‹ Traité des maladies des artères des veinesChapitre 40 sur 49 · OBSERVATION LVI · texte numérisé non relu

OBSERVATION LVI

Une femme âgée de quarante ans était affigée depuis vingt ans de veines variqueuses aux deux jambes. 11 y a environ neuf ans qu'elle entra dans un hôpital pour se faire traiter d’un ulcère qui avait son siége un peu au-dessus de l’articulation du pied avec la jambe gauche. Comme les veines étaient très- tuméfiées , on lia à-la-fois la grande veine saphène aux deux membres. La malade m’a raconté que les fils qui avaient servi à lier les vaisseaux restèrent plusieurs jours dans la plaie et se détachèrent d'eux-mêmes. L’ulcère se guérit, et les veines de la jambe parurent

rester dans le même état tant que la malade demeura à l'hôpital et qu’elle fut tranquille; mais quelque temps après qu’elle eut repris ses occupations de domestique , l’ulcère se rouvrit, et les veines redevinrent aussi volumineuses et aussi incommodes qu'avant les opérations. Six ans après, une varice proéminente ayant son siége un peu au-dessus de Valcèré , se rompit et occasionna une hémorragie abondante : elle fut arrêtée par lPapplication de compresses et d’un bandage ; on fit garder le lit à la malade pendant plusieurs semaines, et au bout de ce temps, lulcère fut cicatrisé. Près de trois années se sont maintenant écoulées depuis que j'ai vu cette malade pour la première fois, peu de temps après Ja rupture de sa varice. Elle a continué l'usage de ses bandes , et l’ulcère est guéri ; mais les veines des deux jambes sont variqueuses d’une manière remarquable, et dans quelques endroits, elles forment même des tumeurs proéminentes. Il existe aux deux membres une large veine dans le trajet de la grande saphène, et cette veine est évidemment le canal principal par lequel le.

sang est transmis ‘depuis les veines variqueuses de ja jambe. Cette veine collatérale est particulièrement dilalée au - dessous des

cicatrices qui indiquent les endroits ou Von a fait la ligature de la grande veine saphène.

OBSERVATION LVIiI.

En 1807, la grande veine saphène fut liée chez un homme de moyen âge, pour des varices des veines de la jambe qui causaient beaucoup de douleur et d'incommodités. On appliqua une seule ligature qui fut Jaissée plusieurs jours sur le vaisseau. Le malade se rétablit sans aucun symptôme fàcheux. Les veines qui entourent Varticulation du pied diminuérent apres Vopération , et cet homme se trouvant soulagé , retourna à ses occupations habituelles, qui exigeaient qu'il se tint constamment sur ses jambes.

Cinq ans après , lorsque je le vis, il avait été obligé de réclamer de nouveau les secours de Part, attendu que les veines de sa jambe étaient aussi volumineuses et aussi incommodes qu'avant l'opération. On observa une grosse veine dans le trajet de la grande saphène, et cette veine passait au-dessous de la cicatrice qui existait à l’endroit où la saphène avait été liée précédemment.

D'après les observations qu'on vient de lire, il est évident , 1° que la ligature ou la

division des veines variqueuses produit quelquefois des symptômes alarmans et même funestes; 2° que l’état morbide des branches augmente, dans certains cas, après l’oblitération d’une partie d’un tronc veineux variqueux. | | | Un autre mode de prévenir l'augmentation des varices, en soulageant les veines inférieures de la pression de la colonne de sang dans la portion supérieure du vaisseau dilaté, consiste à maintenir le membre dans une position horizontale et à employer conjointement la compression. Tous les chirurgiens connaissent les heureux résultats obtenus en tenant le malade au lit et en lui appliquant une bande autour de son membre, pour la guérison des ulcères variqueux des jambes.

Jusqu'à la cicatrisation de l’ulcère, une bande commune est ce qu’il y a de plus convenable; mais eusuite on préfère, en général, un bas Jacé, parce que le malade peut lui-même l'appliquer avec plus de facilité et de soin. En Angleterre, le bas lacé se fait ordinairement avec du linge : les chirurgiens français (1) ont recommandé ‘particulièrement celui qui est fait avec de la peau; mais la manière

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(1) Dionis , Petit, M. Boyer.

Ja plus convenable de comprimer le membre lorsqu'on veut empêcher l’accroissement des varices, consiste à l’entourer avec un bandage formé par des bandelettes de linge sur lesquelles on étend un emplâtre agglutinatif, qui est en même temps un bon topique pour les ulcères variqueux. Il est probable, toutes les fois que la dilatation est bornée à une petite portion de la veine, qu’on pourrait obtenir une guérison radicale en suspendant la circulation dans le vaisseau ; cet eilet serait obtenu au moyen d’une forte compresse et d’emplâtres agglutinatifs. On a ‘beaucoup vanté application des solutions astringentes sur les veines variqueuses, et dans quelques cas, on a employé avantageusement la glace pilée renfermée dans des vessies ou l’eau dans laquelle on avait fait fondre de la glace. La vésication de la peau qui recouvre les veines variqueuses a paru aussi favoriser le resserrement des vaisseaux dilatés.

Les varices des veines du scrotum et des testicules exigent rarement d’autres secours de l’art, que l’usage constant d’un suspensoire qui s'oppose, en général, aux progrès de la maladie. On a vu cependant des cirsocèles où la douleur et la gêne étaient si grandes que les malades ont préféré se soumettre à la

castration (1), tandis que d’autres fois on s’est contenté seulement d’extirper les veines variqueuses (2). Sir Everard Home a rapporté une observation où il a divisé les tégumens et fait la ligature d’une large veine variqueuse venant du testicule : il survint des symptômes de fièvre; mais qand la plaie fut guérie, le testicule et ses vaisseaux avaient perdu la moitié du volume qu’ils avaient acquis avant Popération. Neuf mois ensuite, on fit la ligature d’une autre veine du même testicule, et au bout de quelques jours, le testicule était diminué de beaucoup (3).

On donne le nom WVhémorroides a diverses sortes de tumeurs que l’on rencontre à la partie inférieure du rectum et à la marge de lanus. Quelquefois ces tumeurs consistent en une dilatation des branches des veines

(1) Voyez Goccn’s Surgery, vol. 11, p. 244.

(2) Voyez Cuarues Bett, Operative Surgery, vol. 1, pe 564 |

(3) Practical Observations on Ulcers of the legs, elc., page 355. Une dilatation variqueuse des veines spermatiques peut élre prise tres- souvent pour une hernie épiploique. M. Astley Cooper donne le précepte suivant pour distinguer l’une de l’autre ces deux affections : placez le malade dans une position horizontale et videz la

tumeur par la pression sur le scrotum : appuyez ensuite

hémorroïdales. Les vaisseaux dilatés peuvent s'ouvrir parfois, et dans quelques cas, l’hémorragie est si considérable qu’elle nécessite l'emploi des lotions froides et astringentes, et des compresses. Il est des individus chez lesquels ces évacuations sanguines se font à de certaines périodes, et alors on les regarde comme salutaires, attendu que leur suppression parait être nuisible à Ja santé générale du malade. Dans ces cas, si lon n’en peut amener le retour par l'usage des fomentations tièdes, on obtiendra du soulagement en piquant avec une lancette les Vaisseaux variqueux, ou en leur appliquant des sangsues. Le sang se coagule quelquefois dans la veine dilatée, et la tumeur devient dure, enflammée et trés-douloureuse.

Le coagulum est ensuite absorbé; mais les membranes épaissies de la veine et les parties environnantes forment une tumeur qui

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fortement les doigts sur la partie supérieure de l’anneau . abdominal, et engagez le malade à se lever: si latumeur est une hernie, elle ne pourra pas reparaitre tant qu’on continuera la pression sur l'anneau ; mais si c’est un cirsocèle , la tumeur non-seulement reviendra , mais son . volume sera encore augmenté par l'obstacle qu’apportera la compression au retour du sang dans l'abdomen. ( Voy. Cooper , on Inguinal hernia.)

peut s’enflammer et occasionner une vive douleur. Il est done, dans quelques cas, nécessaire de l’extirper par une opération chirurgicale; mais alors son traitement rentre dans celui des excroissances hémorroïdales provenant d’autres causes, et on ne peut le regarder comme faisant partie du sujet qui nous occupe.

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