‹ Traité des maladies des femmesChapitre 18 sur 114 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

quels sont les signes d’une menstruation prochaine

On peut présumer que la menstruation est près de se faire quand, en temps habituel, la femme ressent une certaine difficulté dans la marche, une pesanteur dans les lombes ; quelquefois des douleurs, de la torpeur, du bâillement et des pandiculations ; ses joues se colorent d’une façon permanente ou passagère, et au bout de peu de temps la coloration normale reparaît.

Quelques-unes ont des nausées et perdent l’appétit. La première menstruation est surtout annoncée par la turgescence des mamelles, et la quatorzième année, par une pesanteur dans le bas-ventre et du prurit dans la région pubienne. Ces souffrances sont surtout intenses chez celles où le coït a eu lieu avec violence. Le traitement à suivre avant l’apparition de la menstruation doit commencer dès la treizième année, il faut y préparer la jeune fille de façon qu’elle soit établie avant la cessation de la virginité; comme, pendant le coït, une substance est excrétée dans les parties génitales des deux sexes, il est à craindre que de l’activité de la sécrétion il résulte une forte congestion et de l’inflammation.

A quels signes pouvons-nous reconnaître que la première menstruation est imminente ? — Elle commence naturellement vers la quatorzième année, les mamelles se développent, les jeunes filles éprouvent dans le bas-ventre une pesanteur accompagnée d’un prurit; d’autres commencent par être réglées fréquemment, et elles deviennent paresseuses, éprouvent des pesanteurs, quelquefois des douleurs dans les reins, des bâillements fréquents, des pandiculations, ont des rougeurs qui vont et qui viennent, éprouvent des dégoûts et des nausées.

Il faut prescrire de petites promenades sur un terrain uni, le repos sur une chaise longue (in oblongum fiat), des exercices modérés, de douces frictions huileuses, des bains quotidiens et tout ce qui peut tranquilliser l’esprit. En effet, le corps étant mis en bon état, les sécrétions se feront librement, à moins que la femme n’ait été affaiblie par un mauvais régime. Alors l’indication sera de fortifier tout l’organisme ; avec celui-ci se fortifie aussi l’utérus ; car s’il est faible lors de la première menstruation, surviendra le cortège des souffrances que nous avons dites ; le repos est avant tout utile. De même que ceux qui se sont livrés à la boisson sont torturés en attendant que l’ivresse se déclare, ont la tête lourde, jettent des cris violents de douleur, de même aussi l’utérus gorgé de matières est poussé vers une pénible lassitude. C’est pourquoi de bons aliments succulents sont parfaitement indiqués ainsi qu’un pessaire1 enduit d’huile. Aux femmes qui sont menstruées trop souvent on permettra de faire ce qui leur sera agréable. Les unes ont l’habitude de se reposer, d’autres ont besoin de se mouvoir légèrement, suivant leur convenance. Le repos est ce qui est le plus prudent, s’abstenir des bains ne l’est pas moins, surtout le premier jour. A celles qui depuis peu ne sont plus menstruées que parcimonieusement, à cause de leur âge, on donnera le conseil de s’observer pour que la menstruation ne cesse pas subitement. Un changement d’état brusque peut léser le corps par le changement lui-même, quand il serait bon. On ne fera pas d’exercice auquel on n’était pas habitué, un malaise pourrait en résulter. Les conseils que nous avons donnés pour l’imminence de la menstruation sont les mêmes que quand elle sera terminée comme d’habitude ; sont applicables aussi pour provoquer une menstruation tardive les préceptes que nous avons donnés. Il est en tout cas prudent de suivre les conseils dont l’efficacité a été prouvée, le résultat sera le même. On pourra faire

i . On appelait pessaire un tampon médicamenteux introduit dans le vagin, ce mot a aujourd’hui une autre signification.

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