DES CHAPELIERS
draps avec de grands ciseaux. Ge travail fatigue beaucoup les muscles de l’avant-bras. | Les mou. vemens.précipités et: alternatifs des extenseutrs et des fléchisseurs de la main et des doigts déterminent l'inflammation de ces muscles , principalément chez les jeunes- gens faibles et peu aécoutumés à cet ouvrage. Cette maladie est caractérisée par une tension au carpe et à l’avant-bras, dans la direcuon des fibres musculaires , et par une crépHation en physémateuse : dans: le üssu cellulaire de ces parties. Elle eede fact: lement au repos et aux applications froides et résolatives , aidées d’une compression modérée qu'on exerce avec une bande.
Les tondeurs sont ex posés à respirer des particules Jaincuses qui occasionent parfois de la toux. Obligés de travailler debout, ils sont sujets aux varices et aux ulcères des jambes. R :
Ramazzini conseille aux fhbridane et aux toncleurs de draps de se tenir propres et de se laver les mains, les bras et les jambes avec du vin chaud. Les bains tempérés et les frictions sèches ne leur sont pas moins utiles: Les auteurs du Dictionnaire de Santé ont remarqué que les drapiers, les mousseliniers et les usserands supportent difficilement la saignée dans leurs maladies, ét qu'elle leur est même contraire.
Maladies des Chapeliers.
La profession de chapelier se compose de plusieurs opérations plus ou moins insalubres.
1°. Les lines dont on se sert pour la confection
‘des chapeaux, et principalement celles qui viennent dés pay étrangers, sont souvent échauffées ; pourries ou gâtées par les insectes ; plusieurs sont remplies de poussière et de saletés. Les femmes qui épluchentces laines ; celles qui coupent, arrachent les poils des peaux, celles qui les cardént, les baguettent , inspirent continuellement un air chargé de molécules pulvérulentes et de poils qui, pénétrantdans les voies aériennes, lesirritent, causent dela toux, desrhuüumes, l’hémoptysie, laquelle se termine fréquemment par la phthisie pulmonaire. M. Duparcque m'a communiqué l’histoire d'un jeune homme âgé de vingt-sept ans qui, en se livrant à ce travail , a présenté, à trois reprises différentes, tous les symptômes dela phthisie. Deux fois la cessation de son travail, le séjour à la campagne et l’usage du lait lui ont rendu la santé: A yant été obligé de reprendre le. même genre d’occupation une troisième fois, cet ouvrier a éprouvé la méme irritation de poitrine, qui ne s’est pas encore dissipée depuis six mois. J’ai soigné plusieurs coupeuses de poils dont les règles ne coulent pas bien; et qui sont sujettes au crachement de sang. La plupart sont maigres, ont un teint jaunâtre, et deviennent asthmatiques à l’âge de quarante à cinquante ans. Quand les poils qu’elles travaillent ont été secrétés , elles sont exposées au tremblement mercuriel. 2°. On donne aux poils de lièvre, de lapin, de’ castor une facon qui tend à leur faire prendre ou à augmenter en eux la qualité feutrante. Comme cette
préparation n'était pas autrefois la même daus toutes
DES : CHAPELIERS. :49 les fabriques, et que-chacun faisait un mystère de la sienne , on l’a appelée secret, et l’on dit que le poil est secrété qüand il l’a reçue. Le secrétage consiste à tremper les peaux et les poils dans üne eau dite de composition, laquelle est formée avec de l'acide nitrique affubli par moitié d'eau commune, et avec une once.dée mercure par livre d'acide; on fait ensuite sécher. lés parties secrétées dans uné étüve. Pendant celte opération ;ilse dégage des vapeurs épaisses et des émanations mercurielles qui, absorbées par les ouvriers ; : peuvent. produiré un tremblement analogue à celui des doreurs, mais beaucoup moins considérable. | si ru hi. s
Les chapéliers qui foulent, étant obligés de tra< vailler débout, sont sujets aux varices et aux ulcères des jambes. Comme ils ont souvent la poitrine et Îles bras nus dans leurs ateliers chauds; ils sont exposés en sortant dehors sans être couverts de leurs habits; à contracter des rhumatisrnes,: des catarrhes et des fluxions de-poitrine : j'ai traité plusieurs chapeliers de ces maladies. Et Et NT pi |
5°, Ceux qui repassent les chapeaux! sont exposés aux vapeurs du charbon, en faisant chauffer leurs fers ; la chaleur intense des fourneaux occasions quelquefois lhémoptysie.
4°. Les chapeliers & larcon sont ceux qui tirent avec des pinces les poils blancs ou trop longs des chapeaux; il voltige dans leurs ateliers un duvet trèssubtile qui est entraîné avec l'air dans les voies respi-
raloires, et détermine dans ces parties une irritation
d'autant plus vive qu'il contient LE aise de nitrate de mercure, :
5°. Les femmes qui. garnissent les chapéaux sont sujettes aux maladies eansées par la vie sédentaire : de plus, obligées de tenir pendant Fhiver leurs chambres trés - chaudes par desipoëles, afin de pouvoir se servir de l'aiguille, elles sont exposéesaux congestions cérébrales. M. Dupareque a observé plusieurs fois cette affection , surtout chez les femmes enceintés.
Les chapeliers doivent travailler dans dés ateliers vastes et bien aérés ; s'éloigner lorsqu'on fait le mé lange de l’eau de composition, secréter les peaux et arconner en plein air et le dos au vent, se couvrir Ja face d’une gaze, ou la bouche et le nez d’une éponge mouillée. Mais le moyen préservatif le plus efficace consiste à établir dans les ateliers une cheminée munie d’un fourneau d'appel et un vasistas à une fenêtre. Il est utile aux chapeliers de se laver exactement les mains.et la figure avant de manger, et de se nourrir de lait et d’alimens doux. Le vin et les liqueurs fortes dont ces ouvriers font un usage immodéré, leur sont nuisibles, en déterminant des” inflanimations du canal intestinal.
CAUSÉES PAR L'HUMIDITÉ. ‘ aie