DES FABRICANS «D'HUILES
augmente chaque jour, une chaleur âcre et séëhe qui revient tous les soirs, des douleurs de poitrine et des étvuffemens les menacent-de la phlithisie pulmonaire: Mais nous les avertissons qu'avec les précautions in. diquées plus haut, ils pourront éviter cette maladie, et faire leurmétier sans danger , surtout s'ils joignent à ces soinstla sobriété et l'éloignement, de tous les exces. ansie . M. Christian a inventé une machine qui a le triple avantage de dispenser du rouissage, de donner plus de chanvre et de lin, et de leur laisser une plus grande foree, puisqu'ils restent pourvus de la gomme que l’eau leur enlève pendant le séjour dans Îles étangs. L'emploi de cette machine, que le Gouvernement devrait propager, rendra la salubrité aux campagnes, dont les eaux resteront potables , et dont l'air
ne sera plus vicié par des émanations dangereuses. Maladies des Fabricans d'huiles.
+ [ Dans les cantons ferules en noyers, on fait une grande quantité d'huile ; pour cette fabrication , on broie les noix avec des meules, et quand elles sont réduites en pâte mollasse, on les fait cuire dans une grande poële en cuivre, et on les met à da presse pour en exprimer l’huile. Pendant cette espèce de cocton , 1l s'élève une fumée noire , d'une odeur désagréable et rance, que les ouvriers avalent malgré eux. Cette fumée produit la toux, l'étouffement, des douleurs de tête ; des vertiges et la cachexice. Les.
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vêtem@ns sales et dégoûütans dont sont couverts ces ouvriers augmentent encore la feuidité qui les en vironne. | L, | | à
Les fabricans d'huile d'olives et de lin sont sujets aux mêmes maladies que ceux qui préparent huile de noix. PR | |
On à vu des ouvriers être frappés d’asphyxie en entrant dans des caves remplies d'huile.
M. Louis Frank assure que les fabricans et les porteurs d'huile de Tumis «et d'Alexandrie ne sont pas atteints par la peste, et que lorsque ce fléau règne, ces ouvriers ne veulent pas quitter leurs habillemens mmbibés d'huile. Cette observation a fait regardér les onctions huileuses comme un préservatif de la peste. ; Li
Pour garantir les fabricans d’huiles de la fumée infecte qui les entoure, on pourrait établir dans leurs ateliers une cheminée pourvue d’une fourneau d’appel et un vasistas à une fenêtre.
1 huile de poisson, et principalement celle de baleine et des autres cétacés, exhale d’épaisses vapeurs mélées de gaz hydrogène phosphoré qui peut s’enflammer et brûler les mains et les habits des pêcheurs quipréparent cette huile. Cet hydrogène phosphoré serait dangereux si l'on n'opérait pas en plein air.
Les personnes qui travaillent dans une chambre bien close pendant quelques heures, à la lueur d’une lampe où brüle l'huile de noix , éprouvent-souvent des maux detête, des vertiges , et une stupeur assez profonde. «Jai vu, dit Ramazzini, quelques hommes
DES SAVONNIERS. 210 à qui cette fumée fut aussi nuisible que la vapeur des charbons; et je connais entre autres un homme de lettres qui, à cause de sa médiocre fortune , s'étant servi d’une pareille huile pour travailler la nuit dans un lieu étroit, fut, assoupi et engourdi pendant plusieurs jours. »
Maladies des Savonniers.
[ L'histoire nous apprend que les anciens se servaient de savon pour détacher les habits de laine et de lin. On it dans l'Histoire naturelle de Pline que celle substance a été découverte par les Gaulois , qui se faisaient déjà remarquer par leur élégance et‘leur propreté. Voiciles paroles de cet auteur : « Cette substance , dont la découverte est due aux Gaulois , est composée de suif et de cendre. Le meilleur savon est fait avec du suif de mouton et de chévre; 1l est ou liquide ou dense; chez les Allemands , l’un et Pautre sont plus employés par les hommes que par les femmes. » Gahien, dans son Traité des Médicamens simples , et dans plusieurs autres endroits de ses ouvrages, fait mention du savon; il dit qu'on le fait avec la chaux , la lessive, le suif de bouc, debæufou de chèvre, et quil a la propriété d'enlever lesitaches : il y a donc une grande analogie entre le savon des anciens et le nôtre. Les premiers mélaient à la lessive de chaux ou de cendres le suif de différens animaux. De notre temps, au lieu de suif, on emploie l'huile, Onestime surtout le.savon de, Venise > qu'on
220 MALADIES envoie même en très-grande quantité dans les pays éloignés. | 4
De nos jours, le savon blanc se fabrique avec de la soude et de l'huile d’olives. Pendant la cuisson, une parue de l’huile se volatilise et communique à Patmosphère environnante une odeur assez âcre pour incommoder les poitrines délicates. La préparation du savon marbré et du savon bleu clair nécessite l’addition d’une petite quantité de soufre qui, par la chaleur, dégage du gaz hydrogène sulfuré. Si lon jointà ces vapeurs celles qui sont fournies par le charbon dè pierre qui sert de combusuble, et par les eaux-méres, quand elles n’ont pas un écoulement libre, on concevra facilement qu’il règne dans les savonneries une odeur malfaisante. M. Fodéré a remarqué que ces ouvriers ont le teint blême , et sont fort sujets aux engorgemens des viscères du bas-ventre, aux infiltrations et à d’autres maladies de faiblesse ; que leurs enfans même ne'jouissent pas d’une bonne santé, et qu'ils sont exposés aux écrouelles et au rachitisme. Il ajoute que le voisinage de ces fabriques est funeste aux poitrinaires.
Suivant Ramazzimi, les savonniers ne sont point incommodés par les substances qu’ils emploient, et malgré les particules âcres qu’ils respirent avec l'air, ils n’en éprouvent aucune maladie ; ils sont sains, robustes et bien colorés. La seule incommodité qu'ils aient à craindre , c’est le travail excessif, la chaleur trop vive à laquelle ils sont exposés jour et nuit, et la nécessité où îs sont de sortir de temps en temps de
DES FOULEURS DE VÉNDANGES , etc. 22* leurs ateliers très-chauds pour respirer un air frais. En s’exposant à l’air froid , ils contractent des fièvres inflammatoires , des pleurésies , des péripneumonies : les erreurs de régime qu’ils commettent ajoutent encore à leurs maux. D’après ce quiprécède, on voit que M. Fodéré n'est pas d'accord avec Ramazzini. Cette diversité d'opinion tient sans doute à la diffé rence des procédés employés pour la confection du savon. |
Les savonniers doivent travailler dans des lieux vastes et bien aérés. Pour les garantir des vapeurs dont ils sont enveloppés, on pourrait établir dans l'atelier une cheminée d’après le procédé de M. d’Arcet. Comme ils sont exposésà une chaleur assez vive, 1l faut qu’en sortant de leur travail, ils se couvrent de leurs habits, afin d'éviter lasuppression de la transpiration et les maladies qui en sont la suite.
Maladies des Fouleurs di eh ses, des Brasseurs ,
et des Distillateurs d’eaux-de-wie.
[ Les ouvriers occupés toute la journée à transvaser la bière, le cidre, le vin , et surtout l’eau-de-vie et l'alcool, sont souvent atteints d'ivresse, produite, non par la boisson immodérée , mais par l'odeur et les fumées de ces liqueurs. Quoique cet ouvrage se fasse le plus ordinairement sous des voûtes trés-vastes, et non dans des celliers fermés, il s’exhale cependant une si grande quantité de vapeurs alcooliques , que les personnes qui viennent voir cés tra=
vaux en sont incommodées au bout de quelques heures. Les hommes qui travaillent. dans cés magasins pendant plusieurs mois déviennent lourds, languissans, Sujets aux vertges, et perdent l'appétit.
Les brasseurs deviennént gras, et perdent debonne heure l’activité d'esprit et d’imaginauon. Les ouvriers qui forit l’eau-de-vie sont au contraire maigres et trés-vifs. Mir
Mais l'ivresse dont je viens de parler est le moindre accident qui menace les fouieurs de vêndanges , les fabricans- de cidre et de bière ; ls peu vent être frappés d’asphyxie: Dans les cuves où :fermeute le’raisin , dans lesbrasseries, dans les caves où 1l y a beaucoup de vin nouveau, 1l règne une vapeur subule formée par le gaz acide carbonique. On voit, à une certaine distance ; elle vapeur, au-dessus des cuves , présenter: ummuage assez épais ; si ON-EN ap+ proche une chandelle allumée, la flamme commence d'aberd par être jaune et faible ; elle va toujours en diminuant, puis elle s'éteint tout-à-fait. Celur qui s'expose à cette vapeur tombe sur-le-champ , etpérit bientôt sil n’est sécouru. Le premmer sentiment qu'il éprouve est celui d’un engourdissement des bras ét. des jambes, d’un serrement de la poitrine et du .gosier, d’un étourdissement bientôt suivi de la perte de connaissance et de la suspension de la respirauon ; puis de la circulation, et même de leur cessation complète. Zacutus Lusitanus (1) rapporte
(1) De Prin, med. hist. ,1.1,n.6.
DES FOULEURS\DE VENDANGES , elc. 223 qu'un courtisan retiré à sa maison de campagne, Ctant entré par hasard dans une cave, fut frappé comme d'un coup de foudre par la vapeur du vin nouveau , tomba sur-le-champ par terre, et expira au bout de quelques heures. Morgagni (1) dit qu'à Vérone, en 1724, dix personnes furent asphyxiées pour'être entrées les unes aprés les autres dans un cellier rempli d’exhalaisons fournies par fé raisin en fermentation. Cette espece d'asphyxie s’observe chaque année dans les pays vignobles. La cuvé où foulent les vignerons est souvent leur tombeau. fl n'y a presque point de vigneron que n’ait connaissance d’un évènement | semblable arrivé à ses parens ou à ses amis. Jai vu plusieurs fois des hommes qui foulaient haleter , respirer difficilement , et être souvent obligés de sorur de la cuve pour jouir d'umair frais.
Pour prévenir les accidens dont sont menacés les ouvriers qui font le sujet de cet arucle, Ramazzini leur conseille de s'abstenir de vin, d’eau-de-vie , ou au moins de ne pas en boire en travaillant, et de quitter leur ouvrage par intervalles, pour aller respirer l'air extérieur. Quant à l’espèce d'ivresse à la quelle ils sont sujets, on à proposé l’usage du choux, des amandes amères , du café et de l'eau aiguisée de vinaigre; maisle repos et Jesommeil sont préférables à ces moyens. % |
Si un ouvrier est frappé d’asphyxie ; 1l faut le retirerle plus tôt possible, l'exposer à l'air hbre, lu jeter
dr) Epistoagxsn: 39.
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sur le visage de l'eau fraîche mélée à du vinaigre, et faire sur la poitrine de douces frictions. Si la respirauon nese rétablit pas, on insuflle de l’air dans les poumons au moyen d’une sonde de gomme élasüque ou d’une canule introduite par la bouche ou le nez; on administre des lavemens purgaufs, et on applique des sinapismes et de ventouses sèches sur diverses parties du corps.
On préviendra cet accident en ne multipliant pas trop les cuves dans le même cellier , et en ne les faisant pas trop élevées, de manière à toucher aux solives, comme cela se pratique dans les campagnes, ce qui fait que les vapeurs en remplissent tout l'in tervalle. Il faut pratiquer des-portes et des fenêtres opposées, pour y entretenir des courans d'air qui emportent le gaz acide carbonique, et recommander aux ouvriers de setenir toujours debout à côté des euves, et y baisser la tête le moins possible: Un ouvrier ne doit jamais visiter seul des celliers peu aérés.
Maladies des Ouvriers qui travaillent au desséchement
des marais.
Les ouvriers qui travaillent dans l’intérieur des marais pour en opérer le desséchement, sont soumis de la manière da plus immédiate à l’action de mias-
7.1 5 9 PYN " mes délétères. Il s'élève presque constamment de ces terrains fangeux, remués par les travailleurs, des émanations féuides qui déterminent des fièvres intermittentes pernicieuses , la dysenterie et des imflamma-
tions gastro-intestinales.