‹ Traité des maladies des artisans, et de celles qui résultent des diverses professions, d'après Ramazzini; ouvrage dans lequel on indique les précautions que doivent prendre ... toutes les personnes qui exercent des professions insalubresChapitre 73 sur 98 · DES TERRASSIERS ET DES PAVEURS · texte numérisé non relu

DES TERRASSIERS ET DES PAVEURS

de cette liqueur sera , ou de prévenir les fiévres de la saison , ou d'en rendre le caractère plus doux , la guérison plus facile et la durée plus courte.

Dans le cas où ces fièvres viendraient à paraître ; | 1l serait nécessaire de donner à chaque ouvrier une | rauon de vin de quinquina que l'on fait en laissant HfseN pendant trois jours une demi-once de quin« quina gris concassé dans une pinte de vin.

Ce que nous venons de dire sur les moyens propres à conserver la santé des moissonneurs est extrait d’une instruction publiée par le Conseil de aus

de rte en 1817.

Maladies des T'errassiers et des Paveurs.

Ces ouvriers étant obligés de se tenir sans cesse inclinés vers la terre , ont le dos courbé; exposés aux intempéries des saisons et étant la plupart mal vêtus, 1ls sont sujets aux rhumatismes et aux fluxions catarrhales. |

Les eaux qui croupissent entre les pavés exha= lent quelquefois des vapeurs si malfaisantes, qu’on a vu des ouvriers être asphyxiés en soulevant une de ces pierres. Ceux qui font agir la demoiselle , laquelle consiste en une pièce de bois ronde ferrée par un bout, destinée à enfoncer les pavés, sont. obligés à des mouvemens violens et continuels des bras.

5 24 MALADIES ‘Maladies des Ouvriers en bois.

[ Après les grains, la nature n’a rien donné de plus utile à l’homme que les arbres et les forêts. Quand on eut découvert la scie, les arbres coupés en planches fournirent des-matériaux pour la construcuon des maisons, et servirent à beaucoup d'autres usages. De notre temps, il y a des villes bäties entiérement en bois. On trouve de vastes chantiérs qui conuennent des maisons toutes faites et de différentes grandeurs, pour contenter ceux qui veulent en acheter, de sorte qu’en peu de jours on peut avoir üne maison toute prête à habiter. dans le lieu où on la désire. |

Les ouvriers en bois se distinguent en plusieurs classes : les uns construisent des chars , les autres des tonneaux,et des cuves ; d’autres sont occupés à la construction des vaisseaux ; 1l en est qui sculptent des bordures de tableaux et de glace, qu'on dore ensuite. Tous ces métiers sont pénibles et fauguent ceux qui les exercent. Obligés de travailler debout, les ouvriers en bois sont disposés aux varices et aux ulcères des jambes. On ne peut leur conseiller, ‘ comme moyens préservatifs, que le travail modéré et sans excès, de peur que le désir du gain ne Jeur occasione des maladies, et ne les empêche de travailler pendant Jong-temps. Ils pourront faire usage de fricuons douces avec l'huile,

ainsi que tous les ouvriers qui sont ex posés a la fa-

; DES OUVRIERS EN BOIS. 525 tigue. Lorsqu'ils sont atteints de maladies aiguës , le médecin doit se rappeler que leurs forces sont épuisées par le travail , et qu’on doit leur administrer des médicamens acüfs avec prudence. +4 $ : Scieurs de. bois. Le travail de ces ouvriers consiste , comme l’on sait, à poser sur deux tréteaux un arbre carré ; l’un des ouvriers monté-sur cet arbre , et un autre placé dessous ; tirent ensemble la scie en suivant des hgnes tracées avec de: la pierre rouge. Hhippocrate a bien décrit ce genre de travæl dans son premier livre sur la diète : « Ainsi, dit-1l, des ouvriers qui scient le bois, l’un ure la scie ,. l’autre la pousse. Celui qui est en bas entraîne autre , qui doit céder à: proportion ; car si cet accord n’a pas lieu , l’ouvragé ne va pas comme ïl convient. » L’ouvrier qui est en haut a plus detpeine que celui d’enbas, parcequ'ilest obligéde üurer à Jui la. scie, qui est assez lourde ; mais celui qui est dessous les tréteaux éprouve une incommodhité trés-grande , par la poudre de bois qui:lui tombe dans les yeux, Ja bouche, les narines, ce qui li donne de la rougeur aux organes de la vue , etloblige de clignoter continuellement. | LR TA

Pour ne pag trop fatiguer ses yeux, cet ouvrier doit quitter de temps en temps son ouvrage ; si les yeux sont rouges et douloureux , 11 faut les laver avec de l’eau d'orge, de violette ou du lait.

Tourneurs.. Ceux qui travaillent au tour, et qui se. servent de buis , d’olivier , etc. , et d’autres bois semblables, éprouvent aussi des maux assez graves.

dans cet ouvrage. Ils sont , en effet\, obligés de tenir leurs mains et leurs bras dans un effort -continuel ; afin d'appuyer et de retenir le ciseam comme il convient , pour qu'il n'emporte du bois que ce qu'it est nécessaire, et de remuer continuellement leur pied droit pour faire mouvoir le bois qu'ils travaillent. Le mouvement de rotation du tour fatigue ‘aussi leurs yeux , qu'ils ont sans cesse fixés sur leur ouvrage , et produit des veruges. La substance que travaillent ces ouvriers ne leur cause aucune espèce de maladie , si ce n’est le bois de cyprès, dont l'odeur forte détermine un mal de tête a quelquesuns d’entre eux. |

Menuisiers, É bénistes. La profession de menuisier expose à peu de maladies , elle est même salubre aux individus faibles, parce qu’elle développe les forces musculaires. L'état de menuisier, dit J.-J, Rousseau dans son Émile , est propre et utile ; il tient suffisamment le corps en haleine; 1l exige de l’ouvrier de l'adresse et de l’industrie. |

Charpentiers, Charrons. Ces ouvriers sont sujets à peu de maladies causées par leur genre d'occupation. En travaillant le bois, ils peuvent se faire des blessures assez dangereuses; les efforts qu'ils sont obhigés d'exécuter pour soulever des pièces de bois considérables les disposent aux hernies.

Page 1