‹ Traité des maladies des artères des veines (volume 2)Chapitre 41 sur 50 · LINE À · texte numérisé non relu

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“aay Dessins SATA bit, i as CR: a (2) Sul’ Aneurysma Riflessiont, etc. ; p.24:

(6) Observations sur la ligature,des artères , elc., etc., (© Clinique chirurgicale , tome 1. Mémoire sur les anc+ ol externes.

(5) Chirurgical works , Vol: oi, AP 220 ; 5 édit. ae sir +180 | FALL RAR

James Earle! IIS 099,03 (6) Observations sur Ja rigdvake: ‘des artères, die: Jp: 63.

meilleur mode de traiter cette maladie, Var:

‘putation était la seule ressource dans darts vrisme de Partére poplitée.

Tel était l'état de la chirurgie, par rapport au traitement des anévrismes externes, lorsqu’en 1785, Hunter proposa et exécuta l'opération moderne. Son ‘génie actif, guidé par une connaissance profonde des forces de économie animale , fit subir à une opération dangereuse et inutile des changemens fondés sur Pexistence de ‘ces lois qui gouvernent la circulation des fluides et le système absorbant , et parmi ses plus brillantes découvertes, il n’en est peut-être point qui ait contribué plus que celle-ci au salut de l'humanité. Il était convaincu que la simple soustraction de la force de la circulation dans l’anévrisme était suffisante pour guérir la maladie, ou au moins pour arrêter ses progrès , et laisser les parties dans une situation telle que les forces de l’économie animale pussent les rétablir dans leur état de santé primitive. Dans cette vue, il faisait la ligature de l’artère à

une certaine distance du sac anévrismal , de :

telle sorte que lafflux du sang dans ce nes nier était ou entiérement empêché } où. au moins n'avait plus lieu qu’en petite quantité par les anastomoses : il prévenait ainsi les

progrès pliérictirs: de la maladie, et bios sait le dépôt du coagulum. Le caillot était ensuite absorbé , et le sac et: Yaxtére se contractaient jusqu'a ce que le premier devint une petite tumeur charnue;-et la seconde un cylindre imperméable. sos Les avantages de cette pratique, mise en opposition avec l'opération ancienne , sont incontestables. Dans la plupart des cas, Je chirurgien peut choisir pour son opération une portion @artére située près de la surface — du corps et n’ayant aucunes branches collatérales. Pendant sa durée, il n’est pas gêné . par le sang qui sort des vaisseaux environmans, ,etil peut détacher facilement l'artère de ses connexions naturelles. À une certaine distance de la partie malade , les membranes artérielles : sont moins sujeltes à ces altérations morbides qui se rencontrent en général dans le voisinage d’un anévrisme. On doit : done moins redouter ’hémorragie secondaire au moment de la séparation de la ligaiure , parce qu’alors le défaut de réunion des bords da vaissean ou l’ulcération de ses membranes . est une circonstance beaucoup plus rare. La cavité de la tumeur.n'étant pas mise a nuy on évite Je procédé long et dangereux des escarres et de la supparalion , et les hémorra-

DES ARTÈRES ET DES VEINES. 265 gies résultant soit de ces causes , soit des vaisseaux qui s'ouvrent quelquefois dans le sac.

Par ce mode de traitement, on n’est pas exposé non plus à la formation des sinus et des fistules , à Paffection des os et des ligamens, qui entrainaient la perte de la puissance contractile du membre, et qui succédaient en général à l'emploi de l’ancienne méthode. La supériorité de l’opération moderne est maintenant confirmée par une expérience si générale et des raisons si évidentes, que : nous croyons inutile d'ajouter de nouvelles preuves en sa faveur.

Quoique incontestablement on soit redevable à John Hunter d’avoir le premier fait connaître les principes d’où dépend la guérison d’un anévrisme après la ligature de l'artère à une certaine distance de la maladie, et d’avoir établi les avantages de cette méthode par plusieurs guérisons d’anévrismes de l'artère poplitée à la suite de da ligature de l'artère fémorale , on n’en doit pas moins reconnaître que plusieurs chirurgiens anciens et modernes onl recommandé et pratiqué la ligature de l'artère au-dessus de la tumeur. Les médecins grecs et arabes, et plus particulièrement Aëlius (1) et Paul d'E-

(1) Tetr. 1v, serm. m1, cap. ro.

gine (1), ontrecommandé particuliérement la ligature de l’artére brachiale , à quelques pouces au-dessous de l’aisselle , , pour la guérison d’un anévrisme au pli du bras. En 1500, Guil- Jemeau (2), contemporain d’Ambroise Paré, publia Phistoire d’un anévrisme au pli du bas qu'il avait guéri par la ligature de l'artère au-dessus de la tumeur, et cinquante ans après, Thévenin (3) préconisa et décrivit avec soin la mêtmé' opération. Toutefois ces chirurgiens, après avoir lié Yartére , ouvraient invariablement le sac anévrismal , et enle- ‘vaient son contenu , en sorte que, par la, ils perdaient un des principaux avantages a la méthode de Hunter, celui de laisser Yenlevement du coagulum aux absorbans ; ants parler da danger des‘ escarres et de la suppuration qui accompagne toujours l’incision du sac. Le traitement d’un anévrisme par Anel (4), arrivé en 1710, approche encore plus de ’opération moderne. Anel lia Vartére brachiale proche lanévrisme, qui était au pli du les mais sans ouvrir btn sac. La PUR

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(1) De CEN lib. ce a 33.

(2) OEuvres de chirurgie , chap. v1, p.698. :

(3) OEuvres, chap. xxxviu ,p. 55. |

(4) Suite de la nouvelle méthode de guérir les fistules ou. p.251.

‘sation cessa immédiatement , et la tumeur diminua par degrés. A la fin, elle disparut “entièrement, et le malade recouvra l'usage de son membre. Bichat (1) et M. Richerand (2) assurent que Desault fit la ligature de l'artère fémorale pour un anévrisme de la poplitée , la même année que Hunter pratiqua sa première opération. La tumeur décrut et la pulsation cessa. Le vingtième jour, Je sac s’ouvrit, et il en sortit une certaine ‘quantité de coagulum et de pus; à la fin Pulcération se guérit, mais après la formation de plusieurs fistules (3). Les faits que je viens de rapporter n’enlèvent pas à Hunter le mérite de la première invention de cette méthode , puisque , même dans les cas d’Anel et de Desault, le vaisseau fut lié aussi près que possible du sac , et que ces chirurgiens ne paraissent pas avoir sénti les grands avantages qu’on pouvait obtenir en faisant la li-

Ca

(1) OEuvres SERRE de Desault , par Bichat, t. 1, p. 568.

| (2) Nosographie chirurgicale , t. ie: 09.

(5) M. Deschamps dit que, dans le premier cas où Desault fit cette opération, fe sac s’ouvrit peu apr es, et que le malade perit à la suite d’une ulcération et d’une carie

Ne

du tibia. ( Observations sur la ligature des artéres , etc.,

page 59.)

gature de l'artère à une certaine distance de Ja maladie. Le mérite de la découverte consiste à établir les principes par lesquels l’opération effectue la guérison de la maladie, à confirmer ses avantages par l'expérience, et à en faire adopter l'usage général. Ces objets ont été incontestablement remplis par le oir nie et Ja pratique de Hunter.

Les succès qui suivirent les premières opéÿ ahha de Hunter firent promptement adopter sa méthode par tous les chirurgiens distingués de l'Angleterre et des autres pays de YEurope. Sa supériorité était si manifeste qu’elle fut admise par ceux qui avaient déclaré lamputation du membre préférable à l’ancienne opération de l'ouverture da sac (1 ys | af,

Pendant la vie de linice: cette mé- “thode fut bornée à la ligature de Vartére fémorale pour Ja guérison des anévrismes des

(x) Ce mode opératoire fut adopté par Pott , sine un cas d’anévrisme de V’artere poplitée, avant la publication des Observations de Hunter. (Voyez Transactions of a Society for the ‘improvement of medical and. chirurgical knowledge, vol. x, p. 172.). M. Deschamps Va aussi employé plusieurs fois. ( Voyez les Observations sur la ligature des artères , ete., p. 41.)

e | DES ARTERES ET DES VEINES, 260 artères fémorale et poplitée (1). Depuis cé temps plusieurs chirurgiens anglais, entre autres MM. Abernethy et Astley Cooper, en ont étendu les principes à presque tous les anévrismes externes , et les améliorations:

ültérieures appliquées à ce mode de ligature’ des artères a conduit le traitement chirurgical de l’anévrisme à un degré de perfec=' He qui laisse maintenant bien Vas de choses WIG ORL A UE, AG 9 1 Fh ED | Les trois points de Pepieaon de: l’anévrisme qui méritent une attention particu= liéré sont : 1° Papplication! de a! ligature ; ;: 2° Je mode dé circulation du’ sang dans les’ vaisseaux collatéraux’ pour’ sé voutine aux’ parties qu'il est déstiné à notirrir; 3° enfin. les changemens qui surviennent ‘dans 1a: tu-' meur par suite de la ligature’ de’ l'artère à une certaine: distance de la’maladie. Je con=" sidérerai ces sujets” dans’ Pordre où ils Bone ici énumérés. HUE RUN RTS ALERE ak 1°: On peut’ dire que’ cation | dé we ligature aux artères après lamputation est

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(x) Un précis des Observations dé’ Enter fat aig par sir Everard Hortie, dans le 1° vol. des Transactions. of a Society for the dmiprovement of médical and tial rurgical knowledge, p. 138: : (5:78 (

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une pratique récente, si on la compare, à l'époque de son emploi dans le ns à des anévrismes. Dans les âges éloignés, où, lon ne s'était encore occupé ni des fone-, tions des artères, ni. de la pathologie de ces. vaisseaux, on employait. déja la ligature.

dans le traitement de l’anévrime (1), etl’on, doit remarquer qu'on l'appliquait dés - lors. de la manière la plus propre, 4,assurer son, succès, ainsi que l’a reconnu l’expérienge:

moderne. Les notions fausses :et vagues dont on demeura imbu pendant. des siècles, Ler:

lativement 2 à la physiologie. du système vasculaire, influérent sur ce point de pratique: et la hardiesse avec. laquelle les médecins:

grecs et arabes avaient recommandé lusage de la ligature dans le traitement des anévrismes , donna lieu ensuite à des applic; cations moins savantes et moins. stires:: La: connaissance du procédé actuel employé par la nature dans l’oblitération de Vartère à H-; quelle on à appliqné la ligature, était ghee

~ tense

(1) Galien , Celse, Actius , Paul d’Egine , Albucasis et plusieurs autres anciens écrivains, recommandaient l’em— ploi de la ligature dans les cas d’anévrisme et de lésion, des artères. Ce ne fut, au contraire, qu’au temps de Pare. qu’on en fit usage apres l’amputation,

DES ARTÈRES(ET DES VEINES, 971 curcie par des! théories qui ne: conduix saient à rien moins quaux pratiques les plus) désastreuses. On| croyait: alors dans. toute. l'Europe, et, tout récemment! encore c’é-:

tait une opinion, commune en ‘Angleterre , que l’opération de Ja ligature, se réduit simplement au rapprochement dés deux. bords:

de l'artère, et que l’oblitération de la cavité du vaisseau est, la suite de leur adhérence (1) Cette doctrine conduisit à une variété d’inventions nouvelles. propres a mettre en contâct une étendue considérable des parois opposées de l'artère, pratique que l'examen attentif de notre sujet nous démontrera être en opposition directe avec l'opération salutaire de la ligature. -— |

Au lieu de produire simplement le rapprochement des parois opposées du vaisseau, on a reconnu par une série d’expériences que l'application de la ligature à une artère est A ereent d’une puna distincte

( zs MM. Richeknd et Léveillé , dans des ouvrages publiés en 1812, expliquent l’opération de la ligature d’a pres ce principe ’oyez Léveizré , Nouvelle Doctrine chirurgicale, t.1v, p.243 ; et Dictionnaire des Sciences médicales , article .Anévrisme, par M.Richerand. Scarpa a aussi professé la même doctrine : voyez Traité de l’Anévrisme , trad. de M. Delpech, p. 221, § ur.

sur cette artère qui; en produisant une pis deses membrancs interné et moyenne ; donne’ lieu à un épanchement de lÿmphé : dé cette sorte , les surfaces opposées de l'éxtrémité du: vaisseau sont unies dé lamême! maniéreé’ que Jes parties molles le sont:én gériéral par line flammation adhésive. L'effet immédiat de la ligature est Fobstruction apportée au passage du sang dans lé vaisseau ; mais sés résultats’ les plus importans sont Padiérétiée et l’obli-’ tératiom de! Pextrémité du‘tubé. Cet effet à lieu par les procédés suivans {1} : les mem branes interne et: moyenne’ sorit divisées par À lxligaturé;, et placées ainsi dans la condition: ces plaies simples par incision (2). Un SE

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(1) Nous sommes salade at. i dngteg Samad des’ recherches expérimentales les plus. completes et les plus savantes sur cet objet. A treatise on the process employed, by nature in suppressing the hæmorrhage from divided. and punctured arteries ; ‘and on the use ‘of the ligature ; i éoncluding with’ Observations ‘on’ secondary ‘hemor = rhage ; the whole deduced: from an extensive series of experiments, and: illustrated by free Lara p seo J. Ex*DsJonesl, More: Le: hooupriqne EL Ras PARA

(2) Ce fait a d’abord été. remarqué ‘par Presotaip ‘et eonmmiunigiie au ‘docteur J oûes par le docteur Thompson? Voyez Jones, on ‘Hemorrhage 3 pe 126. Bichat en. fait aussi mention dans son Anatomie générale; tomie'n ; ; Lp:207. PL ice (} M ab hf Se

DES ARTERES ET DES VEINES. 243 chement lymphatique qui oblitère. l’extrémité du tube, en formant une ‘couche propre à recevoir les vaisseaux qui s'étendent des surfaces blessées , et à unir dans cette situation les parois opposées du canal, a lieu par ces bords divisés. En même temps l'inflammation excitée dans les parois de l’artére produit entre ses membranes un épanchement lymphatique qui les épaissit ; il survient aussi un semblable épanchement dans les parties environnantes, et qui, en recouvrant ‘extérieurement le vaisseau, lui donne encore une nouvelle force. La ligature cause la mort de cette portion de la membrane externe qui est en contactimmédiat avecelle. En peu de temps l’escarre se détache par l’ulcération, et il en résulte la chute de la ligature; mais Tadhérence récente de l'extrémité du vais- ‘seau serait probablement une barrière trop faible contre limpulsion de la circulation, surtout dans les grosses artères, si une portion du vaisseau }entre la ligatureet les branches collatérales les plus voisines ; ne se remplissait de coagulum et ne s’opposait par là à ses efforts. Le coagulum déposé dans ces circonstances devient une sorte de rempart ‘pour les surfaces nouvellement cicatrisées.

Ce coagulum n’a toutefois qu’un effet tem-

274 MALADIES poraire, car il est graduellement absorbé , et cette portion du vaisseau située entre la ligature et les branches collatérales les plus voisines se contracte , et se change à la fin en un simple cordon ligamenteux. ia Tels sont les effets qui, d’aprés le docteur Jones, suivent l’application de la ligature sur une artère : le seul point sur lequel mon opinion diffère de la sienne, est que, selon ~ moi, la ligature cause l’escarre et non l’ulcération de cette portion de la tunique externe, qu’elle embrasse immédiatement. Je dois cette observation a examen de plusieurs artères dont j'ai fait la ligature tant sur Phomnie que sur les animaux ; jai en outre remarqué qu'après plusieurs opérations de l’anévrisme dans lesquelles le vaisseau n'était pas divisé, la ligature, en tombant , emmenait avec elle dans son anse une porlion considérable d’escarre d’une structure cellulaire , et ressemblant exactement a la tunique externe d’une artère. L’exposé du docteur Jones sur les changemens qui surviennent dans une artère , après l’application d’une ligature , a été fait d’après une série d'expériences sur Jes animaux. Les cas suivans, dans lesquels j'ai ew occasion d'examiner les procédés de Ja nature dans quelques-unes. des principales

DES ARTÈRES ET DES VEINES. 275 artéres du corps humain , à différentes épo- “ques après l'application de ligatures, viendront pour la plupart fortifier ses inductions.

OBSERVATION XXXIIT.

Un homme trés-Agé mourut le quatrième © jour après la ligature de l’artére iliaque externe. Ses forces avaient été épuisées par une hémorragie violente , résultant de la séparation de Pescarre d’un anévrisme volumineux à l’aîne, quelqués heures avant l'opération.

L/artére avait été liée à deux pouces audessous de l’origine de Viliaque interne, par le moyen de deux ligatures placées l’une à côté de l’autre : le vaisseau ne fut point divisé dans l'intervalle. Nulle apparence d’adhérence n'existait dans la plaie, et la surface externe de l'artère n’était point environnée de lymphe. Lorsque les ligatures eurent été enlevées, et qu’on eut ouvert l’artère dans une direction longitudinale, on trouva qu’elle contenait un caillot consistant de coagulum qui s'étendait jusqu’à l'origine de Viliaque interne. Les membranes interne et moyenne de l'artère avaient été complètement divisées par les ligatures , et la tunique externe seule restait entière dans cet en-

droit. Les extrémités des membranes divisées étaient dans un état de rapprochement et paraissaient fermer le bout du vaisseau. Ellesne présentaient autour d’elles aucune apparence de lymphe, et il n’y avait point d’ulcération au-dessous des ligatures. L'intérieur du vaisseau était d’une couleur rouge foncée. L/extrémilé inférieure avait la même apparence, mais le caillot avait moins d’étendue que dans Yextrémité supérieure. L’absence de lépanchement lymphatique, soit aux extrémités divisées des membranes interne et moyenne, soit à la surface externe de l'artère, était due probablement à la faiblesse extrême duma- Jade , dont les forces ne paraissaient pas avoir été suffisantes pour produire l’adhérence de Ja plaie externe. Le docteur Jones a vu dans ses expériences l’épanchement lymphatique survenir au dedans et autour de l'artère, quelques heures après l'application = la i gature (1). :

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