AVERTISSEMENT
L'ouvracr intitulé : de Morbis Artificum.
diatriba » qui a été. publié & à Padoue par Bernardin Ramazzini, en 1713, et traduit en français avec des notes par Fourcxoy, en 1777,6St encore le seul traité que nous possédions en: France sur les maladies des artisans et des professions. Quoiqu'il soit plein de faits intéressans, de préceptes lumineux et de conseils sages, on ne peut mer cependant qu'il ne soitincomplet, et qu'il nè contienne des digressions inutiles, des explications surannées, et plusieurs erreurs que les progres des sciences ont rectifiées. Ces motifs m'ont engagé à extraire du traité du médecin italien tout ce qui est vraiment utile, et à y ajouter les.
découvertes etes observations faites depuis un siècle. Ne voulant pas m ’approprier l’œuvre de Ramazzini , j'ai eu soin d’ Re par des crochets ([|) tout ce qui appartient à cet auteur. En entreprenant cet ouvrage, qui .
pourra para raître nouveau par les An brboies additions que j'y ai faites, je n'ai pas eu la
vi] AVERTISSEMENT.
prétention de publier un traité complet des Maladies des Professions ; une pareille tâche est actuellement au-dessus de mes forces. > mais j'espère un jour pouvoir l’accomplir.
En attendant » je nestimerai heureux si mon travail, Jon a celui de Ramazzini, peut contribuer à diminuer les dangers de quelques pr ofessions insalubres. “
Pour avoir une idée du plan de cet ouvrage , il suffit de jeter un coup-d’ œil sur la table analytique des matières, qui se trouve à la fin du volume. . +
Qw il me soit permis de témoigner ICE ma reconnaissance à nes anciens maîtres, MM. Husson et Geoffroy, médecins de l'H6- ‘tel-Dieu de Paris , qui m’honorent de leur.
“estie et de leur bienveillance , et qui AS , bien voulu m'éclairer de leurs gonseils dans * la composition, de cet PE dE
Lex 4
PRÉFACE DE RAMAZZIN.
F: ya, dans la. société, its Hommes assez.
mal intentionnés pour accuser la nature, | cette mère Pienfaisante de tous les êtres ; de ne pas avoir veillé sur l'espèce Hit avec assez de prudence et de circouspection, . et de n ’avoirgpas prévu tous les dangers aux= quels il homme est exposé par les circonstan= ces de sa vie, Ce reproche se trouve dans des livres et est souvent répété dans la conver- “sation. Cependant la A TT querelie qu’ on lui suscite à ce sujet, et qui lui ‘fait donner si mal à propos le titre de mardtre c "est d’avoir forcé l’homme à pour voir FR que jour ad'entr elien et à la conservation de sa vie, qui > sans ce secours, serait bientôt détruite. En effet le tm dehivré de cette nécessité, ne connaîtrait aucune loi, et ce monde que nous habitons changerait bientôt de face. Aussi Perse na-t-il pas regardé la main comme la plus industri icuse des parties du, corps , et a-t-il si ingéniéusement
nes
x PRÉFACE DE RAMAZZINT,
appelé l’estomac le mañtre des arts (1).
Ne serait-il donc pas permis d’ assurer que
cette nécessité qui donne aux animaux ;
même les moins raisonnables, un instinct
presque INSÉNIEUX , a fait naître tous les aris,
soit mécaniques , soit liberaux, qui malheu-
reusement sont suivis de quelques maux ,
ainsi que tous les biens dont l’'hômme jouit : ?
En effet, ne sommes-nous pas forcés de con-
venir que plusieurs arts sont une source de maux pour ceux qui les exercent , et que les
malheureux artisans , trouvant les maladies les plus graves où. 1ls espéraient puiser le:
soutien de leur vie et celle de leur famille,
‘meurent en détestant leur i ingrate profession ?
Ayant eu dans ma pratique de fréquentes
. occasions d’ observer ce malheur , je me suis
appliqué , autant qu'il a été en moi ; à écrire
sur les maladies des artisans. Mais comme:
dans les ouvrages de ces derniers , si un d’entr'eux a irouvé quelque chose de nouveau, cette découverte est d’abord très-imparfaite et demande à être per fectionnée par le tra-
vail de ses confrères, un ouvrage de littéra-
D EN ei Re Dit SR te NIET = = à.
(1) Magister artis, PÉCTAAR largitor V'enter. |
Pa
PRÉFACE DE RAMAZZINT, x} ture est absolument dans le même cas. Mon traité doit donc subir le même sort , d’après plusieurs raisons , mais principalement parce qu'il contient quelque chose de. neuf. Le champ que je défriche n’a été parcouru par personne.que je sache, et il promet une moisson intéressante d'observations sur la subti-
lité et l'énergie des efflüves de. différentes
substances. Cet ouvrage, tout imparfait qu'il est, servira , j'espère, d’aiguillon aux autres
médecins ; et leur secours contribuera à en
faire un traité complet sur cette matière ; qui méritera une place dans les fastes de la médecine. La condition malheureuse de ces artisans estimables , dont les travaux , quoique vils et re en apparence, sont sb nécessaires et si avantageux pour le bien de la république , n'exige-t-elle pas ce service ; et n'est-ce pas une dette qu'a Côntr aclée envers eux cetart, le premier de tous, qui, comme l’ a dit Hi ppôcrate dans ses préceptes, donne ses- Secours sans intérét, et s'occupe aussi- -bien des pauvres que ne riches ?
Pour” peu qu’on réfléchisse aux avantages que les arts mécaniqu:: ont fournis à la so-
ciété, on voit d’un coup-d’œil l’énorme dif-
4 Fou &
ss RUE Vo Xi} PRÉFACE DE. RAMAZZINT.
férence qu'il y æà cet égard entre les nations
européennes et les barbares de l'Amérique ét
desautres pays reculés. C’estsans doute d’après: : une pareille réflexion que ceux qui ont bâti | des villes et posé les fondemens.des royaumes. ont eu le plus grand soin des ouvriers qui les habitaient, comme nous l apprenons dans
les fastes de l'histori Ces grands hommes |
ont établi des colléges où communautés d’ar-
tisans. Ainsi, Nüuma Pompilius, au rapport de Plutarque , S'acquit la gloire là plus solide pour avoir séparé Îles artisans suivantleur métier , et pour avoir réuni dans des COTpS.
différens les architectes , Les joueurs de flûte, les doreurs, les teinturiers, les tailleurs , les. corroyeurs , les Ouvriers en cuivre et les po tiers de terre, etc. Tite-Live nous apprend qu'App. Cle et Pub. Servilius Coss. :
ont institué un collége de mercuriaux 7 Où communautés de march hands , appelés ETS.
curiaux, parce que Mércure était chez eux le dieu du commerce, comme Vulcain et Minerve » occupés au -travail des, mains,
étaient, suivant Platon (x), les dieux des ou-
1 (1) De Legibus.
PRÉFACE DE RAMAZZINT xil}
vriers. Sigonius (1) et Guidus Pancirolus (2) nous ont appris les droits * et les privilèces accordés à ces communautés d'artisans. ls étaient admis à donner leurs suffrages , et promus aux dignités ; et, par conséquent, :
suivant la remarque de Spots + ils étaient :
comptés parmi les citoyens de Rome: Dans les Pandectes et dans les Codes, il est fait mention des matelots et des artisans ; et Jules César 3), après avoir donné la listé des colléges des ouvriers , de leurs droits et deleurs priviléges, dit qu’il leur était permis, comine à une. espèce de république, de négocier par ‘soi-même, de se choisir des députés et de se faire des lois, pourvu toutefois qu’elles ne fussent pas contraires aux lois publiques, ainsi que le rapporte Paulus’(4)*L/empereur Vespasien, si l’on en croit Suétone , a entretenu et, protégé les arts tant libéraux que mécaniques, à pris soin de faire travailler ‘assidument et d’augmenter ainsi le gain des | | : + ce Mi (1) De Jure antiquo Romanorum.
(2) De Notitid utriusque imperii.
GG) Lr,f. Quod cujuscumque Gt SR normine, vel contrà eam agatur.
(4) In L. cum senatus. ff. de Rebus dubits.