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une fosse d’aisance > Par exemple : elles peuvent alors | causer Pa et même la mort. On ne doit pas non plus calculer leur danger d’après lenr- fétidité : ainsi l'expérience a démontré que les miasmes exhalés des cadavres dans les salles de dissection , dont l'odeur est souvent insupportable y Sont moins pernicieux que ceux des hôpitaux, qui, n’ayant presqu'aucune odeur , déterminent cépendant des a ladies le plus souvent mortelles.
Dans les affections qui résultent de l'absorption d’émanations putrides , le médecin ne doit user de Ja saignée qu'avec prudence ; les acides végétaux et les toniques légers sont préférables.
Quant aux moyens préservaufs , la propreté est la chose principale ; les ablutions souvent répétées des mains ; de la figure et de tout le corps avec de l'eau de savon ou l'eau vinaigrée , lé changement fréquent de linge ét d’habits sont wès-convenables. I] faut éviter les excès en tout genre. Pour neutraliser l'action des vapeurs putrides , on a proposé les fumigations de vinaigre simple ou composé, le sucré brûlé, les odeurs spiritueusés , le genièvre, les : pastilles, quel que soit leur nom, et les plantes aro= inmatiques ; mais ces substances ne font que masquer lodeur, sans en détruire les pernicieux effets.” Il faut recourir aux fumigations avec les acides minéraux : eux seuls ont la propriété d’anéanur les effluves putridés suspendus dans l'air. Les acides les. plus convenables pour désinfecter dés miasses circonscrites d'air sont les acides nitrique, muriatiqué et
DES VIDANGEURS. 107 muriatique oxigéné (chlore ). Pour dégager le gaz acide muriatique du muriate de soude par l'acide sulfurique, les proportions sont de 15 parties de muriate de soude et. de 12 d'acide. Le sel est supposé dans un état un peu humide , et l'acide a une pesanteur spécifique qui est à celle de Veau comme 17 està 10. Pour une chambre de trente-cinq mêtres cubes , il ne faut que treize grammes de muriate de soude et quinze d'acide ; on double ou on triple la dose en raison de l'étendue plus grande de l’espace.
Les procédés de M. Brizé-Fradin , de M. Gosse et de M. d'Arcet , peuvent aussi être employés avec avantage suivant les circonstances.
Maladies des Vidangeurs.
. La profession de vidangeurs est la plus rebutante, Ja plus pénible et Fune des plus dangereuses ; les accidens auxquels elle expose , surtout dans les grandes villes, ont excitélasollicitude du Gouvernement et le zèle de plusieurs savans, parmi lesquels on disungue MM. Hallé, Dupuytren, Barruel et Thenard, qui, après de nombreuses expériences, sont parvenus à trouver des moyens propres à diminuer les dangers qui menacent ces ouvriers. C’est en observant leur malheureuse condition que Ramiazzini concçut l’idée de son ouvrage sur {es Maladies des Artisans. Sr
Pour se rendre compte de la nature des gaz qui se dégagent en vidant les fosses d’aisancé , il est
uule de connaître la composition chimique des
100 . MALADIES matières fécales. Cent parties de ces matières ont donné à M. Berzelius : eau 73,3 ; débris de végétaux et d'animaux, 7,0 ;.bile, 0,9; albumine, 0,9 ; maliére extractive particulière, 2,7; matière visqueuse composée de résine, de bile un peu altérée, de matière animale particulière et de résidu insoluble, 14,0; sels, 1,2. Dix-sept de ces parties contenaient : carbonate de soude, 5 ; muriate de soude , 4 ; sulfate de soude, 2; phosphate ammoniaco-magnésien, 2; phosphate de chaux, 4. Ces principes réagissant les uns sur les autres et sur l’air extérieur peuvent donner lieu à des gaz fort délétères que les ouvriers vidangeurs désignent sous les noms de mitte et de plomb. La mitte est causée par les vapeurs ammoniacales qui déterminent une ophthalmie trèsprompte, très-douloureuse et un coryza très-aigu. Le plomb est le plus ordinairement produit par les gaz hydrogène sulfuré.et hydro-sulfure d’ammoniaque, et d’autres fois par le gaz azote,
Mitte. Elle annonce par une odeur piquante qui occasione des cuissons dans les yeux ; bientôt le globe de l'œil et les paupières deviennent rouges ; il ya en même temps un embarras dans le nez; un enchiffrenement , et une douleur qui, commençant vers le fond de l'orbite, se propage au front. A:cet état se joint souvent une cécité qui dure un , deux ou trois jours. Alors les malades éprouvent de telles douleurs qu'ils ne peuvent supporter «la lumiere; ils se roulent, s’agitent sur leur lit, et n’éprouvent de soulagement que lorsque les larmes commencent
à couler. Si l’ophthalmie est légère, elle se dissipe :promptement en se tenant dans l'obscurité et à l'air libre; si elle est intense, les vidangeurs ont coutume de se laver les yeux avec de l'eau fraiche, d'appliquer sur les paupières des compresses trempées dans le même liquide, et de se mettre au lit dans une chambre obscure.
Les ouvriers vidangeurs ont distingué plusieurs espèces"de mitte. 1°. La mitte humide ou coulante est celle dans laquelle il y a un gonflement et une rougeuraux yeux; mais cette rougeur et ce gonflement | sont accompagnés d'un écoulement de larmes qui les dissipe bientôt. 2°, La mitte grasse ou sèche consiste dans un gonflement , et une rougeur beaucoup plus forte que n’est celle de la mitte coulante ; iln°y à point d'écoulement; toute chaleur extérieure augmente les effets de celle-ci; le hit, lachambre, lesalimenschauds, le vin accroissent les souffrances de celui qui en est attaqué. L'air hibre et frais de la nuit et des champslui est nécessaire ; 1] se met des compresses d’eau fraîche sur les yeux ; 11 mange froid et boit froid ; et si, au moyen d’un sternutatoire usité parmi les vidangeurs, il parvient à changer sa mitte sèche en une mitte coulante, 1l est soulagé. Sans cela il reste aveugle pendant deux ou trois jours, et ne peut travailler; mais à l’aide du sternutatoire, il travaille dés le même jour, et cependant conserve malgré cela la rougeur des yeux pendant un jour ou deux. 3°. La mittegrasse tardive ne prend pas pendant le travail ; elle ne prend que la nuit suivante ; elle commence par un mal au
110 MALADIES front qu’on nomme le fronton, qui réveille le mals heureux ouvrier. Le mal d'yeuxsuit, avec tous les | symptômes de la mitte grasse. Il faut alors que le malade se lève, qu'il sorte et qu'il aille prendre le frais dans les champs. (M. Hallé \.
La mitte se trouve dans presqué toutes les fosses ; elle est inévitable et insupportable pendant les grandes chaleurs. Ramazzini n’a observé chez les vidangeurs de Modène que la mitte ; il dit avoir vu béaucoup d'anciens vidangeurs borgnes ou aveugles qui demandaient leur vie dans la-ville.
Plomb. MM. Dupuytren et Barruel ont observé que le plomb produit deux especes distinctes de méphiusme: l’une , la plus commune, la plus terrible, déterminée par les gaz hydrogène sulfuré et hydrosulfure d’ammoniaque, est accompagnée de mouvemens convulsifs ; l’autre, véritable asphyxie par défaut d’air respirable , est causée par le gaz azote : elle est caractérisée par la stupeur. |
Les effets de l'hydrogène sulfuré et de Fhydrosulfure d'ammoniaque sont, en général, une douleur excessive à l'estomac, aux articulations ; une constriction au gosier, des cris involontaires et quelquefois modulés (ce que les vidangeurs appellent chanter le plomb ), le déhre, le rire sardonique, des convulsions générales , l'asphyxie et la mort. Quelquefois les ouvriers sont comme féudroyés et tués sur- :le-champ, tant est rapide et délétère l’action de ces gaz.! Ces accidens peuvent arriver en entrant dans la fasse ow: quelque temps après. On a vu des ouvriers
DES VIDANGEURS. tit qui, se sentant saisis par le plomb, se faisaient retirer de la fosse, déraisonnaient, jasaient beaucoup, dansaient comme des fous, et tombaient asphyxiés ; d’autres , avant de tomber, avaient fui jusqu’à quelque distance en sautant continuellement. Les symptômes varient beaucoup suivant la constitution de Vindividu et la quantité d’hydro-sulfure d’ammoniaque qu'il a respirée. On voit souvent des ouvriers placés dans la même fosse éprouver des symptômes différens. M. Hallé rapporte à ce sujet un fait assez singulier : un vidangeur pris du plomb par une douleur d'estomac et des convulsions , finit par être asphyxié ; on le rappelle à la vie; étant retourné à l'ouvrage, il fut de nouveau repris du plomb ; mais cette fois l'asphyxie fut précédée d’un assoupissement profond, sans douleurs et sans convulsions.
L'ant qu'on se borne à puiser la vanne (les liquides) avec des seaux, 1l se dégage peu d’hydro-sulfure d’ammoniaque ; mais Pinfluence de ce gaz est à craindre quand on entame les mauères solides qui sont au fond, ou seulement quand on les remue. Dans les fosses où règne le gaz hydrogène sulfuré, les corps
5 5 en combnsuon brülent fort bien.
Les effets du gaz azote sont une gêne considérable de la respiration , l’affaiblissement progressif et lent des forces de la vie, sans mouvement convulsif. La mort survient par défaut d'air respirable. Le gaz azote éteint les corps enflammés.
Parmi plusieurs histoires remarquables d’accidens
produits par le méphitisme des fosses d’aisance, nous
choisirons celle qui est consignée dans l'ouvrage de M. Hallé. Pendant la vidange d’une fosse, à la vingthuitiéme tinette , le second seau échappa des mains de l’ouvrier ; il n’y avait pas moyen de continuer le nettoiement si On ne parvenait à le reprendre. On ‘ n’appréhendait rien ; il y avait peu d’instans que du | papier avait trés-bien brûlé à l'entrée de la fosse. A peine l’ouvrier eut-1l descendu quelques échelons qu'il tomba sans crier, et fut enseveli sous l#vanne, sans qu'on s’aperçût qu'il fit aucun effort pour se sauver. Aussitôt un autre ouvrier se présenta pour le secourir : on le lia avec des cordes; mais il eut à péine descendu assez d’échelons pour n'avoir plus que Ja tête hors de la fosse qu'il jeta une espèce de cri étouffé, accompagné d’un grand effort de poitrine , quitta l'échelon, et perdit aussitôt le mouvement et,la respiration. La tête était pendante sur la poitrine, les extrémités étaient froides, le pouls impercepüble : cette asphyxie complète fut l'affaire d’un moment. Un autre ouvrier descendu avec les mêmes précautions, perdit de même connaissance ; mais 1l put être reuré assez prompiement pour ne pas être entièrement asphyxié. Enfin un dernier, jeune, fort, vigoureux, se fit lier de même et descenditquelques échelons ; mais se sentant saisi comme les premiers, 1l remonta un moment pour reprendre ses esprits; 1] ne se découragea point; il voulut descendre de nouveau, mais à reculons et le visage tourné en haut : de cette maniére il eut le temps de chercher son camarade avec nn crochet et de le retirer
de la vanne. On put alors passer une corde autour du corps de ce malheureux , et l'enlever tout-à-fait de la fosse : une bougie brülait parfaitement dans tous les endroits de celle-ci. Pendant qu’on prodiguait des soins inutiles pour rappeler à la vie le mal= heureux qui avait été enseveli sous la vanne , M. Verville, inspecteur des ouvriers du ventilateur, s'approcha de cet homme pour s'assurer si l'odeur qu'il exhalaït était le plomb. À peine eut-il respiré l'air qui . sortait de sa bouche qu’il cria : je suis mort, tomba sans connaissance , et fut fra ppé d’une asphyxie commencante, qui se changea bientôt en fortes convulsions. Tous les assistans, et M. Hallé lui-même, furent sensiblement incommodés à la suite de cette journée.
Les causes principales qui déterminent la formation abondante du gaz hydrogène sulfuré dans les latrines et qui doivent faire craindre le plomb, sont: l’humidité du sol, le mélange habituel d’eau de vaisselle ou de lessive avec les excrémens, les débris des végétaux et des animaux qu’on jette dans les fosses, la profondeur à laquelle elles sont situées, leur construction vicieuse, le mauvais état de leurs parois, qui permet aux fluides de se perdre et de s’infiltrer dans les terres voisines.
Le plomb n’est accompagne d'aucune odeur paruculière , ou s'il en a une, elle est putride, d’une ‘fadeur singulière , autant du moins qu'on en peut juger par le rapport des gens qui en ont éprouvé le plus souvent l'influence. L’odeur sulfureuse , qui
est la véritable odeur des vidanges , et une certaine
F14 «A MALADIES odeur aigre , sont bien moins dangereuses que celle de l’hydro-sulfure d’ammoniaque. + Quelle que soit l'espèce de gaz qui occasione le plomb , les accidens qu'il produit sont plus fréquens pendant les grandes chaleurs et les pluies d'été que dans les autres saisons. Quelquefois une fosse est méphuique le maun et ne l’est plus le soir; d’autres fois c'est tout le contraire. On n'a pas encore nt la cause de ces différences. L Le danger n’est pas le même dans toute la durée des vidanyes ; 1l est beaucoup plus grand quand on ouvre la fosse en Gtant la pierre qui la bouche, quand on rompt la croûte, et, ainsi que nous l'avons déjà dit, quand on remue les matières dures qui sont au fond. Les vidangeurs ont observéque, dansles maisons habitées par des enfans , des femmes infirmes et des vieillards ; et dans les couvens de religieuses, presque toute la matière des fosses est de la vanne grasse, presque liquide, et que dans ce cas le plomb est peu à craindre ; qu’au contraire on doit le redouter lorsqu'on vide les fosses des séminaires, des prisons et de tous les établissemens habités par des hommes adultes. Les exhalaisons malfaisantes recoIvent encore, dans leur dégagement et leur concentraton, une funeste acuvité de plusieurs circonstances : c'est ainsi qu’elles semblent se cantonner dans les angles rentrans des fosses, dans les joints des pierres, dns le ussu des nt ramollis par les liquides, ét qu il suffit alors de soulever un pavé pour tomber ssphyxié. Mais c'est surtout lorsque les vidange
CG
DES VIDANGEURS. 115 étant achevées, l’eau rentre dans la fosse > que les gaz délétères se prod uisent presque tout-à-coup en érandé abondance, et causent les plus grands accidens. M. Dupuytren en a rapporté avec beaucoup dé détails un déplorable exermple : les vidanges d’uné fosse avaient été faites complétement el sans malheut ; quelques ; jours aprés, on descend dañs cette fosse, dans AQU il y avait un peu d’eau rentrée , inais rien qui fit sSoupçonner du danger. Douze où quinze heures plus tard , le inême ouvrier y déscend pour raccommoder les murs, et tombe asphyxié presque aussitôt, Céux qui veulent lui porter Secours sont frappés d’asphyxie l'un aprés l’autre, à mésuré qu'ils pénétrent dans la fosse. Les trois obsérvations suivantes, que nous avohs recueillies à l'Hôtel-Dieu de Paris, ne sont pas moins intéressantes.
Des maçons réparaient une fosse d’aisancé vidéé depuis quinze pa dans le mois de septémbre 1817; et se disposaient à évacuer l’eau qui, filtrant des térres voisines, avait déjà un pied de hauteur : à péiné l’un d'eux eut-il ôté quelques-unes des pierres qui affermissaient le sol, que l’eau vint en plus grändé abondance, laissa dégager des émanations d'üné grande féüdité qui le suffoquérent ét le firent tom ber dans le bourbier, où al se débattit quelqué ter ps avant de perdre connaissance. Son camarade viént à son secouts et le tire de l'eau ; mais, frappé : lüiménie, il tombe avec celui € qu :l emporte. Le bèré dé l'ün d'eux, apprénaht que son fils était en danger ë volà vers lui, et déjà il l'avait tiré dé dessous l'eau ainkl
que son camarade, lorsqu'un étourdissement pro duit par la même vapeur le forca de lâcher prise et les fit cheoir tous trois dans le cloaque. On ne tarda
pas à venir à leur secours, et ils furent transportés à l'Hôtel -Dieu. |
Le premier qui y arriva était plus faible des deux jeunes-gens ; il était tombé le premier*äans la fosse , 1l en fut retiré le dernier, et quoique trèsfaible et gravement affecté, on réussit à le sauver. C'était un jeune homme ägé de vingt et un ans, bien constutué, d’un tempérament bilieux et sanguin peu prononcé ; 1l était sans connaissance , privé de tout mouvement et de tout sentiment ; le corps était froid, les lèvres violettes , la figure livide, les yeux fermés, sans éclat, la pupille dilatée et immobile , le pouls petit et fréquent, les battemens du cœur désordonnés et tumuliueux ; une écume sanglante s ‘échappait de la bouche ; la respiration était courte , difficile et comme NE ; les membres étaient dans le relâchement.
Le malade fut mis sur un litet exposé à l'air ; on lui fit respirer du chlore en vapeur, ce qui lord tait passagerement. On ouvril une veine, qui ne donna point de sang ; une autre en fournit à-peu-près trois palettes. Alors les mouvemens du cœur ir plus réguliers, le pouls se développa peu à peu, la respiration parut moins pénible ; mais la peau était toujours froide et la face livide. Des fricüons furent faites sur le troncet les extrémités, et-une potion éthérée fut administrée par cuillerées, Il n’y avait
DES VIDANGEURS. 117 plus d’écume à la bouche, la pfostration était moins marquée, le malade poussait par instans quelques. plaintes. À la stupeur, à limmobilité succéda bientôt l'agitation la plus violente. La peau ne se rééhauffait point et la face était toujours livide. Apres deux ou trois heures de cet état , la connaissance ne revenant point, on le porta dans un bain frais , et on lui fit quelques affusions. L'immersion dans l’eau sembla pour un moment accroître le désordre, Ja respiration yÿ fut très-pénible et les mouvemens plus violens ; la face pâlit; la saignée se rouvrit et coula abondamment. Le malade fut bientôt abattu ; on le transporta dans son lit : 1l était froid , le pouls mi1sérable , fa respiration haletante; il ne poussait aucun cri, ne faisait aucun mouvement. Des frictions. sèches , des draps chauds le ranimèrent un peu et fayorisèrent une réaction qui se fit attendre quelques heures. Le pouls se releva, la peau devint chaude, et se couvrit d’unélégèremoiteur ; aux cris de sa mère, qui vint le voir, ce malade sembla ouvrir les yeux et donner quelque lueur de raison ; mais la respiration était toujours courte et pénible; le pouls offrait du calme et de la régularité ; la peau était humide, chaude. Le soir on lui appliqua des sinapismes aux pieds, qui le stimulèrent fortement. La nuit se passa tranquillement, et vers les trois heures du matin il recouvra Îa connaissance; il se sentait seulement faigué et n’éprouvait aucune douleur. La figure avaît sa coloration naturelle, la respiration un type régulier. Le lendemain 1l était micux encore ; il se-
sentait de. l'appétit , et, sorut le, troisième jour de l'hôpital. Are
Le, père de ce malade était un LÉO ETA ablétique 1 âgé de soixante aus ; il n'avait perdu counalssance que peu de temps, et çe quil avait avalé d'eau, 1] l'avait vomi au moyen d’ une potion qu ‘on lui donna sur- le-champ. Il avait toute sa raison ; la peau était froide, la respiration : hbre , mais Su 1l épro ouvait des nausées fréquentes ; tout son corps. étail agité de monvemens, spasmodiques , et les mus- . cles, en pRoguliess offraient des contractions qui laissaient apercevoir. chaque faisceau. de leurs fil )res. Le pouls é était irrégulier ; ; 1h n’y avait pas d'écume à la bouche ; les mâchoires étaient par instans agilées de, mouvemens convulsifs, Deux heures aprés, le spasme avait cessé ; le pouls était régulier ; il n'y avait plus que quelques nausées. On lui admainistra 24 grains : d'ipécacuanha , la Himonade sulfurique. et un layement ; il dormit bien toute la nuit, et le lendemain al put sortir. | xd PT "
Le troisième malade : élait âgé de Hi MUC ans; 1l était d'un tempérament sanguin bilieux, prononcé, ayant Île cou court, Ja poitrine large et les muscles bien nourris. Îiétait dans une agitation terrible. Les. muscles de tout le corps off raient des contractions qui ne çessaient que pour faire place à à des mouyemens Spasmodiques « dans lesquels, le tronc était courbé en ar riére;, la respiration était convulsive,, les mouvyemens du cœur desor donnés ; la face. avait moins de
pâleur que chez le premier malade ; une écume
| DES VIDANGEURS. t1@ blanchâtre sortait par la bouche ; ses cris ressem+ blaient. aux mugissemens d’um taureau. Le chlore qu'on Jui faisait respirer de smisissait vivernent,;, la pupille était dilatée et immobile ; 1 my avait point de chaleur à la peau; une saignée qui lui fut faite né put être arrêtée qu'avéc peine. $es mouvemens et ses vociférations. devinrent téls qu'il fallut le fixer dans son lit. On le porta aussi an baim : chaque affusion d’eau froide le rendait comme stupide ; du resté elles produisirent les: mêmes effets que ehez le premier malade. Le calme qui en résulta ne fut pas long : à peine le malade fut-al véchauffé que ses: cris, ses eontorsions, recommencérent. La, respiration était Jaborieuse | entre-coupée ,; comme chez son camarade, de profonds soupirs. Le: pouls était. filforme, et d'une rapidité qui ne: permettamt pas: de: compter ses. pulsations. Au: bout de deux heures, la réaction eut lieu. Fouv le: corps: était brülant ,: quoique couvert de-sueurs ;: la face pâhu, Fagitauon. diminua: par degrés:, et deux heures aprés1l mourut ,» sans avoir recouvré ses sens.
L'autopsie: cadavérique fut faite: quarante heures: apres la mort. Le: tempsiétait orageux. La tête et le: tronc offraient une décompoestion avancée ;; la peau:
était bleuâtre .soulevée par des. fluides. élastiques; le, sang de-toutes les capacités: était: noir’ et fluide.
Le cerveauétait verdâtre et: peu‘consistant. Les bronches étaient d'autant: plus rouges qu'on avançait vers: lcurs dernières divisions. Les poumons étaient, env arriére}, gorgés, de sang noir; ils étaient crépitans.
L’estomac offrait des traces d’une irritation récente et des signes d'irritation plus ancienne. Tout le tube intestinal étant verdâtre; le foie était d’un noir tirant sur le vert, gorgé de sang. Tous les viscères exhalaient une odeur de poisson pourri ; plusieurs gros vaisseaux présentérent dans leur intérieur une rougeur intense. Par-tout le sang étant fluide, et on nele rencontra point en caillots. |
Pendant cette autopsie, qui dura assez long-temps, plusieurs des assistans furent incommodés de l'édeur infecte qu'exhalait le cadavre , et furent plus ou moins indisposés dans le moment même. M. Breschet éprouva, en rentrant chez li, des douleurs atroces dans l'estomac , suivies de coliques et de dévoiement qui durérent toute la journée. Presque tous les assistans , qui étaient nombreux, ont éprouvé des lassitudes , de la torpeur , un état de somnolence et des coliques plus ou moins violentes. M. Lallemand , actuellement professeur à la Faculté de Montpellier, et moi ; nous éprouvâmes, pendant toute la journée, du malaise, des nausées, du dégoût pour les ali mens, une prostralion avec tendance au sommeil. Le garcon d’amphithéâtre et sa femme furent tresincommodés de coliques pendant la nuit. Les miasmes dégagés du cadavre ont porté leur action déléière principalement sur les organes digestifs. Il est à remarquer que les cadavres d'individus morts seu lement cinq ou six heures plus tard n'avaient pas encore commencé à s’altérer.
La plupart des vidangeurs ont le visage pâle, li-
PES VIDANGEURS. 127 vide, et présentent, à un âge peu avancé, la langueur de la vieillesse ; ils boivent avec excès du vin et de l'eau-de-vie. Exposés continuellementau gaz hydrogène sulfuré , ils sont préservés et guéris de maladies de la peau; mais, par une triste compensation , les affections vénériennes font chez eux des progrés
affreux. | :
Traitement de l'asphyxie. Les accidens que les vidangeurs éprouvent sont encore si fréquens, même de nos'jours, que nous ne pouvons trop signaler les secours qu'on doit leur apporter. Après avoir retiré J’asphyxié du lieu où il se trouve, le plus promptement possible, l'avoir nus tout nu etluiavoir bien lavé tout le corps avec de l’eau fraîche et du vinaigre, il convient d’imiter la pratique que l'expérience aveugle, mais plus sûre quelquefois que tous les raisonnemens , a fait adopter aux vidangeurs. Ceux-ci administrent d’abord les stimulans ; mais dés qu'ils voient que le malade revient un peu à lui, ils lobligent à avaler quelques cuillerées d'huile d'olives ; ils réitérent, et quand ils jugent qu'il en a assez, et qué son estomac commence à se soulever , ils lui font avaler un verre d’eau-de-vie ; alors viennent les vo= missemens et les évacuations , et l’homme est sauvé. Ce genre de vomuuf leur paraît plus sûr que tout autre. C’est ainsi que nous voyons que l’eau de mé- ” lisse spiritueuse aïde le vomissement chez ceux dont l'estomac chargé se fatigue par dés nausées inutiles. Or, en partant de ces principes, M. Hallé conseille, avec raison, de recourir de suite au tartre subié,
combiné avec les substances cordiales > POUr procurer le plus tôt possible le vomissement. Pour faciliter le vomissement, on peut chatouiller le osier avec les barbes d'une plume. Si ces moyens sont insuflisans, et si les battemens du cœur sont désordonnés. ou tumultueux , on peut avoir recours à une saignéedu bras, à une potion anti-spasmodique , aux sina— pismes.et aux vésicatoires aux jambes,
Il faut bien se rappeler , lorsquon vient au secours. d'un homme asphyxié dans une fosse, quil ne faut jamais se présenter en face devant lui : ce serait un moyen presque sûr de partager son malheur.
Moyens préservatifs. Puisque c’est aux vidangeurs: que nous devons la salubrité de l'air que nous respirons , 1] est juste que la médecine cherche à les: préserver. des. accidens, qui les menacent. Les lois ont protégé ces malheureux ouvriers. Ramazzini cite un: édit qui défend de leur. faire violence.
Quand les, vidangeurs prennent les. précautions nécessaires , ils sont rarement. affectés du: plomb. Voici en quoi. consistent ces précautions : 1°-choisir l'hiver ét un temps sec pour faire les vidanges ; 2° ouvrir la fosse douze heures avant de commencer à la vider; ne pasiapprocher la chandelle trop près: de l'ouverture , pour prévenir Pinflammation: de la: vapeur et. une détonation ; 5° boucher tousdes siéges d’aisance des divers étages de la mason, excepté le plus élevé, sur lequel on place un fourneau, ouvert par son fond , rempli de charbons bien: allumés, qu'on appelle fourneau ventilateur, lequel ;
DES VIDANGEURS. 125 aspirant par son fond , attire à Ini-l’air extérieur introduit par l’ouverture qu ’on vient de faire à la fosse ; on est même souvent obligé de placer. dans la fosse , sur un trépied , un grand, réchaud plein de ro allnmeés : au même instant les gaz S échappent par toutes les ouvertures. On peut encore établir un fourneau bien allumé sur.le bord de la fosse en la vidant. Pour faciliter les travaux des ouvriers dans une fosse dont le méphitisme était causé par l'hÿydro o-sulfure d'ammoniaque, MM. Dupuytren et Barruel ÿ versérent avec. succés plusieurs seaux de muriate de chaux sur-0x196né liquide. Les famigations d acide mur jatique OXISÉDE $ sont ausSk très- avanlageuses,, ‘comme Je prouve une série d'expériences faites par MM. Dupuytren.et Thenard, On fau dégager ces vapeurs au moment même où l’on ouvre Ja fosse, dans le lieu où aboutit. son ouverture, et l’on éntretient ensuite un dégagement conunuel de ces mêtnes vapeurs dans la fosse elle-même, pendant toute la vidange. L anli=méj bitique proposé par le docteur Janin ,. et qui consistait dans la projection. et l’évaporation du vinaigre, ne faisait que masquer l'odeur de la vidange, ainsi que, l’a reconnu l'auteur lui-même avec les commissaires de: la Société: royale de Médecine et ceux de l'Académie des Sciences. 4°. Casser la croïtte des matièresen détournant la tête, et bien remuer les matières avec de longues perches pour faire dégager le plus possible Le exhalaisons méphitiques. On a essayé de faire la vidange au moyen, des pompes, mais elles ne retirent que la vanne.
5°. Ne jamais descendre dans la fosse avant qu’on ne soit assuré qu’une chandelle s’y conserve bien alluimée à toutes les profondeurs (1) ; 6° ceindre l’ouvrier qui descend avec un bridage dont là corde sera tenue par deux hommes placés à l’extérieur de la fosse ; 7° enfin , ceux qui puisent les matières avec un seau , celui qui les verse dans la hotte, celui qui vide ‘celle-ci dans les tinettes où tonneaux qui sont au dehors , et celui qui bouche les tinettes lorsqu'elles sont remplies, doivent toujours, dans toutes ces opérations , détourner la tête. Des qu’un ouvrier se sent incommodé , 1l doit quitter le travail et ne le reprendre qu'après être parfaitement rétabli.
Pour garantir les vidangeurs des gaz délétères, Ramazzini leur conseille de se mettre sur la face des vessies transparentes ; Pilâtre de Rozier a imaginé un masque avec des yeux de verre et un long tuyau pour respirer hors de la fosse; M. Gosse a proposé de mettre sur la bouche et le nez une éponge fine trempée dans une dissolution d’acétate de plomb. Ces
moyens avantageux ne devraient pas être négligés
Le
(1) Cependant il ne faut pas conclure qu’une fosse où la lumière ne s'éteint pas, et où les animaux vivent ; ne soit pas dangereuse, et que les hommes ne puissent y éprouver aucun accident. La fause sécurité que donne celte expérience si infidèle a coûté la vie à plusieurs ouvriers ; comme on le voit dans l'observation de M. Hallé , pag. 112. C’est donc par la réunion de circonstances particulières , connues seulement des maîtres vidangeurs , que l’on peut s'assurer si une fosse. est bonne. à
DES VIDANCGEURS, | 125
des vidangeurs : des lunettes entourées d’éponges pourraient préserver leurs yeux de la mitte.
Mode de construction des fosses d’aisance. Pour qu'une fosse d’aisance soit bien conditionnée, il faut que sa forme soit ronde et non carrée, parce que l'expérience apprend que les vapeurs délétères s’attachent aux coins ; que la maçonnerie en soit solide, le sol couvert en dalles pour prévenir la filtration des liquides dans les terres; que les tuyaux soient toujours perpendiculaires sans faire de coudes. On ne doit jamais jeter dans les latrines de l’eau de sa-
von, de lessive , ni les débris de végétaux ou d’animaux.
On a cherché à construire les latrines de telle sorte qu’elles ne donnassent pas d’odeur. Macquart a proposé d'ajouter à la fosse un tuyau qui partirait de la partie supérieure de la voûte pour aller se terminer au haut de la maison , et qui donnerait issue aux gaz formés dans la fosse. La plupart des latrines de Paris sont munies d’un pareil tuyau d’évent, comme l’appellent les architectes ; mais il est loin de remplir complètement le but qu’on s'était proposé : en effet, suivant la longueur du tuyau et sa largeur comparées avec la surface des lunettes , 1l en résulte parfois que les émanatons, au lieu de monter par l’évent, ressortent par les trous des lunettes, si la force du courant de l'air est plus forte dans l’évent que dans le tuyau -des lunettes , et qu’ainsi les chambres sont infectées de gaz excrémentiüels ; si le courant d’air est balancé
dans les deux tuyaux , les gaz stagnent dans les con-
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duits de la fosse jusqu’à ce que l’un des deux lez | porte, él qu'ils soient alors chassés par celui où le courant d'air les éntraîné. Les latrines qui ont le moins d’odeur sont celles où une combinaison duc au hasard a apporté des proportions téllés que lait entré par lés lunettes emporté les gaz de la fosse par le tuyau d’évent ; mais il faut avouer que cette circonstance à lieu Re rarement.
M. d’Arcet à nnaginé d'appliquer à l’assainisserent dés latrines le procédé qué nous avons déjà décrit ( pag. 7); il a pensé qu'en faisant un appel dans 16 tuyau d’évent, on établirait un courant d'air qui, passant par les lunettes et la fosse, chassérait dans le tuyau d'évent les gaz des matières fécales. M. d’Arcet a fait avec le plus grand succés l’application de son procédé aux latrines de l'hôpital Saint Eouiset à plusieurs latiines publiques et particulières. L'appel peut se pratiquer de plusieurs manières :. si on a une cheminée où il y à fréquemment du feu allumé, comme une cheminée de cuisine, voisine du tuyau d’évent, on peut la faire communiquer avec lui, et l'appel se u'ouve de suite établi; si l’on n’a pas la facilité d’une cheminée , on peut placer ul poële ou un fourneau à CÔtÉ x tuyau d'évent et les faite ouvrir dans cet Évent; énfin, cé qui est plus facile, il suffit dé mettre un lampion, uütie simple veileuse, d'après l'idée de M. Pelligot , dans lé tuyau d'évent pour faire l'appel. Dans la construction nouvellé des maisons , Ja police devrait exiger que toutes les latrines fussent atringées d’après le procédé qué
nous venons d'exposer. Les architectes péuvent être sans inquiétude sur les odeurs qui pourraient revenir ie les cheminées : la chose est impossible,
Il ya quelques proportions à établir dans lesdimérie sions des ouvertures des latrines pour que les courans d'air puissent avoir lieu dans l'appareil indiqué : il faut que la surface de l'ouverture du tuyau d’évent soit égale à celle de toutes les ouvertures des lunettes : elle peut être un peu moins considérable ; mais 1l vaut mieux Ja faire plus grande que plus pete, parce qu’on peut la rétrécir au moyen d’une planche qu, en olissant en dedans, en diminue ou agrandit Pembouchure à volonté. Quant à la place que don occuper lPappel, elle n’est pas désignée mathématiquement, et dépend de la hauteur de Vévent : en général , 1l faut Ja mettre au-dessus du premier üers de ce tuyau, et au plus à la moitié; au surplus on a hausserait ou baisserait un peu sil était nécessaire, c'est-à-dire si le courant n'était pas bien établi. On prévoit bien que les siéges de ces latrines ne doivent pas être bouchés, non plus que les cuvettes, sil y en aaux siéges, puisque le courant qui doit entraîner les odeurs et les gaz ne pourrait plus avoir lieu. Il faut, en général , faire plutôt les ouver= tures des siéges ou des. cuvettes petites que grandes , pour faciliter le courant d’air, qui est toujours plus rapide dans les conduits étroits que dans les grands. | . Les avantages qui résulteront de l'établissement du. procédé de M. d'Arcet dans les latrines sont
128 MALADIES très-nombreux: 1°. Les maisons ne seront plus in= fectées d’odeurs désagréables qui en rendent l’habitation pénible ; 2°. des émanauons de gaz délétères n'auront plus lieu au milieu des appartemens , et ne compromettront plus la santé des individus qui les habitent ; 5° ces améliorations permettront de placer les latrines dans les appartemens même, en ayantsoin, au moyen de vasistas, d'établir un courant d’air sufisant; 4°. ce courant d'air continu2l empéchera le méphitisme des fosses d’aisance, etôtera le danger qui résulte si souyentde leur vidange. ( M. Mérat.)(r). Fosses mobiles inodores. MM. Cazeneuve ont inven= té , 1l y a quelques années, un appareil sous lenom de fosses mobiles inodores, qu'ils substituent aux fosses ordinaires. Cet appareil est si simple qu’en est surpris, en le voyant, que personne n’en all Conçu l'idée avant leurs auteurs (2) ; il peut être placé sans aucun inconvénient dans un espace de quelques mètres carrés au plus, sous un simple hangar, dans l'angle d’une cour , ou dans une cave , ou enfin dans une ancienne fosse qu’on peut encore füre servir à tout autre usage après l'avoir rejointoyée , recrépie où blanchie à la chaux. Ne pouvant entrer 1ci dans tous les détails de la construction de l'appareil
(1) Dictionnaire des Sciences médicales , art. Latrines.
(2) Nous venons d'apprendre que cette idée appartient à M. Géraud , docteur-régent de Pancienne Faculté, qui la émise dans un ouvrage ayant pour titre: Æssaë sur la sup-
pression des fosses d'aisances ; x vol. in-12, Paris , 1786.
de MM. Cazeneuve, nous nous bornerons à dire : 1°, qu'il consiste en deux tonnes de bois de chêne cerclées en fer, placées l’une au-dessus de l’autre, au pied des tuyaux de descente accoutumée ; 2°. que la tonne supérieure est placée debout ( l'autre est. couchée) , et recoit les matières à leur descente des tuyaux en poterie. Elle contient trois filtres placés verticalement d’un fond à l’autre, et ouverts par en-bas. Ces filtres sont des tuyaux de plomb, percés dans toute leur hauteur d’un grarid nombre de petits trous qui permettent, immédiatement à l’arrivée des matières , la séparation et l’écoulement des eaux dans la tonne inférieure, tandis que les matières épaisses restent dans celle d’en hant. 3°. Entre les deux tonnes et sous le fond de la supérieure ; on avait d’abord placé un entonnoir ou trémie, qui recevait les eaux séparées par les filtres et les transmettait dans la tonne inférieure; mais cet entonnoir | ne pouvant s'appliquer, exactement au fond de la
tonne d'en haut, laissait, surtout aux changemens de temps, dégager de la tonne inférieure des gaz plus ou moins abondans. Pour éviter cet inconvénient, MM. Cazeneuve , sur le conseil de M. d’Arcet, à l'instar des entonnoirs et des tubes de sûreté des laboratoires chimiques , ont prolongé le bout de leur entonnoir jusqu’au fond de la tonne inférieure, de manière à ne plus laisser aucune issue aux gaz qui pourraient encore se dégager. Mais depuis ce perfectionnement, M. Bourla fils, architecte , a subsutué un moyen quil a appelé
entonnoir à vanne. fe moyen paraît parfaitement remplir son objet et ne laisser échapper aucun gaz. 4°. L'appareil, monté sur un chanuér, peut, ainsi que nous l'avons dit plus baut, se placer au pied des tuyaux de descente dans tel endroit d’une cour, d’un hangar ou d’une cave qu'on veut fui sacrifier, sans quon puisse aucunement en être incommodé, et quand les tonnes sont pleines, le service des entrepreneurs s’y fait sans embarras etavec une telle facilité, qu'on peut changer la tonne supérieure ou inférieure selon le besoin, pour en placer une nouvelle ;
à l'insu même des personnes qui habitent le rez-dechaussée, et qui ne voient que les manœuvres ordinaires des tonneliers montant ou descendant des tonneaux au lieu de celles des vidangeurs.
Tel est en peu de mots l'appareil de MM. Cazeneuve, lequel a obtenu les suffrages de plusieurs so+ ciétés savantes. Cet appareil remédie À tous les accidens et à tous les inconvéniens des anciennes fosses , . et prévient les infiltrations et l'infection des puits. Les ouvriers peuvent changer, enlever les tonnes et faire toutes les réparations nécessaires, sans en être ‘in- -commodés : la profession de vidangeurs devient alors sans aucun danger ; il n’y a plus à craindre la æitte, le plomb , etc. I est done bien à désirer que les fosses mobiles, dont les avantages sont maintenant sanc-— uonnés par l’expérience, soient généralement adopiées dans les grandes villes, et que leur prix devienne assez modique pour encourager les pere à
s'en servir.