‹ Traité des maladies des artères des veinesChapitre 35 sur 49 · OBSERVATION LIFE · texte numérisé non relu

OBSERVATION LIFE

Une femme âgée de quarante ans était tourmentée depuis seize ans pir des varices des veines de la jambe gauche, près de Varliculation du pied, où elle avait en outre un ulcère trés-rebelle. Une large varice existait aussi dans le trajet de la grande veine saphène, un peu au - dessous de la partie moyenne de la cuisse. La yarice de la cuisse ‘augmenta tout-a-coup de volume sans aucune cause apparente, et devint extrêmement douloureuse : en peu d'heures elle se durcit, et lorsque je vis la malade , trois semaines après cet accident, la peau qui recouvrait la varice était d’un rouge foncé. On fit sur la tumeur des lotions froides jusqu’à ce que la douleur et Pinflammation eussent disparu : le membre fut ensuite entouré par une bande ordinaire ; mouillée de vinaigre et d’eau , et l’on augmenta la pression par degrés. La tumeur diminua graduellement, et finit par se réduire à une trés-petite nodosité: compacte , qui n'avait aucun des caractères d’une varice.

406 MALADIES Il n’est pas impossible que la guérison des varices ne soit quelquefois la conséquence de linflammation et de l’adhérence des parois opposées du vaisseau dilaté ; mais dans les cas que je viens de rapporter, la dureté et la contraction graduelle des tumeurs paraissent avoir été les suites de la coagulation et de l'absorption consécutive du sang qu elles renfermaient. A. quelques égards, ce procédé est donc le même que celui qui effectue, dans certains cas, la guérison spontanée des anévrismes (1).

(1) Les observations suivantes de Petit viennent éclaircir ce sujet: « Sitôt que le tronc des vaisseaux est entière ment bouché par le premier caillot, le sang qui remonte par ies branches se coagule à mesure qu’il arrive, Ja tumeur augmente et devient plus dure ; elle n’est pas encore bien douloureuse, si ce n’est quand on la presse 5. elle n’obcit presque point au toucher dans les premiers jours ; mais peu à peu elle devient molle à sa circonfé- | rence , et au travers de cetle mollesse , on sent encore le caillot, plus petit à la vérité, mais plus dur qu’il n’était, parce que la sérosité s’en est séparée : c’est cette sérosité qui faityla mollesse; elle entoure le caillot, et ioujours renfermée avec lui dans la cavité du vaisseau, on aperçoit au toucher une fluctuation qui en imposerait à ceux qui ne seraient pas instruits de cette circonstance. J'en ai vues que l’on avait ouvertes croyant ouvrir un

abces. Quoique ce soit une. erreur, ce n’est pas toujours

On a recommandé divers modes de traitement pour les veines variqueuses dans la vue, soit d'accomplir une guérison radicale de la maladie, soit seulement d’arrêter ses progrès ou de pallier ses effets. Les anciens enlevaient les varices par l’excision , ou les détruisaient avec un fer incandescent. Celse (1), dont la pratique, relativement à cette affection, est citée par plusieurs auteurs, faisait usage également de l’excision et du cautère actuel, Si la veine avait un grand nombre de circonvolutions, il préférait l’extirpation ; mais lorsque son trajet était droit, il la découvrait en incisant la peau, et appiiquait le cautére à diverses portions du vaisseau dilaté. Quoiqu’on ne puisse douter que ces opérations ne fussent fréquentes du temps de Celse, qui donne comme un axiôme que

un mal, parce que la sérosité sanguinolente qui en sort, äuoiqu’en médiocre quantité, débarrasse et soulage d’autant la partie; de plus, si le caillot se présente à l’ouverture que l’on a faite, et si cette ouverture est assez grande . pour qu’on puisse le tirer, il peut arriver qu’on débouche le tronc de la veine variqueuse , et même embouchure de plusieurs vaisseaux qui s’y viennent décharger, ce qui opère un soulagement considérable. ( Perir, Traité des Maladies chirurgicales, t.u, p. 42.) | (1) De Re Medicd , lib. vit, cap. xxx.

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