‹ Traité des maladies des artères et des veinesChapitre 10 sur 52 · SECTION PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SECTION PREMIÈRE

De l'Inflammation des Membranes artérielles.

Quoique la membrane interne artérielle dif^ fère essentiellement de toute autre membrane du corps par son élasticité et sa ténuité extrême, par la facilité avec laquelle elle se déchire , et Taspect onctueux particulier de sa surface, elle a néanmoins sous un rapport une analogie frappante avec les membranes séreuses: c'èi>t par sa tendance à l'inflammation adhésive. Cette propriété , dans les vaisseaux sanguins comme dans tous les autres organes , est le premier agent réparateur de leurs lésions accidentelles ou morbides , et elle se manifeste de la manière la plus frappante dans le procédé qui effectue la guérison d'une artère divisée ou lésée. L'inflammation qui est la suite de cette lésion donne lieu à un épanchement lymphatique qui réunit les extrémités du vaisseau divisé, et qui s'élendant à sa membrane interne, devient la base de l'adhérence et de l'oblitération finale. Les artères piquées se réunissent aussi par les mêmes procédés que les plaies en général. Qu'une irritation soit excitée par la pression dans les tissus d'une artère, Finflarama-

tion adhésive en sera la suite ; un épancliement lymphatique aura lieu dans le tissu cellulaire qui unit entre elles les membranes du vaisseau, et dans sa cavité , de manière à produire son oblitération. Cet effet de la pression sur une artère se remarque surtout lorsqu'elle est exercée par des tumeurs volumineuses, et c'est ainsi qu'ont lieu certaines guérisons spontanées d'anévrisme. Cette même disposition à l'adhérence prévient fréquemment les hémorragies dans les abcès ou dans les ulcérations étendues qui existent dans le voisinage des gros vaisseaux sanguins , parce que, dans ces cas, l'inflammation qui précède la suppuration produit un épanchement lymphatique entre les tuniques de Tartère et dans sa cavité , de manière à l'oblitérer. C'est ainsi que , dans les cas de vomique , où la substance des poumons est en grande partie détruite, l'inflammation adhésive prévient l'hémorragie par l'oblitération des branches des artères pulmonaires et bronchiques: toutefois la démonstration la plus parfaite qu'on puisse avoir des effets de l'inflammation aiguë sur la membrane interne d'une artère , est sans contredit le cas où la maladie des parties environnantes s'est étendue jusqu'au vaisseau. L'exemple suivant d'une inflammation

considérable des viscères thoraciques , où l'affection existait en même temps dans la membrane interne de l'aorte , et avait produit un épanchement lymphatique dans la cavité de cette artère, m'a été communiqué par le docteur Farre, mon ami.

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