‹ Traité des maladies des femmesChapitre 105 sur 114 · DE L’INFLAMMATION DE L’UTÉRUS · texte numérisé non relu

DE L’INFLAMMATION DE L’UTÉRUS

fait la tumeur dans le vagin. Si c’est la cavité utérine qui est enflammée dans sa partie latérale, la douleur siégera du côté vide ; elle augmentera, si elle s’incline du côté opposé. Si l’inflammation existe dans la partie antérieure et supérieure de la matrice, le maximum de la douleur sera à la région hypogastrique, où il y aura de la tuméfaction avec difficulté d’uriner ou rétention d’urine. Après l’évacuation de la vessie, la tuméfaction sera plus facile à sentir. Si l’inflammation occupe la partie postérieure et inférieure de la cavité utérine, la douleur siégera dans les lombes; elle augmentera d’intensité si la malade se penche en avant ou vers le côté ; un lavement ne pénétrera pas facilement, les matières fécales seront retenues, les gaz ne passent pas facilement, le doigt introduit dans l’anus rencontre une tumeur qui diffère de celles du rectum enflammé en ce que la douleur ne se produit pas de suite après l’introduction du doigt, mais seulement quand la pression aura persisté un peu, et quand l’utérus aura fui devant le doigt, après que l’intestin aura repris sa situation normale, parce que la tumeur change de position si la malade se met sur les coudes et sur les genoux ; rien de cela n’arrive quand c’est le rectum qui est malade, la tension et le poids se portent de l’ombilic aux lombes. On perçoit souvent des rugosités à l’orifice utérin chez les femmes où l’inflammation siège au-dessus du col et où il y a rétraction à la surface interne, si bien que quelques-unes affirment ne pas être malades.

flammée et toutes les parties voisines paraissent participer à cet état ; la peau du ventre est tuméfiée comme par une tumeur ; quelquefois il arrive qu’elle seule a été malade, je n’ai pas voulu laisser de côté cet état, car il est justiciable du même traitement. C’est celui que nous avons exposé lorsque nous avons parlé de celui qui convient aux femmes qui sont menstruées avec douleur.

Nous conseillons le séjour au lit dans une chambre peu éclairée, d’observer le silence et une diète absolue pendant deux jours, de réchauffer avec des mains chauffées celles refroidies de la malade, de la couvrir de laine, de prescrire les fomentations huileuses et émollientes dont nous avons donné le détail, de faire une saignée le troi-

Si c’est l’utérus tout entier qui est enflammé, nous observons l’ensemble de ces signes, mais avec un retentissement plus profond dans l’organisme et une tuméfaction plus grande dans l’hypogastre ; nous la distinguons de l’inflammation de l’hypogastre lui-même, car, dans la métrite, la tumeur ne parait pas si rouge ni si superficielle ; dans les changements de position, celle-ci conserve sa même situation et ne se meut pas comme la matrice enflammée et ne suit pas le doigt qui la porte dans une autre position. Dans l’inflammation de l’hypogastre (probablement une péritonite périutérine) les parties externes (de l’abdomen) sont plus douloureuses, mais n’empêchent pas la miction. C’est de la même manière que nous diagnostiquons les inflammations du péritoine qui ne forment pas une tumeur circonscrite, n’empêchent pas la miction en proportion avec leur volume ; communément, avec l’inflammation de l’utérus, il y a aussi inflammation du corps et du col ; avec l’inflammation de l’hypogastre, au contraire, et avec la péritonite il n’y en a pas. Voilà les distinctions faites, examinons maintenant le traitement. Il faudra suivre les préceptes que nous avons donnés dans le traitement des menstrues douloureuses; donner des potages chauds, appliquer des cataplasmes qui calment et relâchent, des ventouses simples et scarifiées, des sangsues, des bains de siège, des fomentations avec les éponges, des injections d’huile chaude au moyen de canules. L’emploi de pessaires simples et composés. S’il survient de la

sième jour, d’appliquer les topiques dont nous avons parlé, et si la maladie ne se modifie pas, de faire une application de sangsues, de faire des fomentations chaudes et d’appliquer les pessaires cératés ; de donner des bains quand la maladie sera arrivée à son déclin, de donner des aliments plus solides et du vin, et si la fièvre continuait, on suivrait exactement le traitement que nous avons indiqué dans le commentaire sur les maladies fébriles. Nous rejetons tout ce que les anciens avaient prescrit sur une fausse supposition : le suc des raisins non mûrs (verjus), de l’huile de roses avec de la rue dont on imprègne la laine brute avec le suint, etc. Ces moyens augmentent 1 àcreté, la chaleur et sont nourrissants.

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