‹ Traité des maladies des artisans, et de celles qui résultent des diverses professions, d'après Ramazzini; ouvrage dans lequel on indique les précautions que doivent prendre ... toutes les personnes qui exercent des professions insalubresChapitre 77 sur 98 · CAUSÉES PAR L'EXERCICE DE LA VOIX. 539 SECOND ORDRE · texte numérisé non relu

CAUSÉES PAR L'EXERCICE DE LA VOIX. 539 SECOND ORDRE

Maladies causées par un trop violent et trop long exercice de la voix.

Cet ordre comprend les maladies des chanteurs , des maîtres de musique vocale et instrumentale , des prédicateurs ; des ecclésiastiques et des religieuses qui font retenur leurs temples de psaumes, des orateurs , des avocats plaidans , des professeurs , des lecteurs, des officiers commandant l'exercice, des acteurs , des crieurs dans les ventes par enchères, des crieurs dans les rues, et de tous ceux qui parlent avec véhémence et pendant long-temps.

Les efforts de la voix peuvent produire l’enrouement, l’aphonie , l’angine, l’œdéme de la glotte, le goître, le crachement de sang , la phthisie pulmonaire , la phthisie laryngée , les anévrysmes du cœur et des gros vaisseaux, les hernies , les congestions cérébrales et l’apoplexie, [ Ceux qui exercent beaucoup leur voix sont sujets aux hernies. La longue expiration qu'ils sont obligés de faire pour prolonger les sons ou pour réciter des discours , relâche les muscles du basventre et les anneaux sus-pubiens , ce qui favorise la production des hernies : aussi les enfans qui poussent des cris violens sont ils disposés à ce genre

d'affection. Fallope (1) l’a observé parüculhèrement

__(t) Tom. mr, de Hernit, cap. 24.

He NOT AU MALADIES 7 chez les chanteurs et chez les moines. « Les chan« teurs, dit-il, qui ont la voix grave, ce qu’on appelle basse-contre ou basse-taille, et les moines, sont, pour Ja plupart, attaqués de hernies par leur chant <contunuel qui nécessite une action trés-marquée des muscles de l'abdomen. » Jai observé ; en effet, que les religieuses sont atteintes de hernies plus fréquemment que les autres femmes, ce qu'il faut attribuer à leurs chants trop violens , aussi- bien que celles qui arrivent aux moines. Mercurialis (4) remarque « qu'une voix aiguë, une haute-contre ,:ou ‘un fausset, produisent des gonflemens de latête , des battemens aux tempes, des intumescences des yeux et des bruissemens d’orcilles. » Ces phénomènes ne s’observent pas chez ceux qui chantent d’une voix grave : en effet, on a besoin d’une grande inspira tion. et de beaucoup d’air dans les poumons pour pousser un son guet pour le soutenir. On s'en convainc en chantant une gamme; ear, des qu'on à atteint le son le plus aigu, ilfaut contracter tous les muscles de la poitrine et du bas-ventre, ce qui arrête et retarde le sang veineux, et produit la rougeur. du visage , les pulsations des tempes et les au- . es symplômes, dont parle Méreurialis.

.… Les chanteurs éprouvent souvent des enrouemens. J'ai connu à Modene la fameuse cantatrice Marguerite Salicela-Scévina, qui, aprés avoir beaucoup chanté, fut prise d’un enrouement considérable, auquel elle

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