‹ Traité des maladies des artisans, et de celles qui résultent des diverses professions, d'après Ramazzini; ouvrage dans lequel on indique les précautions que doivent prendre ... toutes les personnes qui exercent des professions insalubresChapitre 41 sur 98 · DES NOURRICES. 17Q · texte numérisé non relu

DES NOURRICES. 17Q

gner tous les mois une fois et même deux, en sorte que, pour fuir un genre de mort imaginaire, 1l em trouva un bien certain. Il avait oublié ce proverbe d’un poëte latin :

Nonne hæc stulütia est, ne moriare , mort ?

Il ést rare, ajoute Stoll, qu'un malade quelconque fasse l’histoire de sa maladie d'une manitre moins suivie et moins propre à former ‘un bon diagnostic, qu'un médecin lui-même qui se voit obligé sérieusement de demander des conseils à un autre médecin. »

Maladies des Nourrices (1).

[ En allaïtant et soignant les enfans, les nourrices peuvent être affectées de différens maux qui méritent de nous occüper. Je n’entends pas seulement par le nom de nourrices ces femmes qui, pour de l'argent, donnent leur lait à des enfans étrangers, mais aussi ces mères respectables qui nourrissent elles-mêmes le fruit de leurs entrailles. Les principales maladies qui les affectent les unes et les autres sont le marasme, les passions hystériques, les boutons, la gale, les douleurs de tête, les vertiges, les essoufflemens, la faiblesse de la vue, et tous les maux qui attaquent leurs seins, comme Îa trop gran-

(1) Dans la classification que nous avons adoptée, il est très-difficile de classer convenablement les nourrices. Nous avons pensé que l’article qui les concerne serait placé ici plus à propos'que dans tout autre endroit de cet ouvrage.

dé:quanuité de lait, son épanchement , l'inflammation, les abcès des mamelles, les coupures et les gerçures du mamelon, Il est facile de concevoir comment les femmes qui nourrisent trop long-temps tombent dans latrophie et le marasme : l’enfant grandis-

sant chaque jour et prenant plus de lait à mesure qu'il avance en âge, tire de sa nourrice tout le suc nourricier qui lui était destiné et la rend maigre et mince comme un jonc, suivant l'expression de Plaute, surtout lorsqu'elle allaite deux jumeaux, ou que, conduite par lappât du gain, elle nourrit un autre enfant avec un lait qui n’était destiné qu'au sien propre. Les nourrices sont aussi attaquées de maladies dartreuses et de démangeaisons en touchant et en portant dans leurs bras les enfans couverts de croûtes laitéuses, espéce de purgation qui évite aux enfans des maladies dangereuses » Suivant Hippocrate re ).. « Une femme qui allaitait, dit ce savant médecin (2}, avait des pustules sur la peau qui se passérent dans l'été quand elle eut cessé de nourrir. » Martian us autribue la cause de ces boutons aux erreurs de régime des nourrices , qui mangent et boivent beaucoup pour augmenter leur lait. Les veilles, le sommeil interrompu auxquels sont ex posés ces fem— mes , font naître des crudités propres à produire des boutons, surtout quand le sang contient une Au-

meur dcre.

(1) De Morbis lac., n.7.

(a) 2 Epid.

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