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main restait toujours immobile, et le malade ne cessait d’y éprouver un fourmillement extrémement douloureux que les linimens narcotiques ne pouvaient calmer, :
»» La tumeur anévrismale avait entierement disparu avant le vingtième jour. Le bruissement s'est conservé au même degré, ainsi que les battemens des veines du cou et du bras, notamment ceux de la céphalique. A celle époque, l’on supprima les topiques glacés et les émulsions, sans discontinuer Ja tisane; on permit l'usage d’alimens légers et nourrissans. Le bras s’est maintenu dans le même état sans avoir perdu de son embonpoint, La chaleur, la sensibilité et les Mouvemens s’y sont rétablis par degrés, et apres le cinquanie-cinquieme jour ; on a senti de ires-légeres pulsations dans les deux artères radiale et cubitale. Le bruissement a élé moins sensible et a paru diminuer ; les veines ont été moins gonflées , leurs battemens plus faibles. » L
( Note du traducteur. }
cessaire. Au contraire, on rapporte de nombreux exemples dans lesquels cette maladie est restée stationnaire pendant plusieurs années en ne causant que peu ou point d’inconvéniens. Guillaume Hunter, quile premier a décrit cette affection (1), en rapporte deux exemples : dans lan la tumeur est demeurée sans faire*aucun progrès pendant quatorze ans, et dans l’autre cing ans (2). Le docteur Cleghorn parle d’un cas où la maladie est restée dans le même état durant cinq
(1) Voyez Medical observations and inquiries , vol. 1, p. 340; and vol. 11, p. 300. Scarpa dit : « Guattani a publié deux observations de varice anévrismale avant que es recherches du docteur Hunter sur ce genre particulier d’anévrisme fussent connues en Italie, et l’on ne peut pas “élever le plus petit doute sur la véritable nature de la maladie qu’il a décrite. I] faut par conséquent reconnaître qu’il a une part égale dans le mérite de la découverte, { Réflex. et Obs. anat, chirurg. sur VAnev., trad. par Delpech, p. 416.) A ce sujet, il est bon de faire observer que Îles recherches du docteur Hunter sur cette maladie ont été publiées en 1757 et en 1764, tandis que Guatlani n'avait pas vu son premier malade avant 1769, et que son ouvrage n’a paru qu'en 1772. Un exemple de cette affection se trouve aussi dans Sennert, Opera omnia, tom. v, lib. v, part. 1, cap. xu. |
(2) Medical observations and inquiries, val. MW,
ans (1), et Benjamin Bell (2) dit qu’au bout de vingt ans, la seule altération qu’on ptt observer dans le bras de ce malade était une légère tuméfaction des veines qui communiquaient avec la varice. Le docteur Hunter a dit à Benjamin Bell que la première fois qu’il observa cette maladie, elle n'offrit aucun changement pendant les trente-cinq ans qui suivirent l’époque de la blessure. Bell parle aussi d’un autre cas de varice anévrismale qui n’a causé aucune incommodité pendant treize années, quoique le malade, qui était matelot, se livrât aux travaux les plus rudes (3). Scarpa rapporte une observation dans laquelle. la tumeur n’augmenta pas pendant quatorze ans, et où, pendant tout ce temps, le malade n'éprouva d'autre incommodité dans le bras qu’un engourdissement passager (4). J'ai vu sur une personne cette maladie exister durant trois ans, sans présenter la plus légère
(1) Medical observations and inguiries , vol. ni Ps p.110. | | |
(2) System of Surgery , vol. n1, p. 199. Note. Seventh édition.
(3) Ibid.
(4) Réflex. et Observ. anat.-chirurg. sur l'Anévrisme, trad. par Delpech, p. 420,
modification : les auteurs de chirurgie citent un grand nombre de faits semblables.
Il est. évident que la tumeur, dût - elle souvrir, la meilleure manière de la traiter serait de lier l'artère tant au- dessus qu’audessous de la plaie faite à ses parois. Je ne connais néanmoins aucun cas où cetle opération ait été pratiquée, et le seul mode de traitement qu'on ait jusqu’à présent employé pour la guérison de la varice anévrismale est Ja compression. |
Il est possible que la compression effectue la guérison, soit en oblitérant le canal de l'artère blessée , soit en plaçant en contact les parois opposées de la veine et en occasionnant leur adhérence, en sorte que l’ouverture de communicaton entre l’artère et la veine soit fermée. Scarpa rapporte, d’après Auguste et Antoine Brambilla, deux exemples de guérison obtenue par l'emploi de celte méthode : dans le premier, le traitement fut entrepris quatre jours après l'accident, et l’on exerca la compression en plaçant sur la tumeur un tampon de charpie trempé dans une lotion styptique ; on mit par-dessus des compresses graduées,. et sur le tout, on fit plusieurs tours de bande. On apporta l’attention Ja plus scrupuleuse à renouveler lappareil
DES ARTERES ET DES VEINES. 379 toutes les fois qu’il se relâchait , et au bout de six mois, le malade se trouva radicalement guéri. L’autre malade était un enfant de quatorze ans chez lequel Ja compression fut em- ployée quinze jôurs environ après Vapparition de la tumeur. Afbout de quatorze se fines d’un traitement assidu, cet enfant fut guéri, et le seul vestige qui restat à la place
de la varice anévrismale fut une très -petite tumeur du volume d’un pois (1). Guattani donne une observation semblable (2) , et Monteggia a remarqué, pendant la guérison d'une varice anévrismale qui étr1t effectuée par la compression, qu'un coagulum s'était formé dans la tumeur, qui devint dure, pers dit ses pulsations et disparut bientôt après (3). La possibilité de produireun anévrisme entre VPartère et la veine, en empêchant le passage du sang de Pune dans Pautre, quand les tuniques des deux vaisseaux ne sont pas intime-
(1) Réflex. et Obs. anat:-chirurg. sur PAnévr., trad. par Delpech, pag. 422. — Acta academiæ ces. reg. Joseph. medico-chirurgice , tom. 1, Dissert. de Aneurysmate venos0 , P. 85 et SQ.
(2) De spurio Brachii Aneurysmate Historia ww , pag. 224. Th. Lauth. edid. et pref. est.
(3) Instituzioni chirurgiche di G. B, Pfonteggia,
parte prima, capo vis, § 30g, p. 174. Napoli, 1809.
380 MALADIES ment unies ; paraît avoir détourné les chirurs giens de tenter la guérison de cette maladie ‘par la compression, et ils se sont, en général, contentés de recommander au blessé Pexercice modérédu membre. * |
I] est nécessaire, p@ür la formation d une varice dt que la veine soil en © tact immédiat avec l'artère, qu’il y ait une communication directe entre les plaies des deux vaisseaux, et qu’enfin les bords de ces mêmes plaies soient intimement unis par l’inflammation adhésive. Si la veine n’est pas en contact immédiat avec l'artère, ou si le sang rencontre quelque obstacle dans son passage de lune dans l’autre, en conséquence de l’obliquité de la plaie, de l'emploi de la compression ou de toute autre cause , le tissu cellulaire qui unit la veine et l'artère peut se dilater en forme de sac anévrismal qui servira de communication entre les deux vaisseaux. Dans ce cas, la veine sera éloignée à quelque distance de lartère, et le sac anévrismal sera situé entre elles deux; le sang passera d’abord de lartère dans le sac et du sac dans la veine dilatée. Cette variété de la maladie peut être appelée avec juste raison anévrisme variqueux, pour la distinguer de la varice anévrismale.
Si Pouverture par laquelle le sac anévrismal communique avec la veine n’est pas assez large pour permettre au sang qui vient . de l'artère de se rendre aisément dans l’autre vaisseau , il est évident que le sac anévrismal augmentera de volume et exigera une opération chirurgicale. Il est probable que Ja ligature de l’artere au-dessus de la tumeur produirait la guérison de cette maladie, ainsi que cela a lieu par le même moyen dans les anévrismes circonscrits. La diminution de la force du sang après: la ligature favoriserait la formation du coagulum, qui fnirait par remplir le sac et par oblitérer son ouverture de communication avec la veine.
Je ne crois pas toutefois qu’on ait encore essayé cette opération (1) (2). Dans les seuls
(1) Scarpa recommande cette opération si l’anévrisme est circonscrit, mais s’il est diffus, on doit le traiter comme les anévrismes diffus en général. Voyez Scanpa, Réflex. et Observ. anat.-chirurg. sur ? Anévrisme , trad. par Delpech, p. 424, § x1v.
(2) Nous venons de voir que M. Hodgsen, dans le cas où l’on peut croire la ligature de l’artère necessaire, conseille de la pratiquer au-dessus et au-dessous de la tumeur, tandis qu’iciil paraît penser qu’une seule ligature, placée sur l'artère au-dessus de la maladie, peut suffire. Comme il dit n'avoir aucun fait par Gevers lui pour ap-
exemples connus jusqu'ici de celte maladie , les sacs furent ouvérts et les deux extrémités
puyer son sentiment, je vais rapportér une observation qui n’est pas sans intérêt, et qui démontrera que, dans ces anévrismés variqueux ou varices anévrismales, le plus sûr est toujours de comprendre la tumeur entre deux hgatures. L'opération dont je vais parler fut pratiquée à Chaillot par us des plus habiles et des plus célèbres chi-+ rurgiens de Paris , auquel je servis de second.
Louis F., âgé de vingt-deux ans, d’un lempérament sanguin, pléthorique, vint à Paris, au mois de juillet 1814, pour se faire traiter d’une tumeur qu’il portait à la partie supérieure et interne du bras gauche. En séptem: bre 1812, il se fit au bras une blessure, qui donna lieu a une héinorragie considérable, et qui fit présumer que l’artère humérale avait été lésée: Cependant Ja plaie, sur laquelle on exerça une compression assez forte, se cicatrisa, et toutes les inquiétudes étaient dissipées, lorsque, six semaines apres l’accident, le malade s’aperçut d’un battement extraordinaire et d’un bruissement particulier à l'endroit de la cicatrice. L’absence de tout autre sym= ptôme alarmant, et l’avis d’un médecin qui lui conseilla de ne pas songer à sa maladie, et de se servir de son bras comme à l’ordinaire, firent qu'il se tint tranquille sur son élat jusqu’au mois de mai 1814. À cette époque, il se forma, sous la cicatrice , une tumeur assez considé= rable, molle, présentant à son centre des battemens iso= chrones à ceux du pouls, et un susurrus qui s’étendait assez loin, non-seulement dans la tumeug, mais encore
dans la veine voisine, qui, comme toutes celles du bras,
DÉS ARTÈRES ET DES VEINES. 383 de l'artère furent liées dans cet endroit. Le premier de ces cas est rapporté par M. Park
a nn Ve Sr PE se trouvait dilatée, surtout quand le malade avait ce membre pendant. Si la main était élevée, la tumeur de— venait plus molle , le bruissement moins considérables si Yon comprimait l’artère au-dessus de la tumeur, celle-ci disparaissait ; elle n’augmentait pas quand l'artère était comprimée au-dessous ; le malade se servait parfaitement de son bras, il n’éprouvait aucune douleur; mais il était continuellement tourmenté par l’idée de sa maladie et était décidé à tout essayer pour s’en débarrasser. Le chirurgien qui le vit reconnut de suite un anévrisme variqueux, compliqué d’un anévrisme faux consécutif; il proposa l'opération , et le malade l’accepta. Elle fut pratiquée le 8 juillet 1814, suivant la méthode de Hunter. Elle fut exécutée avec une promptitude et une simplicité dignes de l'habileté de l’opérateur. L’artere, isolée de toutes les parties voisines, fut seule comprise dans la hgature; les battemens cessèrent entièrement. Une seconde ligature au-dessous de l’ouverture de Vartere parut mutile ; cependant , peu apres l'opération , le membre devint froid et insensible. Malgré tout ce qu'on put faire, les doigts ne recouvrerent ni leur sensibilité ni leur chaleur antérieure; bientôt ils furent entraînés dans la flexion , et on ne les redressait qu’avec beaucoup de peine. Le quatrieme jour, il y ent une légère hémorragie; elle cessa des que l’appareil fut levé. Le treizième jour, les ligatures tomberent. Il n’y eut rien d’extraordinaire pendant le traitement; cependant on commençait à sentir un léger bruissement à l'endroit de ancienne tumeur; plus tard,
de Liverpool (1). La maladie commença une semaine environ après une saignée du bras.
Au bout de quatre mois, la tumeur était aussi grosse qu’une noix; elle avait des pul-sations comme un anévrisme, et son volume
ce bruissement et les battemens singuliers, que lon ne savait à quoi attribuer, augmenterent au point de donner quelques inquiétudes. On exerça pendant long-temps une compression assez forte, dont les effets furent a~peu-pres -nuls,La main privée de mouvement se trouvait renversée sur J’avant-bras, et les dergts étaient fortement portés dans la flexion.
. Ces accidens ; qu’on ne pouvait imputer à la ligature de quelque nerf, puisque nous avions la certitude que l'artère seule avait été liée, empécherent cependant le chirurgien de placer une seconde ligature au - dessous de la tumeur pour la faire disparaître définitivement , car elle se montra de nouveau, et les veines du bras res terent tres-dilatées, nême au-dessus de la blessure.
Je crois que la seconde apparition et la persistance de cette tumeur doivent être attribuées à l'emploi de la méthode de Hunter, et qu’on peut expliquer ce phgnomene en l’attribuant aux mémes-causes que celles qui produisent , soit le retour des battemens dans les tumeurs ané= vrismales ordinaires, peu de temps apres que l’artere a été lice bien au-dessus de la maladie, soit les hémorragies qui se font par le bout inférieur d’une artère divisée , lorsqu'il n’a point été compris dans une ligature particu~ here. (Note du traducteur.) à
(1) Medical facts and observations , vol. 1v, p.1#1.
DES ARTERES ET DES VEINES. 385 diminuait beaucoup, mais ne disparaissait pas entièrement par la pression. Le sifflement et Ja sensation vibratoire particuliére qui caractérisent la varice anévrismale se distinguaient trés-bien a une certaine distance du centre de la tumeur et vers l’aisselle. La veine basilique était tres-distendue, mais non a ce degré qu’on observe généralement dans la varice anévrismale. Quoiqu’on eût défendu au blessé tout exercice violent de son bras , la tumeur n’en fit pas moins des progrès rapides en peu de mois. Une année après l'accident, il vint à Pinfirmerie pour des douleurs violentes qu’il éprouvait dans la tumeur, qui était alors enflammée et en suppuration. Le lendemain de son entrée, la tumeur s’ouvrit, et il n’en sortit qu’une petite quantité de pus; mais au bout de quelques jours, le sang s’en échappa en abondance. Le sac externe ou la varice anévrismale étant ouvert-et le coagulum enlevé, on apercut dans le fond de sa cavité une ouverture semblable à celle que l’on fait ordinairement dans l’opération de la saignée : le sang artériel coulait abondamment par cette ouverture toutes les fois qu’on diminuait la pression du tourniquet. Une sonde que lon y introduisit penetra à près d’un pouce de profondeur, IT, 29
mais ne put aller à plus d’un demi-pouce supérieurement ou inférieurement le long du bras. Cette ouverture ayant élé élargie avec ~ Jes ciseaux, on trouva qu’elle conduisait dans un second sac situé au-dessous du premier.
Après avoir enlevé je sang qui le remplissait, on découvrit la plaie de l’artère au fondde cette seconde poche ou sac inférieur, et la sonde qu'on y introduisit passa facilement , tant en haut qu’en bas, dans la direction de lartère. Au moyen de la sonde on plaça une ligature sous l'artère, au-dessus de la partie blessée et on la serra. Le sang ayant coulé en aussi grande abondance qu'auparavant après l’enlèvement du tourniquet, on Jia l'artère audessous de la plaie , et alors Phémorragie s’arrêta. Le blessé recouvra le libre usage de son bras. Un fait semblable est rapporté par le docteur Physick de Philadelphie (1): son ma- Jade fut guéri par le même moyen.
(1) Medical museum , vol, 1, p. 65.