CHAPITRE PREMIER
Des maladies de V enfant qui dépendent de V accouchement .
Qu’on envisage les dangers qui menacent le fœtus pendant le travail de l’accouchement, l’état
Je gène qu’il éprouve en traversant la filière du bassin, et surtout les changemens qui surviennent alors dans la progression de ses fluides ; qu’on réfléchisse sur l’effet des moyens mécaniques auxquels on est quelquefois obligé d’avoir recours pour seconder ou augmenter les efforts de la nature impuissante : n’aura - 1 - on pas lieu d’être étonné que la mort ne soit pas toujours le résultat de la naissance? Aussi les praticiens observent-ils fréquemment des nouveau-nés frappés d’apoplexie ou d’asphyxie, et quelquefois dans un état de débilité vraiment alarmant. Il n’est pas même très-rare , surtout après un accouchement pénible et laborieux , que l’enfant vienne au monde avec des contusions , avec des membres luxés , fracturés, mutilés. On peut donc diviser ces maladies en internes et en externes. Les premières appartiennent au domaine de la médecine, les secondes à celui de la chirurgie, et toutes à celui de l’accoucheur : car peut-on se dissimuler que ce dernier ne doive embrasser ies deux branches de l’art, à moins qu’on ne veuille le réduire au simple rôle de matrone ou de sa sage-femme ?
ARTICLE PREMIER
Des maladies internes qui dépendent de V accouchement.
Dans ces maladies la vie paraît comme suspendue : point de circulation, point de respiration ni de mouvement ; ou bien ces fonctions ne s’exécutent que d’une manière qui en indique la langueur et le peu d’énergie.
SECTION PREMIÈRE
De V apoplexie des nouveau - nés.
L’enfant qui naît apoplectique est profondément assoupi , et plus ou moins gorgé de sang ; il n’a ni mouvement, ni sentiment; il ne donne pas le moindre signe de vie; mais son visage, loin d’offrir la pâleur de la mort, est noirâtre , livide, et gonflé : ce qui indique sur-le-champ la cause, le siège, et la nature de cette maladie, ainsi que le traitement qui lui convient.
Elle est toujours produite par la compression du cerveau , soit que la voûte osseuse du crâne ait été fracturée , enfoncée , ou seulement défigurée par la résistance du bassin, par la contraction du col de la matrice , par le resserrement du vagin ou de la vulve , par l’application du forceps ou du levier ; soit que les vaisseaux cépha-
DES MALADIES DES ENFANS. 9 liqnes aient été distendus outre mesure par le sang refoulé, retenu, ou accumulé dans la tète.
Ceux qui auront bien réfléchi sur la circulation du fœtus dans la matrice, et sur le mécanisme de l’accouchement , concevront donc avec facilité pourquoi l’enfant qui vient au monde par la tète est plus exposé à l’apoplexie que celui qui présente l’extrémité abdominale du tronc ; pourquoi l’étroitesse du bassin , la ridigité du col de la matrice, du vagin et de la vulve chez lanière, et la grosseur excessive 9 la mauvaise situation ou la direction vicieuse de la tête chez le fœtus disposent à cette maladie ; pourquoi elle est d’autant plus à craindre que le travail est plus long , et par conséquent plus fréquente dans un premier accouchement que dans les suivans, surtout si la femme a déjà passé la fleur de sa jeunesse avant d’être mère ; pourquoi elle est presque inévitable , lorsqu’après la déchirure prématurée des membranes , le fœtus supporte encore long-temps de violentes contractions de la matrice ; pourquoi celui-ci risque de périr , lorsque le cordon ombilical a été comme emporté par le flot des eaux de l’amnios , ou lorsqu’il s’entortille autour du col; en un mot, pourquoi il est aux abois, et même perdu sans ressource , lorsque la circulation y est entièrement interrompue ou arrêtée depuis long-temps.
Quelques auteurs modernes, et entre autres
ÏO TRAITÉ
le docteur Gardien , ont avancé que la seule compression du cordon ombilical ne pouvait point causer l’apoplexie de naissance , sous prétexte qu’elle empêchait le sang de parvenir au fœtus. Nous avons nous-même long-temps partagé cette opinion ; mais que nous sommes loin de la regarder aujourd’hui comme démontrée î En effet, si la compression de la veine ombilicale empêche le sang d’arriver au fœtus , comme on le prétend, celle des artères ombilicales ne l’empêche-t-elle pas aussi de retourner au placenta , et n’en détermine-t-elle pas la congestion dans le cerveau? D’ailleurs, on admet que l’apoplexie fœtale peut être causée par quelques circulaires du cordon autour du cou ; or , que se passe-t-il dans ce dernier cas? Il est certain que les jugulaires sont alors comprimées, et que le sang ne peut plus regagner l'oreillette et le ventricule pulmonaires y le canal artériel , l’aorte , les artères ombilicales et le placenta. Donc le résultat est ici le même que si la compression était appliquée sur le cordon. Par conséquent , si l’on admet l’apoplexie dans le premier cas, on ne peut la contester dans le second , sous peine de la plus manifeste comme de la plus absurde contradiction. Enfin , supposons que l’enfant cesse de respirer librement après sa naissance et après la ligature du cordon ombilical , n’observc-t-on pas alors qu’il tombe en apoplexie ,
DES MALADIES DES ENFANS. i t
à moins qu’on 11e vienne promptement à son secours? Or, que fait cette ligature? Précisément la même chose que la compression pendant le travail. L’un et l’autre déterminent l’apoplexie en faisant refluer le sang vers le cerveau : mais la première , lorsqu’il ne peut plus circuler dans les poumons de l’enfant, et la seconde, lorsqu’il ne peut retourner au placenta , qu’on regarde avec raison comme le poumon physiologique du fœtus.
Il n’est donc pas étonnant que l’enfant qui naît apoplectique offre tous les signes de l’engorgement cérébral; chez lui toutes les fonctions de la vie sont suspendues; point de circulation, ni de respiration. Son visage est tuméfié, rouge , noirâtre , livide , violet ; ses lèvres renversées, ses paupières bleuâtres et injectées, ses yeux presque hors des orbites , son cou et sa poitrine vergetés : symptômes dont l’ensemble prouve bien que le sang ne peut plus descendre librement vers le cœur, ni retourner au placenta.
Cette maladie est toujours facile à connaître, et le praticien le moins exercé juge de suite que le sang comprime le cerveau et l’origine des nerfs. De là cet assoupissement profond , cette faiblesse apparente, et cette insensibilité qui empêche le nouveau-né d’être excité par l’impression de l’air et de respirer.
Un tel état est toujours des plus alarmans; il offre d’autant moins d’espérance, que la compression du cerveau a été plus forte et plus longue. C’en est fait de l’enfant, lorsque le cordon ombilical et le placenta sont affaissés, flétris, privés de sang, putréfiés.
Quand on ouvre les cadavres de ceux qu’on n’a pu rappeler à la vie , on trouve des épanchemens de sang ou de sérosité dans le crâne , sous les méningés, dans les ventricules du cerveau. L’autopsie de ces mort-nés présente donc les mêmes phénomènes et les mêmes résultats que celle des adultes ou des vieillards frappés d’apoplexie ; ce qui ne fait que confirmer l’étiologie et le diagnostic de l’accident auquel ils ont succombé en venant au monde.
Nous en avons exposé les moyens prophylactiques ou préservatifs dans notre Cours théorique et pratique d} accouchemens ; ils se réduisent à ne pas déchirer les membranes avant qu’il en soit temps , à corriger la situation de la tête de l’enfant ou de la partie qu’il présente , lorsqu’elle est défectueuse ; à lui imprimer une direction parallèle aux axes du bassin , à ramollir ou à dilater le col de la matrice , le vagin et la vulve : enfin àt venir au secours de la nature impuissante , avec la main ou les instrumens. Une précaution bieni essentielle encore, c’est de couper promptement! le cordon ombilical , aussitôt que la tête , hors
DES MALADIES DES EK FANS. i5 de la vulve , en laisse apercevoir quelques circulaires autour du cou.
Cette section n’est ni moins nécessaire , ni moins urgente après la naissance ou l’expulsion complète du tronc. Tout accoucheur qui aurait alors l’imprudence de lier le cordon , ou d’attendre pour le couper que l’enfant eût respiré ou poussé quelques cris, donnerait d’abord une preuve d’impéritie , et mériterait par cela même d’être accusé d’infanticide. Les principales indications sont ici de ranimer la circulation engourdie, et d’exciter le jeu des poumons. Pour cela, qu’on saigne d’abord l’enfant en coupant le . cordon , et même en appliquant des sangsues derrière les oreilles. On dégorge ainsi les vaisseaux de la tête , et le cerveau n’est plus comprimé. Si cette évacuation ne suffit pas , qu’on plonge l’enfant dans un bain chaud, animé de quelque liqueur stimulante , tefie que le vin , l’eau-de-vie ou le vinaigre , pour exciter la sensibilité générale ; qu’on frotte avec des linges chauds la colonne vertébrale dans toute sa longueur, puisqu’il est à peu près démontré , d’après les belles et ingénieuses expériences du docteur Legallois , que le principe de force ou de vie qui meut le cœur réside dans la moelle épinière ; enfin qu’on mette en usage tous les moyens propres à déterminer la première inspiration , comme dans le cas d’asphyxie des nouveau-nés dont il va être question.
SECTION II
De V asphyxie des nouveaux-nés .
Ne perdons point ici le temps à démontrer que la dénomination de cette maladie est impropre. C’est une vérité qui frappe les yeux du praticien le moins clairvoyant. Tel est en effet l’usage le plus généralement adopté , qu’on entend par asphyxie une maladie où la respiration est suspendue. Elle supposerait donc, si elle avait lieu chez le nouveau-né , qu’il aurait déjà respiré avant de venir au monde ; ce qui est contraire à la physiologie et à l’observation. N’examinons pas non plus si la dénomination de syncope est plus exacte. On verra bientôt qu’elle n’exprime pas mieux que l’autre la maladie dont il s’agit. En un mot , laissons là toute discussion ultérieure sur cet objet , de crainte de tomber dans une vraie dispute de mots. D’ailleurs , comment trouver un titre qui convienne parfaitement à une maladie sur laquelle les auteurs sont loin d’être d’accord , et dont ils connaissent à peine la cause , le siège et le caractère.
Toutefois, pour mieux fixer les idées, et pour nous faire mieux entendre , nous sommes convenus , avec la plupart des médecins , d’appeler asphyxie clés nouveau-nès cet état où leur corps exsanguin , pâle , décoloré , flasque , immobile et insensible, ne donne absolument aucun signe
DES MALADIES DES ENFANS. i5 île vie , et 11e présenté que l’apparence de la mort. Nous distinguons par là cette maladie d’avec l’apoplexie de naissance où le visage du fœtus est noirâtre , livide , et plus ou moins gonfle. Nous la distinguons aussi d’avec l’asphyxie proprement dite qui a lieu chez les adultes, parce que dans celle-ci les poumons et le cœur sont toujours gorgés de sang. Enfin nous la distinguons d’avec la syncope ou lipothymie qui n’est que passagère ou de courte durée : joint à cela que dans celle-ci le sang ne quitte point le système vasculaire , au lieu que l’asphyxie paraît consister dans une véritable anémie ou privation de sang.
Il suit de là qu’il ne semblerait y avoir qu’unes cause à laquelle on pourrait raisonnablement attribuer cette maladie des nouveau-nés. Ce serait 1 hemorrnagie qui aurait précédé ou accompagné le travail de l’accouchement. Supposons , en efiet , que le placenta se décolle prématurément ou long— temps avant que la femme se débarrasse du produit de la conception ; supposons que ce corps s implante sur le col de la matrice , ou bien qu’après une déchirure du cordon ombilical le sang s’épanche dans la cavité de l’amnios : n’esi-il pas vrai que dans tous ces cas le fœtus doit finir par s’épuiser insensiblement, et par tomber dans l’etat que nous avons exposé ci-dessus , puisqu’il îecott à chaque instant moins de sang , ou que ce fluide s appauvrit de plus en plus ?
i6 -TRAITÉ
Quelques auteurs prétendent neanmoins que l’asphyxie des nouveau-nés peut être encore produite par la compression du cordon ombilical , par exemple, lorsqu’il sort en même temps que la tête , ou lorsqu’on termine l’accouchement par les pieds ; mais nous avons déjà fait observer , et l’expérience nous a convaincus , que cette cause tendait moins à priver le fœtus de sang qu’à refouler ce fluide vers le cerveau, où il produit l’apoplexie. Nous ne perdrons point de temps à réfuter l’opinion pointilleuse, mais absurde, de ceux qui admettent la compression de la veine ombilicale , pendant que les artères de même nom conservent en pai'tie leur calibre. Quant à l’accouchement artificiel par les pieds, il n’est dangereux pour l’enfant qu’à cause de l’extension et du tiraillement de la moelle épinière , ou paraît résider le principe de vie qui anime le cœur. Il n’y a donc alors que la progression des fluides qui soit interrompue ; ce qui donne lieu à la syncope et non à l’asphyxie. 11 en serait de même si le fœtus, par une espèce d’idiosyncrasie , venait dans un état de mort apparente après un accouchement des plus naturels. Ce ne pourrait être alors qu’un état de faiblesse extrême qui l’empêcherait de réagir contre la première impression de l’air. Il paraîtrait peut-être plus convenable de donner le nom d’asphyxie au défaut de respiration que produisent chez le non-
DES MALADIES DES ENFANS. 35 ou moins considérable , et se termine par résolution , par suppuration ou par gangrène , selon les circonstances.
Ce sera d’après l’ensemble de tous ces signes et de ce qui a précédé , qu'on pourra toujours distinguer les lésions du nouveau-né d’avec ces sortes de taches plus ou moins étendues qu’on remarque sur la peau , et qu’on attribue aux envies ou caprices des femmes pendant la grossesse.
En général , les contusions de la tète sont les plus graves et les plus dangereuses , à cause de l’organe que cette cavité renferme. Celles de la poitrine et de l’abdomen peuvent avoir aussi des suites très-fàcheuses , surtout si elles intéressent le cœur, les poumons, le foie , la rate, etc.
Les simples ecchymoses ou vergetures de la peau n’exigent presque pas de traitement. Elles disparaissent en peu de temps d’elles-mêmes , ou par l’usage de quelques lotions toniques, résolutives , comme d’une infusion aromatique , d’un mélange d’huile et de vin tiède. Mais il n’en est pas de même, quand le tissu cellulaire et les chairs ont été violemment contus ou meurtris. Il faut alors recourir à tous les moyens capables de combattre l’inflammation qui survient dans la partie affectée : on y applique des sangsues pour la dégorger , et des cataplasmes émolliens pour en apaiser la douleur. Si la suppuration se déclare ,
on déterge et on cicatrise l’abcès suivant les règles de l’art. Enfin , dans le cas de grangrène , on tâche de la modérer ou de la circonscrire : on emploie pour cela les toniques et les antiseptiques , tels que des lotions avec le vin ou l’alcohol , la décoction de quinquina ou des plantes aromatiques; et après la chute des escarres , on cicatrise la plaie par les moyens que la chirurgie indique.
SECTION IV
Des luxations et des fractures chez les nouveau-nés.
Les solutions de contiguïté ou de continuité dans les os n’ont jamais lieu après un accouchement naturel. Elle supposent toujours qu’on a exercé des manœuvres extraordinaires sur les membres ou sur le tronc de l’enfant : ce qui n’arrive que dans les cas ou il est necessaire de recourir , soit aux mains, soit aux instrumens pour en favoriser la naissance. Aussi observe-t-on que de violentes tractions sur les pieds , sur les j ambes ou sur les cuisses , relâchent et luxent les articulations tibio-calcanienne , fémoro-tibiale ou coxo-fémorale. Il en est de même des tractions sur les mains , sur les avant-bras et sur les bras , par rapport aux articulations cubito-métacarpiennes, huméro-cubitales , ou scapulo-humérales. Combien de fois n’a-t-ori pas produit aussi le déplacement ou l’écartement des ver-
ièbres cervicales , et par conséquent la mort du foetus , en s obstinant a tirer maladroitement ou sans principes sur le tronc , lorsque la tête était encore retenue dans le bassin? Les doigts de 1 accoucheur , introduits dans la bouche du. fœtus , peuvent aussi luxer et même arracher la mandibule ou mâchoire inférieure , quand ils tirent avec trop de force sur cet os pour faire engager la tete. Levret croit encore que cette luxation peut arriver naturellement, lorsque l’enfant présente le visage ; ce qui ne paraît pas vraisemblable.
Quant à ce qui concerne les fractures, leur siège le plus ordinaire est sur les membres , lorsqu’au lieu de suivre la direction des axes du bassin , ils viennent à s’arc-bouter contre les rebords ou contre les parois de cette cavité ; ce qui les fait nécessairement porter à faux , et les expose a se îompre. Ces accidens peuvent arriver , si les jambes et les cuisses, ou les bras et les avant-bras se présentent de front ou en travers à l’un des détioits , et qu on tire dessus sans ménagement
pour les dégager.
On reconnaît les luxations aux changemens des articulations , a 1 allongement ou au raccourcissement des membres, à l’impossibilité ou à la difficulté de leurs mouvemens , et aux cris que la douleur arrache. Les signes des fractures se tirent aussi des changemens dans la continuité , dans la
forme, dans la direction, dans 1 épaisseur, et
dans la longueur des membres.
Tous ces désordres sont d’autant plus dangereux qu’ils sont plus considérables. Les luxations des membres sont moins graves que celles des vertèbres : les premières peuvent se compliquer avec le décollement des epiphyses qui forment les têtes ou les condyles des os longs. Les fractures peuvent être plus ou moins voisines des articulations , se compliquer avec les luxations , avec des contusions ou des meurtrissures , ce qui en augmente beaucoup la gravité.
Réduire et contenir les membres luxés ou fracturés , prévenir ou combattre les accidens consécutifs ; voilà en quoi consiste le traitement de ces maladies. La première indication exige l’extension , la contre-extension , et la coaptation ; trois procédés faciles à exécuter sur le fœtus dont les systèmes osseux et musculaire offrent peu de résistance. La contention se fait au moyen de compresses et de bandes convenablement appliquées pour prévenir toute difformité dans les membres. Le cal ou la consolidation doit s’opérer ici avec plus de promptitude que chez 1 adulte , dont les vaisseaux lymphatiques sont moins abondans.. Quant aux moyens de prévenir ou de combattre les accidens consécutifs, ils doivent varier suivant les circonstances. La douleur excessive ou les convulsions s’apaisent par l’application de ca—
taplasmes émolliens , par des lotions de même nature, par quelques potions antispasmodiques, par les bains. S’il y a des contusions ou des meurtrissures, on les étuve avec des résolutifs.
Dans un accouchement difficile et laborieux , il n’y a quelquefois ni fracture ni luxation proprement dite, mais seulement séparation ou décollement des épiphyses. La réduction, la coaptation et la contention doivent s’opérer comme cidessus ; mais alors la guérison est plus difficile , et la difformité consécutive presque inévitable.
11 peut arriver aussi que les os du crâne se fracturent par la pression des instrumens ; c’est ce que nous avons eu occasion d’observer sur un enfant dont la tête parvenue dans l’excavation du bassin , présentait le visage vers le pubis. Comme le travail était plus lent qu’à l’ordinaire , et qu’on craignait pour la vie de l’enfant, on avait appliqué deux ou trois fois le forceps, pour terminer l’accouchement, et toujours sans succès. Malgré ces violentes tentatives, l’enfant était venu au monde vivant, mais avec une fracture en éclats du pariétal droit. Des compresses trempées dans du vin tiède , et maintenues par un bandage légèrement compressif, suffirent pour favoriser le réunion et la consolidation des os. L’enfant fut guéri trois semaines après.
Un fait des plus curieux , relativement aux maladies congéniales des os, est celui que Fo~
restus a consigné dans le recueil de ses Observations. Une femme enceinte, après avoir fait une chute dans un escalier, accoucha d’une fille dont les os étaient mous et flexibles comme de la cire. L’usage des styptiques parvint néanmoins à la guérir.