‹ Traité des maladies des artères et des veines (volume 2)Chapitre 15 sur 46 · II · texte numérisé non relu

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Sgo MALADIES

suite d'une violence accidentelle , d'autres fois , elle résulte du développement de ces marques rouges ou défauts de structure de la peau qui existent au moment de la naissance. Dans sa première période , la tumeur n'est qu'une simple tache qui paraît être due à un amas d'artères et -de veines. Elle est alors consistante , et la vibration ne s'y peut distinguer,* mais à mesure que la structure cellulaire qui forme en définitif le volume de la tunleur , prend des développemens, elle devient plus compressible , et la pulsation y est plus manifeste. A la fin, elle semble consister' dans une réunion de petits sacs ou poches à'ane couleur pourpre ou livide, qui se rompent de temps en temps, et qui alors produisent une hémorragie' abondante. La pulsation est augmentée dans la tumeur par toutes les causes qui accélèrent l'action du cœur et des artères. Elle diminue pendant le sommeil , et s'accroît par tout exercice du corps ou par une passion quelconq ue de l'âme, ainsi que pendant la menstruation. Quelquefois même une hémorragie périodique par la tumeur prend la place de cette dernière évacuation (i}.

(i) Des AULX , Journal de Chirurgie , t. n, p. 71.

Selon M. John Bell, cette tumeur consiste en une réunion de petites artères, de veines absorbanteset de cellules intermédiaires. L'irritation ou l'action accrue des artères remplit de sang les cellules ; ce sang est repris par les veines dans les vacuoles, qui ne sont peut-être elles-mêmes sous cette forme que les extrémitées dilatées des veines (i). Ce tissu ressemble à ce parenchyme imaginaire ou tissu cellulaire , que les premiers anatomistes croyaient être placé , dans toutes les parties du corps, entre les extrémités des artères et celles des veines. Dans quelques cas , les veines environnantes sont dilatées d\ine manière remarquable, et forment le volume de 3a tumeur. M. Pelletan a trouvé une dilatation et une grosseur extraordinaire, non-seulement aux veines , mais aussi aux troncs artériels et à leurs branches , qui entretenaient la maladie (2).

Nous sommes redevables à M. John Bell de l'exposé le plus exact de cette maladie. JLa plupart des- auteurs en rapportent toutefois des exemples , mais sous diverses dénominations. Dans presque toutes ces observations ^

(i) Prînciples ofSurgery, vol. i, p. 4^7 , etc. (2) Clinique chirurgicale , t. n , p. 59^ C>6 , G8.

l'affection avait son siège aux tégnineiis de îa tête , et provenait généralement de quelque marque congéniale ou défaut de la peau.

On doit toujours avoir recours à la prompte extirpation de ces tumeurs, quand elles ont leur siège sur des parties où l'opération est praticable. On doit aussi avoir soin que les incisions soient faites à une distance telle da mal, que les vaisseaux qui l'entretiennent soient divisés avant de s'être beaucoup ramifiés. Les artères sont très-larges et très- nombreuses auprès de la tumeur; mais lorsque l'incision a lieu à une certaine distance d'elle, on divise les troncs au lieu de ces branches dilatées, et l'iiémorragie est arrêtée d'une manière plus facile. L^enlèvement partiel de la tumeur par la ligature (1) ou par l'application du caustique est, eu général , suivi de son accroissement.

La diminution de la force delà circulation dans la tumeur arrête non-seulement sa croissance, mais encore effectue sa guérison radicale. La connaissance de ce fait est d'autant plus importante , qu'elle met à notre disposition un moyen d'arrêter les progrès de la

(0 Voyez PfiLLETAJV , Clinîçjue chirurgicale, lome n ^ p. 70.

tumeur quand, par son étendue ou sa situation , on ne peut l'extirper. M. Travers lia l'artère carotide chez une femme dont Fœil avait été chassé de l'orbite par une tumeur pulsative qui remplissait la plus grande partie de cette cavité. La moitié supérieure de l'angle interne de l'œil était occupée par une tumeur vibratoire très-compressible , donnant au toucher une sensation comme si elle renfermait de la laine , et offrant même une légère pulsation quand on la comprimait fortement. Les veines de la paupière supérieure étaient variqueuses par distension ; la peau devenait extrêmement tuméfiée sur le sac lacrymal, et les veines des ailes du nez paraissaient très-distendues. La tumeur inférieure qui s'avançait audessus du trou sous-orbitaire avait une forme conique, et était très-élastique au toucher. La paupière inférieure était soulevée jusqu'à l'angle externe de l'orbite , au-dessus de la partie supérieure de la joue. On pouvait vider ou repousser eu arrière dans l'orbite cetto tumeur inférieure; mais alors la pulsation devenait violente , et la douleur était insupportable par suite de la pression augmentée du globe de l'œil sur le fond et le côté d© l'orbite. Une compression exacte des artères temporale 5 angulaire et maxillaire, ne pro^

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duisait aucun effet sur l'anévrisme. Au contraire , quand l'artère carotide commune était comprimée , la pulsation cessait entièremeut , et le bruissement de la petite tumeur devenait si obscur , qu'il était difficile de déterminer s'il continuait ou non. La compression de la tumeur produisait une douleur insupportable , et les applications froides avaient été essayées sans succès. Eclairé sur les causes de la maladie, sachant le peu de risque que l'on court à placer une ligature sur Tarière carotide , dans des circonstances favorables , et considérant surtout que l'oblitération d'un tel canal devait, dans tous les cas, être suivi d'une diminution sensible et permanente de l'impulsion du sang destiné à l'entretien de l'anévrisme , M. Travers n'hésita pas à faire la hgalure de l'artère carotide. J'cU décrit précédemment tout ce qui pouvait avoir rapport à l'opération. Avant que la malade quittât la table, elle observa que la douleur était suspendue et que le bruit de la tête avait entièrement cessé. La petite tumeur sur l'angle de l'œil était encore vibrante, mais d'une manière très-obscure. Le troisième jour après l'opération , on observa , au moyen d'un léger contact du doigt, une sensation de vibration dans les deux tumeurs :

par une forte compression , l'inférieure présentait même une pulsation. Le cinquième jour , les tumeurs étaient considérablement diminuées, et l'œil se trouvait moins proéminent ; le globe oculaire communiquait une légère pulsation. Au bout de cinq semaines , les tumeurs, ainsi que la pulsation, étaient évidemment diminuées , et la malade était délivrée des douleurs cruelles qui l'avaient tourmentée pendant plusieurs années. Quatre nîois après, le volume des tumeurs était bien moindre, de même que leur mouvement de vibration. Cinq mois après l'opération, la malade fit une fausse couche qui entraîna une hémorragie considérable j elle eut des syncopes, et resta dans un état de débilité extrême. Le lendemain matin, on remarqua que la tumeur supérieure était aplatie et que la pulsation avait entièrement cessé. Dans le courant du mois qui suivit cet accident, la tumeur supérieure et le gonflement des tégumens entre les sourcils disparurent totalement; l'œil faisait moins de saillie, la tumeur inférieure n'était plus élastique et n'offrait plus de pulsation. La malade resta pendant quelque temps dans cet état de faiblesse , qui fut encore augmenté par des éva-' ouations de sang par les selles. Deux mois

après , le seul vestige que l'on pût découvrir de la maladie était une petite tumeur du vo~ îume d'un pois, à l'angle interne de l'œil (i). J'ai eu dernièrement occasion d'examiner cette femme cinq ans après la ligature de l'artère carotide ; elle est en parfaite santé et a eu trois couches depuis son opération. Lâguérison de l'anévrisme est si comjjlète , qu'il est impossible de découvrir dans l'orbite aucune trace de cette maladie (2).

(i) Medico-cJiirurgical Transactions ^ vol. ii, p. ï.

(2) L'opération entreprise par M. B. Travers a e'té très-heureuse , et elle semblait promettre contre le genre de maladie où on Ta mise en pratique un moyen efficace que le chirurgien aurait toujours à sa disposition ; mais l'expérience a démontre', en Angleterre comme en France , que la ligatme des troncs vasculaires dont les branches nourrissent et servent au développement des tumeurs dont nous parlons n'avait parfois aucune action contre ce genre de maladie. L'observation suivante peut en être la preuve.

Dumand (Etienne) apporta en naissant deux petites lâches rouges placées sur l'anlhélix de l'oreLlIe druîte.

Un sentiment de démangeaison qu'il satisfaisait, un écoulement de sang peu abondant qui en était la suite, un léger défaut de proportion entre l'oreille de ce côté , qui était plus large, et celle da côté opposé , furent jusqu'à l'âge de douze a:is les seules choses qu'on observa.

Dés celte époque ces taches s'étendirent, ranthélix.

Dans un cas semblable , on pourrait aider guérison , après l'opération , par la diète et

tout entier , l'hélix et la conque de l'oreille furent envahis ; l'oreille dans toute sa re'gion supérieure acquit un volume plus considérable, et même double de celui de l'oreille gauche. De légers mouvemens de dilatation et d'affaissement alternatifs se firent observer. Elle prit généralement une teinte violette, une peau plus mince la recouvrit, et huit mois après que le malade se fut aperçu des battemens, un mouvement violent imprimé à son chapeau suffit pour donner lieu à une hémorragie assez difficile à arrêter , même en tamponnant , et qui affaiblit le malade en même temps qu'elle diminua momentanément le volume de la tumeur et les battemens dont elle était le siège.

Le malade , averti par l'augmentation de volume , de mouvement et de chaleur dans sa tumeur que les exercices de son âge en favorisaient le développement, s'abstint des jeux et des plaisirs actifs.

Il se ceignit habituellement la tête d'un bonnet serré , qui produisait de la diminution dans l'étendue et dans les battemens de l'oreille.

Deux hémorragies eurent lieu spontanément par la partie la plus élevée de l'anthélix , elles s'arjrêtèrent faci-, liment , l'une d'elle-même , l'autre par le moyen de l'agaric.

Des astringens ne produisirent aucun effet sur la tumeur. Un onguent ne fut pas plus utile.

Le malade , contraint de se livrer à la profession activ© 4ç cl:\arron , souffrait beaucoup dana le travail»

les saignées. La diminution de Ja tumeur, chez la malade de M. Travers , a été très-

Une quatrième hémorragie dans laquelle il perdit une palette de sang, arrèle'e par l'agaric, l'engagea à entrer à l'hôpital de Sens (28 juillet 1817 )p Le pavillon auriculaire était d'un volume triple de celui du côté opposé , d'une épaisseur de quatre lignes supérieurement , d'un poids tel j qu'abandonné à lui-même, la partie supérieure venait en se courbant tomber au niveau du conduit auditif externe y il éiait agité de mouvenaens de soulèvemens de totalité, et d'une expansion et d'un affaissement successifs isochrones aux battemens du cœur.

Une tumeur, décrivant les trois quarts d'un cercle autour de l'insertion de l'oreille, soulevait jusqu'à un pouce de distance dans la fosse temporale et dans la région' mastoïdienne , le cuir chevelu bosselé , saillant de quelques lignes, se resserrant et se dilatant d'une manière semblable.

Une légère ulcération sur l'anthélix indiquait le point par lequel s'opérait l'hémorragie.

Une compression méthodique sur le trajet des artères temporales , auriculaire et occipitale au moyen des tampons de charpie , n'ayant pu être supportée , la ligature des deux premières fut tentée et n'eut pour résultat qu'une légère diminution dans les battemens et le volume de la tiimeur.

Le vingt-unième jour après l'application de ces premières ligatures (treize jours après leur chute), une hémorragie eut lieu par la plaie de l'anthélix; arrêtée par la compression , clic se renouvela trois jours après.

remarquable après des hémorragies excessives de l'utérus et des intestins.

On l'arrêta de nouveau par le tamponnement 3 il se forma une escarre gangreneuse qui s'e'tendità une grande partie de l'hélix et de la conque ^ et qui ne tomba que sept jours après sa formation , et le trente-cinquième jour de !a ligature des artères temporale et auriculaire.

Huit jours après ( quarante-trois jours après la première opération ) on pratiqua la ligature de l'artère occipitale , et le malade guérit de cette nouvelle et infructueuse opération, retourna chez lui après trois mois de séjour à l'hôpital.

Un nouvel accroissement dans le développement et dans les battemens de la tumeur ne tarda pas à le décider à venir à Paris essayer contre son mal les dernières ressources de l'art.

Il entra à l'ïIôtel-Dieu le 5 avril 1818, cinq mois après sa sortie de l'hôpital de Sens.

L'oreille est plus haute des deux tiers que celle du côté opposé. Elle est déplissée, et n'offre, de la conque vers l'anthélix qu'une surface plane, violette 5 on y voit la trace d'une cicatrice avec enfoncement léger. Le contour arrondi de cette surface est échancrée supérieurement datas le point correspondant à l'escarre gangreneuse dont nous avons parlé.

La peau qui recouvre ces parties , amincie , laisse voir à travers son tissu un réseau vasculaire à naailles lâches et des cloisons séparant des espaces que le sang , particulièrement dans le moment do diastole, colore d'un reuge violet.

Il y a une espèce de difformité con génial© qui ressemble beaucoup à rafFection dont je

Ces cellules se dilatent , la peau se détend , le volume augmente , soit en largeur , sens dans lequel il prend environ six lignes , soil en hauteur , qui est égale à deux pouces et demi à chaque contraction du cœur, et la masse totale de l'oricule s'éloigne de la tête durant un temps égal à chacune de ces contractions.

Moins sentis et moins visibles, ces mouvemens sont cependant appréciables dans les régions temporale et mastoïdienne.

L'artère carotide primitive cesse-t-elle de battre par une compression ejjercée sur elle j pâleur de l'oricule , décoloration, flétrissure , diminution de volume et de température, mollesse, chute du pavillon de l'oreille vers la tête , son immobilité comjDlète et cessation des battemens des artères temporales. Le sang reprend-il son cours j sensation de cljaleur et de mouvement, bruissemens et sifïlemens incommodes dans l'oreille , mouvement de soulèvement , dilatation , rougeur et tension s'étendant par secousses du centre à la circonférence dans la durée de huit à seize pulsations, réapparition des battemens artériels de la fosse temporale.

M. Dupuytren considéra la tumeur comme étant formée par les artères lésées d'une manière anévrismatique j mais il y a de plus, suivant ce grand ciiirurgien , à leurs rameaux les plus extrêmes un entrelacement en mille sens divers, interceptant dos espaces et figurant des cavités tout-a-fait analogues a la structure des corps caverneux ; il pense que la maladie

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traite maintenant. Elle consiste en un amas de vaisseaux dilatés ou de cellules distendues

a sa source dans l'activité de la circulation capillaire. L'insuffisance des ligatures faites aux artères temporale , auriculaire , primitivement , et en second lieu à l'occipilale , prouve trop bien que le cercle anastomotique environnant l'oreille est un obstacle insurmontable à la réussite de toute ligature partielle. On a cru devoir ici attaquer ]e mal dans sa source : on suspendait un instant seulement les battemens par la compression de la carotide externe , celle de la carotide primitive les arrêtait sans retour j en conséquence on pensa que c'était là qu'il fallait intercepter le cours du sang. Cependant on concevait de justes craintes que les anastomoses des vertébrales et des carotides internes , plus que suffisantes pour entretenir la circulation nécessaire à la vie, ne ramenassent avec elle la force impulsive qui avait produit le mal.

Les progrès rapides de la maladie, qui bientôt ôteront au malade la faculté de se livrer impunément à l'exercice le moins fatigant et qui le tiendront dans l'attenle cruelle d'une mort prompte au moindre oubli des pré-cautions les plus nainutieuses , s'ils ne suffisent pas pour la produire spontanément , rendent la ligature de l'artère carotide primitive une ressource peu dangereuse par elle-même et une voie de salut qu'on serait coupable de ne pas essayer. Le bruissement et le sifflement continuels dont la tumeur est le siège seraient peut-être suffisans pour déterminer le malade à cette ligature.

L'opération fut pratiquée le 8 avril ; on fit à la peau une incision de deux pouces le long du bord in-

par l'afflux du sang. M. Abernethy pense que la distension et Félargissement consécutifs

terne du muscle sterno-cléïdo-mastoïdien , à trois travers de doigt au niveau du larynx, !e tissu cellulaire environnant fat soulevé avec la sonde cannele'e et divisé avec le bistouri jusqu'à ce qu'on eut'isolë le Ironc artériel 4, la veine jugulaire et les nerfs. On introduisit le même instrument derrière l'artère pour faire glisser dans la cannelure un sliïet aiguillé portant un ruban j alors la ligature, composée de deux brins de fil ciré, fut serrée convenablement ^ mais avant de la nouer , on répéta plusieurs fois l'expérience de comprimer le vaisseau dans l'anse qui l'embrassait, et de faire cesser cette constriction , et par ces manœuvres on voyait cesser ou reparaître à volonté les battemens dans les vaisseaux des régions auriculaires et temporales, ainsi que dans la tumeur du pavillon de l'oreille.

Aussitôt que la ligature fut serrée, le malade éprouva une douleur vive dans l'une des dents petites molaires supérieures du même côté : c'est le seul accident priuaitif qu'on ait observé. La tumeur diminua beaucoup, cependant elle resta toujours d'un volume bien supérieur à celui de l'autre oreille. Le soir, le malade se plaignit d'une céphalalgie frontale. On le saigna et on lui mit les pieds dans de l'eau sinapisée; il prit pour tout aliment du bouillon, qu'il vomit 3 il seplaignit d'une sensation d'engourdissement dans tout le membre thoraciquc gauclie. Pendant la première nuit la douleur de tête devint plus légère et diminua graduellement jusqu'au cinquième jour. Alors des picotemens et de la démangeaison à In

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lies vaisseaux dilatés dépendent de Faclion inflammatoire dbs artères environnantes , de

tumeur tourmentèrent le malade , qui ressentit aussi quelque douleur à la plaie. Le deuxièaie jour, le vomissement reparut; mais le sommeil fut constant pendant les nuits suivantes; le troisième jour, rétablissement de l'appétit , dissipation de l'engourdissement du membre Uiorachique gauche et des battemens de la carotide audessous de la ligature , qui , dans les premiers temps de l'opération , battait avec une très - grande force. Le cinquième jour, levée du premier appareil, bonne suppuration , diminution et affaissement progressif du pavillon de roreille. Le neuvième jour, il survint un léger accès de fièvre marqué par îa fréquence, l'élévation du pouls , la chaleur et la sécheresse de la peau , l'oppression , l'anorexie , un enduit blanchâtre sur la langue; il est dissipé le lendemain par une saignée. Le onzième jour , chute de la ligature ( toujours diète sévère et repos absolu ). Le dix-septième jour, légers raouvemens d'expansion et d'affaissement du tissu érectilo de l'oricule . quoiqu'il ait diminué d'un tiers ; on fait une compression exacte avec de la charpie et des compresses trempées dans l'eau blanche , un petit fojer purulent est découvert au bas de la plaie de l'opération ; on le vide en pressant sur ses parois ; un peu de gêne de la poitrine , de chaleur de la peau et de fréquence du pouls sont combattus par l'application de vingt sangsues; on essaie pendant quelques jours de comprimer le pavillon de l'oreille en appliquant dessus une couche épaisse de plâtre de statuaire qu'on trouva fendue le soir même par l'actio'ii

sorte qu'en diminnant cette action inflam-^ matoirej on arrêtera en même temps les progrès de la maladie : l'oblitération des vaisseaux dilatés sera aussi favorisée par une pression égale et permanente. M. A bernelhy rapporte quelques cas où ce traitement a été suivi de succès (i). La partie fut comprimée par des bandelettes aggluLinatives, ou par des bandes constamment humectées avec une lotion propre à s'évaporer. Les tumeurs disparurent entièrement au moyen de ces remèdes continués pendant plusieurs mois , et la maladie fut guérie radicalement. Dans une des ob~

continue de la force d'expansion des vaisseaux; on maintient rapproche'es par une bande place'e autour de l'oreille les deux parties du moule de plâtre j une douleur assez vive est produite par cet appareil ; cependant il amène une diminution dans la maladie. Le malade sort de l'hôpital après y avoir resîc soixante-six jours. La tumeur élaïî réduite à un tiers de son volume antérieur; mais les mouvemens alternatifs d'expansion et d'affaissement ont reparu , ceux de soulèvement ne sont pas manifestes j il n'existe plus ni bruissemens ni sifflemens dans l'oreille. ( Note du traducteur. )

(i) Surgical observations on injuries of the head ^ and on miscellaneous subjects , p. 224 y c'est-à-dire. Observations chirurgicales sur les lésions de la tête et sur divers sujets, etc.

servations de M. Aberuethy, rafi'ection ayant son siège à l'orbite, l'emploi de la compression, dans une certaine étendue, était évidemment impraticable. La soustraction de la chaleur , par l'usage continuel d'un liquide très-évaporable, fit diminuer la tumeur par degrés, et au bout de quelques mois, il n'en restait plus aucun vestige (i). M. Pelletan a guéri une tumeur semblable située sur le front, par une pression constante (2). Je donne mainteuant des soins à un enfant chez lequel la maladie est presque guérie au moyen de la compression. La tumeur a son siège sur le cuir chevelu. Quand l'enfant vint au monde , elle était très-petite; mais peu après la naissance, elle commençaf à faire des progrès rapides. Elle était d'une couleur pourpre, et augmentait de volume quand l'enfant poussait des cris. Par la pression, on pouvait la vider; elle n'offrait pas de pulsations, mais les artères et les veines qui s'y rendaient étaient dilatées d'une manière remarquable. J'ai commencé la compression

(i) Ibid^ p. 228. Un cas semblable est rapporte' par M. Boyer, dans son Traité des Maladies chirurgicales, t. u, p. 269.

(2) Clinique chirurgicale . f. u , p. 68.

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