la formation du coagulum et l’oblitération de la cavité de Ja tumeur et de l'artère. Ce moyen a quelquefois réuss} ; mais il-ne peat pas conve= nir dans toutes les circonstances; on concevra facilement qu il favorisera la terminaison par gangrene ou la forma+ tion des escarres, lorsque la tumeur, tres-volumineuse , ‘aura distendu les parties environnantes , alléré leur tissu,
DES ARTERES ET DES VEINES. 919 M. Pelletan a aussi fait appliquer des sangsues sur Ja tumeur : leur effet ne pouvait être que de diminuer la force de la circula-
aminci considérablement la peau. J’ajouterai que beaucoup de malades ne peuvent supporter l'application de la glace que pendant quelques instans, et que pour d’autres elle est absolument intolérable. Cependant quelques observations démontrent les avantages qu’on à retirés de l'emploi de cet agent , et parmi les faits les plus cuieux et les plus authentiques, je citerai celui qu’a vu et décrit M. Ribes, chirurgien aussi modeste que distingué. Le nommé Lefèvre, militaire invalide, âgé de quarante-six ans, de la taille de cinq pieds un pouce, bien constitué, avait la peau très- blanche, les yeux gris et les cheveux blonds. Il était tres-agile, naturellement tres-gai, et aimait beaucoup l’exercice du saut ét de la course. Sa santé n’avait jamais été dérangée que par quelques affections vénériennes, lorsqu’en 1794, il fut blessé à la partie supérieure interne de la cuisse droite, pres de l’aîne, par une balle qui traversa d’avant én arriére, sans toucher le fémur ni aucun des gros Vaisseaux. Quoique le malade eût été bien traité des affections vénériennes dont il avait été atteint, quoique sa blessure dut être regardée comme Ja moins compliquée possible, et qu’il obsérvât le régime te plus strict et le plus parfait repos i il se passa plus de quatre mois avant qu’elle fat completement cicatrisée. Ensuite, comme fa nature de la plaie avait exigé que le malade fléchit Ta jambe sur la cuisse pour faciliter la guérison , et rendre plus supportable la douleur de la partie, ce ne
A4. tire MA DA DER nat
tion par la soustraction du sang. Quand les tégumens sont minces et livides, l'application des sangsues pourrait tendre à accélérer la
Dei t
fut que long-temps apres la cicatrisation qu’il: put étendre le, membre. Il y avait trois ans, qu'il était entièrement guéri de sa plate , et il éprouvait encore dans l’extrémité blessée une faiblesse telle qu’elle le forca de passer. de la ligne dans les compagnies de vétérans résidant. à Paris. C’est vers cette époque, qu’un jour, apres avoir fait un effort en jouant avec sa femme, il ressentit au jarret du côté droit une trés-vive douleur qui l’obligea de fléchir
de nouveau la jambe sur la cuisse : il resta près d’un | mofssouffrant beaucoup, n’osant plus étendre le membre, et pouvant à peine se soutenir sur cette partie. Dans cet état , il crut devoir essayer d’une jambe de bois ; mais bientôt apres, le genou , la jambe, ét surtout le pied de ce côté , se gonflerent tellenrent , qu’il fut contraint d’en abandonner l’üsage , et en portant la main sur le lieu où il eprouvait le plus de douleur, il sentit une tumeur qui présentait des battemens : elle avait alors un tres-petit volume, mais elle ne tarda pas à prendre la grosseur d’un œuf de poule. Lefevre employa sans succes differens remedes qu’on lui avait conseillés; mais la maladie faisant des progrès, il se détermina à quitter les vétérans, et il obtint les Invalides au bout de plusieurs mois. Aussitôt qu'il fut arrivé à l'hôtel , il entra à linfirmerie. Sabatier n'eut pas de peine à reconnaître la nature du mal. Voici dans quel:état nous trouvâmes le malade. Il était un peu faible, pâle, et paraissait avoir maigri. La janxbe, était dans une demi-flexion sur la: cuisse ; et il lui aurait été
DES ARTÈRES ET. DES VEINES. 9215 formation’ de Yescarre qui précède la rupture de Ja tumeur. Je crois qu’on peut tirer les conséquences suivantes des observations qué nous avons rapportées.
impossible de l’étendre complètemént, même en faisant beaucoup d’efforts. Le membre était gonfle ; les veines superficielles, autour du genou et de la jambe, étaient un peu dilatées ; la tumeur anévrismale se trouvait au miheu du jarret et occupait la moitié de cette région. Les battemens étaient tres-foris, et les parois de la tumeur ne semblaient pas avoir une grande épaisseur ; tout le membre était tres-pesant ; le malade se plaignait d’une espèce de fourmillement ou de picotement très-incommode à la plante du pied, et souvent, pendant le sommeil , il sentait une chaleur vive, comme si on lui avait applique le feu dans cette partie : son repos en était interrompu ; mais aussitôt qu’il était réveillé, celte sensation disparaissait. |
On lui ordonna pour nourriture de la soupe et du bouillon, et on le mit à l’usage d’une tisane acidulée avec l’eau de Rabel. Comme la maladie, quoique déja — avancée , ne présentait rien encore de pressant, Sabatier voulut essayer l'usage des réfrigérans, que Guerin, de Bordeaux, venait d’annoncer comme un moyen.ulle pour la cure de l’anévrisme. Ainsi, sans rien changer au régime qu’on avait d’abord prescrit, on fit appliquer sur la tumeur de la glace légèrement pilée , enveloppée dans un linge; d’autres fois un seul morceau était pose sur le lieu. malade , et toujours sans exercer de pression. ‘Des les premiers quinze jours, les picotemens et fourmillemens diminuérent, et le mentbre tomba dans un
#6. ENT sa Dr's
1°, Que le dépôt du-coagulum dans la cas vité du sac anévrismal, et dans l’artére qui y conduit, est le mode: pair lequel Ja guérison
engourdissement qui n’était ni douloureux ni pénible,
- Au bout d’un mois la tumeur avait diminué de volume J et elle était sensiblement plus rénitente ; les parois étaient plus épaisses et plus dures, les battemens un peu moins marqués ct plus obscurs ; le repos et le sommeil ; étaient en partie revenus. A la fin du second mois, la tumeur présentait au plus le tiers de som volume primitif; elle était dure , résistante au toucher, et on n’y apercevait presque plus de battemens. Les picotemens avaient cessé 5. Yengorgement de la jambe et du pied était réellement diminué , et la dilatation’ des veines superficielles etait moindre. Le malade continua de s'appliquer la glace luimême nuit et jour, jusqu'à la fin du troisième mois, avec une constance rare, et il ne laissa jamais écouler dix minutes entre les applications. A. cette époque, la tu~ meur avait à-peu-pres neuf centimetres de longueur, et son milieu était du volame d’un œuf de pigeon ; elle. avait acquis beaucoup de dureté , ét il y avait une quin=. gaine dé jours qu’on ne sentait plus aucun battément. Au commencement du quatrième mois, Sabatier permit au malade de se lever. H maïcha d’abord avec des béquilles, n’appayant à terre que légèrement avec la pointe |
du pied’; et la jambe wn peu fléchie. H ne résséntait : plus aucune douleur , à moins qu’il ne voulüt étendre le. membres bientôt il nes appuya qué sur un béquillon , et à la fia du quatrième mois’, il sortit de l’infirmerie : alors
* le membré"était moins gros. que celui du côté oppose
spontanée des ariévrismes s'éflebtue le plus souvent.
2°, Que lé coagulum est absorbé consécu:
l'extension ne se faisait pas complètement ; mais nous repardâmes le malade comme entièrement guéri. Au cinquieme mois, il marchait sans aucun soutien, et at sixième il avait repris son train de vie ordinaire. Vers le huilième mois, M. Caillot, professeur à la Faculté de Médecine de Strasbourg, vint à Paris. 1] me témoigna le desir de voir le malade. En y.allant, nous le rencontrames dans la rue de Varennes, marchant tres-vite ; mais le membre paraissait un peu faible, et l’extension ne se faisait encore qu’incompletement. NE. Caillot tou cha la tumeur ; il la trouva à-peu-pr ès dans l’état indiqué plus He Au bout d’un an, à la suite de quelques efforts, Lefevre éprouva de la douleur dans cette partie. Il me fit appeler aussitôt. Je ne trouvai rien au jarret qui diit Vinquiéter, et je cherchai à le rassurer sur Son état, ayant reconnu que de pétites arteres faisaiént sentir leurs battemens à la partie interne et supérieure de la jambe. €ependant il voulut garder le repos, et appliquer de nouveau, pendant un mois, de la glace Sur la partie. Depuis ce temps-là le membre avait repris la grosseur , la rectitude et la force de celui du côté opposé. Treize années s’écoulèrent sans que cet invalide éprouyat la moindre indisposition; mais au commencement de i811, il perdit tout-à-coup sa gaîté ; il tomba dans un état tres-. grand de tristesse et de mélancolie, Dépuis ce moment , je n’ai plus eu occasion de le voir. Voici ce que : m écrivit M. Hamel sur le compte de ce malade # |
tivement, et que le sac et l’artère se contractent jusqu’à ce que le premier devienne une petite tumeur charnue, et la seconde un cylindré imperméable.
« Dans le courant de l’été dernier, quelques mois avant de mourir , M. Lefèvre vint me consulter. Je présumai, en considérant la nature des symptômes qu’il éprouvait depuis long-temps , une maladie organique du cœur. Il respirait avec peine, et ne pouvait monter un escalier sans être menacé de suffocation ; il y avait des palpitations tres-fortes , de la toux sans expectoration ; le pouls était fréquent, irrégulier; la face était pale, décolorée, offrait une sorte de lividité sur les levres et les joues ; le sommeil était agité ; tout le corps était parvenu à un grand degré de maigreur. Ces différens symptômes augmenterent successivement. Je parvins à diminuer beaucoup les palpitations et la fréquence du pouls, au moyen de la digitale pourprée, sous forme de bol et.en infusion. Le malade en fut souiagé momentanément ; mais bientôt le pouls devint plus irrégulier, avec des intermissions si rapprochées que, sur trois pulsations , il en manquait une. L’oppression faisant des progres , le malade ne pouvait prendre le moindre repos sans étre dans une position droite. Les membres supérieurs et inférieurs
devinrent cedémateux , les forces diminuerent graduellement, M. Lefevre mourut le 21 décembre 1811 , après avoir, éprouvé une agonie tres-douloureuse qui a dure:
plus de dix jours. Tels sont, mon chère confrère , Jes details principaux sur la maladie de M. Lefevre; ie de= sire qu’ils puissent remplir votre objet. »
3°. Que dans quelques cas, la guérison a lieu par Voblitération de la cavité du sac, sansqu’il survienne pour cela aucuneobstruc-
Je ne fus instruit dé la mort de ce malade que le 12 janvier. M. Leroux, doyen de la Faculté , sur l’invitation de M: Chaussier , fit faire pres du préfet de police les démarches nécessaires pour obtenir l’exhumation du corps; mais, malgré les instances de M. le doyen, je n’eus le cadavre à ma disposition que le 16 janvier , vingt-sept ‘Jours apres le déces du malade. Le temps avait été humide et chaud , de sorte que la putréfaction du sujet était, déjà assez avancée pour me faire craindre de ne pouvoir en tirer aucun parti. Cependant je me déterminai à mettre la poitrine à découvert et à faire l’ouverture du péricarde. Je trouvai le cœur plus volumineux que dans l'état ordinaire, les cavités des ventricules et des oreillettes tres-dilatées , leurs parois tres-minces; la capacité de l’artère pulmonaire était un peu augmentée, ses membranes étaient comme imbibées de sang; l’artere aorte me parut un peu moins grosse que la grandeur du sujet ne semblait le comporter ; les parois en étaient extrèmement blanches, maïs elles étaient molles et souples ; il n’y avait presque point d’eau dans le péricarde ni dans la plèvre; les poumons étaient denses, bleuâtres et tres~ gorges de sang , comme les poumons des vieillards qui sont dans un état tres-avancé de scorbut ; le cœur et les : grosses artères contenaient dans leur intérieur une grande quantité de sang noir et coagulé.
Après cet examen, j‘ouvris la cavité abdominale , pour injecter l’arlere fémorale par la partie in férieure de l'aorte
220 ©). MALADIES tion dans le calibre de Partére qui a donné naissance à la maladie : c’est ainsi qu’a lieu la guérison dans les anévrismes de Paorte.:
ventrale , afin de pouvoir employer un grand tube, et faire passer dans le membre inférieur une plus grande colonne d’injections ; mais la matière s’arréta à l’endroit de l’oblitération de Vartere,. et.à l’origine de quelques= unes des. branches qui naissent au commencement de la poplitee. Linjection n ‘ayant pas complètement réussi ; ye me déterminai a la pousser de bas en haunt par la tihiale postérieures mais je ne fus pas plus heureux : les gros troncs seulement se trouvérent remplis. Je fus obligé d’injecter partiellement les petites artères : voici celles qui ont été obnsetvents et quel est l’état de Vartere oblitesee ? *, |
La poplitée est eonvertie en une sorle de ligament dans l’étendue d’environ onze centimetres et demi (fig..1, aa); la portion qui était encore tuméfiée dans la partie moyenne de Vartere présentait une longueur de sept
centimètres (b); cette portion , dans l’état frais, avait dans —
son milieu dix-sept millimetres d’ayant en arrière et vingtdeux transversalement. Ensuite cette portion épaissie de Vartere allait en s’amincissant , et se continuait en haut avee une partie de la poplitée, qui avait conservé son cahibre (e) ; et en bas elle se terminait à l’endroit de la naissance de la tibiale antérjeure (d).
La face postérieure de cette masse celluleuse (8) est
légèrement aplatie; mais dans l’étatfrais-on la voyait profondément déprimee, et contenait dans cette: ‘alta
wil oyez la planche 1%.
4, Que la formation du ‘coagulum ayant lieu en général dans les anévrismes, c’est un point.essentiel d'empêcher l'accroissement du
sion la veine poplitée, qui était tres-dilatée. Ces deux parties adhéraient l’une a l’autre; le nerf ischialique poplité interne s’y trouvait.aussi étroitement uni..
Il partait de la partie postérieure plusieurs vaisseaux devenus, ligamenteux ,; Lu “ila été itppossible de con- Servers notion « |
Vers la parte SR ea et inférieure. on voit trois branches, qui étaient oblitérées dans étendue de deux ou trois centimetres: (eee); en dehors, un peu,au-dessus de la partie moyenne, il, y en a une assez considérable qui est ,oblitérée dans l'étendue d'environ un centimetre (if). ote di j oh
-La portion de la naples qui a conservé son ire (ch et qui se trouve entre la-fémorale et la parlie supérieure de l'artère oblitérée , fournit d’abord parson-côté interne deux branches musculaires we , etensuite une collatérale interne supérieure (h).., pl bey TR. <
Mais la plus seateteaviess et qui s’est. Saut qui en grande partie développée depuis loblitération de la poplitée , descend tout-le long de Ja partie antérieure:et interne de l’articulation du genou ; et.de la face interne du tibia, jusqu’a-la partie moyenne de-cet:0s (ir). Cette branche fournit d’abord'un rameau en arriére et en dehors, $e:porte à la partie postérieure de l'articulation, ét va communiquer :avec: des collatérales externes (k). On voit-un second:ramean (1 ), sorti dela parlie posté -rieure de celte branche, descendre tout-le-long:du' bord
232 oo MALADIES sac, qui peut finir par être oblitéré lorsque ce
i coagulum est trés-abondant.
°, Qu’enfin c’est a ta force dela circula-
interne du tibia , et aller se terminer à la partie inférieure du tronc qui lui a donné naissance (0). |
Un troisième rameau suit la partie antérieure ét interne de articulation du genou, va s'unir aun autre rameau de la même branche , et tous deux vont former un tronc commun qui se dirige vers la portion oblitérée de l’artere, mais qui se convertit en une sorte de PERTE avant d’y arriver (m1). |
Après cela, la branclie principale" se divise en deux rameaux, qui descendent flexueusement (nn) tout le long de la partie interne du tibia. Ces rameaux , parvenus vers
la partie interne du tibia , s’unissent l’un à l’autre, et, avec le rameau dont il a été parlé plus haut, forment un tronc commun (0) qui se dirige transversalement et va se terminer dans l’artère tibiale postérieure (p ).
Le côté externe de la portion supérieure de la -poplitée, apres avoir produit quelques artères musculaires (4), fournit une branche qui donne d’abord une des artères collatérales extérnes. Bientôt grossie par des communications de quelques rameaux venant du côté interne, cette branche est unie avec l’artère poplitée malade par le moyen d’un rameau oblitéré dont il a été déjà parlé (.f).
La branche principale descend ensuite vers le péroné.(rr), etise divise en deux rameaux. Le postérieur se subdivise encore en deux autres : l’un va 5’unir avec la tibiale antérieure, un peu avant son passage par le ligament interosseux ; et l’autre, beaucoup plus long, va se
DES ARTERES ET DES VEINES. 235 tion qu’est dû laccroissement du sac et sa rupture ultérieure, et qu’ainsi l'indication principale 4 remplir, pour favoriser la gué-
terminer dans une branche de l'artère péroniere (8s):
Le rameau antérieur (fig. 3, ¢) se porte vers le devant du péroné , envoie d’abord un rameau (x) à l’artère récurrente tibiale antérieure , un second à l'articulation du péroné (x), et le reste va se terminer à l’artere tibiale antérieure , des que celle-ci est parvenue à la partie supérieure du ligament interosseux (z2) : telle est la disposition de la portion supérieure de la poplitée.
La portion inférieure commence à exister à Pendroit de la naissance de la tibiale antérieure (2) ; celle-ci suit la marche ordinaire et fournit la récurrente tibiale (wu) qui communique , ainsi que le tronc même de la tibiale antérieure , avec des rameaux ie la indi Se supérieure de la poplitée (z). | Heu
Après la naissance de la tibiale ‘antérieure, le troric de Ja poplitée descend l’espace d'environ quatre ‘centimètres (y), et se divise ensuile en péronière (etc.) et tibiale postérieure (p). La première de cés artères se par= tage en deux branches, et communique avec untrèsgros rameau qui naît de la branche externe de la portion supérieure de la poplitée (s) , et la séconde reçoit la presque totalité de la branche interne fournie par la ROSE
“supérieure de la poplitée (op). + |
Tel est l’état des artères qui existent dans cette pièce. Plusieurs n’ont” pas reçu d’injection ; ; mais elles ont paru assez importantes pour Bent être conservées telles qu’elles sont.
924 oy) MALADIES:
rison spontanée des anévrismes , est de dis mupyer la force de la circulation. |!
tA, À a rx L 4 - La 4 SJ .
Je suis persuadé que c’est à l’action de x glace qu'est due l’oblitération de. l'artère. Je.ne crois pas que les moyens contentifs, qu’on.a employés. aient eu , par lalégère-pression qu’on.a exercée, aucune parla la guérison de la maladie : ainsi, c’est à l’action réfrigérante de la glace qu’est entièrement du l'avantage de cette cure..Je pense que ce,moyen.mérite, pour le traitement de l’anévrismé, l’attention de tous les médecins. ES
Ainsi, la guérison de l’anévrisme,s’ opère par I’ MHlités ration-de dl’artére. dans lelieu malade, et la vie se mainfient:dans le. membre au moyen dutdéveloppement des vaisseaux collatéraux, qui, par leurs mutuelles commu nications, suppléent à la portion oblitérée de l’artere , et rétablissent. la circulation dans tous les, points ou le trone principal porte ses ramifications, Les observations qu’ on . a, depuis Jong-temps recueillies sur ce sujet ne laissent aucun doute, surle développement d’artères. collatérales dans la curede |’ anéyrisme. Mais la circulation se rétablitelle toujours. par le développement et les anastomoses des Naasseaux articulaires xécurrens ou collaiéraux, qui nais= sent. en haut.et,en.bas des points les plus voisins do la -portion oblitérée de l'artère? Un praticien qui a puis= samment -concouru. et qui concouri, encore par ses {ra vaux à l'illustration de la chirurgie française, M, Deschamps > ne le croit pas,; les succes qu'il a: obtenus de la ‘igature de Vartere fémorale , dans le ças d’anévrisme de la poplitee ;. Vaffermissent dans, son opinions: Voici comment cet auteur s’ exprime $
Du Traitement chirurgical de? Anévrisme , et de la Circulation collatérale.
LE trait it chirurgical de l’anévrisme consiste dans l’oblitération de la cavité de
..« * On peut donc dire que la méthode de Hunter a
eu des succès sur les trois quarts des opérés, c’est-à-dire, que sur ces opérés les artères articulaires ont été anéanties sans inconvénient." Il résulte de ces observations que la conservation des artères articulaires n’est,pas d’une nécessité indispensable , puisque trois opérés sur quatre ont guéri malgré leurs oblitérations : elles peuvent par conséquent être considérées Comme n’étant pas d’une grande utilité, puisque; sur quatre personnes, elles ont été supprimées sans inconvéniens chez trois. à
» ** Concluons encore, en attendant qu’une plus longue. expérience prononce \ que les artères collatérales qu’on détruit dans la méthode de Hunter ne sont pas d’une utilité bien reconnue , et encore moins nécessaires au succes de l'opération. » |
Il me semble , dit M: Ribes, que l’observation précédemment rapportée fournit un nouvel exemple de cure d’anévrisme par les réfrigérans , avec développement de quelques artères, et qu’il vient à l’appui de l'opinion de M. Deschamps. Nous voyons en effet deux grosses bran-
* DescaAmwrs, suite des Observations sur l’Anévrisme de l’artère poplitée , pe Gos
** Méme ouvrage , p. 69. -
l'artère qui communique avec le sac, de maniére que l’entrée du sang dans ce dernier est ou entièrement empéchée, où au moins
ches naître de l'artère poplitée, au-d de. l’oblitéra-
tion , descendre ensuite sur les côtés du énou , jusqu’audessous du tiers supérieur du tibia et du péroné. —
Les artères collatérales , de même que celles qui rampent sur le périoste, les ligamens et le tissu cellulaire, concourent sans doute au rétablissement de la circulation, lorsqu'un point d’une artère principale a été oblitéré ; mais comme si la nature se défiait des anastomoses ordinaires de ces vaisseaux, ou les regardait comme insuffi- santes, elle développe des branches nouvelles ; et ce qui le prouve, c’est qu'on n’aurait pu les rendre visibles avant l'accident par aucun moyen connu. Une chose tres-remarquable , c’est qu'ici elles prenaient naissance et se terminaient très-loin du foyer d’action de la maladie : en effet, ces artères tiraient leur origine de la partie supérieure de la poplitée, et allaient se terminer vers le milieu de la jambe, aux. artères tibiales et péronières, apres avoir passé sur l’articulation tibio-fémorale , mais sans presque communiquer avec les artères de cette partie : d’après cela on voit que, dans la cure de Panévrisme, Ja nature, qui s’est conseryé.de.grandes ressources par les communications mutuelles des arteres, agrandit et allonge, dans beaucoup de cas, des branches qui sont, dans l’état sain, imperceptibles, et en développe même d’autres qui n’existaient pas avant l’accident,
Ainsi l’art de détourner le cours du sang lorsque ce fluide doit être intercepté dans un point d’un'tronc prin-
DES ARTÈRES ET DES VEINES. 927 qu’elle n’a lieu que par les 2nastomoses seulement : en conséquérice, la force de la circulation est tellement diminuée , qu’on pré-
cipal d’artère, consiste autant à conserver les branchès existantes, qu’à disposer ou préparer la nature Le qu’elle en développe et en forme de nouvelles.
Dans cette observation, la plupart dés artères articulaires inférieures ont été nulles pour le rétablisse= ment de la circulation dans le membre, tandis que les artères récemment développées en ont fait presque tous les frais. Ainsi Popinion de, M. Deschamps me paraît pleinement confirmée.
Il résulte de cette observation ,
- Que le coup de balle que le malade a recu ne pa rait avoir eu aucune apart directe à la formation de l’ané= vrisme ;
2°. Que la flexion du membre, qui a été long-temps continuée , et les efforts que le malade a faits ensuite pour étendre la jambe sur Ja cuisse , pourraient bien ne pas étre étrangers à la maladie ; |
3°. Queila glace a réellement guéri la tumeur , en déterminant l’oblitération de Fartere ; 3
4°. Qu’une grande portion d’artère peut être oblitérée sans que la perte du membre s’ensnive nécessairement ;
5°. Que la circulation se trouvé rétablie par le déve- Joppement de vaisseaux qui portent le sang du bout su: périeur de l'artère qui a conservé son calibre, dans le bout inférieur; |
6°. Que les arteres collaterales les plus voisines de Ta maladie ne sont pas toujours nécessaires pour le réta-
À UN ing é
298 MALADIES Ki vient Paccroissement de la tumeur en même temps qu'on favorise le dépôt du coagulum.
La guérison est ultérieurement accomplie
blissement de la circulation ; car elles se trouvent souvent anéanties , et des vaisseaux loignés remplacent la por- - tion oblitérée de l’artère.
7°. Enfin, l'affection du cœur, de laquelle le tiilide est mort, a-t-elle dépendu de l’anévrisme qui avait antérieurement existé, ou bien ces deux maladies ont-elles été produites par des causes différentes ? C’est ce que je ne saurais expliquer *.
Après avoir donné une observation sur l'efficacité des réfrigérans employés comme topiques , nous allons en rapporter une qui démontrera que, dans certains cas, ces applications ne peuvent pas être supportées par le malade, et que si le vaisseau n’est pas susceptible d’être compris dans une ligature, la maladie fait des progrès et entraîne la perte du malade, queiqu’on fasse et qu’on suive la méthode de Valsalva. | - Louis Sigoilliaux, âgé de soixante-deux ans, ciseleur , portait depuis plusieurs années une tumeur sur la partie latérale droite du cou. Les incommodités que celte tumeur lui causaitl’engagerent à entrer à l Hotel-Dieu vers la fin de l’année 1815; on le traita par la méthode de Valsalva. Il resta quatre ou cing mois à l’hôpital , puis il en sortit: la tumeur était alors moins volumineuse et les
* Voyez Balletins de la Faculté de médecine de Paris et de. la Société établie dans son sein, 1817; n° 1 et 11, p. 264.
DES ARTÈRES ET DES VEINES. 229 par la contraction graduellé du sac et par l'absorption de la matière qu’il contenait. Le sang est porté aux parties qu'il est destiné à
battemens bien moins forts ; mais cette amélioration dans l’état du malade ne dura pas long-temps. Deux ou trois mois apres, les battemens prirent plus d'intensité ; la tumeur grossit et le malade rentra à |’Hotel-Dieu : c’était au commencement de 1817. On voulut appliquer de la glace sur la tumeur; le malade ne put pas la sup— porter : c'était beaucoup quand il la gardait pendant quatre ou cinq minutes. On lui fit tenir le repos au lit, et l’on pratiquait des saignées de quinze jours en quinze jours. Rarement on pouvait attendre plus long-temps , parce que les battemens de la tumeur devenaient trop forts , et le malade était menacé de suffocation. C’est sur tout vers le milieu de 1817 que la tumeur acquit un tres-grand développement en deux ou trois mois, et ‘que les incommodités qu’elle occasionnait furent plus grandes. Le bras s’atrophia puis s’infiltra; des douleurs tres-vives. survinrent dans tout le membre; les battemens des arteres du bras et de l’avant-bras élaient à peine perceptibles; les accidens allerent toujours en augmentant, et au commencement du mois d'octobre 1817 ils prirent une grande intensité, Le malade se voyait menacé à chaque instant de suffocations; la face était injectée. Plusieurs saignées furent pratiquées, des sangsues appliquées au périnée, des potions dans lesquelles on faisait entrer de la digitale pourprée furent administrées ; cependant, malgré ce traitement, la maladie fit de nouveaux progrès, et le 6. octobre, le malade mourut dans un état de suffos
nourrir par les vaisseaux collatéraux., dont q welqu es-uns , ens élargissant graduellement, forment des canaux permanens pour la cir-
cation produit par le développement excessif de l’anévrisme. |
Examen du Cadavre. Le tissu cellulaire de la face, du côté droit, était infillré d’une grande quantité de serosilé. Les muscles participaient à cel état. Le ceryeau et ses enveloppes ne présentaient aucune altération.
La cavité gauche du thorax contenait plusieurs pintes de sérosité trouble, d’un blanc sale. Le poumon gau- ' che ne présentait point d’adhérence avec la plevre costale, mais il paraissait réduit au quart de son volume ordinaire ; il était mou et tres-peu crépitant. La cavité droite se trouvait aussi remplie par beaucoup de sérosite limpide. Le tissu des poumons, decoloré, n’offrait point d’altération essentielle. Le péricarde, dilate , contenait environ un verre de sérosité, dans laquelle -nageaient des flocons albumineux ; d’autres flocons adhéraient soit au, péricarde , soit au cœur; ils paraissaient le produit d’une inflammation ancienne. Le cœur était vo lumineux, mou et pâle. |
Tous les organes contenus dans la cavité eee: parurent sains. Le membre thoracique droit était infiltre. La main fut trouyée dans le même état, et de plus
déformee, :
La peau fut enlevee avec soin sur la tumeur : alors on mis à découvert l’anévrisme et les parties avec lesquelles i] se trouvait en rapport à l'extérieur. Antérieurement sur
les côtes et postérieurement on voyait les muscles sterno-
DES ARTERES ET DES VEINES. 251 culation. Une inflammation suffisante se développe dans les membranes de l’artère, produit adhérence de ses parois, et occasionne
mastoidien , omoplat-hyoidien , la veine jugulaire externe, la clavicule et quelques petits vaisseaux artériels et veineux ramper sur la tumeur. La clavicule était soulevée, deformée et amincie par l’anévrisme , auquel elle adhérait, intimement. Les fibres des muscles sternohyoidien étaient épanonies sur la tumeur et adhéraient for- — tement a ses parois, tant les muscles de ce côté étaient décolorés et infiltrés. Lorsque les muscles eurent été enlevés, on put voir la tumeur dans toute son étendue : elle était immense, d’une forme triangulaire, bornée antérieurement par la clavicule , qu’elle dépassait en se portant jusque dans le creux de l’aisselle où elle comprimait le plexus brachial et le tronc brachiocéphalique ; en rapport, à la partie interne , avec l'artère carotide primitive , la huitieme paire de nerfs, la veine jugulaire interne, la trachée- artère , l’œsophage et le larynx. Postérieurement , elle avait détruit les trois quarts du bord supérieur de l’omoplate ; dans cet endroit, le muscle sus-épineux, le rhomboide, étaient achérens à ses parois, de manière cependant à pouvoir en être sé parés. Elle était aussi en rapport avec la face antérieure. de l’omoplate, avec le muscle splénius, et s’étendait enfin jusqu’à l’extrémité postérieure de la seconde: côte. 3
Examen de la tumeur. La crosse de l'aorte était dilatée jusqu’au-dessus de la clavicule du côté droit ; les artères qui en partent n’ayaient éprouvé aucune dilatation, La
par là son oblitération. On cherche à parvenir à ce but ou par la compression, ou par la ligature de lartère. La dernière de ces
poche formée par cette expansion allait en augmentant du Cœur vers la clavicule, puis se rélrécissait un peu au-dessus de la clavicule, et là on voyait une ouverture qui pouvait permettre l'introduction de trois doigts. Cette poche, considérée de haut en bas, avait environ dix pouces; ses parois, à l’intérieur, étaient blanchätres, rouges dans quelques points. La membrane interne était détruite en plusieurs places ; on: voyait çà et la des points d’ossification de la largeur d’une lentille; d’autres plus larges existaient surtout à l’origine de l’aorte. L’épaisseur de ses parois pouvait être d’une. ligne dans les lieux où elle n’avait pas contracté d’adhérence. A Yendroit où la tumeur passait sous la clavicule, cet os, par sa face postérieure, contribuait à former ie kyste. Il avait été aminci par les battemens et les progres de la tumeur ; il était rugueux, inégal , et avait contracté ‘une adhérence indestructible avec la tumeur, laquelle
adhérait aussi à la partie supérieure du sternum, et avec l’extrémité antérieure de la premiere côte. Cet os avait éprouvé la même altération que la face postérieure de la clavicule. Tl avait été usé postérieurement et fracturé par suite de l’érosion de son tissu; le fragment postérieur faisait saillie dans la poche anévrismale. J’ai dit que la tumeur anévrismale, formée par la crosse de l’aorte, présentait supérieurement, au-dessus et derrière la clavicule, une ouverture qui pouvait permettre l'introduction de trois doigts. Cette ouverture faisait com=
DES ARTÈRES ET DES VEINES. 299 méthodes constitue lopération de lanévrisme. | |
La compression a été long-temps employée
muniquer la tumeur déjà décrite avec une autre dont nous avons indiqué les dimensions et les rapports à l’extérieur. Ceite dernière tumeur présentait un aspect et une structure différens ; son intérieur était rouge; ses parois n’avaient pas le caractère du tissu artériel; elles étaient molles, laches , avaient trois ou quatre wae d’épaisseur et se déchiraient avec facilité. Un examen attenuf démontra qui des couches de fibrine , dont les unes avaient une ligne et demie d'épaisseur , d’autres deux, et quelques-unes jusqu’à trois lignes , les formaient presque entièrement. Ces couches fibrineuses , superposées les unes aux autres , pouvaient être facilement séparées des parties environnantes. Le bord supérieur de Yomoplate, dont nous avons parlé ailleurs, était détruit et remplacé par les parois de la tumeur, qui adheraient intimement à cet os; son angle supérieur et postérieur faisait saillie dans la tumeur ; il était couvert par une couche fibrineuse. Un tissu cellulaire condense faisait adhérer d’une manière intime la tumeur avec les parties environnantes. | par:
En cherchant l’origine de l’arteré sous-clayiere , nous la trouvâmes confondue avec les parois de la tumeur su périeure. Sa direction était oblique de dedans en dehors et de bas en haut ; elle passait sous la tumeur. Le commencement de l’artère axillaire était adhérent avec elle. On voit, d’apres ce qui vient d’être dit, que cette vaste poche anévrismale formait dislinclement deux tumeurs
ie | MALADIES”
dans le traitement de Vanévrisme, et Pon rapporte des cas dans lesquels, dit-on, elle a effectué la guérison de la maladie. Les avan-
séparées par cette ouverture dont nous avons parlé. Celle qui était située dans la poitrine se trouvait dépendre de la dilatation de l'aorte à son origine ; autre, qui faisait une saillie considérable sur la partie latérale droite du cou, etait survenue à la suite de la rupture de la premiere, et constituait par conséquent ce qu’on est convenu d'appeler un anévrisme faux consécutif.
Cette disposition de la tumeur @pévrismale avec Vartere sous-claviere explique les phénomènes suivans :
19, Pourquoi ces batlemens des arteres du bras du même côté et de l’avant-bras étaient à peine sensibles.
2°. Pourquoi, lorsqu'on pressait la tumeur , on suspendait les battemens des artères du membre, sans diminuer les battemens dans la tumeur. Dans cette dernière | circonstance, en effet, la tumeur devant appuyer plus fortement sur l’arlere sous-claviere , et cette compression ne pouvant avoir lieu que sur une petite portion de la tu- . meur , elle ne devait pas diminuer les battemens de celle-cr.
3°. On peut facilement prévoir les suites d’une opération tentée dans un cas semblable : c’est peut-être en la considérant sous ce dernier rapport que l’observation devient précieuse. Ne nous apprend-elle pas à quel point une dilatation de la courbure de laorte compliquée du développement accidentel d’une poche anévrismale résultant de la rupture de l’artère, peut en imposer pour un anévrisme de la sous-clavière ?
4°. Nous ayons vu aussi quels moyens la nature em- |
DES ARTERES ET DES VEINES. 255 tages de cette pratique paraissent toutefois avoir été grandement exagérés : les guérisons qui ont eu lieu pendant son emploi ont été dues plulôt aux autres moyens mis en usage conjointement avec elle, qu’à son action mème sur Ja tumeur ou sur lartère. La plupart de ces cas semblent être des guérisons spontanées, favorisées par lessaignées, la diète et le repos, dont l’emploi avait été combiné avec la compression. Les non-succès qui suivaient si souvent l’ancienne opération pour l’anévrisme, et le danger dont cette opération était toujours accompagnée, faisaient attacher la plus grande importance à la découverté d’un mode de traitement pour cette maladie et plus certain et moins dangereux.
Jusqu'aa moment où les avantages de l’opé-
ration moderne de l’anévrisme furent confirmés par l'expérience , la compression fut recommandée avec force par les écrivains systématiques. Les améliorations introduites actuellement dans cette branche de la chirurgie rendent le traitement des anévrismes
ploie pour fortifier les parois accidentelles contre la force du sang. Ces parois, en effet, se forment de tout ce qu’elles rencontrent ; les-os, ainsi que les parties molles, entrent dans leur composition. ( Note du traducteur.)
Pa
par la ligature de la partie supérieure de l’artère infiniment préférable à la pratique lon-
gue et incertaine de la compression, et l’examen des principes de cette opération et des
succès qui ont suivi son emploi montrera
qu'on ne peut pas faire de fond sur cette
dernière méthode pour obtenir la guérison radicale de la maladie. Deux modes de coinpression ont été recommandés pour le trai-
tement de lanévrisme : 1° la compression de
tout le membre dans lequel la maladie a son
siége , et 2° la compression de la portion su-
périeure de lartère à une certaine distance
de la maladie.
. Guattani, quia été un des plus chauds parfisans du traitement des anévrismes externes
par Ja compression, a rapporté des cas de
guérison à la suite de son emploi. Sa méthode consistait dans l'application de compresses sur la tumeur et sur la partie supérieure de l'artère, compresses qui étaient fortement fixées par un bandage circulaire qui entourait le membre depuis le siége de la maladie jusqu’à l'aîne (1). Deux compresses étaient appliquées en croix sur la tumeur, et une troisième était placée sur le trajet de l’artére
AD some
(1) De externis Aneurysmatibus , p. 26.
fémorale. Une bande ordinaire , partant de la tumeur, comprimait fortement et également la totalité de la parlie supérieure du membre. Le bandage était continué au-dessous du genou , et il était retenu à la partie supérieure de la cuisse à. claves jets de bande passés autour du corps. On humectait cet appareil avec une lotion astringente, et toutes les fois qu’on le réappliquait, on augmentait le degré de pression. Le malade, fréquemment saigné , était astreint à un régime sévère et à une tranquillité parfaite.
Quoique Guattani employât cette méthode dans la plupart des cas, ses succès ne s’en réduisaient pas moins à peu de chose. Il rapporte quatorze observations dans lesquelles il l'avait adoptée. Dans sept de ces cas, il n’en relira aucun avantage; dans un autre, la tumeur éprouva une diminution considérable, mais il ne fait pas mention de la fin de cette observation; dans un second exemple, quoique la compression eût été employée avec un succès apparent pendant trois ans , la tumeur augmenta ensuite et nécessita une opération; dans un troisième , la douleur occasionnée par le bandage fut si grande qu’on fut obligé de discontinuer son application. Dans quatre cas seulement la maladie fut guérie pendant
238 MALADIES son emploi ; mais alors il est probable que le régime sévere , le repos et les saignées prescrits pendant un si long espace de temps et avec la dernière rigueur auraient amené la guérison spontanée de Vanévrisme, quand
même la compo n’etit pas été combinée
avec l’usage de ces divers moyens (1).
ee vos
(1) L’extrait suivant fait connaître la nature des circonstances dans lesquelles Guattani a employé la compression, la longueur du temps pendant lequel il Va continuée , et conjointement avec clle la diète rigou— reuse ainsi que les saignées qu’il avait ordonnées , toutes ~ les fois qu’il a obtenu Ja guérison d’un anévrisme.
Hist. v1. La tumeur au jarret avait le volume’ d’un œuf d’oie; elle était dure au toucher, présentait des pulsations violentes, et était. accompagnée d’cedéme, de douleur et de fievre. Le malade fut tenu dans son lit, saigné fréquemment et astreint à une diète sévère. L’accroissement de la tumeur fut arrêté par ces moyens, et le mois suivant ia douleur, la pulsation et l’œdème du membre avaient diminué. Au bout de trois mois de ce traitement , il ne restait qu’une faible douleur et un gonflement léger du membre : ce fut alors qu’on employa la compression de la manière que j'ai décrite précédemment. Le malade fut saigné fréquemment , et il continua d’être astreint à une diete sévère et au repos le plus parfait. La tumeur diminua journellement , et au bout de trois mois de compression , il ne restait plus au jarret qu’une grosseur du volume d’une châtaigne,.
DES ARTÈRES ET DES VEINES. 259 .-Les inconvéniens de ce mode de compression sont. aussi grands que certains,
Hist. yu. Dans ce cas, la tumeur était plus volumineuse que dans le précédent , et elle était accompagnée
d’une douleur aiguë, de fiey#@ et de la tuméfaction du
membre. Pendant les: pr uit jours après son en=
trée à l'hôpital, qui eut I le mois d’août , le ma lade fut saigné deux fois, te u dans gon lit, et astreint à un régime rigoureux. La compression fat exercée apres plusieurs jours de l’usage d’une lotion astringente. Au commencement de novembre, la pulsation avait entierement cessé, et le! contenu de la tumeur paraissait
être devenu fluide. Le traitement continua jusqu’au mois
de janvier, que cet homme quitta l'hôpital, sans con-
server d'autre incommodité de sa maladie qu’une gêne
légère.
Hist. vit. Ce cas était semblable au précédent , et un traitement semblable fut employé avec succes. Au bout de quarante jours ,-la dureté et la pulsation disparurent, et il ne resta plus qu’une tumeur remplie d’un fluide qui fut absorbé graduellement. Quelques semaines après, le malade, entièrement guéri, conservait encore un peu de gonflement à la jambe, que Guattani attribua à un excès d'exercice pendant le traitement, -
Hist. 1x. Ce malade fut examiné par Guattani trois mois après le commencement de la compression , sous la direction de deux chirurgiens de Rome. La guérison de l’anévrisme était complète, et il n’y avait plus qu’une
distension des tégumens pour laquelle on continuait la’
compression,
240 + 18 MALADIES quoiqu'il soit plus difficile de concevoir coiiment il peut donner lieu à la:guérison des
Hist. x. C'était un anévrisme de l’artère poplitée ; il avait été soigné par un chirurgien qui attribuait les succès
de Guattani au repos qu’ilfaisait garder à ses malades, en
méine temps qu’il empl compression, Le malade,
ayant d’avoir recours a 1, avait déjà été confiné dans son lit pendant cing mois sans aucun avantage, si ce n’est que la tumeur avait cessé d’augmenter pendant ce temps. Seize mois apres l’apparition de la maladie, l’a. névrisme avait acquis un volume énorme, puisqu’il s’é-. tendait du milieu de Ja cuisse jusque. sur la jambe. Le malade fut saigné fréquemment , soumis à une diète sévère, et la compression fut employée comme dans les premiers cas. La tumeur diminua ; mais le malade ayant refusé de continuer à se soumettre au traitement, fut renvoyé de l’hépital dix mois apres son admission. A cette époque, la tumeur, quoique dure et ayant encore une forte pian: > n’avait pas plus de deux pouces de largeur. | ist. xx. Ici PACE était. peu PRO ANS Lu ma- Jade ne voulut pas s’assujettir au traitement , et au: bout de quelque temps, il mourut de la gangrène du mobs. Hist. xu. Il ÿ avait un anévrisme volumineux de Par tère poplitée, accompagné d’une ‘douleur extrême, de pulsation ‘et d’cedéme. Après des saignées répétées, on employa une pression légère; mais le danger de la gangrène la fit discontinuer, et le malade mourut par suite de la rupture de la tumeur.
Hist. xiv. Dans un large anévrisme ne inguinal, la com-
DES ARTÈRES ET DES VEINES. 9241 anévrismes. Scarpa (1) croit que la compression , en plaçant Jes parois opposées de Vartére
pression fat employée pendant trois ans. La tumeur dimi- ‘nua beaucoup , et le malade fut en état de reprendre son service de cocher. Toutefois, le mal fit de nouveau ces progres, et opération qui fut pratiquée entraîna la mort, Hist. xvi. C’etait un anévrisme inguinal volumineux, dans lequel la tumeur, la douleur et la fièvre diminuèrent d’abord par les saignées et la compression. Au bout d’un mois cependant, la douleur redevint telle que le bandage ne put être supporté ; la tumeur augmenta rapidement et entraîna la perte du malade en s’ouvrant dans abdomen. ist. xx. La tumeur avait ici la grosseur d’un œuf, et ‘était sitnée à la partie supérieure de la jambe, près du jarret. Le malade fut saigné , tenu dans son lit, et astreint à une diete sévere pendant plusieurs jours, au bout desquels le membre fut entouré d’une bande depuis le milieu de la jambe j jusqu'à Vaine. La douleur toutefois devint si grande que, malgré les nouvelles saignées ‘failes au malade il fut indispensable d’ôter le bandage. Appliqué de nouveau à deux reprises différentes , on fut oblige chaque fois de l'enlever , à cause de ‘la douleur
insupportable qu’il produisait. Le malade finit par mouric de la fieyre.
: Guattanidil avoir essayé | la compression dans quatre cas d’anévrismes à la partie supérieure d dela jambe, sans aucun succès. Dans un cas (histoire XIX }, apres un long espace de temps, le malade mourut ala suite de la suppuration de la tumeur. Moyes Guarrant, De externis Aneury smat.
(1) Traité sur FAnév!; trad. de Delpech 4 Pa § 4:
242") MALADIES. . : | lésée dans un contact aussi solide que com plet à l'ouverture du sac anévrismal , excite en même temps l’inflammation adhésive de ses membranes, et produit l’oblitération dela cavité du vaisseau. Si c’est ainsi que la pression effectue la guérison de lanévrisme, les circonstances dans lesquelles elle est applicable. sont très-rares. Dans presque toutes les poches anévrismales, même dans la première.
période de la maladie, il survient un dépôt de coagulum suffisant pour ôter la possibilité de placer les parois opposées de l'artère , à l'ouverture du sac anévrismal, dans un état parfait de contact; et lorsque la tumeur est volumineuse et accompagnée de beaucoup de fievre, de douleur et de gonflement du membre , il devient évident qu’un degré de pression assez considérable pour remplir cet objet ne saurait être supporté. Une autre objection faite à l’ancienne opération de lier l'artère à l'ouverture du sac, est applicable à la compression, même lorsqu'il serait possible de mettre en contact les parois du vaisseau. C’est- que dans cet état, selon toute probabilité , Ja compression, au lieu de produire Vinflammation adhésive dans les membranes du vaisseau , en aménerait bien plutôt la suppuration à la suite de Vinflammation
DES ARTERES ET DES VEINES. 245 qu’elle exciterait. Guattani (1), dans plusieurs occasions, a employé la “ere dans l'intention de produire la suppuration de toute la tumeur. Les bandages roulés, en gênant les circulations veineuse et lymphatique , augmentent beaucoup l’édème:et la douleur, et en comprimant les artères du côté opposé du membre , ils empêchent l'établissement de la circulation collatérale. Il est cependant possible que ce mode de compression, en diminuant le calibre de Yartère , affaiblisse en même temps l'impulsion de la circulation dans le sac anévrismal et favorise absorption du coagulum. Dans les cas rapportés par Guattani, son emploi faisait diminuer les tumeurs, quoique la pulsation s’y fit encore sentir ; et j’al moi-méme été témoin plusieurs fois de ses effets pour favoriser absorption du coagulum après l’opération de Panévrisme. Dans quelques circonstances rares où le corps de la tumeur est réfléchi sur la partie supérieure de l'artère, il est possible que l'application d’un bandage, en comprimant l'artère entre la tumeur et l'os, puisse produire l’oblitération de sa cavité, et de cette manière effectuer la guérison de Ja
(1) De externis Aneurysmatibus , p. 94.
Pa
244 AIT MALADIES maladie (1). Une compression modérée sone var tageusement | ‘combinée “avec le traitement débilitant pour amener la guérison spontanée : cependant les cas où il est | possible de mettre en contact les parois de l'artère, à ouverture du sac, sont tellement rares ;'et le degré de pression nécéssaire: pour produire leur adhérence entraîne desinconvéniens si grands par rapport à ses chances de succès ,‘que cette pratique ne sera jamais digne de confiance comme agent immédiat dela guérison de l’'anévrisme:(2). 3.
+ La'compression d’une portion de l'artère © au-dessus du siége de la maladie, a été aussi recommandée dans Te: traitement’ des anévrismes des membres. ‘L'objet de cette pratique ‘est-de placer les parois pe AE
SELES.
(1) Voyez plas haut , l'exemple xvitt , p.145
°(2) Voie P'6pinion ‘de Séarpalsur les AE aie où il est. à propos d'employer la compression : Elletest contre-indiquée, lorsque lanéyrisme de J’artere, poplitée | est, spontané, ou. non dépendant. d'une. blessure ou
d’une tension “violente et extraordinaire de l'artère;
pipe rye hee Soe Dh os te |
quand ce méme anévrisme s ’élend fort loin , , et “Tors qu’il ‘est d’un volume considérable ; ; quand il! est ‘tres= dur , quand it éccasionne! üne doùléur aiguë et une fièvre sympathique; quand il a produit un gonflement considérable de la jambe et-du pied avec diminution de la
l'artère dans un état de contact, et en: mème temps d’exciter dansises, membranes un degré d’inflammation tel que leur adhérence en soitle résultat. Lorsque ce but est atteint, la maladie-sé trouve dans la même condition qu'après l'opération moderne de Panévrisme, où.la cavité deilartère est oblitérée à une certaine: distance: de: la: tumeur par l'application d’uneligature! Les absorbans enlèvent alors:le,;coagulum déposé dans le sac ,-et la circulation. dans le. membre : a dieu 0 les Vaisseaux collatéraux, 2: ic. tot tier
- On a recommandé divers appareïls propres antogegrimer Fartère ,:sans comprimer le membre et sans gêner:le-passage-du:sang par les vaisseaux collatéraux. ‘La :compression locale a été CU. daze caren le
: "1 a hE iE TF > 4 i ial} t ‘1 14
RTS partes PTE quand le sac ‘anévr rismal est sitüé tr op haut ou trop bas dans le jarr et. Au contraire l'espoir: du chirurgien : d’obténir la guérison par la compression-ssera bien fondé toutes les foistque l’anévrisme poplité, est, très-peuit hiréçentiet, produit par une distensign violets, à de Part tere; Jan 'l il est, indolent ,°) mou et, cédant : à la pression de la, main ; ; lorsqu’i il est situé exactement au ‘milieu de la cavité ne jarret, et lorsqu’ il n’est pas accompagné de gonflement ou d’engourdissement de la jambe ou du pied. (Voyez Traité sur V Anévrisme > traduction de Delpech , p: 258, § ur Jo 0
traitement des artères blessées , et les ouvrages de chirurgie abondent en descriptions d'instrumens destinés à remplir cet objet.
M. Freer a reconnu que la pression du tourniquet sur lartère radiale-des chevaux produisait, dans l’espace de quatre jours , le dépôt d’une lymphe coagulable, non: dans:la cavité du vaisseau , mais dans les parties: en : vironnantes, ainsi que dans ses membranes , qui se. contractaient et se resserraient tellement: que le passage du sang dans sa cavité devenait tout-à-fait impossible (1). Le résultat des expériences de M. Freer s’accordeavec ce qui arrive lorsque des vaisseaux sanguins considérables sont oblitérés par la pression de la tumeur ; et en conséquence ce mode de compression a été proposé comme propre a oblitérer la cavité d’une artère et à effectuer la guérison de l’anévrisme. L'expérience toutefois a démontré que la douleur était insupportable lorsqu'on tournait la vis de l’instrument de manière à lui faire exercer sur le. membre une compression suffisante pour produire Poblitération de Fartère. L'application temporaire du tourniquet pendant l’amputation est généralement Ja source de vives dou-. ite ITS
(1) Observations on Aneurism, p. 14,
DES ARTERES ET. DES VEINES. 247 leurs pour le malade : on peut juger par là dés souffrances que cet instrument doit occasionner lorsqu'on prolonge son application pendant toutle temps nécessaire pour qu’il en résulte Yinflammation d’une artère profondément située. Cette pratique fut mise en usage par sir William Blizard , dans un cas d’anévrisme de l'artère poplitée. Ce chirurgien se servit à cet effet d’un instrument dont les points de support étaient la partie externe du genou et le grand trochanter : une branche d’acier se rendait de lune à l’autre; sur le milieu de cette pièce d'acier se trouvait fixée une pièce de fer demi-circulaire qui s’avancait sur l'artère fémorale , et qui, à son extrémité, était garnie d’une pelotte mise en mouvement par une vis. Lorsqu'on tournait cette vis, l'artère était facilement comprimée et la pulsation dans l’anévrisme arrêtée, sans aucune interruption dans la circulation des plus petits vaisseaux ; mais quoique ce ma-.
lade eût un courage extraordinaire, et qu'il fût indifférent à la douleur, il ne put supporter la pression de l'instrument que pendant neuf heures; lorsqu'on l’eut enlevé , la pulsation reparut dansda tumeur avec autant de force qu'auparavant (1). Dans le seul cas
hs ant
(1) Medical and physical Journal, t. vis, p. 2.
248 muet MALADIES. |
où j'ai vu employer le tourniquet le malade
n'en put supporter application que pendant
une heure, tant était intolérable la, dou-
leur produite par sa pression continuelle; (AL) M. Richerand (2) rapporle une observation,
G) Un de mes amis’ jhonime très-instruit, m’a assure que , dans un cas d’anévrisme de l’artère poplitée où il a yu meltre cel instrument en ‘usage , le malide n'a pu le souffrir que pendant deux heures. Un large morceau de bois avait été place sur le cété oppose du: membre : afin d’empécher en quelque sorte la constriction des vaisseaux collatéraux. Dans une autre occasion où il fut ap= pliqué sur lartere brachiale, la douleur et le gonflément du membre devinrent si considérables le jour suivant , que le chirurgien fut obligé d’y renoncer. Hunter essaya d’oblitérer par la compression la cavité, de l’artère fémorale dans un auévrisme de l’artére poplitée ; ; mais le malade ne pul supporter son application. Voyez Transactions of a Sociely jor the improvement of medical and chirurgical knowledge , vol. 1, p. 160. * ;
(2) Un épicier a été guéri! réceminent d’un anévrisme de l’artère poplitée en se tenant au ht pendant un an, dans un état de repos parfait , en se soumettant a une diète severe, en se faisant saigner, lous Jes mols, et en com priwant l'artère crurale sur le fémur, dans l'endroit où
elle passe derrière le muscle adducteur. La compression fut effectuée : au moyen d’un demi-cér cle élastique d’acier, éemblable à ‘celui d’un bandage ; une vis, à l'extrémité de laquelle était une pelotte; iservaitià régler la pression É . qu’on faisait sur le vaisseau: Laydouleur. forca ‘d’abord; à suterrompre la pression , mais le malade s’y accoutuma
DES ARTÈRES ET DES VEINES. | 249 d’anévrisme guéri par cette méthode ; mais dans ce cas la compression fut appliquée graduellement ; et pendant un an le malade, tenu dans un repos parfait , fut saigné fré-
quemment et astreint au régime le. plus sévère. On dit aussi que le professeur Dubois (1) a mis en usage plusieurs. fois cette pratique avec succès (2). | |
par degrés, et en augmentant g Edo enant sa force, la pulsation s’affaiblit et finit par cesser entièrement; la tumeur diminua également , devint plus dure et se réduisit à un petit tubercule. (Dictionnaire dés Sciences médicales, art. Anévrisme. Voyez aussi le Traité des Mäladie chirurgicales , par le professeur Boyer, tu, p. 204, observation re. )
(1) Jéid.
(2) Nous rappor ter ons icl ‘Phistoire | très-curieuse d’un eas de guérison d’ un anévr isme obtenue par la compression de la tumeur. Cette observation appartient à M. le professeur Dupuytr en. |
Lancelin (Jean), âgé de 56 : ans, ancien militaire x,
* En 1806, le malade, soldat alors dans l’armée d'Espagne, fi frappé d’un éciat d’obus vers la partie postérieure de la malléole externe de la jambe dn même côté que la maladie dont nous donnons l'Histoire. Ii résulta de ce coup me plaie d'une ‘grande éten= due , dont on n’obtint la parfaite guérison qu’au ‘bont de‘onze mois de traitement, Depuis ce temps la jambe et ‘le: pied se sont. légérement atrophies, et le malade , s’appuyant sur le bord interne du pied , Porté fortement en dehors, ne peut marcher sans une légère claudication, ce qui ne l’empécha pourtant pas Ê servir comme
soldat jusqu’en 1811, époque à laquelle il quitta peak rue la profession: des armes. é Sant $s
250 119 MALADIES > Les symptômes les plus alarmans qui ac-
compagnent les anévrismes internes sont pro-
duits pe la tion v de ba tumeur sur les or-
y in &
éxercant actuellement le métier de tourneur à Paris, d’un tempérament sanguin , d’une petite taille, d’une mai-* greur assez remarquable, affecté en même temps de gale et de maladie vénérienne , se présenta à l'Hôtel-Diew le 4 mars 1816, Il y vint réclamer les. secours de l’art
pour une douleur qui s "était subitement développée au
creux du jarret du côté gauche, et qui était accompagnée d'une gêne assez grande dans les mouvemens. Le premier jour, M. Dupuytren , portant la main sur le lieu de Ja douleur , sentit battre sous ses doigls une tumeur du volume d’un œuf de poule. Interrogé sur les circonstances antécédentes , le malade déclara que, dix jours avant son entrée à l'Hôtel - Dieu, il était occupé debout à faire mouvoir son tour à l’aide du pied gauche, appuyé sur la marche de cette machine, lorsqu'un morceau de bois tombant d’une table voisine sur sa cuisse gauche lui fit faire un mouvement subit, par lequel la jambe du même côté, qui était d’abord légerement fléchie, éprouva une forte extension , qui fut tout-a-coup suivie d’une douleur vive au creux du jarret et d’une assez grance difficulté dans la locomotion. Une demi-heure après l'accident, le malade, touchant le creux du jarret, qui était le siége de la douleur , il y sentit une petite tumeur qu'il n'avait jamais remarquée auparavant, et dont al ignorait absolument le caractère. M. Dupuytren examina plusieurs fois, et avec beaucoup. d'attention, celte tumeur. Il reconnut que c'était un anévrisme; il.songea
DES ARTERES ET DES VEINES. 252 ganes "importans situés dans son voisinage ; mais ces effets sont en général adoucis quand les os sont détruitset quand la tumeur fait
done aux moyens de guérir cette maladie; mais avant d’en entreprendre la cure , il jugea à propos de détruire d’abord la gale, dont le malale était affecté depuis dix-huit mois, et de combattre ensuite l’atfection syphilitique que cet individu avait contractée à trois reprises différentes. Les deux premieres maladies vénériennes avaient été traitées méthodiquement , et elles guerirent parfaitement; mais la derniere avait été entièrement négligée ; elle durait depuis trois ans. Après la guérison de ces deux maladies #, on entrepril la cure de l’anévrisme : deux moyens pouvaient en opérer la disparition , la ligature et la compression ; on résolut d’employer la dernière méthode, et à cet effet M. Dupuytren fit construire une machine particulière , qui devait comprimer l'artère crurale immédiatement au-dessus de l'endroit où cette artère passe à travers le muscle troisiemeadducteur. Voici la description de cette machine : elle est formée d’une tige d’acier courbée en demi-cercle, de maniere à ce que la branche interne soit plus longue d’un quart de son étendue que la branche externe ; celle-ci est terminée par une pelote concaye , pour s’adapter à la convexité de la partie
* La gale fut traitée par la méthode de M, Dupuytren , méthode qui a le double avantage de guérir promplement et a pra d de frais,
% Eau commune-.-:... ib ij Salfure de potasse: + Z iv Acide sulfurique: . ++ 3 j Mettez ce mélange dans une bouteille hermétiquement fermée ; agitez ; faites dix frictiog.
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saillie aw dehors: ous Jes éForts'qu'on vou- drait mettre en tusage pour'arréter les pro grès des ‘anévrismes: ‘duthorax ow de Yab>
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une consistance assez grande, et la direction de cette
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La vis de pression est jun peu. plus, longue. 9) 9. - Gn pent estimer; ladnsteide: Ja delle eile pendant'ces dix-sept j jours à cing jours de compression permanente. : ipl; D |
domen, au moyen d’une pression externey sont done nuisibles et ne sauraient qu’aggraver. l'intensité “des: symptômes. La pression
qué; mais comme elle n’offrait pas toutes les’ qualités desirables , on fut ‘obligé à plusiéurs reprises d'en sus pendre Pusages ROBY & en corriger les défauts. ba com: jours, ,et Pon Git avouer r que, | dns cet nov de jé à les baltemens de la tumeur ont paru diminuer un peu de force. Enfin le 29 du même mois pla machine ayant toute la perfection convenable, fut appliquée de la manière la plus exacte possible. Pendant le temps de ceite application la tumeur n'offrit pas le plus léger baltemert. On recommanda au malade de relâcher la vis de pression dans le cas où il ressentirait dans le membre trop d’ engourdissement et trop de douleur. L’engourdissement fut presque nul ; Ja douleur fat supportable, et la chaleur ne diminua | pas d’une maniere sensible dans le membre comprimé, Au bout LA cinq jours de compression exacte et permanente , M. Dapuytren , voulant s’assurer jusqu’ à quel point on pourrait. relâcher la vis ce pression sans rappeler les battemens dans Ta tumeur ,
$ ’aperçut, non sans étonnement , qu elle n offrait aucuri battement, même lorsque la machine était ‘entitrement retirée. En cherchant à à se rendre compte d une guet ison aussi prompte M. Dupuytren examina + etat des artères collatérales, et il sentit, autour du genou correspondant ! ä
Vanévrisme , les battemens de plusieurs artères ul, s’é- FER & EE
laient dilatées depuis irbs-peu de temps. Th examina aussi : î l'artère crurale du même cote » et i observa que,
854 Lou MALADIES
peut bois empêcher la saillie de la tu- -meur au dehors; mais dans ces cas, on ne fera que favoriser son dév eloppement interne et ses effets destructeurs sur les parties environnantes. » :
L’ancienne pratique de comprimer les anévrismes du thorax ou de l'abdomen qui font saillie au dehors, au moyen de plaques de
quoique les battemens de cette artère eussent diminué de force, ils étaient pourtant trés-sensibles dans tous les points de l'étendue de ce vaisseau , je veux dire dans tous ses points compris entre le ligament de Poupart et son passage à travers le troisième adducteur« Pour consolider Ja guérison , on remit la machine en place ; on la retirait tous les jours pendant quelque temps , et quoiqu’on se fût assuré que la tumeur avait perdu ses battemens, cependant on la réappliquait. Enfin, le 14 juillet on en débarrassa pour toujours le ick qui voulant à toute force quitter l'hôpital, en sortit le lendemain. Il reprit aussitôt ses occupations ordinaires g et quoiqu "il se servit encore de la jambe gauche pour faire mouvoir son tour À il n’éprouva ni douleur ni gêne dans les mouvemens nécessités par son métier , et dans les mouvemens de la pro— gression , les baltemens ne reparurent point dans la tumeur. Plusieurs jours après sa sortie del’hôpital, le malade y revint pour se faire traiter de quelques boutons furonculaires qui parurent à la partie antérieure et inférieure de la jambe droite. C’est alors que l’on vit que, malgré le travail pénible auquel Lancelin s’était livré, la guérison de l’anévrisme ne s’était point démentie. ( Note du trad.)
DES ARTÈRES ET DES VEINES. | 255 plomb ,, de compresses et de bandages, est — donc trés-nuisible, et, dans certains cas, elle peut entrainer les conséquences les plus facheuses. Lancisi (1) rapporte l'histoire d’un anévrisme de l’aorte dont le sac s’ouvrit dans les poumons à la suite d’une pression extérieure. Toutefois , lorsque les tégumens seront sur le point de se rompre ou lorsque Pulcération aura commencé , on pourra prévenir quelque temps l’hémorragie, et prolonger ainsi l'existence misérable du malade, par l'application de compresses , d’emplatres agglutinatifs et de bandages., |
La guérison des anévrismes par la compression de l’artère a paru si plausible à quelques chirurgiens , qu’ils Pont essayée , même sur le vaisseau dénudé, dans l’intention de placer ainsi en contact ses parois opposées , et d'effectuer l’adhérence de ses membranes par Vinflammation qui en serait le résultat.
Guattani (2) ayant découvert un anévrisme volumineux a laine, appliqua des compresses. graduées sur l'extrémité de l’artére a . l'ouverture du sac, et les retint exactement dans cette position au moyen d’un bandage.
(1) De Motu cordis et Aneurysmatibus, p.248.
(2) De externis Aneurysmatibus , hist. xv, p:.50..
590 10e © MALADIES — Le treizième jour, lappareil fut enlevé ; Pit : n’y eut point d'hémorragie , et l'artère était
oblitérée. La plaie suppura et le malade se
rétablit. Cette manière d’oblitérer la cavité des ‘artères a également été employée par Trew (1), Teichmeyer (2), Heister (3)’et quelques autres chirurgiens. Cependant il est évident qu’outre le danger de ’hémorragie , plusieurs autres inconvéniens rendent ce mode de traitement bien inférieur à Jopération pias sure de la ligature. * | Jusqu'à l’année 1646 , l'opération de Panévrisme était réservée à ces cas dans lesquels la maladie est produite par une plaié de Partére brachiale, à la suite d’une saignée mal © faite. A cette époque, Sévérinus publia une | observation d’un anévrisme de la’ cuisse, qu’il guérit, conjointement avec Trullus, par l'ouverture ‘du sac et la ligature des deux extrémités de l'artère fémorale blessée (4).
Plus de nr ans dt une opération
(1) Aneurysmat. spurit hist. et curatio. Lauth. collect. script: de Aneurysmat..p. 549. 1: | LH
(2) Iéid, Lauth. collect.,.p..552. dent
(5) Havusr , Disputat. chirurgice , LV, as one
Voyez aussi Scanva-, sur l Ancvrisme, traduction de Delpech, p.258. gén |
(4) Sevrninus, De efficaci Medicina, cap. “nr
DES ARTÈRES ET DES VEINES. 9257 semblable fut faite avec succès en 1688 par Bottentuit, chirurgien gagnant maitrise à l'Hôtel - Dieu de Paris (1). Malgré ces exemples , et quelques autres encore dans lesquels la cavité du vaisseau s'était oblitérée dans des anévrismes qui s'étaient guéris spontanément, les chirurgiens ne pouvaient se déterminer à faire la ligature des principales artères des extrémités inférie ures, par la crainte de la gangrène qu’ils croyaient devoir: ewealfer de la privation du sang nécessaire a l’alimentation du membre. Ce ne fut que vers le milieu du sièclé dernier’, et après que Haller’ et Winslow eurent fait connaître les vaisseaux collatéraux qui pouvaient entretenir la circulation, que Guattani; Mollinelli, Teislère, Mazotti et plusieurs autres chirurgiens italiens (2), répétérent l'opération sur les artères fémorale et poplitée. M. Burchall (3) est le premier qui, en! Angleterre , ait fait la ligature de V’artére fémorale à l’hospice de Manchester, dans le
(1) Recueil d’observations: de pondre 00 par Saviard , commentees par le Rouge, obs. Lxut, p. 220.
(2) V oyez PELLETAN , Clinique chirurgicale, tome 1, p. 116.
(5) Medical Obisaaane and inquiries, vol. it, p. 100.
$ Le 17
courant de l’année 1757. M. Pelletan Buse avoir été le premier en France qui ait pratiqué: la ligature de l’artère poplitée, en 1780 (1),/ époque a laquelle cette opération devint.
commune tant dans ce pays que sur tout,e | continent. | |
Jusqu'en 1785 , que. Hunter fit. ne pre-. mier l'opération moderne, le traitement des an évrismes externes ne N à ouvrir la tuety à la vider du sang quelle contenait ,.et
à faire la ligature des deux bouts du vaisseau: à chaque extrémité du sac. On remplissait ensuite la cavité de la plaie avec de la charpie et diverses substances médicamenteuses :
une suppuration efirayante s établissait., rarement l’ulcération offrait des granulations de bonne nature, et plus rarement encore’ le malade en revenait. Les difficultés: que lon. rencontrait dans cette opération étaient aussi très-grandes. La profondeur à laquelle lartere était située dans le jarret, et les adhérences intimes qu’elle avait contractées avec les parties environnantes, rendaient, dans beaucoup de cas, sa séparation extrêmement difficile; l'opérateur se voyait forcé ou de
(1) LA oyes Peuurran , Clinique chirurgicale, tome 1, Pe 116, +
la disséquer à quelque. distance au-delà de la! tumeur, ou de passer la ligature: au moyen!
de l'aiguille ordinaire, et de lier avec l'artère. la veine, le nerf et les. parties voisines: Pendant, opération , ‘le chirurgien -était::gêné par un écoulement ‘de; sang continue]: : pro-: vénanl:; .ou-des .artérioles qui:s’ouvraientdans: lé sac, ou: dé: lextrémité. inférieure du vaisseau , et il arrivait rarement, ques; jusqu'à ce, que ’hémorragie fit suspendue.
par une faiblesse survenue au malade ion pût reconnaître avec. certitude: la:-situation. de l'artère blessée. Lorsque. le malade était: rétabli des effets’ immédiats de Popération 5: il avait encore, de (grands: dangers, à ceburin, Les membranes; jartérielles; à l'ouverture:
d’un, sac anévrismal , sont en. général: dans in: état morbide si avaneés! qu'il y a toujours beaucoup à craindre que l'inflammation ré-sultant de la ligature , aulieu de produire, Vadhérence des. parois. du:vaissean. et. Foblitération subsequente; de la cavité , ne se termine, par, l'ulcération, ou, Ja gangrènei;: Dans. . ce.cas, une, hémorragie funeste est, ‘presque : inévitable par Youverture. de l'artère, ada séparation de la ligature. On est au moins certain qu'une suppuration très-longue aura lieu, d’après le pansement du sac et Ja na-
260 à MALADIES : | ture des parties dont il est composé, Quelquefois la suppuration devient telle qu’elle s’é tend bien au-delà de endroit où la ligature a été: appliquée à l'arlère. Cette suppuration devient ‘une autre cause @hémorragie secondaire : et même, lorsque les ligatures. se sont: séparées d’une manière favorable , le malade est: heureux s'il parvient à résister à la suppuration longue ‘et ‘abondante , et aux’ escarres qui’se forment: dans des: parties aussi profondément: situéesysuppuration qui enveloppé em) général les’'vaisseaux environnans , les tendonstetiles ligamens , et qui entraine fréquemment: Ja‘ carie des os. Rarement les malades: se: rétablissent sans une roideur et ‘une Sgène dans: Yarticulation , ow même sans la perte de la puissance contrac tile du membre. M: Deschamps a décritavec soin les. difficultés que cette opération lui a présentées au jarret', et les dangers qui ac PR Pétat consécutif des parties." L7opération de Panévrisme par Vineision du sacs! dit M: Deschamps (1), exige: une plaie’ aux : tégumens | de six'a°sépt poucés’ de’ lon~) pr Le! tissu cellulaire a eth est entre er
(OT DE je Ot) vaigiige gi oy pe fit PL
(4 ‘Obsérvations « et Ré OR | sur la tes dés prie cipales arteres blessées , etc, pe 95), § 128. Je |
muscles doit donc être alors divisé, quelquefois a la. profondeur de trois pouces, en prenant soin d'éviter le nerf crural. Les petites artères qui se distribuent aux muscles sont intéressées pendant cette partie de Vopération et il est nécessaire d’en faire la ligature. Le sac étant ouvert, on enlève les caillots et le sang qu’il contient. Il est fréquemment nécessaire de laver, de nettoyer toute la surface de cette énorme cavité, soit avec de la charpie, soit avec une éponge. Il faut que les aides maintiennent séparées les lèvres de la plaie, pour que l’opérateur puisse voir le fond du kyste. La cavité ainsi nettoyée, la crevasse artérielle est à découvert : toutefois ce n’est qu’en molestant les-parties que l’on serre les ligatures à cette profondeur. Si quelques branches collatérales se rendent dans l’artère entre les deux ligatures’, ainsi que l’a remarqué Molinelli, comme on est dans lincertitude sur le point de Partére qui.fournit du sang, il est nécessaire de comprimer’ l’ou-verture du vaisseau ou d’ appliquer dessus des astringens ou des caustiques. Une opération pénible produisant une douleur eh une irrltation extrémes pour le malade, un -gonfle- . ment inflammatoire des parties proportionné à l'étendue de la maladie, des escarres et une
a2 AgMld yy MALADIES? 4 449 suppuration dues &'l’exposition à Pair ‘d'une aussi large surface, des collections purulentes provenant’ de la profondeur de la cavité: et du rapprochement des bords de la plaie, dés sinus difficiles à guérir, des tumeurs et des abcès, et enfin, dans quelques cas, une guérison retardée par la destruction des tendons des muscles fléchisseurs qui prive de l'usage du membre; telles sont les conséquences générales de ce mode opératoire. Rien n’est plus horrible que les histoires de cette opération rapportées par Guattani (1), Mazotti (a), MM. Deschamps (3)-et Pelletan‘(4)5 qui tous reconnaissent les difficultés et les. dangers dont je viens de parler: La rareté de sa réussite , et les souffrances'atroces qui l’aécompagnent toujours , ont engagé plusieurs’ chi- Purgiens très-expérimentés , parmi lesquels il suffitdenomimer Pott(5) et M. Descham ps(6), a déclarer en. panne à ce qu’on ait trouvé un