CAUSEES PAR L'EXERCIGE DE LA VOIX. BAT
s'attend toutes les fois qu'elle exerce sa voix pendant long-temps. On ne peut concevoir la grande quantité de {ymphe visqueuse que cèue femme peutéraeher en un instant, selon sa volonté, quoiqu'elle jouisse d'uls leurs d’une bonne santé , tant ‘ses Organes sahvaires ont leurs ouvertures béantes ; ce qui ne peut:venire que des grands efforts qu'élle fait en chantant: Elle m'a raconté que lorsque ; sut la scène; elle soutient un ton sans repreñdre haleine pendant trop ‘longs temps, elle est bientôt. après attaquée. de vertiges: Puis donc que le.chant et le discours :précipités fas uguent la tête et la rendent lourde; c'estavec raït son que, les médecins ; dans les FR de cetie pare , et dans diverses, maladies, défendent: de parler et de lire tout haut, exercices que peuvent également nuire... |
Je pense qu'aucun exercice n’est. plus pat d’éprime iout le corps que le chant: Après: avoir parlé une heure ; les prédicateurs sont tout en nage: Les poumons fatiguent plus dans le chiant, le discours.et la lecture , que. dans la course } parce que la: respirauon doit être inégale dans ces premiers exercices, pour que la prononciation soit haute où basse , suivant l'exigence des cas. 11 h’est donc pas étonnant que ceux qui exercént béaucoup leur voix soient essoufllés , et se rompent quelquefois un vais scau dans la poitrine, comme je Fai vu dernicrement chez un orateur célébre, qui, dans la convalescence d’une maladie grave, ayant osé monter en: chaire pour prononcer un panéeyrique , vont des
342 MALADIES flots de sang. Le même malheur est arrivé à un savant professeur de Padoue , qui avait coutume de faire des lecons de plus d’une heure. Il y a sur cet objet une excellente lettre de Pline (9 ‘où cet auieur recommande à Paulinus son affranchi Zosime , attaqué d’une “hémoptysie et menacé de la phthisie pulmonaire. Ce Zosime savait différens arts, entre autres Hire et réciter parfaitement. À yant parlé un jour avec force et chaleur, il cracha du sang ; et envoyé pour cette maladie en Egypte , ilen revint rétabli, |: mais avec une petite toux qui indiquait des restes de l’ancien mal. Dans cet état, malgré qu'il eût pendant plusieurs jours modéré sa voix, il cracha encore une fois du sang : c'est à cette époque que Pline engage Paulhinus à le recevoir et à lui donner tous ses besoins dans sa maison de campagne située à Fréjus, et dont l'air ne pouvait que lui être salutaire. Les musiciens disent que le chant échauffe le sang, etqu'après un opéra is rendent quelquefois , au sortir de la scène, une urine sanglante. | Morgagni cite, dans sa 22e lettre, chapitre xt, l'observation d’un jeune homme qui avait une trèsbelle voix , et que l’exercice de son talent jeta dans le marasme. L’ulcération s'étant étendue le long de la trachée-artère jusqu’au larynx et à la gorge , il fut étouffé en faisant des efforts pour avaler un jaune d'œuf, Morgagni raconte aussi l'exemple d’un habile mu-
il ; k sicien qui, après avoir craché le sang pendant trois
(1) L. 9, Ep. xx.
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