‹ Traité des maladies des artisans, et de celles qui résultent des diverses professions, d'après Ramazzini; ouvrage dans lequel on indique les précautions que doivent prendre ... toutes les personnes qui exercent des professions insalubresChapitre 22 sur 98 · DES POTIERS DE: TERRE. NE · texte numérisé non relu

DES POTIERS DE: TERRE. NE

* liquide trouble. Cette poche membraneuse avait acquis de l'épaisseur ; sa surface interne n’était point lisse et égale comime dans l'état naturel ; la poruon qui recouvre le cœur était de couleur grisâtre, épaissie , mégale, ridée , racornie, et présentait des granulations dont lesommet paraissait ulcéré. M. Corvisart fait trés-bien observer que la profession du malade explique la cause des douleurs rhumatismales qui s'étaient portées sur les organes pectoraux et sur les lombes.

Les poters de terre sont peu susceptibles de guérison , parce qu'ils n’appellent le médecin que lorsqu'ils ont les viscères durs, engorgés , et qu'ils ne peuvent plus se sérvir de leurs pieds ni de leurs mains, Ramazzani leur conseille les frictions sèches , le mercure doux , pour leurs obstrucuons, et surtout la limaille de fer infusée dans du vin qu'ils doivent continuer long-temps. Ce moyen est le plus efficace et le plus convenable à la malheureuse condition de ces artisans. Îlne faut pas , ajoute fort judicieusement Ramazzini, au seul nom de potier de terre, admimistrer indifféremment les remèdes propres aux maladies métalliques. Quand ces maladies existent “ on leur donne le traitement de la colique des peintres. M. Mérat dit avoir observé fréquemment chez les potiers la paralysie métallique des membres supérieurs. Les, ouvriers qui fabriquent la faïence, dont la couverte se fait également avec l'oxide de plomb , peuvent aussi être atteints d’affecions pro duites par ce métal. : |

74 MALADIES Muladiés dés Potiers d'étain.

[ Les ouvriers qui retirent l’étain de la terre , ceux qui en grillent les mines et ceux qui l'affinent ne sont pas les seuls individus affectés dangereusement par

les émanations de ce métal. Il nuit encoreaux ouvriers . des villes qui fondent les plats, les assiettes et à ceux qui les regrattent et les polissent. Les potiers d’étain éprouvent les mêmes maladies que les ouvriers en plomb etles potiers de terre. |

D’après les recherches de MM, Bayen et Charlard, l'étam qu'emploient les potiers contient une trèspetite quantité d'arsenic, de cuivre, d’antimoine , de bismuth ; le plomb est le seul métal qui, d’après ces chimistes , entre en proportion assez considérable dans l’étain. Les potiers, en fondant ce métal, sont par conséquent exposés aux vapeurs du plomb.

Etmuller (1) rapporte l'histoire suivante : un poter d'étain , réverllé au milieu de la nuit par une toux convulsive, un malaise incommode etune oppression vive, se levait de son lit, ouvrait ses fenêtres , respirait l'air frais, et errait dans toute la maison jusqu’à Ja pointe du jour, époque à laquelle cessaient tous les accidens. Etmuller attribue cet asthme con-

vulsif aux vapeurs que cet ouvrier absorbait en exerçant son état.

Les potiers d’étain sont sujets à la colique, à Pasthme

(1) Colles. consuctat., cas. 17.

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