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CHAPITRE LX

DE L’INFLAMMATION DE l’üTÉRUS

Le nom inflammation, que les Grecs appellent cp^cyp-ov-rj , vient du verbe «pXsyeiv (brûler) et non, comme le veut Démocrite, de (pXsyjJia (mucus) qui n’est pas la cause de la maladie. D’autres inflammations précèdent toujours celle de la matrice; ses causes les plus fréquentes sont un refroidissement, la fatigue, l’avortement et un accouchement mal soigné ; qui, toutes, ne font pas que le traitement doive varier. Quand l’utérus est enflammé, apparaissent des signes généraux qui indiquent qu’une inflammation existe, et des signes propres qui indiquent quelle est la partie qui est particulièrement atteinte. L’utérus est enflammé tantôt dans sa totalité, d’autres fois c’est l’orifice, le col, le fond, la cavité supérieure ou inférieure ou les côtés ; quelques-unes de ces parties, quelquefois la plupart d’entre elles, sont enflammées. Les signes généraux se présentent de la manière suivante : une fièvre survient, ainsi que de la douleur dans la partie malade et

De l’inflammation de la matrice. — Nombreuses sont les causes de l’inflammation de la matrice : le froid, un travail trop intense, des avortements fréquents, l’impéritie de l’accoucheuse; la matrice peut être enflammée en totalité et en partie. Si toute la matrice est enflammée, il survient de la douleur, de la dureté de l’organe avec sécheresse et chaleur, douleur dans les lombes et dans tout le voisinage de l’organe. Quelquefois il y a des horripilations, des douleurs pongitives, de la torpeur et du froid dans les genoux, le pouls est plus petit, serré, l’estomac est troublé et quelquefois il y a de l’oppression dans la poitrine et, si la maladie devient plus intense, il y a des sanglots, de la céphalalgie, des douleurs dans l’occiput et dans les yeux, surtout au fond; le besoin d’uriner est fréquent, mais les selles sont rares. Il y a

DE L’INFLAMMATION DE l’uTÉRUS.

des pulsations, une tumeur à l’hypogastre, de l’ardeur et de la sécheresse dans les parties génitales, une tension dans les fesses, une pesanteur dans les lombes, un vide dans les côtés ; dans le bas-ventre, dans les aines, dans les cuisses, un sentiment de froid et des douleurs pongitives, une torpeur dans les pieds, un froid dans les genoux, une sueur générale; le pouls est petit et très fréquent, une douleur sympathique de l’estomac accompagne ces symptômes ainsi qu’une dépression de l’esprit et une défaillance. Dans les exacerbations, il y a des sanglots, des douleurs du cou, des mâchoires, de la tête et des yeux, surtout du fond ; l’excrétion de l’urine ou l’évacuation alvine est empêchée, quelquefois les deux. Si l’inflammation devient plus intense, la fièvre augmente ainsi que le gonflement de l’hypogastre ; le délire suit, avec des claquements de dents et des convulsions. Tels sont les symptômes généraux; les symptômes locaux sont les suivants : si l’orifice est seul malade, il se ferme avec douleur ; le col peut être poussé vers l’anus ou bien vers les aines et le pectiné. S’il est enflammé, non dans sa totalité, mais seulement partiellement, la partie malade est plus tendue et douloureuse au toucher et proéminente et inclinée au côté opposé ; aussi, si c’est du côté droit que le col est enflammé, le col est dévié à gauche; si c’est le côté gauche, il est dévié à droite ; la partie la plus basse tend plutôt à s’élever et se diriger vers l’anus. Avant toutes choses, il faut s’informer si la douleur la plus vive correspond à la partie

tuméfaction dans la région utérine, de la fièvre, du délire et des spasmes.

Quelquefois c’est l’orifice qui est malade; si l’accoucheuse introduit le doigt, il rencontre un orifice fermé et douloureux ; les aines et les parties du bassin situées au-dessus sont tendues. Quelquefois c’est le col de la matrice (le vagin) et plus loin on trouve une tumeur avec chaleur, le membre abdominal qui est le plus prés est douloureux et empêche la marche ; il en résulte aussi une rétention de l’urine et des matières stercorales, quand la partie (utérine) malade est voisine de la vessie ou du gros intestin, quelquefois les deux sont empêchés dans leurs fonctions. Si c’est la base (le fond du vagin) qui est en cause, la malade y éprouve de la douleur ; à l’extérieur, une tumeur

enflammée, ou si elle occupe le côté opposé. Quelques anciens ont prétendu que la région inguinale et le fémur sont douloureux du côté opposé; Démétrius d’Apameia avec eux dit que le côté douloureux est le côté malade ; car il n’est pas probable que les parties voisines (de la partie malade) ne soient pas douloureuses, cependant quelques-uns pensent que la douleur retentit dans le côté opposé. Il est beaucoup plus naturel que la partie enflammée qui est la plus tendue éprouve une traction vers le côté opposé et que la douleur y soit sentie. Nous sommes d’avis que la question a peu d’importance, car rien ne sera changé dans les moyens curatifs, ceux-ci devant être appliqués aux points douloureux. Quand c’est tout le col qui est enflammé, les douleurs sont plus considérables, la tuméfaction se constate derrière l’orifice et si la partie enflammée est à droite, la cuisse qui est directement en rapport sera attirée vers ce côté ; si c’est le côté gauche, les parties opposées seront douloureuses, la partie enflammée la plus saillante étant dirigée vers le commencement du rectum, le passage des fèces sera rendu plus difficile, il y aura désir de changer de place, mais douloureux est le mouvement dans la partie lésée; si le doigt est introduit dans le rectum, il trouvera une tumeur qui paraît avoir son siège dans le rectum lui-même. Les signes de l’inflammation de la partie située plus haut sont : une difficulté de la miction, une douleur à la région pubienne et pectinée ; tout ce que nous avons dit plus haut s’explique par la saillie que

et du gonflement, il y a douleur et gonflement et aussi rétention de l’urine. Si c’est la partie postérieure qui est malade, la douleur siège dans les reins, il y aura constipation. Si ce sont les côtés qui sont malades, ils seront gonflés et douloureux. Si c’est le fond de la matrice, la tuméfaction et la douleur se percevront dans la région ombilicale ; fréquemment l’orificc de la matrice est rugueux et attiré en haut, si bien qu’aprés l’examen fait par les sages-femmes celles-ci disent que la matrice n’est pas malade1. Cependant toute la vulve est en-

1 . Il est évident que par ces distinctions et sous ces descriptions on avait décrit ce que de nos jours on a appelé affections périutêrines.

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