NATURE DE L’UTÉRUS ET DES PARTIES GÉNITALES
comme types, des plis ou des saillies plexus ou cornes qui sont des éminences plus larges à la base, plus saillantes en pointe situées dans les côtés de l’organe, providentiellement placées par la nature pour que le foetus apprenne avant sa naissance à téter et à tirer la mamelle. Les anatomistes le contestent; on ne trouve en effet point de cotylédons, et ce qui a été dit est contraire à la nature, comme le démontrent les études sur la génération des animaux. Nous pensons toutefois que l’utérus n’a pas eu grande importance pour la vie ; non seulement il peut prolaber, mais être même enlevé, et cette amputation ne cause pas la mort, comme Tbémison l’a observé. Il raconte que dans les Gaules, les truies auxquelles l’utérus a été enlevé engraissent mieux. Cependant quand l’utérus est malade, l’estomac et le cerveau souffrent avec lui. Quand, dans la jeunesse, l’utérus augmente de volume, les seins se développent aussi, il y a donc une sympathie entre ces organes. La semence contribue à la plénitude de la conformation; les mamelles préparent le lait nécessaire à l’enfant qui va naître. Pendant la menstruation, la sécrétion du lait s’arrête; pendant la période de l’allaitement, la menstruation est suspendue, ainsi chez les femmes vieilles la rétraction de l’utérus entraîne la flétrissure des mamelles, et pendant une maladie de l’enfant qu’elles portent dans la matrice, leur volume se réduit. Lorsque chez les femmes enceintes les mamelles s’affaissent, on peut penser que le foetus est malade et craindre un avortement. Telle est la nature de la matrice.
On donne le nom de (sinus muliebris') vagin aux organes génitaux externes de la femme, ils sont constitués par une membrane de nature nerveuse de forme ronde comme l’intestin, elle est plus ample dans l’intérieur, plus étroite vers l’extérieur ; c’est
Comment est l’orifice de la matrice ? — Chez les vierges et chez celles qui n’ont pas été déflorées il est pulpeux et mou, chez les femmes qui ont eu des enfants il est plus grand et très calleux.
Quelle est la grandeur de l’orifice ainsi formé? — Celle de la petite ouverture de l’oreille.
dans elle que s’accomplit le coït. La partie profonde se termine autour du col utérin1, la partie externe inférieure par des ailes; latéralement sont des carnosités vers les ischions, au-dessus (de l’ouverture) se trouve le col de la vessie, plus haut se trouve le col de l’utérus, le vagin paraît donc placé au-dessous de la vessie et reposer sur l’anus, à la fin du rectum. Sa longueur est variable, comme nous l’avons montré, non seulement suivant l’âge et suivant la fréquence du coït pendant lequel le col est tendu comme le membre viril qui occupe le canal, et aussi parce que chez quelques femmes le col est plus proéminent, plus court chez d’autres. Le vagin a chez la plupart une longueur de la largeur de six doigts. Il est plus serré et plus étroit chez les vierges, chez lesquelles il y a des plis en connexion avec des vaisseaux venant de l’utérus; ces plis occasionnent des douleurs chez les vierges, quand ils sont étendus, ce qui occasionne ordinairement de l’hémorrhagie. C’est par erreur qu’on parle d’une membrane ténue (constante), fermant le vagin, qui se romprait pendant le premier coït et produirait de la douleur, car le sang menstruel passe; cette membrane en persistant et devenant plus épaisse produit un état qui a été appelé atrésie. Elle n’a pas été trouvée dans les dissections, et en explorant une vierge avec un stylet un obstacle devrait s’y opposer, mais il pénètre jusqu’au fond ; en troisième lieu, si dans le premier coït la rupture de la membrane était la cause de la douleur, la menstruation devrait être douloureuse, et ne le serait plus après le premier coït. Si la densité de la membrane devait causer l’atrésie, celle-ci devrait toujours se présenter à la même place et suivant le même mode qui a été vu, tandis qu’on en a constaté dans le vagin, dans les lèvres, dans le
Ou sont situés les testicules de la femme ? — Ils sont placés de chaque côté près du col de la matrice, ils sont ronds, un peu élargis à la base et grêles.
i. Dans le texte de Soranus donné par Daremberg (Œuvres dOribase, t. III, p. 378), on lit ligne 10 (texte gr.) w; lx\ xwv apfsvoiv ^oaOr, rr, jJaXavw « comme chez les hommes, le prépuce au gland ».