‹ Traité des maladies des artères et des veines (volume 2)Chapitre 32 sur 46 · OBSERVATION 1.II · texte numérisé non relu

OBSERVATION 1.II

XJne femme âgée de quarante ans était tourmentée depuis seize ans pnr des varices des veines de la jambe gauche , près de' rarticulation du pied, où elle avait en outre un ulcère très-rebelle. Une large varice existait aussi dans le trajet de la grande veine saphène , un peu au - dessous de la partie moyenne de Ja cuisse. La varice de la cuisse augmenta tout-à-coup de volume sans aucune cause apparente, et devint extrêmement douloureuse : en peu d'heures elle se durcit, et lorsque je vis la malade , trois semaines après cet accident , la peau qui recouvrait la varice était d'un rouge foncé. On fit sur la tumeur des lotions froides jusqu'à ce que la douleur et l'inflammation eussent disparu : le membre fut ensuite entouré par une bande ordinaire, mouillée de vinaigre et d'eau , et l'on augmenta la pression par degrés. La tumeur diminua graduellement , et finit par se réduire à une très-petite nodosité compacte , qui n'avait aucun des caractères cl'ime varice.

496 MAIiADIES

Il n'est pas impossible que la guérison des varices ne soit quelquefois la conséqueiiee de l'inflammation et de l'adhérence des parois opposées du vaisseau dilaté ; mais dans les cas que je viens de rapporter, la dureté et la contraction graduelle des tumeurs paraissent avoir été les suites de la coagulation et de l'absorption consécutive du sang qu elles renfermaient. A, quelques égards, ce procédé est donc le même que celui qui effectue, dans certains cas , la guérison spontanée des ané- ■vrismes(i).

(i) Les observations suivantes de Petit viennent éclair- ' cir ce sujet : « Sitôt que le tronc des vaisseaux est entière-^" ment bouclié par le premier caillot , le sang qui remonte par les Lrauches se coagule à mesure qu'il arrive, la tumeur augmente et devient plus dure ; elle n'est pas encore bien douloureuse, si ce n'est quand on la presse j elle n'obëit presque point au loucher dans les premiers jours j mais peu à peu elle devient molle à sa circonfe'rence , et au travers de celte 1x1 ol! esse , on senl encore le caillot, plus petit à la vérité , mais plus dur qu'il n'était , parce que la sérosité s'en est séparée : c'est cette sérosité qui fait la mollesse^ elle entoure le caillot, et toujours renfermée avec lui dans la caviîé du vaisseau, on aperçoit au loucher une fluctuation qui en imposerait à ceux qui ne seraient pas instruits de cetlô' circonstance. J,'en ai vues que l'on avait otivertes croyant ouvrir un flbcès. Quoique ce soit une erreur, ce n'est pas toujours

On a recommandé divers modes de traitement pour les veines variqueuses daus la vue , soit d'accomplir une guérison radicale de la maladie , soit seulement d^arrêter ses progrès ou de pallier ses effets. Les anciens enlevaient les varices par l'excision , ou les détruisaient avec un fer incandelfeent. Celse (i), dont la pratique, relativement à cette affection, est citée par plusieurs auteurs, faisait usage également de l'excision et du cautère actuel. Si la veine avait un grand nombre de circonvolutions, il préférait l'extirpation; mais lorsque son trajet était droit, il la découvrait en incisant la peau, et appliquait le cautère à diverses portions du vaisseau dilaté. Quoiqu'on ne puisse douter que ces opérations ne fussent fréquentes du temps de Celse, qui donne comme un axiome que

un mal, parce que la sérosité sanguinolente qui en sort, quoiqu'en médiocre quanti#, débarrasse et soulage d'autant la partie j de plus , si le caillot se présente à l'ouverture que l'on a faite , et si celte ouverture est assez grande pour qu'on puisse le tirer, il peut arriver qu'on débouche le tronc de la veine variqueuse , et même l'embouchure de plusieurs vaisseaux qui s'y viennent décharger , ce qui

I opère un soulagement considérable. (Petit, Traité des

1 Maladies chirurgicales , 1. 11 ^3. f\'2..')

(i) De Re Medicâ , lib. vu, cap. xxxi.

Page 1