II. 5o
4BS MALADIES
leur Baillie dit avoir une fois trouvé une ossification considérable dans les membranes de la veine cave inférieure près de sa division en iliaques (i). Le docteur Macartney m'a dit avoir rencontré plusieurs dépôts de matière calcaire dans la veine saphène externe d'un homme qui était mort d'une maladie du foie. Il y avait un ulcère à la jambe; mais les dépôts de matière calcaire ne paraissaient avoir aucune connexion immédiate avec cette maladie. L'un de ces dépôts
a quelques années, sur un sujet très-avancé en âge et dont les artères de la cuisse étaient ossifiées, une des veines fémorales transformée de la même manière et dans l'é* tendue de plusieurs pouces , sur le côté seulement qui touchait à l'artère. C'est le seul cas de ce genre qu'il ait vu. Il a constaté un très-grand nombre de fois que les parois des veines ont beaucoup plus d'épaisseur dans le point qui est en rapport avec une artère , que dans les autres parties de leur circonférence. ( Note du Imducteur. )
(i) Transactions of a Socieijfor ihe improvement of médical and chirurgical knowledge , vol. i, p. i54. Morgagni a décrit brièvement un cas oii les parois de la veine cave étaient en grande partie cartilagineuses et même en auelque sorte osseuses ( Lettre lxiv, art. ix.). Ploucquet lenvoie aux ouvrages suivans : aux mots ossi-» Jicalio et calculas in venis. — Epheni. nat. cur. dec. i , ann.iiiy obs. 007 {in /we^amicw ). — Walter , Obs. Anal. , p. 4 1 r 4^* — Murkav , in acl. Med. suexic. i ,
avait près cVun pouce de longueur et se trouvait situé sur la face interne du vaisseau. On a rencootié des calculs mous dans les cavités dea veines. M. LangstafF a découvert récemment trois calculs gros comme de petits pois dans les veines de Futéi us Des concrétions semblables se voient quelquefois dans les veines dilatées qui environnent la glande prostate tuméfiée. Dans ces cas, il est assea probable que les calculs se forment dans les parties voisines, et qu'ils entrent dans les Veines par une absorption progressive (i)(2)*
p. 5. — Walter, Anat Mus. i , p. 172. — Marcellus DoNATUS , lib. IV, cap. 5o , p. 52 1. ( in Vena portarum.)
(1) M. le professeur Béclard , dans des notes qu'il m'a fait l'amitié de me remettre sur les altérations organiques du système vasculaire, dit qu'il a trouvé très-souvent dans les veinps des ligamens larges de l'utérus , dans les veines vésico- prostatiques , dans les veines hémorroïdales , dans celles du testicule et même dans les veines sous cutanées des jambes variqueuses , des concrétions arrondies de la grosseur d'un grain de millet ou un peu plus volumineuses. Ces concrétions sont renfermées dans un caillot, et celui-ci dans une dilatation variqueuse, oii il se trouve hors du cours ou à côté du cours du sang liquide. I! croit que ces concrétions se forment ^ans le sang arrêté et noa dans les parois des veines. ( Noie du traducteur. )
(2) Ploucquet , au mot venœossîficatio, renvoie à l'ouvrage suivant : Tilorikr , Bulletin de la Société de mê-
Les veines , ainsi que les artères, sont «Jt^eîquefois enveloppées dans les tumeurs mor-
decine , p. 224. -^PP' du Journal de Médecine continué ^ vol. XI. {Concreliones globulosœ ferh liberœ in lis. ) (a). M. Cooke de Plaislow m'a communiqué une observation que l'on peut avec raison regarder comme démontrant la, possibilité du passage d'un corps étranger dans la cavité d'un vaisseau sanguin par suite, soit d'une ulcération , soit de ce procédé particulier que Hunter a nommé absorption progressive.
« Le 9 septembre 181 1, un jardinier cherchant à assujettir le ressort de la platine d'un fusil qu'il avait coutume de placer dans son enclos , tira par inégarde avec son pied droit le fil de fer qui se rendait à la détente. Il reçut toute la charge dans la partie interne du gras de la jambe gauche, qui se trouva alors
(a) Mi le professeur Dnpuytren a vn de semblables tnmenrs osseuses dans les veines \ elles e'taient fixées par un très-peiit pe'dicule qui leur permeuait quelque mobilité entre la membrane propre des veines et le feuillet interne, et oblitéraient le canal du vaisseau. J'ai aussi observé ces concrétious osseuses daus les veines, et j'ai reconnu qu'elle* se trouvaient placées tautôt dans l'épaisseur des parois du vaisseau, et tuniôt qu'elles étaient libres dans le canal , suspendues seulement par un pédicule filiforme , leur volutne égalant celui d'un pois ou d'un noyau de cerise. L'observation qu'on cite ici de Tiloiier m'est iVès-bien connue j elle fut recueillie par lui et par moi , lorsque nous «lions l'un et l'autre élèves in(ernes à i'Iiôpital Saint-Antoine , hôpital où mon malheureux ami succomba aux accidens d'une fièvre ataxiquc. Dans une des veines sous-cutanées de la partie postéiienre delà jambe d'un vieux sujci , nous troûvàtncs plusieurs concrétions très-dures , blanches, glubuleuses , [mobiles , pédiculées, s'élendani à quelque» lignes. 11 y avail duus cet endroit une dilatation de la veine.
( ISote du traducteur. )
DES ARTERES ET DES VEINES. 4i
bides qui se trouvent dans leur voisinage. Dans ces cas , les membranes des vaisseaux
placée vis-à-vis de l'extrémilé du canon. La plaie était circonscrite , et elle parvenait de l'autre cô'é du membre en longeant presque le tibia. Aucun des grains de plomb ne l'avait cependant traversé en entier , et on n'en pouvait pas découvrir en introduisant lé doigt dans "le fond de la plaie. II ne survint pas d'hémorrrrî^ie. On prescrivit la tranquillité du membre ; et comme il était probable , d'après la direction de la blessure , qu'il y aurait un écoulement de sang quand les escarres se détacheraient , on plaça par précaution un tourniquet sur la cuisse, mais de manière néanmoins à ce qu'il n'exerçât pas la plus légère pressi'on sur l'artère. L'inflammation , la suppuration et la forrnation des escarres eurent lieu , mais le blessé ne perdit que quelques gouttes de sang t lorsque ces dernières se détachèrent, trois se^ maines environ après l'accident , on sentit quelques-uns des grains de plomb de l'autre côté du membre : on en fit l'extraction en divisant la peau. A cette époque, la plaie primitive était très-resserrée, mais on pouvait avec facilité passer une sonde au tràversHu membre» La plaie du côté externe de la jambe se guérit, et le blessé put mouvoir plus aisém^it les muscles soîéairè eî gastrocné^ miens. Comme il était probable que la cure radicale se ferait long -temps attendre, il entra à l'hôpital. L'état dés parties blessées' continua à s'améliorer jusqu'au aS février 1812. Ce|bur-îà , à son réveil ^, il trouva son lit inondé et il tombaen faibïesse. La petite plaie de la jambe avait saigné en aboadatice j et f/est elle q^ui avait fou rci i&'
470 MAliADÎÏSâ
revêtent l'apparence morbide du tîssii contigu. Quelquefois l'affection se déclare dans la membrane interne delà veine, sans s'étendre aux parties environnantes. En disséquanfc un homme mort d'un squirrhe du pylore , je trouvai l'extrémité duodénale de Festomac environnée par une large tumeur. Cette tumeur paraissait pulpeuse au toucher, et divisée en lobes; elle présentait dans son intérieur une apparence médullaire. Plusieurs ganglions lymphatiques contigus participaient de l'affection organique, La veine splé» 33ique était dilatée 3 et en l'ouvrant j'y trouvai une tonieur plus grosse qu'une noisette, qui s'éîait développée sur la membrane interne diu vaisseau. L*apparence et la consistance de celle iumeur étaient les mêmes que celles des ganglions îynjphatiqoes et ^e la tumeur du pylore; elle était cependant située à quelque distance de ces parties, et le tissu cellulaire
sang dont le lii eiait j énélrê. On iSl l'iaroputation clii membre j ei «n le dissequanf on irouvo dans son épaisseur qualie-ving's j^rains de plooih L'un de ces grains étaî» l'^f^é dan.' l'arièrc tihiiile posle'rieure d'ow provenait rhêiûorvagi*». D'après toules les circonstances antérieures , il parait tiës^^peu prot>abIe que ce gnin de plûuib fui resté daas I artère depyiâ le moment de l'accident.
BES ARTÈRES ET DES VEINES^ ^Jh
qui environnait cette portion delà veine paraissait sairu On ven?a dans la section suivante plusieurs exemples d'^oblitération de veines par suite de ee qu'elles, avaient été enveloppées dans des tumeurs médullaires q^ui s'é^ tendaient des parties, voisines jusq^u'à elles^
SECTION lit
De l^Obiitératîort dès Veines et de ImCircuïatmm veineuse collatérale^
Une cause fréquente de l'oblitération de îai cavité d'une veine est l'adhérence de ses pa^ rois par suite de la phlegniasie de sa membrane interne. LLinflaramatioii a quelquefois une fornae aiguë ^eonime dans les cas que j'ai rapportés, dans îasection précéd«nte; d'autres fois, elle est plu& limitée dans son étendue et plus lente dans sa mareliej ainsi qu'oa le voit dans ces oblitérations, des. cavités des veines causées parla pression des tumeurs voisines^ Dans quelques circonstances aussi ^ les veines sont comprises dans des tumeurs morbides qui oblîlèrent leurs cavités. En général, oa trouve dans le vaisseau un caillât de sang d'une étendue considérable , au-dessous de l'endroit qui a d^abord été oblitéré. Ce coafulum qst absorbé par la suite ^ et les mem«
bi a lies de la veine sont définitivement converties en un cordon ligamenteux.
Le système veineux, comime le système aTtéiiel, paraît être susceptible de l'établissement d^une circulatioo collatérale , quand une de ses parties devient imperméable. Les effets fâcheux qui pourraient résulter de Foblitéraîion d'une veine principale sont prévenus par le nombre de ses branches de communication , qui , dans l'état naturel , sont disposées de manière à livrer un passage facile au sang pour se rendre dànS' les troncs veineux supérieurs, quand une péri ion inférieure du vaisseau est fermée. Il pai'aît que c'est par les innombrables communications des branches supei ficieiles que là éirculation ^e 'Continue 3 quand., une veine principale est •oblitérée; mais énsliite quelques-uns de ces canaux finissent pai* ^è' ■ dilater plus '^ue les autres, ■..-•* ^ w. :; ,■>.
• On à vii plusieurs fois Toblitéraition nonsenlement dés- branches principales de la YèîUè cave inférieure , mais encore de son tirônc lui-même , et malgré cela le sâng n^ea êtie pas moins conduit au cœur par les canaux collatéraux. Le docteur Baiiliè (i) dit
(j) T^rànsaclion rf a Society for the inipw^'cmeht of
DES ARTÈRES ET DES VEINES- ^'j'5
a^oir trouvé chez une femme' la veine oave inférieure changée en une substance ligamenteuse, depuis la naissance des veines émulgentes jusqu'à l'oreillette droite du. cœur» L'oblitération de sa cavité étaft- telle , que toute circulation du sang y devenait im^ possible , et ce n'était que très - difficilement qu'on pouvait y faire pénétrer de Fàir au moyen de l'insufflation. Le sang ne pou-^ vaut traverser la veine cave inférieure , passait dans les veines lombaires ; les dilatait graduellement. à mesure que l'autre se contractait, jusqu'à ce qu'enfin elles fussent devenues assez larges pour recevoir la totalité du liquide qui revient par. la-veiliec^ave. Le sang se rendait dans la veine azygos par les •communications qui existent enire ce vais'- ,seau et les veines lombaires y ebde là il était conduit au cœur. Ce .qu'il y a5?:ait de particulier dans ce ;oas y c'est qa'on tirouvait une veine azygos addilionnelîe au côté gauche €b l'épine, en sorte que le sang était conduit plus aisément au cœîir que s'il n'y eût eu
médical and chirurgical hpi-owledge-, voi. i, p.' 127; pî. V. Bartholin fait mention d'un cas- èîi là ve'ine càvè ^fait oblitérée prës-du cœur, mais il n^èri donne aucUû <J'(? ail, ( Obs. anat.^ cent. 11, Awfr-'tSWEWfl ■■':-:
474 MAIiADIES
qu'une seule veine azygos , comme dans f é* tat ordinaire. Les veines dilatées étaient dan* quelques endroits variqueuses. Dans ce cas remarquable, la veine cave inférieure se trouvait oblitérée dans le point où s'ouvrent les veines caves hépatiques , en sorte que le sang des membres inférieurs et eelui qui revenait du foie se rendaient également au cœur par les canaux collatéraux (i).
On connaît plusieurs exemples d'oblitération de la cavité de la veine cave entre le point où s'ouvrent les veines caves hépatiques et celui d'où naissent les iliaques communes. On a vu dans la section précédente l'observation de M. Wilson, dans laquelle non-seulement toute l'étendue de la veine cave, au-dessous de la naissance des veines hépatiques, mais encore les veines émulgentes , spermatiques^ iliaques primitives, externes et internes, et leurs plus grosses branches étaient remplies de lymphe et de caillots sanguins cousis-
■■I I II I I ■ I I I I Mil» ■
(i) Dans les maladies chroniques du foie , les branches âes veines sont quelquefois remplies ée sang coagulé. Ce fait m'a e'ié de'montré d'abord par le docteur Farre , et j'ai eu depuis plusieurs occasions de l'observer. J'ai aussi trouvé les branches des veines pulmonairei remplies de coagulum , dans des cas 4'affectioni tuberculeuses Irèsc'icndues des pouinoua.
tans. Les vaisseaux des membres inféiieuis étaient dans leur élat naturel ; aucune accumulation de sang extraordinaire n'existait dans les veines, et l'on ne voyait point ^^'infiltration de sérosité dans le tissu cellulaire. Les branches d'anastomoses des veines des parties latérales et de la partie postérieure du bassin étaient très -dilatées; il en était de même pour les anastomoses entre la grande veine saphène et les branches compagnes des artères profondément situées qui passent par la grande ouverture de Fischion ou par le trou sciatique. On voyait de larges branches de communication remplies d'un sang fluide entre les veines honteuses externes et les dernières divisions de la veine mésentérique inférieure, qui était trois fois plus grosse qu'à l'ordinaire. Les vei? nés de la dure- mère , celles du canal vertébral , les sinus eux-mêmes et les veines quis^ rendent étaient dilatés; les communications entre elles et les veines sacrées et lombaires, étaient devenues très-apparentes par le sang qu'elles renfermaient. Les branches élargies des veines lombaires communiquaient si facilement les unes avec les autres , qu'elles pouvaient livrer passage à une très -grande •quantité de sang pour se rendre dans la veine
476 MA1L.ADIES
azygos par les branches d'anastomoses de sa partie inférieure. Cette veine, quoique trois fois plus grosse qu"'elle ne l'est ordinairement, n'avait pas cette apparence variqueuse décrite par le docteur Baillie. Les veines émulgentes et diaphragraatiques offraient de larges communications avec les veines lombaires et la veine azygos. Le sang passait des veines honteuses externes dans.les raésentériques inférieures, d'où il se rendait à fa veine porte : il circulait ensuite dans le foie, et pénétrait dans la partie inférieure de l'oreillette droite du cœur , par la très petite portion de la veine cave inférieure qui restait perméable entre l'oreillette et les veines caves hépatiques. Le reste du sang, après être par^ venu à la veine azygos, passait de ce vaisseau dans la veine cave supérieure et de cette dernière dans l'oreillette , mais par sa partie supérieure (1). M. Cline a trouvé la veine cave inférieure oblitérée, un peu au-dessus de sa bifurcation, par le développement d'une tumeur stéatomateuse dans le tissu cellulaire, derrière le péritoine. La tumeur occupait une partie du bassin et des régions ' ■ ' ■ , ^, , , ^
, (i) Transaction of a Society for tlie improvement of ^médical and chirurgical hiowleàge , vol. lU, pag. ;jo.
lombaires. Les veines épigastriques étaient devenues aussi grosses que le petit doigt , et les veines superficielles de l'abdomen , ainsi que les lombaires et celles de la cavité interne de l'abdomen , étaient également très -dilatées : cette disposition existait aussi dans la veine mammaire interne et dans la veine épigastrique , avec laquelle elle s'anastomosait , et qui s'ouvrait , comme à l'ordinaire , dans la veine cave supérieure, près de l'origine des sous-clavières : par là , le sang veineux des membres inférieurs était versé dans la veine cave supérieure au moyen de la veine mammaire , et dans la veine cave inférieure par les veines lombaires au-dessus de la compression occasionnée par la tumeur stéatoniatèuse (i). Haller fait mention aussi d'un cas où la veine cave était oblitérée entre les veines émulgenles et les veines iliaques (2).
(1) Voyez ScARPA , Treaiiseon Aneurism^ ffishaH^ translation , p. 20. Note,
(2) Ea in femina , non multo quadragenaria niajori , inler rénales venus eL iliacas concretafuit^ut nihil ca^ vitalis loco superessel^ nisi fibrosa qucedam , cjuasi car~ nea , polyposa , et dura caro, Sanginnem aulem ab aorta injeriori redueebat vena spermatica dextra, enornu ter se ipsa sana latior^ unciali diameirOj qu(e san-
J'ai VU deux fois l'oblaération de îa veine iliaque commune. L'un de ces cas se présenta chez une femme dont l'utéius était converti en une tumeur médullaire qui remplissait le bassin et s'étendait dans l'abdomen. La courbure sigmoïde du colon , le rectum , la vessie, les urttères, les ovaires, les trompes de Fallope et le vagin étaient enve^ loppésdans cette masse pulpeuse qui comprenait aussi les vaisseaux sanguins , et qui avait causé l'oblitération de l'artère iliaque interne gauche , et des veines iliaques communes , externes et internes , sur les deux côtés du corps. Les membranes de ces veines étaient complètement détruites dans quelques endroits, en sorle qu'il était impossible de suivre Je trajet de ces vaisseaux. Comme on avait enlevé les parties avant d'examiner l'état de ces vaisseaux, je ne pus faire aucune observation sur le mode circulatoire qui avait du s'y établir. Dans l'autre cas , où les veines iliaques communes, externes et internes du côté gauche étaient oblitérées par la pression d'un anévrisme de l'aorte abdominale , la veine
guinem immitlebal venœ perindè dilatâtes ureL^ncOi dextrce, ab iliaca ejus lateris ortœ. (Opuscula palhologica, obs. XXIV. Lausannœ ^ 1768.)
azygos était aussi grosse que le petit doigt, et s'étendait dans la région lombaire gauche, où elle recevait deux branches considérables qui communiquaient avec les veines lombaires et avec les branches venant du bassin. Dans ces deux circonstances , aucun symptôme n'avait indiqué l'obstacle qui avait existé dans la circulation veineuse pendant la vie des malades. Morgagni(i) trouva la cavité de la veine iliaque oblitérée par l'adhérence de ses parois, et la veine fémorale contractée et remplie d'une concrétion sanguine. Le membre était œdémateux, et la tête du fémur avait été détruite par la maladie. On m'a cité une observation dans laquelle l'œdème du membre avait été suivi de l'oblitération de la veine fémorale ; mais les faits dont j'ai parlé prouvent que les hydropisies ne sont pas , en général, la conséquence de ^oblitération d'une veine principale. J'ai vu plusieurs préparations anatomiques dans lesquelles la veine fémorale était oblitérée , et j'ai connaissance d'un cas où elle fut comprise dans une ligature , sans qu'il en résultât rien de fâcheux.
Hunter a trouvé une fois la veine cave supérieure et le tronc commun des veines
(i) Epist. tYi , art, 10,
jugulaire et sous-clavière gauche tellement comprimés par un anévrisme de Taorte , qu'il leur restait à peine quelque chose de leur capacité et de leur apparence naturelles (i); mais il n'est pas encore venu à ma connaissance qu'on ait jamais rencontré la veine cave supérieure complètement oblitérée (2). Il est probable toutefois que si ce vaisseau était imperméable, le sang des parties supérieures du corps passerait dans la veiné cave inférieure par l'intervention des branches de la veine azygos. C'est ainsi que le sang des branches des veines axillaires et soUsclavières se rendrait dans les branches de la veine azygos, et serait transmis ensuite par d'autres branches , de ce même vaisseau dans les veines lombaires , diaphragnia-
(i) Médical Obseivations and inquiries ,\o\. i , p. 553, third édition.
(2) On trouve dans le Muséum de la Faculté de Médecine de Paris, sous le n° i5o , une pièce modelée en cire par M. Pinson , sous la direction de M. le professeur Dur puytren j elle représente une concrétion polypeuse formée dans la veine cave supérieure, se prolongeant dans la sous-clavière et les jugulaires , oblitérant le canal de ces vaisseaux , aux parois desquels elle adhère. Cette concrétion est blanche ; ce qui porte à croire qu'elle était formée p«r de la fibrine. ( Note du traducteur. )
DES ARTERES ET DÉS TETNES. 48 1
tiques , émnlgentes et spermatiques qui s'oavrent toutes dans la veine cave inférieure, La veine mammaire transmettrait aussi une quantité considérable de sang dans les veines épigastriques. Si l'une des veines sous-clavières était oblitérée, les communications entre ses branches et celles de la veine correspondante de l'autre côté du corps , ainsi qu'avec la veine azygos , livreraient un passage suffisant au sang pour se rendre dans ïa veine cave supérieure.
On a vu plusieurs fois la veine jugulaire interne oblitérée. Dans l'observation suivante , dont je dois les détails et l'examen des parties à l'amitié de M. George Young, l'oblitération de ce vaisseau fut produite par l'extension de tumeurs morbides jusqu'à ses membranes,
OBSERVATIOÎÎ D.
TTn matelot âgé de cinquante ans avait à la gorge un ulcère qui communiquait avec une chaîne de tumeurs disposées autour du. pharynx et du larynx , et gênant beaucoup la respiration et la dégluliliori. Ces tumeurs augmentaient de volume depuis plusieurs mois, lorsque le malade înoiirnt , épuisé par II. 5i
l'irritation et la douleur qu'elles avaient produites. La dissection fit reconnaître que ces tumeurs étaient formées par une matière médullaire molle renfermée dans une sorte de tissu cellulaire. L'une d'elles faisait saillie dans l'arrière -bouche, et avait excité une ulcération qui s'étendait à l'épiglotte. L'artère carotide et la veine jugulaire interne étaient enveloppées par ces corps morbides. La cavité de l'artère avait conservé son diajnètre naturel et ses membranes étaient saines. La veine jugulaire interne gauche étai^ complètement obUtérée dans une étendue de deux pouces, c'est-à-dire dans tout son trajet à travers les tumeurs. Les parois de ses extrémités étaient adhérentes , et le tissu propre de ^es membranes , dans l'espace intermédiaire , était perdu au milieu de la masse morbide. La veine et l'artère de l'autre côté restaient saines ,• il n'y avait dans les autres parties du corps aucune altération organique.
L^n fait semblable vient d'être publié tout récemment par M. Lardner de Birmingham (1) , et il m'a montré les parties malades qu'il a pris soin de conserver. La struc-
( I ) Edlnburgh Médical and Surgical Journal, vol. vu, p. 407.
ture de la tumeur et la condition de la veine sont précisément les mêmes que celles, dont j'ai donné précédemment la description. Les Essais de Médecine d'EdÎJnboiirg (i)
(i) Vol. V, p. 357, 5^ édition. Ce cas est rapporté par le docteur Thomas Simson, professeur de médecine a l'Université de Saint- André. Les circonstances remarquables qui ont accompagné l'opération m'engagent à en insérer ici les détails. « En disséquant en dehors cette tumeur, je découvris l'artère carotide dans une étendue de deux pouces , et je vis parfaitement ses pulsations. De la partie supérieure de la tumeur naissait un corps caitiîagineux qui se rendait au larynx, auquel il était fortera.ent attaché. En l'incisant, il sortit d'une artère un jet de sang considérable qu'on arrêta aussitôt par l'application de î'esprit-de-vin , en sorte qu'on put continuer in-^ férieurement la dissection de la tumeur jusqu'à la veine. Après avoir découvert la veine dans une grande étendue, je la trouvai confondue à la partie inférieure avec la substance même de la tumeur : en conséquence , après avoir placé une ligature autour de la veine , je la liai , et ensuite je divisai la partie restante de la tumeur au-dessous, à l'exception d'une petite portion dans laquelle je pensai que la veine était enveloppée. Je crus que la ligature suffirait pour la faire tomber ^ mais au bout de huit jours, ne voyant aucune apparence d'une telle séparalion , je divisai cette portion immédiatement audessous de la ligature , et je trouvai la veine ainsi que les autres parties devenues presque solides et d'une consistance cartilagineuse. Après l'enlèvement total de cette
contieniienî: une observation où la veine Jw-^ gulaire interne était enveloppée dans une tujneorj en sorte qu'il y eut oblitératio'n de sa cavité- La tumeur fut extirpée , et la partie supérieure de la veine fut liée pendant l'opération. M. Sinimons de Manchester a publié également une observation sur la ligature de la veine jugulaire interne. Une tumeur "Volumineuse s'étendait sur le côté gauche du cou, depuis le bord externe du muscle sternocléido -mastoïdien presque jusqu'à l'épaule. On fit l'extirpation de la tumeur. Les artères divisées saignèrent en abondance; mais le sang sortit en torrent de la veine jugulaire interne qu'on avait incisée dans l'opération. Trois ligatures furent appliquées à cette veine : elles S8 détachèrent sans qu'il survînt d'hémorragie , et les parties furent guéries au bout de deux mois. On doit remarquer ici qu'aucune affection de la tête ne suivit l'oblitération de la veine jugulaire interne (i). Haller trouva la cavité de l'artère carotide commune oblitérée par un caillot d'une cou-
substance compacte, U grande cavité dans laquelle la tumeur avait été logée se reaqilit trèd-rapidement , de sorte que la ])Jaie (ut cicatrisée en six semaines. »
(i) Mcdical Facts and Obacn'cilîons , vol. v;ii , p. 23.
leur blanchâtre , et adhérent d'une manière intime à sa membrane interne : la veine jogulaire profonde était également remplie d'une substance semblable qui s'étendait jusqu'à l'endroit où une branche de communication de /a veine jugulaire externe s'ouvrait dans ]a jugulaire interne, au-dessous de la glande parotide. La partie inférieure de cette substance était unie d'une manière inséparable aux parois du vaisseau (i).