INTRODUCTION
« Orne peut se dissimuler, dit M. Corvisart (1), que les arts ont procuré à l’homme , dans l’état de société, les plus grands avantages, et que , sous le rapport de ses goûts , de ses besoins et de ses jouissances , 1l n’a presque plus rien à désirer. Son génie, soutenu de son active industrie, l'a rendu le maître de la terre; il en change à son gré les innombrables productions, il multiplie ses richesses, et sait les modifier en cent manières différentes; mais pour opérer tant de prodiges nul danger ne l’'épouvante, nul obstacle ne le décourage ; 1l brave l'influence des climats les plus opposés, les fatigues les plus cruelles, l’action délétère des substances les plus dangereuses et des gaz les plus perfides. Ainsi, d'un côté, si l’homme a rendu la nature entière tributaire de tous les ‘biens qui péuvent concourir à embellir son existence; de l’autre, le médecin philosophe voit une foule de maux bien réels prendre naissance à la source même de tant d’utiles et ingénieuses inventions. Ce nombre presque infini d'arts, e métiers , de professions 1 n’est point IM— punémentrexercé, et des milliers d'hommes périssent victimes d’affections particulières au genre
(1) Traduct, d'Avenbrugger , pag. 100.
Yvu; INTRODUCTION,
de vie ou à l’état qu’ils embrassent:» Ajoutons que les professions Îles plus élevées, comme les plus basses , exposent à des maladies plus ou moins graves ; ainsi l'homme de lettres, dont le calme et l'isolement paraissent favoriser la santé, n’en est pas plus exempt que les gens de peine. Pour mettre de Pordre dans ce que nous avons à dire sur l’histoire de ces maladies, noug diviserons cette introduction en six sections.
‘La première section: offrira le travail de Ramazzini, l'histoire de son ouvrage , et is sort qu'il eut parmi les savans. h sun |
- La seconde compre endra le détail de ce qui a été fait sur les maladies des professions avant et 7. Ramazzini. | | tré
+ Dans la troisième, nous examinerons l'influence des professions sur les maladies FL |
La section quatrième est consacrée à Texamen de la mortalité des professions; la cinquième à Yexposé des moyens propres à adoucir le sort malheureux des artisans ; la. sixième a pour objet la
classification ho professions.
. (D) Les considérations és e qui font l’objet des rois premières sections, appartiennent à Fourcroy, qui les a placées au commencement de la traduction de l'ouvrage de Ramazzini. Nous nous sommes permis d'y faire quelques additions que les travaux des modernes ont rendues nécessaires.
INTRODUCTION a ER SECTION PREMIÈRE.
Les faits isolés et en petit nombre relatifs aux maladies des professions, que les médecins, avant : le dix-huitième siècle, avaient répandus dans leurs ouvrages, ne pouvaient être que d'une utilité médiocre , si un travailleur imfatigable n’eût entre
pris de les lier , d’y joindre ses observations particulières, et d’en faire un corps complet d’ouvrage qui pût instruire les médecins, et leur faire ouvrir les yeux trop long-temps fermés sur le sort malheureux des artisans. Ramazzini, observant, à Modène, des vidangéurs qui travaillaient aux latrines de sa maison , frappé des dangers qu'ils couraient, réfléchit aux moyens de les diminuer et de rendre leur condition moins déplorable. Sôn cour compatissant souffrit, et son génie ardent lui suggéra l’idée de remédier À ces maux. Cest à cette circonstance , qui fait honneur à son âme k que nous devons le Traité qu'il nous a laissé sur les Maladies des Axrtisans, dont il serait mutile de faire un éloge étendu. La nouveauté du sujet, la difficulté de le traiter , le’ travail immense qu'exigeal assemblage nécessaire des observa= tions faites avant lui , les détails minutieux et multipliés sur les manœuvres des artisans qu'ilfallait consulter eux-mêmes , l'âge avancé de Ramazzini, tien ne fut capable de le décourager et de le détourner de son projet. Consulter les ouvrages nom=