DES VERRIERS
et à la paralysie métalliques. Les fondeurs de cloches, de canons sont menacés des mêmes maladies.
La coliqué et les autres affections métalliques doivent être trantées par les moyens indiqués à l’arucle des peintres en bâtinrens.
Ramazzini recommande aux potiers d’étain l'usage du lait , les émulsions d'amandes et de semences froi= des , la tisane d’orge et les autres adoucissans. Foureroy conseille à ces ouvriers de fondre l’étain sous une vaste cheminée, en face d’une fenêtre ou d'une porte, et de détourner le visage lorsqu'ils jettent leur étain dans les moules. Mais ils éviteront bien plus sûrement les vapeurs qui se dégagent de l'étain, en travaillant sous une cheminée pourvue d’un fourneau d'appel , suivant la méthode de M. d’Arcet.
Quoique Flétain n’ait pas une action vénénense marquée, il est cependant prudent de ne:laisser jamais séjourner des alimens acides, salés, albumineux et des boissons dans des vases d’étain.
Maladies des Ferriers.
[ Les verriers me paraissent être, de tous les arti- “sans, ceux qui agissent avec le plus de sagesse et de prudence. Après avoir travaillé six mois de l'année, : l'hiver et le printemps , ils se reposent, et, parvenus à l'âge de quarante ans , ils abandonnent leur métier et passent le reste de leur vie à jouir en repos de ce qu'ils ont amassé , ou bien ils se livrent à une autre
profession. Le travail , en effet , est tellement rude,
qu'il n’y a que des hommes robustes et dans la force de l'âge qui puissent y résister. | En France, les verriers travaillent tonte l’année, et ne quittent leur métier que lorsque le défaut de forces nécessaires ou quelques maladies les y obligent.
[ Je ne crois pas que la masse vitreuse fondue cause aucun mal aux verriers , puisqu'ils ne s’en plaignent nullement, et qu’on ne sent aucune odeur désagréable ou nuisible dans leurs ateliers, Les maladies qu'ils éprouvent dépendent du feu violent (1) auxquels 1ls sont exposés , et de quelques oxides de plomb dontils se servent pour colorer le verre. Au milieu de lhiver, on les voit à demi nus occupés * sans cesse à souffler leurs vases anprès des fourneaux . embrasés ; leurs yeux , fixés sur le feu et sur la mauere en fusion , sont rouges , chassieux et semblent diminuer de volume. La soif qui tourmente ces ouvriers les force de boiré souvent. Epouvantés par l'exemple de quelques personnes qui sont mortes subitement pour avoir bu de l’eau froide lorsqu'elles avaient très-chaud , ils tombent dans un excès qui leur est trés-préjudiciable, en buvant du vin immodérément.
Ils sont aussi sujets aux maladies de la poitrine. Exposés continuellement à une chaleurtrès-vive qui provoque des sueurs abondantes, et n’ayant le corps
(1) Ce feu est tel , qu’à Saint-Gobin, où l'on fait les glaces, on consume en trente-six heures cinquante cordes de bois pour échaufler le four destiné à fondre la matière des glaces,
DES. VERRIFRS. REC ONR.
touvert TRE d’une simple chemise * ils contractent fréquemment en sortam de leur atelier des pleuré= sies, des eatarrhes pulmonaires et des rhumatismes. ] Desséchés par l’ardeur du feu , la plupart des vetriers sont faibles, maigres, et toujours dans un état comme fébrile. Ceux qui soufflent dans le. tube destiné à porter l'air dans le verre fondu pour le dilater et en former des bouteilles, ont ordinairement , à la suite d'un travail assidu , les joues pendantes et plissées.
Mais ceux qui font les verres colorés pour les colliers et pour les autres bijoux dont le peuple se pare, sont menacés dé maladies plus graves : en effet ils se servent d'une cértaine quantité d’or et d’oxides de plomb qu'ils mélangent avec du verre pulvérisé et dont ils opèrent la fusion. Dans cette opérauon , ils absorbent des vapeurs nuisibles , mal gré le soin qu'ils prennent de détourner le visage et de le couvrir d’un voile. Le danger de ces vapeurs est dû aux émanations de plomb qui déterminent la colique métallique.
Pour étancher la soif qui les tourmente, les verriers doivent faire usage d’eau aiguisée d'un peu de vinaigre ou d’eau-de-vie; en sortant de leurs ateliers , 1ls doivent avoir la précaution -de se bien couvrir. Eviter les excès en tout genre, prendre une nourri= ture douce et humectante , se tenir le ventre libre : telles sont les règles qu'ils doivent observer.
Quant à ceux qui fabriquent des verres colorés ; nous les engageons à travailler sous le manteau d’une £heminée pourvue d’un fourneau d'appel.
Maladies des Ouvriers qui travaillent le cuivre.
{Parmi les métaux que l’industrie des hommes a su arracher du sein de. la terre où ils sont enfouis, le fer et le cuivre sont lés plus usités, eisont, par cela même, plus uules que l'or et l'argent, Aussi les habitans du Mexique, où la nature a fait naître l'or et l'argent en abondance, portaientals envie aux Européens qui venaient les combattre, en voyant le fer dontals étaient armés. Dans l'antiquité, on en faisait aussi un usage trés-étendu , puisque Athénée nous apprend que Lycargne avait choisi le fer et le cuivre pour sausfaire aux besoins de sa république. La matière des monnaies était du cuivre ; usage d’où est venu le nom latin œrarii (1). Nous devons donc nous occuper des maladies des ouvriers qui se ser— vent de ce métal dans leurs travaux. ]
Quoique Je cuivre soit, en général, nuisible à ceux qui l'emploient ;» cependant on a vu des ouvriers qui. en étaient peu incommodés. À la vérité, al n'agit sur eux que d’une maniére lente, Jleur-santé ne s’aliére que graduellement par le séjour contunuel qu'ils font dans une atmosphère cuivreuse ; leur extérieur et leur physionomie ont quelque chose de remarquable ; ils ont le teint d’un jaune vert, les yeux et la langue de la même couleur; les cheveux sont verdâtres ; les excrémens , les urines, les crachats imprégnés de
(1) Le mot &rarii répond dans notre langue à ceux de financiers , trésoriers , caissiers , receveurs. ; |