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CHAPITRE LVIII

DE LA MOLE

Ce qu’on appelle {jluXyj ( mola , pierre meulière), que d’autres appellent p.-jXoç (masse), est une tumeur dure de l’utérus qui arrive après une inflammation, quelquefois à la suite d’un ulcère auquel succède une végétation charnue ; on l’appelle p/iXo- (môle, masse), parce qu’elle est difficile à mouvoir et qu’elle est lourde. Elle peut survenir dans toutes les parties de l’utérus, à l’orifice, au col, si bien que le doigt peut la toucher et en apprécier la pesanteur; le plus souvent elle occupe toute la matrice, et, si cela est, elle se manifeste sous la forme d’une tumeur qui occupe l’hypogastre, qui est dure, pierreuse, qui repousse les parties supérieures, produit un affaiblissement, de la pâleur et un manque d’appétit. Dans les premiers temps elle en impose pour une grossesse, la menstruation est suspendue, les mamelles deviennent turgescentes, l’estomac se trouble, il y a des douleurs lombaires; une tumeur s’élève de l’hypogastre. Le temps qui

De la môle. — La maladie appelée la môle est constituée par la dureté de la matrice qui suit l’inflammation et qui s’est étendue à tout l’organe qui parfois a l’apparence d’une matrice à l’état gravide ; quelquefois, à la suite d’une plaie dans la matrice, il s’est fait une excroissance charnue que le doigt explorateur constate dans l’orifice ou dans le col ; la matrice entière peut être envahie par cette excroissance qui peut devenir d’une consistance pierreuse, prendre un grand développement, influer sur la santé générale, altérer le teint ; on lui a donné le nom de wôlc, parce que c’est une masse difficile à mouvoir.

Nous distinguons cette tumeur de celle causée par une grossesse; dans les deux situations la menstruation est suspendue, les mamelles gonflées et les incommodités sympathiques existent, douleur dans les

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s’écoule aide au diagnostic, il survient des douleurs pongitives ; la femme ne sent pas de mouvements comme dans la grossesse ; tout le ventre s’étant développé sous l’influence de 1 accroissement delà tumeur, on pense à une hydropisie; on la distingue de cette maladie en appliquant la main qui ne produit aucune dépression ; il y a aussi absence de cette sonorité tympanique et de fluctuation qu’on perçoit par la percussion comme dans une hydropisie. Il arrive quelquefois que, par suite des tiraillements prolongés du foie et des refroidissements, il se produise aussi de l’ascite. Il en est qui disent qu’il se forme parfois des excroissances charnues qui atteignent le volume d’une noix, qui sortent de la vulve chez quelques-unes au bout d’un mois, chez d autres au bout de trois ou quatre mois. D’autres regardent cette maladie comme incurable et abandonnent la malade, d autres n interviennent qu’au début de la maladie. Nous les traitons (ces malades) comme toutes celles qui sont affectées de maladies chroniques. Il ne faut pas abandonner ces malades, mais dans les accès, dont on apprécie la gravité par un sentiment de torpeur, un trouble dans la digestion, des insomnies manifestées sans cause apparente, nous devrons employer des cataplasmes chauds, des relâchants, des ventouses, des scarifications, des sangsues, des fomentations, des injections calmantes, adoucissantes, des pessaires émollients, des bains de siège, des décoctions de guimauve, avec de la cire, de l’huile douce et d’huile de troène, de l’emplâtre diachylon ou de mnasia, et des aliments qui font de bons sucs et qui soient bons par eux-mêmes. On soulèvera la tumeur au moyen d’un

reins, augmentation progressive de volume de la matrice et douleurs, mais aucun mouvement de l’enfant n’est perçu comme cela a lieu vers le quatrième mois ; après dix mois, le corps maigrit et le ventre continue à grossir au point qu’on pense â l’existence d’une hydropisie, mais on la différencie de cet état par la percussion du ventre qui est toujours matte et qui ne disparaît pas sous l’influence d’un changement de situation comme dans l’hydropisie où le liquide se déplace par suite d’un changement de position.

Plusieurs médecins pensent que cette affection est incurable : nous

bandage, cela devra se faire dans les moments d’exacerbation. Pendant les rémissions, il faut remonter les forces de l’organisme, faire un traitement par les onctions, par la promenade en litière ou à pied, des bains, des récitations. Il faut à la malade un vin léger et convenable, une nourriture choisie et variée. Il faudra modifier l’état des parties par des onguents irritants, des cautérisations, des insolations, des aspersions avec du nitre et du sel, des frictions, des rubéfactions au moyen de sinapismes, de figues sèches; nous faisons aussi usage de l’emplâtre avec les semences et avec des baies de laurier, du polyarchium de Ctésiphon et autres de même genre, de bains de siège et de fomentations avec des vapeurs ayant une action reconstituante, comme les décoctions avec de l’eau de mer ou des mûres, des décoctions de laurier, des baies de laurier, de pulégium, d’hysope, de sauge, de maroubier, d’artémise, de dictame, de centaurée, de polium, de scordium ; une marmite placée dans la chaise percée dont le couvercle reçoit un tube (pour fumigations vaginales) ; de pessaires avec du suint, de la graisse d’oie, de la moelle, de la cervelle de chevreau, du miel, du carex avec du miel et delà graisse, de carex et raisins étendus avec de l’huile vieille, ou de cyprin, ou d’iris, de marjolaine, ou de susinum, ou de malobathrum. Une nourriture tonique est recommandée. Si la maladie continue, la cure par promenades, les eaux thermales naturelles, des vomissements provoqués avec les petites racines et aussi par l’ellébore, si les forces de la malade le permettent. Il faut éviter les pessaires irritants, car leur usage prolongé pourrait causer des ulcérations qui

pensons qu’il faut appliquer le traitement des maladies chroniques en faisant usage des émollients, de cataplasmes , de fomentations, de scarifications, de fumigations, de bains de siège, de pessaires simples et composés, du diachylon de Mnaséas ; plus tard, nous ferons emploi de médicaments altérants, de frictions, etc.; enfin, nous emploierons des pessaires avec du beurre, du suc d’hysope, etc.; d’autres, parmi les anciens, employaient des applications avec du safran, du storax, etc.; nous désapprouvons complètement ces moyens qui me paraissent plus nuisibles qu’utiles.

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pourraient se changer en maladie maligne. Nous repoussons, par les motifs exposés plus haut, les fumigations avec le safran, le styrax, la résine et la myrrhe, et les bains de vapeur avec fartémise, le pulège, le maroubier, et les cheveux brûlés, le vin miellé dans une décoction de cresson et le pulège, par les motifs que nous avons exposés plus haut. Le plus s-ouvent, à la suite du traitement ci-dessus, la guérison s’annonce par des écoulements de sang noir, qui mettent fin à la maladie.

Maladies des femmes .

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