OBSERVATION XXIX
tJn soldat âgé de vingt-cinq ans portait un anévrisme qui faisait saillie au côté gauche de la poitrine, près du sternum , entre les quatrième et cinquième côtes, dont les cartilages avaient été détruits , et la tumeur externe avait le volume d'un citron ; la pulsation était extrêmement violente , et les obstacles à la respiration très considérables. Avant l'époque de son entrée à l'hôpital , il menait une vie dissolue , et l'accroissement de la tumeur avait été des plus rapides. On lui fit des saignées fréquentes ; on le soumit à une diète sévère, et il fut purgé de temps en temps. Ce traitement l'affaiblit beaucoup; mais dès-lors la tumeur cessa d'augmenter, et une inflammation qui s'était manifestée extérieurement sur son sommet, disparut. Au bout d'un mois latumeur avaitdiminué de volume, et la respiration était bien moins embarrassée. Au bout dé trois mois , on ne pouvait plus reconnaîtras de tumeur extérieurement ; la respiration était encore difficile, mais bien moins qu'auparavant. Le malade se trouvait peu incommodé de son anévrisme , sinon lorsqu'il était agité parquelque passion violen te, oulorsque la circulation devenait accélérée par l'emploi des
DES ARTERES ET DES VEINES. igS
stimulans. Au bout de six mois , il nous quitta pour retourner à ses premières occupations d'ouvrier ; la respiration n'était plus alors que légèrement gênée. L'absence des cartilages des côtes était très-apparente ; mais il n'existait plus de tumeur externe.