QUELLE EST LA MEILLEURE SAGE-FEMME
Il est nécessaire de dire quelles sont les meilleures sages-femmes afin qu’elles-mêmes le sachent, que les élèves les prennent pour exemple, et que le vulgaire, qui peut avoir besoin de leur secours, les reconnaisse et sache les trouver. En somme, nous ne regardons pas comme parfaite celle qui aura seulement étudié complètement l’art ; comme très bonne celle qui, à d’excellentes connaissances théoriques, joint une expérience pratique acquise par de nombreuses opérations. En somme, nous appellerons excellente celle qui est aussi exercée dans toutes les parties de la thérapeutique ; il est des femmes qui sont guérissables par le régime, d’autres par une opération manuelle, d’autres par des médicaments. La sage-femme excellente saura donner les meilleurs préceptes, distinguer les choses générales et spéciales, choisir ce qui est utile ici ou là ; celle qui ne néglige pas l’attentive observation des lois générales, les suit avec intelligence et sait les distinguer, ne se laisse pas impressionner par les changements dans les symptômes, mais sait se diriger suivant les circonstances, ne se laisse pas troubler dans les dangers, mais pourra se rendre compte des moyens rationnels, donner des consolations aux parturientes, et avoir pitié d’elles. Je n’exige pas, comme beaucoup
Quelle est la meilleure sage-femme ? — Celle qui est exercée dans les affaires médicales, qui voit avec justesse ce qui manque, prévoit ce qui peut arriver, y porte remède avec empressement, saura combattre ou mitiger les accidents causés par la négligence; qui ne soit ni irascible ni turbulente, mais compatissante, ferme, modeste, discrète, tranquille, prudente, zélée et non avare.
le demandent, une sage-femme mère, comme étant plus compatissante que les autres, ayant eu l’expérience de la douleur ; une femme qui a déjà accouché sera moins compatissante que celle qui n’est pas mère. Qu’elle soit robuste à cause des secours qu’elle aura à donner ; qu’elle ne soit pas trop jeune, quelquesuns le défendent ; une jeune fille peut être débile, mais pas plus qu’une autre d’apparence robuste. Qu’elle soit tempérante et toujours sobre, car incertain est le moment où elle pourra être appelée chez une femme en danger. Qu’elle ne soit pas cupide d’argent et qu’une récompense ne lui fasse pas donner un abortif; qu’elle ne soit pas superstitieuse ; que des rêves, des présages ou des cérémonies superstitieuses ne lui fassent jamais négliger ce qui a trait à l’obstétricie et ce qui peut être utile; qu’elle soigne aussi ses mains pour qu’elles soient douces. Qu’elle évite des travaux de laine qui peuvent les durcir ; elle pourra même pour ce cas faire usage de pommades si, naturellement, elles sont dures. Elle doit être une sage-femme distinguée.
Quand nous passerons à ce qui a trait à l’hygiène des femmes, nous devrons parler d’abord des' organes génitaux de la femme, que nous connaissons par la vue et l’anatomie; bien que celle-ci soit inutile pour des études sérieuses, nous dirons ce qui y a trait. On ajoutera plus de foi à nos affirmations sur l’anatonfie si nous montrons que nous ne l’ignorons pas, on ne nous soupçonnera pas alors d’avoir, par ignorance, négligé une chose que nous connaissons et qui a quelque valeur.