‹ Traité des maladies des articulations, ou observations pathologiques et chirurgicales sur ces maladiesChapitre 4 sur 26 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Ij'écrit suivant contient une série d’observations que l’on a commencé à recueillir depuis plusieurs années , et que l’on a poursuivies^ non sans beaucoup de travail ^ jusqu’à aujourd’hui. Elles sont relatives à une classe de maladies qui demandent beaucoup d’attention de la part des chirurgiens , depuis qu’elles sont devenues si fréquentes,* elles sont une source amère d’inquiétude pour les malades ; et la plupart du temps , si elles sont négligées, elles se jugent très-défavorablement. II y a aussi d’autres circonstances qui sembleraient rendre les alfections morbides des articulations un sujet digne des recherches les plus exactes. Les premiers pathologistes ne les ont pas envisagées avec l’attention qu’elles méritent. Les termes de tumeurs blanches, d’articulations scrophuleuses etc. ^ n’ont

jamais été employés dans un sens bien précis , et Font été presque toujours d’une manière si eoiifuse , que le meme uOm a fréquemment désigné différentes maladies, et que la meme maladie avait plusieurs dénominations. Ainsi la confusion du diagnostic faisait toujours la conFusion de l’emploi des remèdes ; c’est ce qui m’a fait penser que , s’il était possible d’améliorer nos connaissances en pathologie, quant à ces maladies, nous pourrions • arriver , non pas tant à la recherche de nouvelles méthodes de traitement, qu’à une application plus judicieuse et scientifique de celles qui sont déjà connues , et conséquemment au perfectionnement de la pratique chirurgicale,

Les articulations, comme les autres organes de l’économie, offVent, non une structure simple et égale , mais variée et compliquée. Quoique, dans les périodes avancé es, les maladies auxquelles elles sont sujettes s’étendent à toutes les parties dissemblables qui les composent , il est présumable qu’elles n’ont j)as ainsi commencé.

jNTous ne pouvons douter qu’ici , comme ailleurs, la maladie ne se manifeste , tantôt dans un tissu , tantôt dans un autre; qu’elle ne présente de différence dans sa nature avec une autre ; qu’elle ne soit diversement modifiée, et ne demande ordinairement un traitement différent , relativement à son organisation mécanique et aux propriétés

vitales de la partie ou la lësiou prend naissance.

Ce fut sous finfluence de ces impressions que je crus devoir poursuivre mes recherches sur le sujet du Traité que je présente au public , persuadé que rien n’a plus contribué aux progrès do la chirurgie que le soin de se rendre raison par Fouverture des cadavres des changemens survenus à la suite de la maladie dans la structure anatomique. Je n’al point négligé les occasions qui me mettaient à meme de faire de pareils examens. J’étais surtout [empressé d’en agir ainsi ^ lorsque les changemens morbides étaient encore dans un période peu avancé , et que j’avais pu tenir compte des symptômes qui avaient décélé le commencement de la maladie : des connaissances ainsi acquises devenaient la base de mes observations futures. En publiant ces résultats j je ne puis me dissimuler que ces recherches ne soient encore imparfaites. Mais je suis assuré, en même temps , que ceux qui étudient la pathologie m’accorderont findulgence que méritent les difficultés qui appartiennent à la science de toutes la plus compliquée , et qu’ils mettront peu de sévérité dans leurs critiques , parce qu’ils verront qu’il reste encore un champ assez vaste pour ceux qui veulent entreprendre de pareilles observations.

Plusieurs de mes lecteurs reconnaîtront, dans

l’ouvrage qu’ils ont sous les yeux , la substance de quelques mémoires qui ont été publiés dans le quatrième volume et les deux suivans des Transactions médico-chirurgicales; mais ils verront aussi que la matière s’est beaucoup agrandie. Je n’ai point eu de raison pour changer le premier arrangement auquel j’avais rattaché les affections des articulations qui se rencontrent le plus fréquemment. J’y ai meme trouvé une source de beaucoup de satisfactions ; car toutes mes observations subséquentes, fondées sur une grande quantité de faits et d’autopsies, n’ont que plus confirmé l’exactitude de ces vues pathologiques, que j’avais adoptées quelques années auparavant , et Cjue j’avais osé émettre dans le premier de ces mémoires.

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