‹ Traité des maladies des artisans, et de celles qui résultent des diverses professions, d'après Ramazzini; ouvrage dans lequel on indique les précautions que doivent prendre ... toutes les personnes qui exercent des professions insalubresChapitre 51 sur 98 · DES OUVRIERS DES MARAÏS · texte numérisé non relu

DES OUVRIERS DES MARAÏS

La fin de l'hiver et le commencement du printemps paraissent être, dans nos contrées, les époques les plus favorables à l’entreprise du desséchement des marais. Voici les règles de conduite que recommandent. MM. Fournier et Begin (1) aux ouvriers qui se livrent à ces utiles et périlleuses occupations. «Les hommes quis’adonnent à ces travaux doivent

porter des vêtemens propres à les préserver de l’humidité infecte au milieu de laquelle ils sont plon= gés ; des bottes hautes et imperméables garanuront leurs jambes et même la partie inférieure de leurs cuisses de l'impression immédiate et continuelle de l'eau; des feux allumés de distance en distance-serviront à la fois à corriger l'humidité, à déterminer un

mouvement salutaire dans une atmosphère ordinairement stagnante, et à offrir aux hommes des lieux commodes pour se réchauffer, se sècher et prendre leurs repas. Le sol qu ils remuent étant presque constamment infect, tous les ouvriers devront être pour vus d’un flacon contenant quelque substance fortement odorante et tonique, telle que le vinaigre , diverses essences aromatiques. Ce moyen est infiniment préférable à celui qui consiste à adapter au nez de chaque homme une éponge fine légèrement imprégnée de vinaigre et à travers laquelle il devrait respirer. Îl sufhit, en effet, d'essayer combien il: est pénible , même pendant le repos, de se servir d’un semblable appareil, pour se convaincre qu'il est

(x) Dictionnaire des Sciences médicales ; art. Marais.

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356 . (MALADIES -absohimiont impossible, à ceux ‘qui se livrent À de ‘grands môouvemens , d'en faire usage.

‘Le régime de ces hommes, dont le travail est si : pénible, sera compose des substances les plus nutriüves sous ün peut volume ; le vin et l'eau-de-vie leur seront distribués, et ils en feront un usage mo- ‘déré} és lieux où ils se rendent pour se livrer au “répos seront situés, autant qu'il sera possible, hors ‘des marais ; dans un endroit élevé et bien aéré ; on ÿ entretiendra du feu continuellement bien allumé, et il ividta veiller à ce que chacun d'eux , en rentrant JTé soir, quitte sés habns de travail, les fasse sécher “ét les'expose ensuite à un courant d'air sec et pur ‘jusqu’au léndemain ; des ablutions fréquentes avec “Veau et le vinaigre sur toutes les parties du corps, “ainsi qué là proprété là plus scrupüuleuse, devront être “rnises en usage dans ces circonstances. Pour que ces “préceptés Sanitaires Soient mis en pratique, il faut “Sénmettre lès Ouvriers à thé sorte d'administration qui les y oblige impérieusement ; car lès gens du “péuple’s sont ho! aveugles sur leurs véritables ‘intérêts, que ce moyen ést le seul qui soit susceptible de leur fairé exécuter ce qu’une parcimonie, ou une paresse ‘égülement Blimable , leur ferait infailhble- "ment bégliger. »

Les préceptes que fous vénôns d'indiquer sont ‘consacrés par F expérience. Les propriétaires qui ont, dans ces dermiers temps, opéré des déssechemens considérables en employant ces procédés de salubrité , ont eu ha sausfaction de préserver presque toujours | Lo

DES ‘CHIFFONNIERS: 227 Ya totalité des ouvriers. Nous avons, dans les environs de Paris . l’'exem ple des dessèchemens qu'a exécutés M. de Sommariva, et tout récemment le dessechement trésimportant de l’étang de Coquenard : celuici a été opéré sous la direction du Conseil de salubrité. Trois cents ouvriers ont été occupés à ce dessèchement pendant la saison la plus malsaine ; au cun n’est tombé malade. | Aussitôt qu’un ouvrier éprouve quelqnes symptômes qui indiquent linvasion d’une maladie grave, il faut le transporter loin des lieux insalubres. Dans le traitement de ces maladies , le médecin. ne doit pas oublier que les iasmies marécageux produisent une irritation plus ou moins vive du canal intestinal, et qu'il faut être 7 CH EORSDECE dans l'emploi des toniques. |

Maladies des Chiffonniers.

[Tout le monde connaît l’art ingénieux et étonnant ‘de faire le papier avec des anciennes étoffes usées par le temps, ramollies par l’eau, putréfiées et battues. Get art était inconnu aux anciéns, qui se servaient pour écrire de tablettes ciréés , de peaux , où des feuilles de l'arbre pa pyrus > qu’on apportait YÉgypte. Les chiffonniers courent dans la ville pour ramasser et acheter à vil prix les vieux chiffons, et quand ils en ont une grande quantité , ils les vendent a des fabricans de papiers. Renirés chez eux, ils

font le triage des chiffons, et en séparent tous ceux

.qui sont en laine et en soie. On ne saurait imaë giner l’odeur infecte exhalée de ces linges, qui sont les dépouilles d'hommes, de femmes, de cadavres même ,iet qui sont salis par différentes ordures. Le triage de ces chiffons cause à ceux qui le font de la toux, la difficulté de respirer, des nausées et des vertiges, |: | | À Paris, les chiffonniers sont occupés à ramasser dans les rues le vieux linge , le papier, les os, le cuir, lalaine , les cendres, le verre ; quelques-uns d’entre eux grattent les ruisseaux pendant la nuit et y cherchent des clous et autres objets plusprécieux. Ce genre de travail est exercé par la classe inférieure du peu-. ple; ceuxquis’y livrentsont sales, crapuleux, couverts de haillons etrongésde vermine. Couchant souventau milieu des chiffons qu'ils ont ramassés , ils sont exposés à contracter la gale , des fièvres putrides et malignes. Ces artisans abjects sont cependant tres-nécessaires ; ils fournissent à diverses fabriques des matériaux utiles qui, sans eux , seraient perdus. à |. .… Ramazzani dit qu'il faut prescrire aux chiffonniers des médrcamens actifs pour expulser les particules nuisibles qu'ils .avalent ; nous leur recommandons, en outre, de se layer souvent la figure et le corps ayec de l’eau de savon, de placer les objets qu'ils ont ramassés sous des hangars, d’en faire le triage en plein air, de changer plus souvent de vêtemens, et de mener une vie plus régulière S'il est possible. .

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