DÉPLACEMENTS CONSÉCDTIFS DES ARTICULATIONS
Les déplacements consécuiifs des articulations sont de deux ordres ; les uns sont dus à un affaissement des surfaces articulaires, les autres à de véritables luxations ; les écrasements du corps des vertèbres à la suite de leur destruption par des tubercules sont des exemples du premier genre de ces déplacements ; les luxations spontanées de la hancbe, des exemples du second.
Nous appellerons les premiers : déplacements par compression , et les seconds : luxations spontanées, ou mieux luxations consécutives.
Ces deux sortes de déplacements présentent des différences qui Sont telles qu’on doit les étudier à part ; toutefois l’histoire des uns doit être rapprochée de celle des autres , car ils sont tous une conséquence des altérations graves des articulations et des parties qui les avoisinent. Si l’un d’eux se manifeste dans une région de préférence à l’autre , il faut l’attribuer moins à des différences essentielles dans la nature du mal qu’aux conditions anatomiques des régions où ils s’observent.
Déplacements par compression.
Les déplacements par compression s’observent surtout dans les régions dorsales et lombaires de la colonne vertébrale. Lorsqu’à la suite de la destruction d’un ou de plusieurs corps de vertèbres, le rachis s’affaisse en avant, des disques vertébraux normalement placés à une certaine ^distance se mettent en contact les uns avec les autres , il y a déplacement , il n’y a pas
MALADIES DES ABTICDLATIOUS.
luxation proprement dite. Ainsi, que la dixième vertèbre dorsale s’affaisse sur la douzième , les parties antérieures et latérales de l’une continueront à correspondre aux parties antérieures et latérales de l’autre , les rapports seront les mêmes , les distances seules auront été changées
Ce n’est pas seulement à laÿolonne vertébrale que s’observent les déplacements par compression ; on les voit au genou , lorsque le membre ayant longtemps reposé sur le bord interne du pied , les condyles externes du fémur et du tibia se sont affaissés à la suite de la pression qu’ils ont exercée l’un sur l’autre. Enfin , c’est dans le même ordre de déplacement que l’on doit placer les enfoncements de la tête da fémur dans la cavité cotjloïde plus ou moins profondément ulcérée.
Ees altérations organiques qui rendent possibles les déplacements par compression sont toutes celles qui produisent le ramollissement ou la destruction des os , telles sont les sécrétions de pus , de tubercules et de fongosités. Il est à remarquer que tandis que les lésions organiques qui prédisposent aux luxations spontanées , agissent principalement sur les liens fibreux et sur les rebords des cavités articulaires , comme celui de la cavité çotyloïde , les lésions qui prédisposent au déplacement par compression se font sentir spécialement dans l’épaisseur du tissu celluleux qui avoisine les articulations. Quant aux causes mécaniques qui favorisent le déplacement , ce sont des compressions plus ou moins fortes qui résultent tantôt du poids du corps ^ comme dans la dépression des vertèbres , tantôt des mauvaises positions , comme dans le cas cité plus haut, de l’affaissement des condyles externes du tibia et du fémur. Mais |e me borne à indiquer ces causes , je ne pourrai préciser leur mode d’action que dans les articles spéciaux consacrés aux maladies de chaque articulation en particulier.
Les déplacements par compression se manifestent par des symptômes qu’il est impossible de signaler dans un chapitre général. Qu’il nous suffise de dire que^ lorqu’ils ont lieu , il se forme un angle saillant d’un côté et un angle rentrant de l’autre ; les ligaments sont distendus du côté de l’angle saillant , yelâçhés du côté opposé.