‹ Traité des maladies des artères et des veines (volume 2)Chapitre 23 sur 46 · II · texte numérisé non relu

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guérisoii pour les anévrismes qui sont le résultat de la blessure des artères. Dans quelquesuns des faits rapportés par ces écrivains, les sacs étaient remplis d'un coagulum consistant qui fermait Fouverture de l'artère sans s'étendre dans son canal. Scarpa a une fois observé que les bords de la plaie de l'artère s'étaient réunis, et qu'il existait même une ligne de cicatrisation assez apparente. Le coagulum sorti, par cette voie, du canal du vaisseau^ formait une petite tumeur adhérente à son côté externe 1 1). Cependant il est probable , tontes les fois qu'un aoévrisme provenant d une artère blessée dans une certaine étendue ou complètement divisée, se guérira spontanément, qu'il y aura oblitération du canal du vaisseau.

Les mêmes modes de traitement doivent être adoptés dans les anévrismes qui dépendent de la blessure des artères que dans ceux qui sont la conséquence d'une condition morbide des membranes du vaisseau. La diminution de la force de la circulation parla snigaée, la diète et le repos peut être employée avec avantage pour favoriser la gué-

(i)Réflex.ct Obseiv. anal.-cIiLi-ui-g. sur l'Ancvrîsmc, tucl. par Dcipccli, p. S^î.

rison spontanée des anévrismes dus aux blessures artérielles. Sabatier rapporte l'histoire d'un anévrisme à l'aisselle produit par un coup d'épée, qui fut guéri radicalement par l'exacte observation de ce traitement débilitant (i).

La compression a été fortement recommandée dans le traitement des anévrismes circonscrits qui résultent des blessures des artères, et l'on cite de nombreuses observations dans lesquelles ce moyen a été employé avec avantage. Les ouvrages de chirurgie abondent en descriptions d'instrumens inventés pour la compression de ce genre d'anévrisme , et qui sont destinés à empêcher le passage du sang par la plaie artérielle. L'examen du plus grand nombre des cas dans lesquels on prétend que ce moyen a effectué la guérison de la maladie , m'a pleinement convaincu que l'on ne pouvait pas plus compter sur ce mode de traitement dans les anévrismes provenant des artères blessées que dans ceux qui dépendent d'une condition morbide des membranes du vaisseau ; et d'après les observations consignées dans la première partie de cet ouvrage, je pense que très-rarement la compression

(i) Médecine opératoire , t. ni , p. 170.

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peut amener la guérlson parfaite de cette affection. Toutefois, lorsque le travail de la guérison spontanée commence . et que le coagulum s'accumule dans le sac , la compression , en fortifiant davantage les parties contre l'impulsion du sang en circulation, peut prévenir l'accroissement de la tumeur. Eoubert rapporte un cas d'anévrisme de l'artère brachiale dans lequel le travail de la guérison spontanée se fit convenablement tout le temps qu'on employa la compresnon. Le malade se lassa de son bandage et le quitta : dès -lors la tumeur fit des progrès si rapides qu'il fallut recourir à l'opération (i). Saviard dit que chez un autre malade la tumeur, après être restée statioiinaire pendant vingt ans , commença ensuite à faire des progrès et exigea l'opération (2).

Dans tous les genres d'anévrismes, la liga* ture de l'artère est le moyen curalif le plus efficace, toutes les fois que la situation de la maladie rend l'opération praticable. Pour les anévrismes qui dépendent de la blessure des artères, l'ancienne mclhode d'ouvrir le sac,

(i) Momoircs de l'Acadéinie royale de Cliirurijie, l. 11 ,

(2) Observations de Chirurgie^ oLs. lxi.

et de lier dans cet endroit les deux bouts du vaisseau , est recommandée et même pratiquée de nos jours par plusieurs chirurgiens. Je ne puis m^empêcher de blâmer cette conduite, car je ne vois ici nulle raison qui s'oppose à la ligature de l'artère à une certaine distance du siège de l'afFection , comme on le fait pour les anèviismes qui dépendent d'un état morbide des parois du vaisseau. La nécessité de lier les deux bouts de l'artère blessée dans les anévrismes diffus a probablement fait penser qu'on devait en agir do même dans les anévrismes circonscrits provenans de la blessure des artères. Néanmoins, la différence qui existe dans les deux cas indique une différence importante dans leur traitement. Dans les anévrismes diffus , après la ligature du bout supérieur de l'artère , le sang qui sort par son bout inférieur peut se répandre dans le tissu cellulaire environnant, tandis que la condilion d'un anévrispie circonscrit , produit par la blessure d'une artère, est semblable à celle d'un anévrisme déterminé par la destruction des membranes du vaisseau au moyen d'une cause interne. Dans les deux cas, la diminution de la force de la circulation dans la poche anévrismale, en conséquence de la ligature de l'artère à une cer-

taine distance de la maladie, amènera inévitablement dans le sac les changemens nécessaires à l'accomplissement de la guérison. L'ouverture de la cavité d'un kyste anévrismal causé par la lésion d'une artère sera suivie, en général , d'une suppuration abondante et même de son ulcération : en un mot, on pourra objecter contre cette pratique toutes les raisons déjà émises contre l'ancienne opération de l'anévrisme, si ce n'est que, dans le cas qui nous occupe maintenant, les membranes du vaisseau ne sont pas exposées à ces altérations morbides généralement observées dans les artères devenues le siège d'anévrismes par cause interne. Il suffira de renvoj'^er aux observations sur des anévrismes dépendans de la blessure des artères qui ont été guéris par la ligature du vaisseau au-dessus de la tumeur^ sans l'ouverture du sac, pour démontrer que les principes de l'opération moderne peuvent s'appliquer avec autant de succès aux deux variétés de cette maladie (] ). Le traitement chirurgical des anévrismes circonscrits

(i) Des observations sur des anévrismes dépendans d'artères blessées, qui ont élé guéris par la ligature du vaisseau au-dessus de la tumeur et sans l'ouverture du sac , sont ■ rapportées par Axvel, à la iuile de la nouvelle Méthode

DES ARTÈRES ET DES VEINES. SÔg

provenant des artères blessées sera donc le même que celui des anévrismes circonscrits qui dépendent de toute autre cause.

Les observations contenues dans cette section et dans la précédente me paraissent justifier les préceptes suivans :

i". Toutes lés fois qu'une artère , assez grosse pour produire une hémorragie dangereuse , est blessée , il est à propos de lier les deux bouts du vaisseau aussi près que possible de la plaie de ses parois.

2''. La ligature du bout supérieur d'une artère blessée ou du tronc, quand c'est une branche qui a été lésée, ne mettra pas le malade à l'abri de l'hémorragie qui peut avoir lieu, soit par le bout inférieur du vaisseau , soit même par le bout supérieur , dans lequel le sang peut se rendre en parcourant les canaux d'anastomoses qui s'ouvrent dans le tronc , entre la ligature et la plaie.

3°. Dans les anévrismes diffus , la ligature des deux extrémités de l'artère est aussi nécessaire que lorsque l'hémorragie a lieu extérieurement par une artère blessée.

<3e guérir les fistules lacrymales, p. 25 1. — Par Fr.EEa , Observations on aneiirism , p. 54- — Par Pelletaw Clinique chirurgicale, t, i, p, 178.

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4^ Enfin , dans les anévrismes circonscrits, provenans des artères lésées, il est inutile d'oavrir le sac et de lier les deux bouts du vaisseau dans cet endroit, parce que la ligature de Tarière, à une certaine distance de la tumeur , produira aussi efficacement la guérison de ce genre d'anévrisme que de celui qui est la conséquence d'un état morbide des parois artérielles.

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