‹ Traité des maladies des artisans, et de celles qui résultent des diverses professions, d'après Ramazzini; ouvrage dans lequel on indique les précautions que doivent prendre ... toutes les personnes qui exercent des professions insalubresChapitre 11 sur 98 · SECTION QUATRIÈME · texte numérisé non relu

SECTION QUATRIÈME

Après avoir signalé l'influence des arts et métiers sur les maladies , il ne sera pas inutile de jeter un coup-d’œil sur la mortalité des professions. On possède des tables dé mortalité des différens âges ; mais personne, que je sache, n’en a publié sur l’objet qui nous occupe. Cependant il est facile de concevoir combien un pareil travail serait important pour le bien de lhumanité. En effet, lorsqu'il sera bien constant , bien

reconnu que les procédés de tel art occasionent une grande mortalité parmi les ouvriers , la sollicitude paternelle du Gouvernement fera aux sa vans un appel, et les engagera à modifier le travail de cet art, et à découvrir une manipulation plus salubre. Les médecins $ de leur côté, indiqueront des préservatifs ; ‘un régime approprié aux lieux etsau genre de travail. Enfin les ouvriers ne trouveront plus dans leurs occupations journalières ce genre de maux qui les condamne

Es

INTRODUCTION. xlv

à trainer une triste existence. Un autre avantage qui résulterait de ces observations , dit M. Cadet- Gassicourt, c’est la possibilité de diriger dans le choix d’une profession les enfans des artisans , en consultant leur constitution physique , leur tempérament et leurs dispositions morales. Ainsi l’on éloignera des ateliers de chandeliers, de verriers, d'imprimeurs, etc., ceux dont la poitrine mal conformée annonce des dispositions à la phthisie pulmonaire ; ainsi l’on conseillerait l’état de boucher à ceux dont la fibre molle et la pâleur habituelle décèleraient un tempérament phlegmatique ; dans les tanneries , on placera ces ouvriers, non dans les ateliers d'écharnage , mais dans ceux où l’on n’opère que sur le tan et ses produits : cette matière astringente peut agir utilement sur eux. Le métier de forgeron , de serrurier , de taillandier est aussi très-avantageux aux individus débiles, parce qu'il se dégage dans les ateliers des particules ferrugineuses qui sont très-toniques et fortifient les organes : on devrait commencer par le travail de la lime, qui est peu fatigant. Les jeunes-gens qui ont la poitrine étroite, serrée, aplatie, pourraient parvenir à la dilater en frappant du marteau , en ramant, en pilant et en sonnant. C'est ainsi qu’en adoptant certaines professions , 1] serait possible de donner du développement à des parties naturellement trop faibles et de prévenir des maladies. |

En attendant qu'une table exacte de la mor-

sv} INTRODUCTION.

talité des professions soit publiée , je remarquerai que la santé des ouvriers dépend des matières qu'ils mettent en œuvre, des efforts qu'ils sont obligés de faire, de leurs salaires et de l'endroit où ils travaillent. Ainsi les menuisiers et tous les ouvriers en bois sont sujets à peu de maladies et sont exempts de vices dominans, parce qu'ils travaillent sur des matières salubres, qu'ils ne font pas un exercice forcé et qu’ils ont d’honnètes bénéfices : sil n'en ést pas de même de ceux qui travaillent dans une atmosphère remplie de vapeurs ou molécules minérales , animales et végétales , et qui, gagnant peu, ne peuvent se procurer une nourriture same; la plupart de ces artisans contractent des Habdes vicieuses , et se livrent à des excès pour s'étourdir sur leur malheureuse con dition : de là Porigine d’un grand nombréde maladies. Le danger des professions varié aussi Suivant qu'elles s’exercent à Pair hbre ou dans des lieuxrenfermés. La mortalité et la misère sont plus grandes dans les villes manufacturières que dans Îles autres, sans doute à cause de la vie sédentaire que mènent les ouvriers , et de leur défaut de prévoyance, qui leur fait consumer leur salaire à mesure qu'ils le reçoivent , sans penser que la stagnation du commerce ou quelque maladie peut leur ôter tout moyen de pourvoir à leur existence. Un médecm aussi instruit que zélé pour ka science, M. Villermé, a bien voulu me commumiquer wnr table de mortalité des ouvriers ma-

INTRODUCTION. xlvi} lades. Ce médecin a constaté que la mortalité diminue avec l'augmentation des salaires que gagnent les ouvriers. Ainsi, il résulte d’une noté qui lui a été remise dans les bureaux de l’administration générale des hôpitaux de Paris, qu’en 1907 il y a eu dans ces hôpitaux :

Couvreurs............... 64 dont 9 décédés.

Maçous (compagnons). r.. Do. 89

Manœuvres ( maçons )..... 235 39

Doncla mortalité était cette année-là , dans les hôpitaux de Paris, savoir: | ; |

.Pourles couvreurs , de.......:,.,..11 sur:7 2. Pour les compagnons maçons, de.... 1 6 33.

Pour les manœuvres-maçons ,"de,... 1 5 5.

Les accidens sont également fréquens parmi ces. trois sortes d'ouvriers, et ne sont pas moins dangereux pour les couvreurs que pour les macons. La différence dans la mortalité de ces ou- vriers ne peut être attribuée qu'à leur aisance plus ou moins grande. M. Villermé fait une réflexion très-juste à l'égard de ceux qui exercent des professions actives, à lair libre : c’est que , lorsqu'une maladie les force à rester en repos pendant un temps assez long, ilsideviennent moroses , chagrins , et succombent plus facilement que les artisans occupés à des travaux sédentaires.

On peut voir dans les tableaux ci-annexés les résultats des recherches faites en 1807 dans tous Jes hôpitaux de Paris. Quoique ces résultats ne

kivit INTRODUCTION .

soient que ceux d’une seule année, ils peuvent néanmoins donner un apercu de la mortalité des ‘ouvriers malades. |

MOKTALITÉ MORTALITÉ

des hommes malades des Ces mätades :

dans les hôpitaux. dans les hôpitaux.

à Allumeurs An le Due 12 do Que soie Allumettes ( Mdes dans les rues )..

à Bala TOITS ea lee Men es eo $ Hg TS MEN À Batteurs en grange ..

HBijoutiers ( ouvriers }-:

M Blanchisseurs (x). + +.

“Bonnes d’enfans (ouvriers ).

N Bottiers { ouvriers } : -- HiBouchers ( ouvriers ): + M Boulangers (ouvriers )- - -..

H|Bourreliers (ouvriers }e++ +++...

il Boutonniers.: vous dore us h Breteliers (ouvriers ) : ++...

| Brocanteurs.: : . ..

k Brodeuses (2) : +:

4 Broyeurs de couleurs: - M Brunisseuses -: +.++.......

H Calcineurs de plomb (3) -..

H\Cardeurs à la carde : - :

à ICarrcleurs. : +...

4 Carriers some ee ÿ Charcutiers (garcons }.. +.

H Ghandeliers: +:....:...:

HiCharbonnmiers..:.......

H Charpentiers ( ouvriers ).s..-...

à Charretierse........

È Charrons.: ssssu.ees E Chiffonniers + ++...

É Cloüutiers on » ae «aus e à oo

(1) Parmi les femmes portées sur les registres comme blanchisseuses, ily a beaucoup de filles publiques. FA |

(2). Parmi les femmes qui se disent brodeuses, il y'a beaucoup de filles publiques et entretenues. 7 d |

(3) Foyez Fondeurs-plombiers.

INTRODUCTION: xlix

MORTALITÉ MORTALITÉ des hommes malades|des femmes malades! P dans les hôpitaux. | dans les hôpitaux.

Col orteurssesssossssose esse 5 sur 29

k Cocher nc: 40. d D2 3ot

| Commissionnaires. » :...........| 24 143 Cordiers ss. son ce où 6 24 ?

Cordonniers s+:.°.::+....... 105 807 6 sur 58 Corro EUFTS csèsroisesee so veèser 5 65 À Couteliers.--ersessñecss soso oi i 18

Coupeuses de poils.+...:,......

[Couturières (z)see.es.ssess...s Ex LANSUHErS nee: dE von 23000 de CU

Décratteurs: 2e DE dus sense ces à Dentellières (2)....-.....1....

Doreurs en bois «+... ss Lis — sur métaux. rosés ous MA MIATES RE e de ee don rs sc à ocie à

Ecrivains en échoppes-..--.... ‘ Epiciers ( garçons ),s 5.50 80 «8 4 Evantaillistes.« -..4::........ fe Femmes de chambre :-.-.+....

de ménage, » - » « PE RP AE és 66e

Férailleurs: css... se £ 17 à

TFerblantiers. . : ... doseñeoees.see 6 39

RÉUmS eh s à nid > Un 3 58 49 372

PORC 0. im ee ee 0e On 14 72

Pr M er deses see 0 5 4 a 26

Fruitiers (3) +-....+.......:... 3 18 0 189

Fumistes +0... es ée ce à I 24

Gagne-deniers- ...:+........ | 94 341 19 62 IGantières n mr a Sisiare e Seront 7 St

IGarcons d’attelage. « +...... ….. o 60.

Gar Éd MAlAUES 6 0 po 80 AGaziers.e +...

taux (4)... de

{Infirmiers des hôpi Jardiniers «+ +:...

Journaliers.e +... So éreseeccas

(1) Mème observation que pour les brodeuses,

(2) Même observation que pour les brodeuses,

(3) Les uns vendant dans les rues , les autres à domicile,

(4) On les fait compter parmi les malades pour des indispositions . légères , qui neferaient pas recevoir d’autres personnes dansles hôpitaux,

E LL YNTRODUCTION.

Aa.

MORTALITÉ |. MORTAMTÉ des homnies malades des femmes malades 5 & dans les hôpitiux,

LÈE

PROFESSIONS. à

dans les hôpitaux? L

Din

Lapidaires (ouvriers )-:+4.4. i Layetiers:--..-+..:.:.. d Lis ds ji Limonadiers ( garcons ). CO CT:

EF Gap dr

83 sur Bat ||

#|Lingères ( ouvrières } (1}+- +14. .4 :

£ CS AA PC 2 53 ff HMaréchaux.......4......1, 41: 1ô 93 ne:

L: Marinierse ++ 000 0 0 dates e à dde: 41" 23: 45 ni: PIMaiclassiers.- -s...,.. CRT TE 0) 9 6 14 ni: NIMégissiers «+. M duree cul Î 56 er:

l: Mendians ++e.s.isn. cesse 6 3 18 JE MH iMénuisterser se demo eos de ee à 59 408 A! : ï

Merciers sus .s..s es...

Militaires ( garde de Paris ) :... "100 2159

Orphelins venant des hospices - - -

Ouvriers au pout.--...........

— aux glaces -+..4......,4...

— au canal de POurcg:--::+....

{sur les portse..4:........0.

Palefrenierst 5.04. 30 2%:

HPassementières: : +... .]

R: Pâtissiers- “+.....+.h....e.u.s.

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A lPeintres en bâtimens. - ...:...../

£ — en VOILUTES. roses es oo 0 à 6 Perruquiers: + --.ei-.s.sr.e.

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