DES POLISSEURS DE GLACES ET BRIQUETIERS
Maladies des À Me de glaces.
Les polisseurs sont épuisés très promptément par la fatigue ; on en voit peu continuer leur travail audelà de quarante-cinq ans. M. Cadet-Gassicourt dit qu'ils sont sujets aux affecuons pulmonaires. Ces ouvriers exercent en effet bédicoup les membres -thoraciques.
Il en est de même des monnoyeurs attachés aux balanciers , des in primeurs s attächés à la presse, des. ouvriers tournant les roùes à mamivelles, de ceux qui pésenb sur des’ pistons owsur des leviers, et de ceux qui fabriquent le chocolat: NUE
Aitadies des Priquetiers..
[ Il est assez vraisemblable que les premiers hommes n’ont point eu de maisons, puisque les cavernes leur servaient de retraite , qu'ils y fixaient leurs dieux Lares, et qu'ils s'y enfermaient avec leurs trou peaux. Bientôt, pour se procurer une habitation plus commode, 1ls construisirent des ben avec le chaume et. les roseaux ; ils élevèrent ensuite, des maisons un peu plus solides avec les cailloux et les pierres que fournit la nâture; ainsi, dans les montagnes , l’on en voit encore qui sont bâties de cailloux unis ensemble avec la terre glaise, et couvertes de larges pierres. Dans les plaines où il n’y a pas de carrières, on a imaginé de faire des briques avée de-
l'argile , afin d’en bâtir des maisons. Les hommes.
qui sé livrent à ce travail se nomment briquetiers.
Leur métier est pénible. Les Israélites, dans leur esclavage en Egypte, étaient condamnés à faire des briques. Occupés toute la journée à former l'argile en briques , à les dessécher au soleil , et enfin à les cuire dans des fours pour les durcir, les briquetiers sont exposés aux intempéries de l'air, des saisons , et à la chaleur ardente du four. Ajoutez qu'ils se nourrissent très-mal , et que le pain bis, Val et les oignons sont leurs alimens ordinaires. Les maladies qu’ils éprouvent sont des fièvres malignes et inflammatoires , les fièvres quartes, la cachexie et l'hydropisie. Dés que ces ouvriers, qui sont la plupart des paysans, sont pris de la fièvre , ils retournent dans leurs chaumières , se confient aux soins de la nature , ou vont dans des hôpitaux et y sont traités, comme les autres malades, par les moyens accoutumés , les purgatifs et la signée, parce que les médecins ignorent leur profession et ne savent point qu'ils sont épuisés et affaiblis par un travail excessif.
Les baïns tempérés sont trés-convenables aux briquetiers pour laver leur peau , l’humecter et facili- : ter la transpiration ; ce moyen leur est aussi utile en santé qu’en maladie. |
DES LABOUREURS, JOURNALIERS, ec. ‘511
Maladies des Laboureurs , des journaliers et, des
J LSTLETONS.
O jortunatos nimièm., sua si bona norint Agricolas ? id
Heureux le laboureur ! trop heureux s’il sait l'être !
[Telles sont les paroles du prince des poètes ; mais elles ne doivent s'entendre que des anciens laboureurs qui culuvaient leurs champs avec leurs bœufs, et non de ceux de notre temps, qu, labourant des terres qui ne leur appartiennent point, ont à combattre et les fatigues de leur état et la pauvreté qui les accable. | |
« L'agriculteur. aisé , environné d’un a pur, jouit, dit M. Hallé (1), d’une forte consutution et d’une santé durable ; sa nourriture est sunple et sa- Jubre ; la quantité de ses alimens , déterminée par le besoin et l’appétit , et non par la sensualité , est proportionnée à ses travaux , et ses travaux n'excèdent point ses forces; les enfans qu'il élève annoncent la. santé et la vigueur ; tout autour de lui porte l'empreinte du bonheur , qui n'est tel que.parce que ses travaux sont dans une juste proportion avéc ses jouissances. Tel est l'agricole de Virgile ; tel est chez nous le fermier, : le médecin n’a à observer en lui que les heureux effets d’une vie sobre et laborieuse. Mais que, séduit par ces riantes images , 1l n'oublie
(1) Encyclopédie méthod. ,.art. Agriculiteur.
- Bre | 1, MALADIES pas le journalier ; ses tristes regards y verront dans ‘certains pays un spectacle bien différent ; il le verra souvent presque sans abri l'hiver , et brülé l'été par le soleil. Les travaux excédent souvent ses forces, et souvent ses alimens sont à peine suflisans pour réparer ses pertes. N'ayant pas de quoi soutenir ses enfans , 1] les associe à ses fatigues dans un âge où ils n'ont pas encore acquis les forces nécessaires pour les supporter : aussi son corps porte=t-il de toutes . parts les empreintes de la peine et de la misère ; ses enfans , à l’âge de quiñze ou dix-huit ans, ont les dehors d'hommes âgés de trente ; et dans l’âge mûr, il ressent déjà les approches de la vieillesse , dont il a l'aspect avant d'en senur les effets. Sa fibre devient dure et roide avant.le temps; son visage se couvre de rides, ses cheveux blanchissent, sa peau brunit, se sèche et devient écailleuse ; ses articu- Jauons, tantôt roidies par le froid , tantôt séchées par l'ardeur du soleil, perdent leur souplesse ; son dos, arqué de bonne heure ,; ne peut plus revenir sur luiméme , et tous ses membres se prétent avec peine aux mouvémens les plus nécessaires. Heureux encore le pauvre villageois si, à tant de maux ne se joignent pas des causes qui accélérent sa perte, si sa demeure n’est pas humide et malsame, si elle n’est pas enfoncée dans le sol, si-elle n’est pas le rendez-vous des eaux croupies qui s’écoulent de dessous les fumiers et des mares qui séjournent aux environs; si, ruinée par le temps , elle ne donne pas
entrée aux vents et aux frimas, ce quiserait encore
DES LABOUREURS,+ JOURNADIERS, etc. 313 préférable à ces retraites impénétrables à law, dont Ja porte surbaissée, est. presque la seule. ouverture où.dles familles entassées ne respirent qu'un ar,corrompu, et où le germe des épidémies, une! fois
porté, ne s'éteint que, par la mort du dernier iüdi-
vidu ! » | |
:[ Les laboureurs sont très-sujets aux pleurésies, aux péripneumonies, à l’asthme!, aux coliques , aux érysipéles ;: aux ophthalnues, aux, esquinancies et aux rhumatismes , qui reconnaissent pour cause .0ccasionelle l'air et la mauvaise nourriture. Dans les champs où ils travaillent, is sont exposés aux mtempéries de l'air, au vent, du midi, à celui du nord ; ils ont à essuyer la pluie,, la rosée du, matin ct les ardeurs du soleil; tantôt baignés de, sueur, tantôt transis de froid, 1lsne peuvent, malgré: leur robuste constitution , : supporter, tant, d'alternatives impunément.. Les alimens grossiers et visqueux dont ils se nourrissent font naître dans. les : premières voies une grande quantité:de saburres qui produisent facilement l'ivritation des intestins.
: Les maladies varient suivant les différens travaux de la campagne, et suivant la diversité des pays et des saisons. En hiver et au commencement du printemps, les inflammations de poitrine, les fluxions aux yeux , les esquinancies régnent parmu les laboureurs. Le sang qu'on leur üre dans ces maladies est si épais, qu'il resse:ble à la cire par sa densité. et sa couleur ; au commencement de l'été il est,
au contraire , fluide et d’unecouleur de rose. Il faut
que les travaux aient une grande influence sur nos humeurs pour donner au sang des qualités si diffé rentes. De tels changemens ne s’observent pas chez les habitans des villes.
J'ai fait sur les paysans de nos cantons , et surtout sur leurs enfans, une observation assez curieuse. Au moïs de mars, vers l’équinoxe du printemps , les enfans de lâge de dix ans ou environ sont attaqués d’une grande faiblesse de la vue ; ils ne voient que très-peu pendant le jour , et vont errans dans les campagnes comme des aveugles , sans connaître leur chemin ; dès que la nuit approche leur vue revient un peu. Cette maladie:cesse sans aucun médicament ; les yeux recouvrent leur fonction vers le milieu d'avril. Ayant eu souvent occasion d’examiner les yeux de ces enfans , j'ai vu leur pupille extrémement dilatée : c’est le mydriasis des auteurs.
En été, les gens de la campagne sont attaqués de fiévres ardentes , surtout lorsqu'ils sont brülés par la chaleur de la canicule. En automne, 1ls sont tourmentés par la dysenterie, qui est causée par les mauvais fruits et les erreurs de régime. C’est dans.
cette saison qu'als ont coutume de faire rouir dans des mares le chanvre et le lin. Les femmes , occupées à retirer hors*de l’eau les paquets de chanvre et à les.
laver, sontobligées de se plonger jusqu’au milieu du corps dans les étangs et les lacs ; elles sont souvent prises , après cet ouvrage , de maladies aiguës qui résultent de la suppression de là transpiration et del’absorpuon des miasmes exhalés des eaux stagnantes.
DES LADOUREURS, JOURNALIERS, etc. 515 C’est avec bien de la raison que les liabitans des villes regardent ce temps comme pernicieux pour aller à la campagne , parce que toutes les maisons sont ihfectées de l’odeur du chanvre: | | Le peu de soins que les laboureurs ont de leurs demeures contribue encore beaucoup à détruire leur sauté. Telle est, par exemple ; la Mauvaise coutume
vant leurs étables, et même devant léurs maisons,
où ils sont d’amasser le fumier pour les engrais de qu'on pourrait appeler des toits & porc, et de les conserver pendant l'été comme par délices : les exhalaisons fétides qui s'en élévent en grande abondance altérent l'air qu'ils respirenit. |
Ceux qui habitent lés plaines et Les lieux humides , bas, marécageux, voisins des étangs, sont souvent atteints de fiévrés intérmittentes. Il en est de même de ceux qui cultivent le riz, lequel ne croît bien que dans les inarais. : |
. Les hernies soñt assez fréquentes chez les laboureurs ; elles sont dues aux efforts qu'ils exécutent pour porter ou soulever de pesans fardeaux.
Tous ceux qui travaillent à la terre étant obligés de se tenir sans cesse courbés , restent dans cette situation génante lorsqu'ils sont parvenus à un certain âge. Îl n’est pas rare de rencontrer à la campagne des vieillards pliés en deux et hors d’état de travail ler. Les mains de ceux qui manient la bêche , lahoue et tous les instruniens du labourage, se roidissent peu à peu ; les doigts deviennent crochus et ne peuvent être redressés qu'avéc peine.
Les vignerons, en foulant les vendanges, peu vent être asphyxiés par le, gaz acide carbonique. qui se dégage du raisin en fermentauon. :Nous:avons déjà-parlé de cet accident en traitant des fouleurs de vendanges. | +.
Les moissonneurs. et les faucheurs sont très-expo- Sés aux coups de soleil, aux maladies inflammaloires et aux fièvres intermittentes, On voit chaque année plusieurs de ces ouvriers succomber à lintensité de la chaleur. Van-Swiéten rapporte l’histoire de deux faucheurs qui, pour avoir dormi nu tête sur du foin , à l’ardeur. du soleil, succomberent en vingt-quatre heures, à une inflammation des membranes du cerveau. Les moissonneurs.sont souvent affectés d’ophthalmie et de cataracte, à cause de la lumière trés-vive dont leurs yeux sont frappés:
[ Puisque c'est aux laboureurs que nous devons notre nourriture , ilest bien. juste que la médecine cherche à les guérir et, à les préserver des maladies.
Je me bornerai à faire ici quelques, remarques uüles sur la manière de les soigner , lorsqu'on les a transportés dans les villes, ou lorsque leur aisance leur permet de faire venir un médecin chez eux. D'abord, dans la pleurésie et dans les autres ma- Jadies de la poitrine , on aura soin de ne pas prodiguer la saignée comme chez les Habitans des villes ; leur corps, épuisé par le travail , s’affaisse aisément. Lorsqu'on fai couler le sang à grands flots, leurs forces se dissipent , :et 1l ne leur. en reste pas assez pour supporter la maladie et pour qu'elle puisse se
DES LABOUREURS ; JOURNALIERS , etc. 317
terminer par les crachats. Je sais que plusieurs médecins pensent'qu'on peut saigner sans crainte lorsque le sang paraît épais, afm de lui procurer plus de mouvement ; mais qu'ils apprennent du sayant Baillou (1} que les servantes ‘et les domestiques dont le-corps est dur'et robuste, et dont la santé est vigoureuse, sont plus accablés par les purgaufs et les signées que leurs maîtres, qui sont plus faibles et plus délicats.
Il se commet donc beaueoup d'erreurs dans le traitement des journaliers, parce que l’on s’imagine qu’en raison de leurs forces , ils peuvent supporter des médicamens plus actifs que les habitans des villes. J'ai souvent vu‘avec peine de pauvres laboureurs transportés dans les hôpitaux, confiés à de jeunes médecins à peine sorus des écoles , qui les épuisent par les purgaufs violens et par os saignées répétées , | sans faire la moindre attenuon à la faiblesse qui résulie de leurs travaux excessifs. Aussi ces malheureux aiment-ils mieux succomber à leurs maux dans leurs étables, que de périr à force de saignées et de purgaufs dans les hôpitaux. Chaque année, après la moisson, ces lieux publics sont pleins de moisson- ‘ neurs malades, et il n’est pas facile de décider si la faux de la mort en immole plus que la lancette du chirurgien.
J’aisouventété étonné comment beaucoup d’entre eux échappent aux maladies aiguës qui les atta-
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(1) L,1, ÆEp., pag. 96.
318 MALA DIÉS | quent (je ne dirai pas sans remèdes , ear dans ce cas je ne m'en étonnerais pas), mais en mangeant beau: coup et plus qu’à leur ordinaire. En effet , dès que les paysans sont malades, malgré la pauvreté dans laquelle ils géquissent, leurs parens , leurs amis les viennent voir en foule,. leur apportent des œufs, des poulets et les mets qu'ils en apprêtent ; ou les guérissent , ou les déliyrent plus tôt d’une vie que la misère leur rend à charge. Aussi a-t-on coutume de dire dans notre pays que les gens de la campagne vont à l’autre monde après avoir été rassasiés et remplis de nourriture, tandis que les habitans des villes meurent de faim et de jeûne au milieu des tourmens que les médecins leur font éprouver. Dès qu'ils entrent en convalescence, ils reprennent leur premier train de vie, et se bourrent d’ail ; d'oignons , qui leur tiennent heu de mets suc- ‘culens et apaleptiques. Je croirais volontiers que ces substances âcres font l'office de médicamens. J'en ai connu beaucoup qui, par l'usage de l'ail et des oignons avec du bon vin, se sont guéris au milieu de l'hiver des fièvres tierces dont ils étaient attaqués. Galien rapporte ( 1) l'histoire d’un paysan qui se guérit de la colique de la maniére suivante : 1l se serra fortement le venire , mangea ensuite de l'ail avec du pain, continua son travail pendant tout le jeur , et fut délivré de son mal: « C'est pourquoi,
dit Galien , j'appelle l'ail la thériaque des paysans ;
(1) 12 Met. ic, 8
“DES LABOUREURS ; JOURNALIERS , elc. 319
elsion eninterdisait l'usage aux Thraces etaux Gaulois, ou à ceux qui habitent des pays froids, on leur nuirait infiniment. » Nos laboureurs ont un autre remède pour la colique : ils prennent.et pilent les feuilles d'ivette , et 1ls en font un, cataplasme ayee des jaunes d'œuf, qu'ils s'appliquent sur le ventre.
En résumé, l’expérience et le raisonnement nous apprennent que le corps des laboureurs , brisé par le travail et mal nourri, est épuisé par dés saignées trop copieuses et trop,répétées , aussi-bien que par des purgaufs trop réitérés., et qu'ils supportent plus facilement les vomitifs. Les ventouses scarifiées : font des merveilles dans, leurs fiévres conunues, soit à cause de la confiance qu'ils y mettent , soit à cause d’une vertu qui nous est cachée. Les sudorifiques légers leur sont aussi très-utiles. |
On a observé depuis long-temps que dans les villages pauvres les épidémies font des ravages épou# vantables. |
En général, lorsque les habitans des campagnes éprouvent de la fièvre ou du malaise, ils doivent faire diète, ou au moins diminuer beaucoup leurs alimens , boire de l'eau muellée , ne pas s’étouffer suus le poids des couvertures, ouvrir les fenêtres de leur chambre, écarter la foule de leurs parens qui viennent , par leur haleine , altérer encore l'air malsain qu'ils respirent. Ils doivent aussi, lorsque le voisinage le deur permet, appeler àleur se cours des médecins , qui tous se font un devoir de visiter et de pa leurs spins aux malheureux
320 913 € RATE PAT A DES comme aux riches; meus ils doivent réjeter és re? mèdes incentliaires| ét âcres que leur Vantent des charlatans et des: ouérisseu rs San$ titré ,‘dütit tout le mérite est ‘de promettre li guérison qu'ils’ ne üennent pas; il vaudrait cent fois ‘fiieux ne rien faire du:out qué d’avoir récours à dé parëils remèdes: Fe H nous reste à indiquer quelques moyens propres à préserver les liboureurs des maux qui les mena cent. 1°. Les moissonneurs eulés fancheurs doivent quitter leur travail à l'heure ‘dir jour éule soleil.est brûlant ; ils ne doivent pas travailler la tête nue, ne-pas prendre de boissons fraiches quand ils ont trop chaud, ne pas se reposér ou s'endormir sur la terre froide et humide ; etc. Hs‘ne doivent pas ou2 blier qu'il est dangereux de passer trop'vite du froid au chaud , et surtout du chaud äu’froid; car c’est de la que viennent les coliques et les dysénteries dont äls sont si souvent affligés. “bre | é7aÿ | 2°. Ordinairement l’eau est la boisson des moissonneurs ; mais l’eau n’est pas de bonne qualité partout ; il est dés lieux où ‘elle contracte un goût de bois, des plantes ‘de marécage : une telle eau est mauvaise. ll unporte, en luiôtant cette saveur, de lui ôter ce qu'elle a de pernicieux : c’est à quoi Von parvient tout de suite, soit-en la faisant passer à travers une couche de charbon pulvérisé , soit en tenant plongés dans cette eau quelques sacs de toile ou de crin remplis degnorceaux de charbon concassés grossièrement ; soit, mieux encore , en
fusant reposer celle eau dans des seaux de bois
DES LÂBOUREURS , JOURNALIERS , etc. 327 dont l'intérieur aurait été flambé et serait resté charbonneux. Enfin, dans les grandes chaleurs ,; l’eau ainsi épurée deviendra rafraîchissante et salutaire , si l'on y ajoute une petite quantité de bon vinaigre, ou quelques gouttes d’ eau-de-vie, ou mieux encore du vinaigre et de l’eau-de-vie, assez seulement pour lai donner une très-petite pointe de saveur.
3°. Les moissonneurs et les faucheurs doivent prendre une nourriture substantielle. Le fermier est dans . l'usage de leur préparer et de leur distribuer de la soupe : quelque bonne que soit cette soupe, et avec quelque économie qu’elle soit faite, il est aisé de la ren< dre meilleure encore et à moins de frais ; 1 suffit pour cela d'adopter l'emploi de la gélatine, et de l’associer , ‘pour la confection de la soupe, à la viande et aux légumes qu'onemploie : seulement ces diversingrédiens doivent y entrer dans des proportions différentes , et voici les proportions que prescritl'expérience. On met dans la marmite la quantité d’eau accoutumée : au lieu d'y mettre autant de viande qu'auparavant, on n’y en met que le quart, et pour remplacer les trois autres quarts , on emploie de la gélatine , à raison de deux onces pour trois livres de viande. On fait bouillir, on écume;, puis on ajoute les légumes, choux, carottes, navets, panais, céleri, oignons 1 eic., autant qu'à l'ordinaire, et après le temps convenable, la soupe se trouve faite. Cette soupe présente plusieurs avantages : d'abord elle est plus économique, puisque trois livres de viande coûtént au moins trente sous ; et que deux onces de gélaune ne coûtent que
RME MALADIES |: ds quatre à cinq sous. En second lieu, cette soupe est | aussi savoureuse et aussi nourrissante que la soupe ordinaire ; outre cela , elle est plus salubre ; car ; comme elle est beaucoup moins chargée de principes putrescibles , elle s’oppose au développement des fiévresbilieuses, et combat à cet égard l influence de la saison. Enfin, rien n’est plus facile que de rendre cette soupe plus agréable, plus rafraichissante et plus anti-putride : il ne faut qu'ajouter beaucoup d'oseille aux antres légumes, eten relever , si l’on veut, la saveur par laddition de quelques feuilles de laurier, ou de quelques herbes odoriférames OU de quelques elous de girofle.
4°. Dans les communes don le térritoire est inondé en parue soit par les pluies, soit par les débordemens, comme les fièvres y sont ordinairement plus multipliées et plus opiniâtres, il estindispensable de pren- | dre la précaution suivante. MM. les maires feraient, pour le compte de leurs communes respectives , l’achat d’une ou deux pièces de vin blanc ou, rouge de bonne qualité ;-ce vin , par l'addition de plantes amères, deviendrait tout à la fois une liqueur forüfiante et anu-putride, que l'on distribuerait chaque matin aux ouvriers par petites rations de cinq à six cuillerées à bouche, ce qui équivaut à un poisson. Le moissonneur prendrait cette ration ayant de se mettre au travail ; 1l mangerait en même temps un peu de pain , afin qu'imbibée dans ce pain la liqueur fit un pluslongséjour dans l’estomacet eût une Acuüon moins vive sur cet organe: L'effet inévitable