‹ Traité des maladies des artères et des veines (volume 2)Chapitre 33 sur 46 · II · texte numérisé non relu

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toute veine malade doit être détruite par le cautère ou l'excision (1) , il est rare néanmoins que les incommodités de celte afï'êction viennent au point de justifier l'emploi de remèdes aussi douloureux. Depuis la renaissance de la chirurgie, on a vu cependant dans quelques . cas dUfe agglomérations de veines variqueuses être extirpées avec succès. Petit (2) a recommandé Textirpation toute» les fois qu'il n'y a qu'une portion de la veine qui soit dilatée et repliée en forme de tumeur circonscrite , dans laquelle le sang est stagnant et occasionne de la douleur et de l'inflammation. M. Boyer (5) rapporte une observation dans laquelle il extirpa une tumeur formée par trois ou quatre larges varices situées au côté externede la jambe. Les veines furent liées pendant l'opération , et le malade se rétablit sans aucun symptôme fâcheux. On a recommandé, eu général, durant l'opération, de lier la veine , tant afl-dessus qu'au-dessous de la varice , avant d'enlever cette dernière; mais cette règle n'est pas rigoureuse , puisque très- souvent on peut arrêter l'hémorra-

(1) De Re Medicâ, lib. vu, cap. xxxi,

(2} Tiviilé des Maladies chirurgicales , t. ii , p. 64-

(5) Idem , p. a54.

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gie par des compresses graduées, des emplâtres agglutinatifs et des bandages.

Une autre manière d'effectuer la gaérison radicale des varices consiste à ouvrir le vaisseau dilaté, à enlever le coagulum qu'il renferme, et à placer en contact les parois opposées de sa cavité au moyeu des compresses et des bandages qui arrêtent en même temps l'hémorragie. De cette manière on obtient l'adhérence de la veine et l'oblitération subséquente de sa cavité. Cette pratique, qui, avec quelques modifications, paraît avoir été mise en usage par Fabrice d'Aquapendente (i), a été depuis essayée en Angleterre. J'ai appris que plusieurs fois on avait réussi par son moyen à obtenir la guérison radicale de varices à la jambe,- mais dans quelques-uns de ces cas, elle a été suivie de symptômes si violens d'une irritation constitutionnelle, qu'on a été forcé de l'abandonner. Petit insiste fortement sur l'efficacité de la piqûre des varices pour en retirer une grande quantité de sang : toutefois il ne

(i) Opéra chimrgica , p. 640. Fabrice liait Ja veine au-dessus el au-dessous de la varice, et après avoir vidé celte dernière en la piquant, il oblitérait sa cavité par la,

compression,

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paraît avoir employé ce moyen que comme un remède palliatif et Conjointement avec d^autres (i). Il avait coutume de choisir une des varices les plus proéminentes à la partie supérieure du membre , et il la piquait avec une lancette. Pendant la sortie du sang, il frottait doucement le membre pour vider les veines dilatées de tout ]e sang noir et épais qu'elles renfermaient. S'il y avait un dépôt de coagulum dans le vaisseau, il agrandissait l'ouverture de manière à en permettre l'extraction , et ensuite il fermait la petite plaie au moyen de compresses graduées et d'un bandage. Il regardait l'extraction du coagulum comme tellement importante, qu'il piquait quelquefois la veine dans diiïérens endroits pour parvenir à ce but , et qu'il allait même dans certains cas, et toujours. dans la même intention, jusqu'à ouvrir une étendue considérable du vaisseau. Petit fait observer

(i) Traite des Maladies chirurgicales , tome ii, p. 60 , 64- A. Paré dit qu'il a souvent eruployé cette pratique avec succès. Dionis a recommandé, comme la seule ma-nière convenable de traiter les varices , de les piquer avec une lancette, d'en retirer par là tout le sang qu'elles contiennent, et ensuite de les comprimer pendant uif certain temps. ( Voyez Cours d'OpéraUon's de chirurgie , p. 766, 5* édit., par G. de Lafaye. )

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que la sortie dû sang des Yarices , qu'elle soit effectuée par l'art , ou bien qu'elle soit une conséquence de la rupture spontanée du vais-= seau , est toujours suivie d'un adoucissement remarquable de l'inflammation , et d'une amélioration des ulcères rebelles qui accompagnent si fréquemment l'état variqueux des veines de la jambe (i). Il parle avec la plus grande confiance de l'efficacité de ce moyen | et il assure que, par la saignée des varices et par le repos du lit prescrit aux malades, il a guéri des ulcères variqueux des jambes qui existaient depuis^plus de trente ans, et qui avaient rendu les membres si volumineux que les malades ne pouvaient plus marcher. Petit tirait une quantité énorme de sang par la piqûre des varices, et il dit avoir enlevé jusqu'à deux ou trois livres de ce fluide sans occasionner la moindre faiblesse» M. Boyer a aussi remarqué (2) qu'on pouvait , sans afïaiblir le malade , tirer une bien plus grande quantité de sang des veines variqueuses qu© des vaisseaux sains.

J'ai déjà fait observer que la pression de la

« (i) Traité des Maladies chirurgicales , t. ii , p. 52.

(2) Traité de^ Maladies chirurg. et des opérât, qui teur •onviennent , t, 11, art. vu, des Varices, p. 243, r« édiV

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colonne du sang dans la portion supérieure du vaisseau dilaté est une cause fréquente de l'élargissement variqueux des veines inférieures. Dans la vue de diminuer la longueur et conséquemment le poids de la colonne , on a proposé d'oblitérer une portion de la veine dilatée par Fapplication d'une ligature. Lia pratique de lier les veines pour guérir les varices paraît avoir été employée du temps de Paré (i) et de Dionis (2), qui ont décrit avec soin l'opération de la ligature et de la division de la veine entre les deux ligatures. Sir Everard Home rapporte plusieurs observations de veines variqueuses de la jambe, dont quelques-unes même étaient accompagnées d'ulcères rebelles. Dans ces cas , la ligature de la grande veine saphène, à l'endroit où elle passe sur le côté interne du genou , non-seulement diminua la dilatation des veines de la jambe, mais encore guérit très-promptement les ulcères. Une semaine après l'opération, il y avait, en général, une très-grande diminution du volume des veines;

(i) Œuvres d'Amb. Faré , Iroiziesmc liiire des vlceres", etc. , chap. xx , p. 5o2 et 5o5 , 5^ édit. Paris, i6iîf.

(?) Cours d'opérations de chirurgie, p. '^Ç>5. 5^ cdit, , par George de Lafayc. /

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dans tous les cas , les ulcères avaient un aspect bien meilleur trois jours après l'opération , et dès-lors , ils marchaient vers leur 'guérison, comme s'ils eussent eu leur siège sur des parties saines (i). Malgré la terminaison favorable de ces opérations , quelques-unes d'elles furent accompagnées de fièvre, d'inflammation et de la perte de la santé générale, tous symptômes qui paraissaient provenir de l'extension de l'inflammation le long de la veine. On a vu des exemples depuis dans lesquels ces symptômes ont augmenté, et les maladies se sont terminées d'une manière funeste. L'intensité extrême de l'irritation constitutionnelle qui est produite quelquefois par la ligature d'une veine , se voit dans le cas suivant , dont je suis redevable à M. Freer de Brimingham.

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