‹ Traité des maladies des artisans, et de celles qui résultent des diverses professions, d'après Ramazzini; ouvrage dans lequel on indique les précautions que doivent prendre ... toutes les personnes qui exercent des professions insalubresChapitre 33 sur 98 · DES FABRICANS D'URATE ÊT DE POUDRETTE · texte numérisé non relu

DES FABRICANS D'URATE ÊT DE POUDRETTE

Maladies dés Fabricans d'uraté ét de poudrètte.

Depuis la découverte des fosses imiobilés ; on a cherché à utiliser l urine, et l’on a Coniposé àaveé ce liquide et le plâtre un érnigrais désigné sous le nom d’urate. Voici la mañïere dont on lé fabrique : où dispose plusieurs bassins sous de vastés hangars ; deux ouvriers versent alternativement et successivement une égale quantité d'urine ét de plâtre, au fur et à mesure du mélange. On fait le gâchage à l'aide de rables où rabots de bois; 1l dure cnviron quinze minuiés , el lorsqu il est bien opéré où laisse reposer le mélange. I se fait dans là masse , péndant le gächage, une vivé effervescence accompagnée dé dégagement de chäleur et de gaz, plus ou moins fétides qui prennént aux yeux et à la gorge, de manièré à obliger les Ouvriers à sè mettre du CÔLÉ du vent, Après trois ou quatre heures de repos, où enlève V'urate avec des bêches, des pelles ; on le jette sous des hangars pour se: ensuite on lé réduit en poudre, soit avéc un rouleau de fonté où de fer, soit enfin $ous des metrles ou pilons mis én mou vernent par üti diänégé où par un cours eau.

Nous n'avons pas obsérvé que les fabricans d’ürate fussent affeciés de maladies particulières à leur profession ; nous en dirons aütant des fabricans de poudrette près Paris. Cependant ceux-ci SON exposés x l'influence des gaz hydrogène carboné , sulfuré, phosphoré, lorsqu'ils ouvrent les vannes du grand

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bassin de la voirie de Montfaucon pour faire éconler. Jépouvantable masse, de matières liquides, et procéder au desséchement de matières Co Si Les individbs occupés : à. ce genre de travail n’en sont pas incommodés, ne peut-on pas attribuer ce phénomène à.ce que les vapeurs fétides qui s’en dégagent. sont dispersées dans un trop grand volume d'air pour avoir une action malfaisante ?

Maladies des Balayeurs de rues.

Les rues des grandes villes, et principalement celles de Paris, sont ordinairement salies par une boue plus où moins épaisse , formée par les débris des substances végétales, minérales et animales et par d’autres immondices. Toutes ces substances réunies fermentént et dégagent des odeurs infectes que l’on sent trés-bien en parcourant certaines rues de Paris , dorsque, le maun, on les balaye. Baillou rapporte lhistoire d’un malheureux Parisien qui.fut atteint d'une ophthalmie chronique en balayant les rues. Desboisde-Rochefort dit avoir soigné à l'hôpital de la Charité -un balayeur qui fut frappé d’asphyxie en déboulant un tas de neige prés d’un égout. Cet homme fut rappelé à la vie; mais trois semaines après son accident, il éprouva une maladie qui se termina par la gangrène des viscères du bas-ventre et par la mort. Desbois attribue cette terminaison à l’action du gaz méphiique qui avait resté dans le corps de ce ba- Javeur depuis son accident.

Les balayeurs de rues doivent se tenir propres aù= tant que possible, se laver les miaiñs ? ét Ja) figure: après leur ouvrage, et boire un peu d'eauidesvie, pour $ opposer à l’action des miasmes férides és: As respirent. | 50 RITES | 2 y

À Paris, les boues sont entetéés chaque ; jour par des entrepreneurs du'nettoiement delà villé;"1 cst à désirer qu’on fermeles iombereaux, qui, en traversant les rues, laissent dégager des gaz les" à ka pureté de l’aumosphère.:

Maladies des Cureurs de puits et dés égouts?"

Les cureurs de puits et d'égouts travaillant dans des lieux bas et humides, et passant alternativement du chaud au froid et du sec à l'hunïde, sont ex= posés aux maladies produites par la suppression de Ja transpirauon : tels sont les RARE, les coli | ques et les phlegmasies de la poitrine.

[ La plupart sontcachectiques à cause de léür mauvaise nourriture et de leur pauvreté ; ils ont lé visage bléme et livide, et, pærvenus à peine à l’âge de quarante à cinquante ans , ils sont forcés de quitter leur méuer avec la vie. | :

La.plupart des! pnits contiennent des exhalaisons plus où moins malfaisantes. A Paris, ils sont presque tous infectés par la filtration des matières des fosses d’aisance; les plus mauvais sont ceux de l’île Saint Louis, ceux de la rue Saint-Denis et ceux de la rue du

Temple. Les exhalaisons des puits peuvent être for.

1354 tes MALADIES

mées par le gaz acide carbonique, le gaz azote, le gazoxide de carbone et l'hydrogène sulfuré, lesquels frappent d'asphyxie les ouvriers qui descendent sans précantion dans leur intérieur; elles sont particulièrement à redouter quand on fait le eurage de puis fermes depuis long-temps: quoique l'eau soit bonne a boire, ce n’est pas une raison pour être à l'abri de toute crainte. On a observé que c’est surtout après les, orages que l'air des puits devient méphitique ; on possède plusieurs exemples qui prouvent le danger de cette espèce de méphitisme. A Rennes en Bretagne, un maçon Jaissa tomber son marteau dans un purs; un manœuvre qu y descendit pour le retirer fut suffoqué avant d’avoir atteint la surface de l'eau. Deux autres éprouvérent le même sort. Un quatrième ; qu’on. y descendit, cria qu’on le retirât, ce qu'on fit.avant qu'il ait eu de temps d'être asphyxié ; al dit avoir senti une chaleur excessive dans le ventre, et mourut trois jours aprés. On | plongea dans le puits un chien qui cria, étant arrivé prés de l’eau ; on lux jeta de l’eau sur le corps, et il en revinL. Les trois hommes mortsdans le puits furent ouverts, et n’offrirent rieu qui püt apprendre la cause de leur mort: L'eau de ce puits était bonne à boire, et ne faisait aucun, mal (1). En 1 761 , 1l est arrivé un accident semblable, mais plus terrible encore , à Bergen en Norwege ; ce fait est dû au docteur Hannæus. Une servante, voulant puiser de l'eau

(1) Mémoires de l’Académie ; an. 1704.

DES CUREURS DE PUITS ET D ÉCOUTS. 135

dans un puits qui avait été fermé anciennement, et ouvert depuis peu, remonta promptement, se sentant suffoquée par une vapeur fétide et chaude qui s'en élevait. Une autre servante plus hardie descendit plus avant, et tomba morte. Le maître et deux voi sins, qui voulurent se secourir mutuellement, furent aussi frappés d’asphyxie. |

M. Chomel rapporte dans le Nouveau Journal de Médecine l'observation suivante : un plombier , âgé de quarante-cmqy ans, étant descendu au fond d'un puits où 1] n’y avait que quelques pouces d’eau , pour réparer le tuyau d’une pompe dérangée depuis six mois, tomba sans connaissance au moment où il en démontait la partie inférieure. Il ne put être re üré qu'au bout de trois quarts d'heure, pendant lesquels il demeura accroupi etimmobile; peu après, il donna quelques signes de vie , et fut aussitôt transporté à l'hôpital de la Charité : c'était le 2 juillet 1818, à quatre heures du soir. À son arrivée, 1l'offrait les symptômes suivans : mouvemens convulsifs violens ; respiration génée , fréquente ; cris plainufs ; insensi- bilité générale ; pouls régulier , concentré ; visage se colorant fortement par intervalles. Üne saignée da pied de trois palettes fut pratiquée ; le sang était noir, et se coagula aussitôt ; une rémission momentonée en fut Ja suite. L'inspiration du chlore (gaz acide muriatique oxigéné) provoqua une toux assez vive pour rendre cireonspect sur l'emploi de ce moyen énergique. Deux grains d'émétique dissous

dans huit onces d'eau ne produisirent aticun vomis-

sement; l’ingestion en avait été difficile. Des lavemens sümulans furent administrés: le premier ne fut pas rendu; le second, aidé sans doute dans son action par lémétique, procura. sur les onze heures du soir une selle très-copieuse , après quoi l’état du malade parut s'améliorer un peu. Jusque là, en effet, et maloré la courte rémission dont nous avons parlé, les symptômes avaient continuellement augmenté d'intensité; une roideur presque tétamque, la gêne extrême de la respiration semblaient menacer prochainement l'existence du malade. (Sur ces entrefaites de larges sinapismes avaient été appliqués aux mollets. ) Durant le reste de la nuit , les mouvemens convulsifs reparurent plusieurs fois avec une intensuté variable, mais généralement avec moins de violence. Le lendemain matin, à cinq heures, ce malade était calme et semblait vouloir parler ; cependant sa peau était toujours insensible. Des mouvemens convulsifs eurent éncore lieu sur les onze heures, mais ils furent les derniers. À trois heures le malade prononça quelques mots ; 1l conserva le reste de la journée une sorte de stupeur, dormit peu la nuit, mais se trouva guéri le lendemain matin, ne se rappeent rien de l'accident qui lui était arrivé.

IL n’est point de puits plus dangereux que ceux qui contiennent de l’eau salée, lorsque celle-ci n’a pas été puisée depuis long-temps; il s’en dégage un gaz si délétère et d’une odeur si meurtrière qu'il cause immédiatement la mort de ceux. qui descendent dans ces puits. M. Fodéré dit en avoir vu

ustbere exemples aux agé dela Yadule-les- Martigues.

En outre, ceux qui travaillent dans les puits peuveni être blessés ou écrasés par des éboulemens des parois du puits; ils peuvent aussi être noyés par des irruptions subites d'eau.

. Les cureurs d’égouts sont ex «posés a dés accidens encore plus graves que ceux dont nous venons de . parler, et ces accidens sont dus aux matières que renferment les égouts. En effet ces canaux recoivent toutes les eaux devenues superflnes, et avec elles tout ce qui couvre la surface des villes , les boues ct les débris des végétaux , les chiens et les chats morts, beaucoup d’excrémens et la matière des fosses d’aisance de plusieurs maisons. La matière des égouts diffère encore suivant les métiers qu’on exerce dans le quarler, tels que ceux de blanchisseur, teinturier, tanneur, boyaudier, etc. Les immendices de boucherie donnent lieu à une fermentation putride et à des émanations septiques en tout semblables à celles qui s'élèvent des tombeaux et des fosses destinées aux sé pultures. Toutes ces matières forment un dépôt nommé molange , quis'attache aux parois des égouts, les obstrue, et nécessite qu'on les nettoye de temps en temps. Lorsque les ouvriers récurent ces dépôts, il se dégage parfois des vapeurs tellement délétères, qu'ils tombent asphyxiés. On lit dans les Mémoires de l Académie des Sciences | année 1781 , le fait suivant: sept ouvriers étaient entrés le vendredi 8 juin 1787, vers les trois heures et démie, dans l'égout de la rue

Verte, faubourg Saint-Antome. Un d’eux sorut par la bouche de l'égout qui s'ouvre sur le houlevard , pour chercher des secours dont il avait lui-même besom. Il osa y rentrer, accompagné de plusieurs personnes du peuple; il chargea un de ses camarades sur ses épaules, revint et tomba frappé d’as- | phyxie. Les cinq autres furent promptement retirés ; trois avaient perdu la vie, et un quatrième ‘expira peu de temps après, malgré les secours qui lui furent administrés. Parmi les soldats de la garde de Paris, et les autres assistans qui avaient donné des soins à ces malheureux, plusieurs furent attaqués des symptômes analogues à ceux des asphyxies commencantes. Un caporal fut pris, plusieurs heures après l'accident, de convulsions effrayantes, et l’on craignit pour sa vie. Plusieurs soldats eurent pendant la nuit suivante des maux de tête et d'estomac, des nausées et des défaillances tres-opiniätres. La région de l'estomac était surtout le centre de ces affections nerveuses. Une femme, qui avait contribué avec les autres assistans au soulagement des asphyxiés fut attaquée trés-vivement.

Dans le traitement des maladies des cureurs de puits et d’égouts, Ramazzini conseille de rétablir la U'anspiration cutanée , au moyen de frictions sèches et de bains composés de plantes aromatiques, telles que les feuilles de sauge, de lavande, de fleurs de romarin. Il recommande d’épargner le sang de ces ouvriers, et de préférer à la saignée l’applicauon des sangsues. On ne doit employer que des purgaufs

DES CUREURS DE PUITS ET D'ÉGOUTS. 139 légers , de peur d’abattre les forces déjà très-affaiblies. | |

Si un cureur de puits ou d’égouts est atteint d asphyxie, il faut le reurer le plus promptement possible, l’exposer.en plein air, le mettre tout nu et le laver avec de l’eau fraîche et du vinaigre. Dès que le malade revient un peu à lui, on lui fait avaler un peu de bon vin ou d’eau-de-vie.

Lorsqu il est nécessaire de curer un puits ou d'y descendre. pour. faire quelques r'éPATAHONS le premier soin que l’on doit avoir est de s'assurer de l’état de l’air qu'il renferme. Îl faut done commencer par descendre une lanterne allumée jusqu'à la surface de l'eau; si elle ne s'éteint pas, on la relire, et par le moyen d’un poids attaché à une corde, on agite fortement l’eau |; jusqu'a son fond ; on redescend Ja lanterne ; si à celte seconde épreuve , la lumière ne s'éteint pas, les ouvriers peuvent commencer. leurs travaux en se munissant par précautions d'un peut appareil désinfectant de. Guyton - Morveau. Al est important que les ouvriers soient revêtus d'un bridage. Si la lumière s'éleint , on remarquera la profondeur à laquelle elle cesse de brûler ; on ne descendra point dans le puits, parce qu'on y serait asphyxié. Dans l'incertitude où l’on est sur la véritable nature du gaz méphiuüque, il faut, quel qu'il soit, renouveler l'air du puits, et pour cela le moyen le plus prompt et le plus certain est un ventilateur. Pour

‘établir, il faut, avec des planches, du plâtre et de la glaise, boucher hermétiquement l'ouverture du puits:

au milieu de cette espèce de couvercle, prauquer un trou d’un décimètre environ de large, sur lequel on placera un fourneau ou réchaud de terré ) quine pourra recevoir d'air que celui du puits ; ; on ajoutera près la mardelle un tuyau de plomb ôuù de fer-blané qui descendra dans le puits, jusqu'à un décimètre de la surface de l’eau. Cet appareil une fois établi, on remplira le fourneau de braise ou de charbon al- Time “et on le couvrira d’un dôme de terre cuite ou de tôle, sùrmonté d’un bout de tuyau de poële, afin de donner au fourneau la propriété d’atürer beaucoup d’air. Quand le fourneau a été en activité pendant une heure ou deux, suivant la profondeur du puits, on l'enlève, et l’on descend dans le puits la lanterne : si elle s'éteint encore à peu de distance de la surface de l’eau, c’est que le gaz méphitique s'y renouvelle : alors il faut mettre Je puits à sec, attendre quelques jours, l’épuiser de nouveau , et recommencer l'application du fourneau ventilateur ; ou, sil’on ne peut établir cet appareil y Y Substituer un ou deux forts soufilets de forge que l’on adaptera au tuyau prolongé j jusqu’à la surface de l’eau. Ces soufflets, mis en action pendant un quart d'heure ou deux , déplaceront l'air vicié du puits. Enfin on redescendra la lanterne , et si elle s'éteint, il faut renoncer à l'usage du puits et le condamner. Si, par un essai préliminaire fait par un homme de l’art, on a reconnu la nature du gaz délétère que l'on veut détruire , on peut employer les réactifs suivans : pour neutraliser l'acide carbonique , on verse dans le puits

avec des arrosoirs plusieurs seaux de lait de chaux, et l'on agite ensuite l’eau fortement, Pour détruire le gaz hydrogène sulfuré ou carboné, ôn fait descendre au fond du puits, par le moyen d’une corde, un vase ouvert , contenänt un mélange de manganèse et de muriate de soude arrosé d'acide sulfurique. Mais lorsque le gaz est de l'azote , il faut avoir recours au fourneau venülateur ou au soufflet, et en vérifier l'effet par l'épreuve de la lanterne allumée. Ces détails sont extraits d’une instruction publiée par les membres du Conseil de salubrité.

La plupart de ces précautions peuvent être re commandées aux cureurs d’égouts ; ils doivent faire * passer dans ces souterrains beaucoup d’eau , et surtout du lait de chaux, s’il est possible; ensuite établir plusieurs fourneaux ventilateurs, et les tenir al- Jlumés pendant tout le temps que les ‘ouvriers sont occupés au nettoiement ou aux réparations.

11 faut surtout, dit M. Fodéré, veiller, dans la construction deségouts, à ce qu'ilssoient sur un plan suffi-

samment incliné, st qu'ils ne fassent point de coudés. On doit en même temps y pratiquer un nombre suffisant de ventouses proportionné au trajet qu'ils parcourent, afin d'y faciliter l'introduction de l'air, et le dégagement des gaz qui prennent la place des liquides lorsque ces canaux sont vides. Pour prévenir leur engouement , il est utile de faire nettoyer . chaque année les égouts pendant la saison froide, | Lepaes où les exhalaisons produites par le curage sont

le moins dangereuses.

1 42 MALADIES Maladies des. Boÿaudiers.

Les boyaudiérs sont ceux qui préparent les initestins des animaux pour différens usages. Il existe, aux environs de Paris, un établissement dans lequel À aprés avoir fait macérer pendant plusieurs jours les intestins de divers animaux, on les dépouille avec soin de leur graisse, on les lavé et on les insuflle pour les faire sécher ensuite. Il est difficile d'exprimer l'odeur repoussante qui se dégage dans cet atelier : cependant, quoiqu’un étranger ne puisse la supporter long - temps sans en être incommodé, les ouvriers ne s'en aperçoivent pas et n'en paraissent pas senSi= blement affectés. Plusieurs d’entre eux, néanmoins, deviennent päles : languissans , et Ont les jambes enflées, surtout lorsqu'ils sont parvenus à un certain âge. Dutas

S'ils ne sont pas sujets aux fièvres putrides et malignes, c’ést qu'ils travaillent dans des lieux ouverts où l'air circule librement.

Une nourriture végétale, l’usagé des amers, des acides, d’un peu de vin et d’eau-de-vie conviennent très-bien à cette classe d'artisans. Nous donnons les mêmes conseils aux Jabricans de peignes en cornes, aux fabricans de cordes à boyau, et à ceux qui font Tadipocire , en laissant macérer dans l'eau les parties molles des animaux. | |

Toutes ces fabriques, nundé des odeurs .

trés-fétides, doivent être PIaGiee nos du sein des

villes.

DES ÉQUARRISSEURS, TANNEURS, etc. 143

Maladies des Équarrisseurs, des Tanneurs et des

Corroyeurs.

Les équarrisseurs sont ceux qui tuent et dépécent les chevaux pour en avoir la peau. Placés au milieu d'animaux morts où écorchés, d’intestins, d’ossemens et de chairs en putréfacuon, ils vivent dans une atmosphère féude et insupportable pour celui qui n’y est pas accoutumé. Ils sont irès-exposés aux furoncules, à lanthrax, et surtout à la pustule maligne. Les piqüres qu'ils se font quelquefois sont assez fréquemment suivies d’accidens graves.

Les tanneurs préparent les peanx des animaux et les rendent propres à servir dans les arts. Les préparations qu'ils leur font subir consistent à leur enlever les poils ; à en séparer les graisses adhérentes, à les dépouiller de leur épiderme, les nettoyer , les assouphir, les gonfler, et les imprégner d’écorce de chêne pulvérisée qu'on appelle tar , et qui leur donne de la sohdité et de limperméabilité. Ramazzini dit qu'il se dégage des tanneries des vapeurs si infectes, surtout dans l'été, que les chevaux résistent au frem, et ne veulent point passer auprès de ces endroits ; il ajoute que les ouvriers tanneurs ont le visage blême et cadavéreux:, qu'ils sont d’une couleur livide, très sujets à l'asthme ; aux engorgemens de la rate, et qu'il en à soigné plusieurs atteints d’hydropisie. Sans doute l'habitude de manier des peaux grasses et puantes et de travailler dans des endroits bas et humides,

144 MALADIES semble disposer aux maladies que nous venons d’énoncer ; Mails en visitant plusieurs tanneries, nous nous sommes convaincus qu’on a éxagéré les dangers de la profession de tanneur, laquelle est plus désagréable que dangereuse à la santé. Nous avons seulement remarqué qu'ayant souvent les pieds et les mains dans l'eau, ces artisans sont attaqués de douleurs rhumatismales. Ils sont quelquefois affectés de la pustule maligne; les coupures et les écorchures qu'ils se font se cicatrisent dificilement ; leur haleine et leur transpiration ont une odeur plus fétide que celle des autres hommes en santé. M. Geoffroy , irèshabile médecin de Paris, a observé que ; quoique séjournant dans des lieux humides, ces ouvriers sont très-rarement affectés de fièvres intermittentes | privilése qu'il attribue au tan dont ils se servent. Paul= mier rapporte, d’après Schenckius, que la peste qui éxerça ses ravages à Paris épargna les tanneurs et les corroyeurs. Ç | Les corroyeurs repassent et polissent les peaux qui sortent de la tannerie. L'odeur du cuir, celle du suif et de l'huile qu'ils emploient dans leur travail leur donnent des nausées, des maux de tête. Mais la cause prificipale de leurs maladies provient des efforts qu'ils sorit obligés de faire pour donner aux peaux le poli et le luisant. En effet, tantôt ces ouvriers froltent vigoureusement les peaux avec une roulette en bois de gaïac qu’ils font mouvoir avec les deux mains croisées, tantôt ils agitent de la main droite un lourd morceau de bois en forme de rabot.

DES ÉQUARRISSEURS , TANNEURS, etc. 145 qu'ils appellent marguerite. Ce travail, qui exige de grands mouvemens des bras, développe les muscles de la poitrine! et produit le crachement de sang , des maladies du cœur , ‘et parfois une déformation de la cavité thoracique. Je soigne en ce moment, au troisième dispensaire, le nommé Prignot, corroyeur. Cet homme, d’une bonne constitution, aprés s'être long-temps exercé à la marguerite, a éprouvé de la dificulté à respirer, un Crachement de sang, une déviauon à droite de la colonne vertébrale et une saillie des côtes en arrière, telle que jé crus d” me bord qu’il était bossu. Maïs il m’assura qu’il avait toujours'été bien conformé. Pensant que sa profession pouvait avoir occasioné sa maladie, je fis répéter devant moi les diverses manœuvres employées par! les corroyeurs: La manière dont agit la marguerite me persuadarque là manïpulauon long-1emps'continuée de cet instrument avait entraîné insensiblement à droite le rachis et en dehors les côtes. L° application de sangsues à l'anus et de plusieurs sétons sur la poitrine , l'usage de boissons adoucissantes , et 14 cessation de tout travail, contribuérent, après plusieurs mois, à redresser la colonne vertébrale, à diminuer la saillie‘des côtes et à faire cesser l’hémoptyste et la gêne de la respiration. |

Dans les mäladies des équarrisseurs , des tanneurs, etdes corroÿeurs, Ramazzini engage les médecins àne pas prodiguer la saignée : les boissons sudorifiques. , les fr Ictions avec la flanelle, sont: très-convénables à ces ouvriers: La pustule maligne ; , qu'ils ont Le plus à

140 en . MALADIES

redonter est une inflammation gangréneuse dé. la peau. Ses caractères principaux, sont. apparition d’ une vésicule, puis d’une tumeur dure quis'é ‘étend, pénètre profondément dans le ussu cellulaire , se termine par la gangrène, et détermine tous les symptômes d'une fièvre adynamique ou ataxique. Pour empêcher les progrès du mal, le médécin doit se hâtor de cautériser la partie dites soit par les caustiques , soit par le moyen du feu; on doit en même temps donner à l'imiérieur le quinquina, les amers et tous les cordiaux.

Les équarrisseurs et les tanneurs se préserveront de la pustule maligne, en se lavant, après leur ca vail ,. les mains ; la face, avec une eau savonneuse sin ple ou bien aiguisée avec du vinaigre, Quant aux corroyeurs nous leur conseillons l’usage des acides, y exercice en Li air, et la CES dans leurs travaux. | Far |

Les artisans s qui font l'objet de cet ile doivent établir leurs ateliers hors des villes, de peur que la mauvaise odeur n rufecte l'air 438 les babituns respirent. |

. .… Maladies des. Nourrisseurs de bestiaux.

Les nourrisseurs sont ceux qui, dans les villes, élèvent des vaches, des chèvres, des ânesses. pour en vendre de lait. Ces individus sont. exposés à contracter la pustule maligne quand ils soignent des bestiaux atteints de maladies charbonnéuses ; et sur-,

AS

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