‹ Traité des maladies des artisans, et de celles qui résultent des diverses professions, d'après Ramazzini; ouvrage dans lequel on indique les précautions que doivent prendre ... toutes les personnes qui exercent des professions insalubresChapitre 3 sur 98 · XIV PRÉFACE DE RAMAZZINI · texte numérisé non relu

XIV PRÉFACE DE RAMAZZINI

plus vils ouvriers. Un jour un architecte lui ayant exposé qu'il pourrait faire conduire au Capitole une masse énorme à très-peu de frais, 11 lui répondit : « Laissez-moi nourrir

mon peuple. » 14 fe © AM ji

Puis donc que, dans les villes bien établies, on a toujours fait et on fait -enéore des lois pour le bien-être des artisans, il est bien juste que la médecine concourt aussi au soulagement de ces hommes dont la jurisprudénce faitetant de cas , et qu’animée bg le zèle qui lui est parüculier , et qui, jusqu’à présent, ne s’est point encore montré à l'égard des ouvriers , elle veille à leur santé, et fasse en sorte qu'ils puissent exercer avec plus de sûreté etmoïns de crainte l’art que chacun d’eux professe. J'ai employé à cet effet tout l'ef- {ort dont je suis capable , et je n’ai pas dédaigné de visitér quelquefois les ateliers et les boutiques .les plus sales pour y obsérver avec soin tous les moyens usités dans les arts mécaniques ; j'ai cru qu'un pareil travail ne serait spas inutile dans un temps:où la médecine est réduite presque toute entière à la mécanique, et où les écoles ne retentissent | que de l'automatisme. # s

PRÉFACE DE RAMAZZINT. xY

J'espère , toutefois, trouver grâce auprès de nos célèbres professeurs, s'ils veulent bien réfléchir que dans une seule ville , ou dans un $eul pays, tous les arts ne sont point mis en penque et que chaque lieu a les siens propres’ qui peuvent donner naïssance à différéntes maladie Je ne me suis attaché, en . parcourant les boutiques des ouvriers (qui sont,à cetégard , la seule école où l’on peut ss instruire ) , qu'à décrire ce qui peut intéresser les curieux, et fournir des moyens de guérir ou de prévenir les maladies qui attaquent les ar tisans. Je conseille donc au mé- decin qui visite‘un maladé du peuple de ne | point lui tâter le pouls aussitôt qu'il est en tré, comme on a coutume de Je faire, sans même avoir égard à la condition du malade, et de ue point déterminer presqu'en passant cé qu'il a à faire en se jouant ainsi de la vie d'un homme, mais plutôt de se croire un véritable juge , et de s'asseoir quelque temps sur un simple banc , comme sur un fauteuil doré , et là, d’un air affable , d'interroger le ide sur tout ce qu'exigent et les préceptes de son art et les devoirs de son cœur. Il y a beaucoup de choses qu'un médecin doit

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