DES CARDEURS DE MATELAS. 259 CINQUIÈME ORDRE
Maladies causées par des particules laineuses , cotonneuses, etc:
Cet ordre comprend les cardeurs de matelas, les couvyerturiers, les filateurs de coton, les, chapehiers , etc.
Maladies des Cardeurs de matelas.
[ Ces artisans s'occupént, comme l'on sait, à re faire les matelas dont la laine, comprimée par le poids du corps, est devenue trop dure. Pour cela , ils frappent la laine avec des baguettes sur des elaies. d'osier, la secouent , ét rendent ainsi les matelas plus mollets, En battant et en cardant cette laine salie tant de. fois par les sueurs , les excrémens et les urines , ils avalent beaucoup .de poussière infecte qui occasione de la toux , de la gêne à réspirer, l'asthme et même la phthisie. | Morgagni rapporte, dans ses Recherches sur le siége et la cause des maladies ( lette17), l’histoire d’un matelassier âgé de cinquante
ans, qui, par l’exércice de son métier ,éprouva une . maladie de poitrine à laquelle il succomba: A l’ouverture du cadavre, on trouva la partie inférieure du poumon gauche et un lobe du poumon droit compactes et gorgés de sang ; le cœur était augmenté de volume, et l'aorte, à son origine, était anévrysmatique. Les cardeurs de matelas sont tous maigres , pâles et
faibles : Ramazzini en a connu beaucoup qui étaient faugués par ce genre de travail et réduits à un état de marasme incurable. Mais la poussière qu'ils respirentest encore plus nuisible lorsqu'elle est: unie à des particules métalliques, comme le témoigne une . observation recueillie par Foureroy. « Une ouvrière ‘cardait un matelas dont la laine était d’une couleur rouge-noirâtre, surtout celle qui formait la première couche sous la toile ; bientôt la poussière que ses cardes faisatent voluiger , et qu’elle évitait cependant le plus qu’elle pouvait , Jui prit au nez et à la gorge { ce sont ses expressions selle toussa ct'éternua ; l’odeur de cette laine lui parut plus manvaise que celle -qui s’exhale ordinairement de cette substance ; enfin des nausées violentes lobligèrent de’quitter son ou rage; elle remonta chez elle et vomit plusieurs fois ‘de suite des matièrés noirâtres et: filantés: élle but de l'huile qu'elle avait sous sa maïn , et continua de vomir. Nous eümes occasion de la voir à cet instant ; nous lui fimes plusieurs questions; et étant enfin parvenus à savoir que le matelas qu'elle avait à carder appartenait à un fondeur, nous nous apercûmes que ces accidens étaient dus à des molécules cuivrenses, Enconséquence nous la fimes vomir plusieurs fois, etnous luiconseillâmes, lorsque levomissement fut apaisé , de boire du lait pendant plusieurs jours. À l’aide de ces moyens simples , elle vitcesser peu à peuses nausées. Nous eûimes la curiosité d’examiner la laine de ce matelas : nous y tronvâmes en effet unc-poussière fine, noirâtre, rougeätre,, très-