‹ Traité des maladies des artisans, et de celles qui résultent des diverses professions, d'après Ramazzini; ouvrage dans lequel on indique les précautions que doivent prendre ... toutes les personnes qui exercent des professions insalubresChapitre 57 sur 98 · DÉS CARDEURS DE MATELAS · texte numérisé non relu

DÉS CARDEURS DE MATELAS

fine, et qui offrait des parcelles brillantes en la regardant d’une céfiaine manière. »

Le cardage des matelas d'individus morts de fièvres putrides ou de maladies contagieuses , dégage des miasmes délétères qui peuvent causer des affec tions graves. Mon ami M. Bricheteau a soigné une femme qui fut attaquée de typhus pour avoir cardé un matelas sur lequel avaient couché des malades atteints de Fig plus d’un an après que l'épidémie eut cessé à à Paris , en 1814. Dans une telle circon- Stance , les ouvriers, avant de carder la laine des matelas, doivent la mettre à l'air pendant plusieurs heures et même la laver.

Ramazzini recommande aux matelassiers des vo= mitifs ou des purgatüfs pour évacuer les parties nuisibles qu'ils ont avalées; pour les préserver de ces parücules , 1l leur conseille de se couvrir pendant leur ouvrage la figure avec une gaze et de se garga riser la bouche avec de l’eau vinaigrée. Ils pourront “encore éviter la poussière de la laine en détournant . le visage de dessus leurs cardes , en parlant le moins possible pendant qu’ils travaillent, et en ‘ayant soin de se mettre contre une porte ou contre une fenétre et le dos au vent, qui emporte loin d’eux les molécules dangereuses. Ils doivent avoir soin de se laver les mains et la face avant de manger. Les bains leur sont très-utiles. we)

242 MALADIES Maladies des Criniers.

de ouvricrs qui déploient les balles de crin et qui les battent sont susceptibles de contracter des charbons malins et des anthrax. La Gazette de Santé (mars 1777) } contient l’histoire de quelques ouvriers qui ont été attaqués de ces maladies, après avoir ouvert. et épluché sans précaution des ballots de crin üres de Russie. Ce fait ne doit pas paraître surprenant , puisqu'on, à vu à Marseille des hommes foudroyés par eflluve pestilentiel, au moment où ils ouvraient des balles de coton qui recélaient cet effluve. Il est donc très-important de faire attention aux maladies des artisans , puisque les substances qu'ils iravaillent peuvent apporter des pays d'où elles viennent des mTasmes contagieux. Dans ce €as, on doit exposer les marchandises suspectes au grand air, à la vapeur du soufre et aux fumigations acides, surtout à celles de Guyton-Morveau. Les ouvriers qui les mamient doivent se laver souvent avec un

mélange d’eau et de vinaigre.

Maladies des Pélletiers, des Plumassiers , des Cou-verturiers , des Tricoieurs et des Filateurs dé co-

ton.

Tous ces ouvriers sont sujets à une toux habituelle, à l'asthme et à la phthisie pulmonaire, que déterminent les corpuscules légers sans cesse entraînés dans la trachée-artere et les bronches, Presque tous ont

DES PELLETIERS, PLUMASSIERS, etc. 243

aussi les yeux chassieux et larmoyans. Îls peuvent se préserver de ces corpuscules en se fixant sur la face, avec des rubans, nue éponge mouillée qui couvre le

sommet du:nez, la bouche et le menton » d'aprés le procédé de M. Gosse.

Les tisanes d'orge, de violette, de mauve, le lai et un régime adoucissant, sont três-conyenables pour calmer lirritation pulmonaire.

Pelletiers et Fourreurs. Aux époques de l’année où ils battent leurs fourrures, pour en détacher la poussière et les vers qui les rongent, ils éprouvent des douleurs à la poitrine et un peu de gêne dans la respiration. |

Plumassiers. Deux causes contribuent à “ts maladies : 1°. les plumes adhèrent par leur base à une portion de matière animale très-corruptible, qu’elles entraînent lorsqu'on les arrache. Cette mauêre animale, qui est bientôt attaquée par des vers, exhale une odeur féude ; 2°. le duvet des plumes se détache, voluge lorsqu'on des agite, et pénètre avec l'air qu’on respire dans, les voies pulmonaires. M. Patrix rapporte (1) l’histoire d’un plumassier bien propre à faire connaître le danger de cette profession. Cet ouvrier s’enfermait dans une chambre et s’entourait d’un paravent, afin d'éviter le courant d'air, et de parvenir plus sûrement à séparer les plumes de diverses qualnés. Bientôt al fut atteint d'une toux continuelle et d’oppression de poitrine.

(x) TZraitésur de Cancer de la Matrice ; intoduct.

MALADrS

JQ

Rien n'ayant pu le décider à changer de métier, tou Ie symptômes de la phthisie se Aévelobpér os et il succomba, On distingüait dans son expectoration une grande quantité de débris de duvet. A l’'ouverture du cadavre, les bronches en étaient ie ds et présque obstruées. ‘

Couverturiers. Ils travaillent debout, et respirent continuellement du duvet de coton ou de la poussière de laine qu'ils peignent avec des chardons : ces ouvriers sont hâves, maigres et sujets aux affections de poitrine. Comme ils sont tourmentés par la soif, ls hoivent beaucoup de vin de mauvaise qualité et prennent une nourriture peu substantielle. Peu à entre eux arrivent à soixante ans. Ils sont étidore exposés à de plus grands dangers lorsque les laines qu ls travaillent sont teintes ; les couleurs qui leur sont appliquées agissent d'une manière plus ou «moins nuisible sur les organes de la respiration.

Les cardeurs de laine et les ravaudeusés sont sujets aux mêmes maladies que les couverturiers.

Tricoteurs. s sont également menacés d’affectons de la poitrine: Les soldats français qui étaient prisonniers en Angleterre dans les pontons, et qui, pour gagner quelque argent , se livraient au trico= tage , devenaient presque tous phinsiques. M. Husson, quim'a raconté ce fait, pense que dañs ce cas la phtusie est due autant aux mouvemens continuels des bras, lesquels impriment de fortes ‘secoussés à la poitrme, qu'à l'introduction des molécules laineuses et cotonneuses dans les voies respiratoires.

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