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toute veine malade doit être détruite par le cautère ou l’excision (1) ,1l est rare néanmoins que les incommodités de cette affection viennent au point de justifier l'emploi de remèdes aussi douloureux. Depuis la renaissance de la chirurgie, on a vu cependant dans quelques cas des agglomérations de veines variqueuses être extirpées avec succès. Petit (2) a recommandé l’extirpation toutes les fois qu’il n’y a qu’une portion de Ja veine qui soit dilatée et repliée en forme de tumeur circonscrite , dans laquelle le sang est stagnant et occasionne de la douleur et de linflammation. M. Boyer(3)rapporte une observation dans laquelle il extirpa une tumeurformée par trois ou quatre larges varices situées au côté externe de la jambe. Les veines furent liées pendant l’opération , et le malade se rétablit sans aucun symptôme facheux. On a recommandé, en général, durant l'opération, de lier la veine, tant au-dessus qu’au-dessous de la varice , avant d'enlever cette dernière ; mais cette règle n’est pas rigoureuse, puisque tres-souvent on peut arrêter l’hémorra-
HS EEN RE ARR REET: INT DARL TERT SRI PANNE BETTY CRIE TO RDA ESET PE à
(1) De Re Medicd, lib. vu, cap. xxxt.
(2) Traité des Maladies chirurgicales. tu, p.64.
(3) Idem , p. 254.
DES ARTERES ET DES VEINES. 499 gie par des compresses graduées, des emplâtres agglatinatifs et des bandages.
Une autre manière d'effectuer la guérison radicale des varices consiste à ouvrir le vaisseau dilaté, à enlever le coagulum qu’il renferme, et à placer en contact les parois opposées de sa cavité au moyen des compresses et des bandages qui arrêtent en même temps J’hémorragie. De cette manière on obtient Padhérence de la veine et Yoblitération subséquente de sa cavité. Cette pratique, qui, avec quelques modifications, paraît avoir été muse en usage par Fabrice d’ Aquapendente (1), a été depuis essayée en Angleterre. J’ai appris que plusieurs fois on avait réussi par son moyen à obtenir la guérison radicale de varices à Ja jambe; mais dans quelques-uns de ces cas, elle a été suivie de symptômes si violens d’une irritation constitutionnelle, qu’on a été forcé de Pabandonner. Petit insiste fortement sur lefficacité dela piqûre des varices pour en retirer une grande quantité de sang : toutefois il ne a a LP Q) Gpera chirurgzica , p. 640. Fabrice liait Ja yeine
au-dessus et au-dessous de la varice , el apres avoir vidé celte dernière en la piquant, il oblitérait sa cavité par la compression.
Boo MALADIES
paraît avoir employé ce moyen que comme un reméde palliatif et conjointement avec d’autres (1). Il avait coutume de choisir une des varices les plus proéminentes à la partie supérieure du membre , et il la piquait avec une lanceite. Pendant la sortie du sang, ul frottait doucement le membre pour vider les veines dilatées de tout le sang noir et épais qu’elles renfermaient. S'il y avait un dépôt de coagulum dans le vaisseau , il agrandissait l’ouveriure de manière à en permettre l’extraction , et ensuite il fermait la petite plaie au moyen de compresses graduces et d’un bandage. Il regardait l'extraction du coagujum comme tellement importante, qu'il piquait quelquefois la veine dans diflérens endroits pour parvenir à ce but, et qu’il allait même dans certains cas, et toujours dans la même intention , jusqu’à ouvrir une étendue
considérable du vaisseau. Petit fait observer
SUR anna TE Re ae x 2° (1) Traité des Maladies chirurgicales , tome ir, p. 6o, 64. À. Paré dit qu’il a souvent employé, celte pratique
avec succes. Dionis a recommandé, comme la seule mas
nière convenable de traiter les varices, de les piquer
contiennent, et ensuite de les comprimer pendant une
certain temps. ( Voyez Cours d'Opérations de chirurgie)”
p.766, 5° édit., par G. de Lafaye. )
avec une lancette, d’en retirer par là tout le sang qu’elles à
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DES ARTÈRES ET DES VEINES. oi
que la sortie du sang des varices , quelle soit effectuée par l'art, .ou bien qu’elle soit une conséquence de la rupture spontanée du vaisseau , est toujours suivie d'un adoucissement remarquable de l'inflammation, et d'une amélioration des ulcères rebelles qui accompagnent si fréquemment l’état variqueux des veines de la jambe (1). I parle avec la plus grande confiance de l'efficacité de ce moyen ; et il assure que, par la saignée des varices et par le repos du lit prescrit aux malades, il a guéri des ulcéres variqueux des jambes qui existaient depuis plus de irente ans, et qui avaient rendu les membres si volumineux que les malades ne pouvaient plus marcher.
Petit tirait une quantité énorme de sang par la piqûre des varices, et il dit avoir enlevé jusqu’à deux ou trois livres de ce fluide sans occasionner la moindre faiblesse. M. Boyer a aussi remarqué (2) qu’on pouvait, sans affaiblir le malade , tirer une bien plus grande quantité de sang des veines variqueuses que des vaisseaux sains.
J'ai déjà fait observer que la pression de la FERS PLR em es
(1) Traité des Maladies chirurgicales , t. 11, p.32.
(2) Traité des Maladies chirurg. et des opérat. qui leur conviennent, tt, art. vu, des Varices, p. 243, 1°° edits.
Fo2 MALADIES
colonne du sang dans la portion supérieure du vaisseau dilaté est une cause fréquente de l'élargissement variqueux des veines inféyieures. Dans la vue de diminuer la longueur et conséquemment le poids de la colonne, on a proposé d’oblitérer une portion de la veine dilatée par l'application d’une ligature. La pratique de lier les veines pour guérir les varices paraît avoir été employée du temps de Paré (1) et de: Dionis (2), qui ont décrit avec soin l’opération de la ligature et de la division de la veine entre les deux ligatures. Sir Everard Home rapporte plusieurs observations de veines variqueuses de la jambe, dont quelques-unes méme étaient accompagnées d’ulceres rebelles. Dans ces cas, la ligature de la grande veine saphéne, à lendroit où elle passe sur le côté interne du genou, non-seulement diminua la dilatation des veines de Ja jambe, mais encore guérit tres-promptement les ulcères. Une semaine après l'opération, il yavait, en général, une tres-grande diminution du volume des veines;
(1) OEuvres d’Amb. Paré, troiziesme liure des vlceres, etc., chap. xx, p. 502 et 503, 7° édit. Paris, 1614,
(2) Cours d’opérations de chirurgie, p. 765. 5° édit, , par George de Lafaye.
DES ARTÈRES ET DES VEINES. bo
dans tous les cas, les ulcères avaient un aspect bien meilleur trois jours apres Yopération , et dés-lors, ils marchaient vers leur guérison, comme s'ils" eussent en leur siége sur des parties saines (1). Malgré la terminaison favorable de ces opérations , quelques -unes d'elles furent accompagnées de fièvre, dinflammation et de la perte de la santé générale, tous symptômes qui paraissaient provenir de l’extension de Vinflammation le long de la veine.Ona vu des exemples depuis dans lesquels ces symptômes ont augmenté, et les maladies se sont terminées d’une manière funeste. L’intensité extrême de lirritation constitutionnelle qui est produite quelquefois par la ligature d’une veine, se voit dans le cas suivant , dont je suis redevable à M. Freer de Brimingham.
OBSERVATION LITI.
Une femme âgée de cinquante ans était depuis long-temps tourmentée d’un ulcère qui avait son siége un peu au-dessus de l’articulation du pied avec la jambe droite. Les veines de la jambe et du pied étaient vari-
(1) Practical Observations on, Ulcers , page 559.». 2° édition,
5o4 MALADIES
queuses ; et comme probablement l’opiniâtreté de Pulcére dépendait de cet état des veines , on lia avec une seule ligature la grande veine saphène, un peu au-dessous du genou. Quatre heures après l'opération, la malade éprouva une douleur violente au côté gauche de la poitrine, qu’elle exprima par des signes seulement, parce que sa respiration était si fréquente et si laborieuse qu’elle ne pouvait parler. Bientôt après l'apparition de ces symptômes, elle vomit une grande quantité de sang; son pouls offrait soixante pulsations par minute ; elle n’avait aucune * douleur à la jambe. On lui tira quatorze onces de sang du bras; la respiration en devint plus facile et le pouls plus fréquent. Quatre heures après la saignée, les symptômes s’aggravèrent de nouveau; la respiration fut plus difficile, et la malade se plaignit d’une grande douleur a la poitrine. On enleva la ligature qui était auiour de la veine. Les symptômes s’apaisèrent sur-le-champ; la malade se trouva plus à son aise, et son pouls s’éleva à quatre-vingts pulsations. Pendant la nuit suivante, elle vomit un peu plus de sang; a d’autres égards, elle était assez bien, et ne se plaignait que d’un peu d’abaitement. Le genou était très-dou- Joureux, et il présentait un peu de tuméfac-
tion le quatrième jour. Le pouls était faible. Le gonflement et la douleur du genou ont disparu le sixième jour. Le douzième, la malade était parfaitement rétablie. La plaie au-dessous du genou ainsi que l’ulcère qui avait son siége près de l'articulation du pied, étaient presque entièrement guéris. Toutétait cicatrisé le quinziéme jour; mais la malade se plaignait de douleurs à la jambe quand elle se trouvait dans une position droite, ‘et ses veines avaient évidemment augmenté de volume. Le dix-huitième jour, le membre était très- douloureux ; la veine paraissait être imperméable au-dessous de la partie qui avait été liée , et plusieurs varices du gras de la jambe étaient plus dures qu’avant l’opération. Il y avait beaucoup de tuméfaction dans les veines qui entourent l'articulation du pied, et la malade se plaignait d’y éprouver de grandes douleurs. Six semaines environ aprés cette opération, une grosse veine fut liée un peu au-dessus de la partie externe de Yarticulation du pied , avec une seule ligature qu’on enleva immédiatement. Bientot après, la fièvre se déclara , et il y eut deux vomissemens, mais qui n'étaient pas sanguins. On tira quatorze onces de sang du bras; dans la soirée, le pouls était naturel; le membre devint dou-
loureux ; mais la douleur cessa dès qu’on eut enlevé la bande. Le jour suivant, le pouls était naturel : comme depuis vingt-quatre heures, il y avait une rétention d'urine, on introduisit une sonde dans la vessie, qui en fit rendre trois pintes. Le lendemain , lurine fut encore retenue; mais dans la soirée, une évacuation naturelle de ce fluide soulagea la mialade. Les opérations avaient produit en apparence l’oblitération des vaisseaux auxquels des ligatures avaient été appliquées. Comme d’autres veines du membre étaient Variqueuses et qu’elles occasionnaient beaucoup de gêne et de douleur, on fit de la même manière la ligature de deux des plus grosses , neuf semaines environ apres la première opération dont nous avons parlé. Les ligatüres furent enlevées immédiatement après leur application. Au bout de trois heures, la malade vomit un fluide légèrement teint de sang. Seize onces de ce liquide furent tirées du bras, et le pouls, qui, avant la saignée , était plein, devint plus mou et plus fréquent. Le vomissement ne reparut pas le lendemain ; le pouls était lent et faible, el la malade éprouva de nouveau une rétention d'urine. Le second jour, le pouls devint presque imperceptible; il y eut du délire et
des vomissemens pénibles qui furent soulagés par un opiat. Le troisième jour, les symptômes augmentérent dintensité; mais ils furent calmés par une saignée du bras de huit onces. On pouvait à peine sentir le pouls le quatrième jour, et les autres symptômes étaient les mêmes que les jours précédens.
Le cinquième, il y eut du mieux; mais le sixième jour, la malade éprouva un léger délire, ainsi qu’une grande difficulté de respirer ; le pouls était fréquent. On fit une saignée de huit onces : le pouls devint plus plein après la saignée. Dès ce moment, la santé générale commença à s'améliorer ; les incisions se guérirent ; et en peu de temps, la malade put marcher sans difficulté. Deux ans après, elle fit neuf milles pour aller rendre visite à son chirurgien, et elle n’éprouvait plus aucune incommodité de son ancienne affection (1).
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(1) Dans ce cas, l’oblitération de la veine fut due à Papplication de la ligature qu’on enleva immédiatement apres. Quand une veine est embrassée par une ligature mince, la surface interne du vaisseau est lacérée, l’inflammation survient ; et si les parois opposées du tube sont maintenues en contact par la compression, leur adherence s'obtient d’une manière très-prompte.
5o8 ~ MALADIES
- Comme la division des veines dans les amputations et dans d’autres blessures est rarement suivie de ces symptomes violens qui sont quelquefois la conséquence de la ligature d’une veine dilatée , on a proposé pour la gdérison des varices un autre moyen. Ce serait d’oblitérer une portion du vaisseau en le divisant en travers, et de supprimer ensuite Phémorragie par l’application des compresses et des bandages. On a fait l’essai de cette pratique ; mais dans les cas qui suivent , elle n’a pas eu d’heureux résultats.