DES CHIMISTES
occasioner à ceux qui les pratiquent, ajoute Four croy, n’ont point détourné les chimistes modernes, des travaux multipliés. et intéressans auxquels ils se, livrent; le zèle qui les. anime est le seul, préservatif, qu'ils opposent ; etibravant les vapeurs pernicieuses. du soufre , des acides minéraux, de l’alcali volaul ; des différens foies de soufre, des métaux en fnsion,. des substances en fermentation, et de beaucoup, d’autres corps qu'ils traitent; ne redoutant rien des, explosions violentes , des disuillations dangereuses, etc., etc., on les voit tous les jours enrichir la, physique , la médecine, la physiologie À les arts sur tout, des plus importantes découvertes. Il faut donc du courage pour ces travaux uules, mais 1l faut aussi de la prudence. Des hommes aussi, précieux que les chimistes se doivent à leurs compatriotes et à l'univers entier ; s'ils s’exposent à des expériences périlleuses , ils mettent en danger une vie consacrée au bien public. » Un jeune pharmacien de Lilie en Flandre, en triturant un mélange de muriate sur— oxigéné de potasse.et de soufre, qu'il destinait à la fabrication des allumettes .oxigénées , fut. tué presque sur-le-champ par l'explosion de la matière fulminante; des fragmens du mortier de verre lui mutilèrent une parue de l'abdomen ; les muscles des cuisses furent déchirés et plusieurs vaisseaux ouverts; il ne survécut qu'ane heure dans des douleurs cruelles, et tous les secours qu'on hu prodigua furent inutiles. M. Gchlen, professeur distingué de lacadémie de Munich,
s occupait, au mois dejuullet 1815, de recherches sur
l'action réciproque de l'arsenie et de la potasse ; 1 chercha à juger , par l'odeur , du moment où le gaz commençail à se dégager. À peine une heure s'était écoulée, quil fut attaqué de vomissemens continuels, accompagnés de frisson et d’une grande faiblesse, Ces symptômes alarmans, que rien ne put calmer, s’accrurent jusqu’au neuvième jour, où ilexpira dans des souffrances inouïes. Les chimistes prévien-" draient une foule d’accidens qui les menacent sils pratiquaient leurs opérations dangereuses sous de grands inanteaux de cheminées pourvues d’un fourneau d'appel. - |
Les chimistes F. s’'adonnent aux travaux” du cabinet sont exposés aux mêmes maladies se les’ gens de lettres. cs
Maladies des Pharmaciens.
À En préparant les médicamens pour la santé des | autres , les pharmaciens altérent quelquefois la leur : ils éprouvent souvent des effets nuisibles de diverses préparations , en absorbant les émanations des substances qu'ils emploient : ainsi la confection du laudanum détermine l’assoupissement et le‘sommeil; la pul vérisation des cantharides exhale une vapeur. trèsâcre, qui irrite les organes dela respiration, dela dégluttion, et principalement les voies urinaires. | J'ai scigné dernièrement le pileur d’un droguiste , âgé de quarante-cinq ans, d'une forte constitution, lequel, après avoir criblé sans précautions une grande quantité
DES PHARMACIENS: 233 de vieilles cantharides, fut atteint de phlyctènés à la face , au cou, à la poitrine, aux bras et aux mains ; ni survint en même temps de la rougeur aux YEUX, des vornissemens, des coliques, des lle abondantes, et une difficulté extrême d’uriner. Les saignées, les bains, les lavemiens émolliens, le lait et les émulsions Etiislées calmérent < ces accidens et guérirent- le malade, F <
Le comte de Verulamius (1) dit que ceux qui pilent la coloquinte respirent une poussière qui a plus d’une fois occasioné des coliques et la diarrhée. La préparation de l’onguent althæa cause quelquefois des nausées et des vomissemens. La pulvérisation de l’euphorbe détermine des coliques vi0lentes, des saignemens de nez et même le crachement de sang. Ramazzini a connu un apothicaire qui, ayant touché ses parties génitales après avoir porté dans sa main la racine fraîche de pied-de-veau, fut attaqué d’une inflammation si violente aux bourses qu'il survint la gangrène de cette parte et une hémorrbagie abondante. Fourcroy a voulu s'assurer de l’âcreté de celte racine : « En ayant, dit-il, déterré une dans une herborisation , et désirant en connaître la saveur, je la portai à ma bouche et la coupai en deux morceaux d’un coup de dent: à linstant même je crus avoir un charbon à la bouche ; ma langue et mon palais se couvrirent de tumeurs blanches, acérées, qui
me cuisaient beaucoup. J’entrai chez un paysan le