CONTUSION DES ARTICULATIONS
Lorsque des corps contondants agissent sur des articulations, ils peuvent ne produire aucune solution de continuité à la peau. Ce cas est le seul dont je m’occuperai dans ce chapitre ; il sera question des plaies contuses dans l’article suivant.
Les contusions des jointures se rapprochent par tant de points des entorses que nous pouvons en tracer l’Mstoire brièvement. La plupart des considérations que nous avons présentées sur les conséquences et le traitement de ces dernières, s’appliquent aux effets et au traitement des contusions.
Et d’abord ,*en ce qui concerne Tanatomie pathologique , nous retrouvons dans les contusions comme dans les entorses ^ des lésions physiques , des épanchements de sang et inflammations consécutives. Les effets physiques des contusions, comme ceux des mouvements forcés, varient suivant la nature des tissus sur lesquels elles portent ; nous aurons donc à étudier leurs effets sur le tissu cellulaire , les nerfs , les vaisseaux , la membrane synoviale , les os , les cartilages et enfin les ligaments.
La contusion du tissu cellulaire extérieur aux articulations
peut être portée au point de rompre les lames qui cirçonscriyent les cellules ; cette déchirure peut être tout à la fois l’effet de la compression directe exercée sur les tissus par les corps contondants et de la distension des cavités du tissu adipeux par la graisse qui j est contenue et que la contusion tend à exprimer. Ces désordres sont d’autant plus grands , toutes choses égales d’ailleurs , que le tissu cellulaire repose sur des corps plus durs.; celui par exemple qui est appliqué sur les extrémités osseuses souffre beaucoup plus d’une çontusion que celui qui repose sur les muscles.
Les nerfs contus peuvent être complètement divisés; mais s’ils sont soumis à une pression trop faible pour les rompre complètement , la matière pulpeuse contenue dans leurs canaux peut être exprimée, et la continuité de l’influx nerveux interrompue, lors même que le nerf paraît intact à l’extérieur..
Les altérations que les vaisseaux éprouvent sous rinfluence d’une contusion sont analogues à celles qui atteignent les nerfs., Dans les cas les plus graves ils sont complètement divisés; dans les cas moins graves, leurs tuniques internes et moyennes sont seules rompues.
La membrane synoviale peut être directement atteinte par les les corps extérieurs. Ainsi , au genou où elle déborde l’interligne articulaire , et se répand sur les faces externes et anté-> rieures du fémur, elle peut être eontuse et comprimée contre les os ; il en est à peu près de même en avant de l’articulation tibio-tarsienne et en arrière du poignet, etc. La contusion exercée sur cette partie de la membrane synoviale peut en interrompre la continuité , sans que la peau soit altérée, et elle peut être suivie de dépôts sanguins dans l’articulation*.
Au genou, où les phénomènes sont plus faciles à apercevoir qu’aux autres articulations , il n’est pas rare d’observer ces accumulations de liquide ; la teinte bleuâtre que prend consécutivement la peau, jointe à une sorte de crépitation, y démontre 'suffisamment la présence du sang.
Les contusions des extrémités osseuses qui concourent à former les articulations, peuvent s’accompagner de fractures dans lesquelles des fragments plus ou moins étendus peuvent être