DE L’ESTOMAC
Une affection qui atteint les femmes enceintes vers le deuxième mois, a été appelée xtaaa, nom d’oiseau, le geai du chêne, dont le plumage change de couleur, son chant de modulations comme la maladie dont il s’agit, qui modifie l’appétit de diverses manières ; ou (gctco tou xfffffo'j), ce nom est tiré du nom du lierre à cause de la variété des choses que ses branches embrassent. Cette affection se montre chez la plupart des femmes vers le quarantième jour de la grossesse, et dure jusqu’au quatrième mois et même plus. Chez certaines femmes elle se montre plus tôt, chez d’autres plus tard ; elle dure aussi moins longtemps chez certaines femmes, plus longtemps chez d’autres, rarement chez quelquesunes jusqu’à l’accouchement. Chezlesfemmes quiensont atteintes, il survient uu trouble de l’estomac, une plénitude de liquides, un manque d’appétit, une aversion pour tous les aliments ou un appétit désordonné pour des choses étranges, telles que de la terre, du charbon, des raisins non mûrs, acides provoquant des éructations acides, des digestions lentes et par intervalle le vomissement des substances absorbées ; il survient aussi des lourdeurs
Ouest le Pica. ? — C’est un appétit inusité pour les aliments, inégal, avec des troubles de l’estomac, une abondance d’humeurs inégale accompagnée de nausées.
D’où lui vient ce nom ? — De la variété des symptômes qu’éprouvent les femmes enceintes qui a de l’analogie avec les variétés du plumage de l’oiseau qui porte ce nom ; d’autres pensent que ce nom vient du lierre qui embrasse des branches variées et cause de nombreuses sinuosités.
DU PICA
et des douleurs de tête, un regard hébété, de l’anxiété, une plénitude d’humeurs crues, de la pâleur, de l’amaigrissement, des selles dures, quelquefois une distension de l’estomac, des douleurs dans la poitrine, aussi parfois un petit mouvement fébrile et un gonflement des mamelles ; chez d’autres, les vaisseaux sont turgescents et ont la couleur du poireau, chez d’autres ils sont livides ; quelques femmes ont un teint jaune. Quand la maladie se déclare, il faut prescrire une diète absolue pendant un jour afin que l’estomac ne se livre pas aux mouvements qui lui sont naturels, et reste dans un repos que rien ne doit troubler. Il n’est pas à craindre, comme le croit le public, qu’il soit nécessaire de nourrir deux êtres, par conséquent de donner plus d’aliments, car la nourriture donnée dans ce moment inopportun, non seulement ne profite pas, mais se corrompt et est préjudiciable au corps adulte et à la semence si récemment déposée. C’est pour cela qu’il faut différer de donner de la nourriture. Les navigateurs sont parfois pendant un jour complet sans prendre de nourriture ou en en prenant très peu, tourmentés qu’ils sont par des vomissements. Un ou deux jours après le traitement, qui consistera à faire des onctions, on ne donnera que très peu de nourriture de très facile digestion : un œuf, du bouillon ou un potage, très peu de blanc de volaille ; comme boisson, on donnera de l’eau en très petite quantité, mais froide, afin que la femme s’y habitue et que le gonflement de l’estomac diminue. Les jours suivants, avant de faire l’onction, il faudra frictionner le corps avec des linges doux pour obtenir une légère rubéfaction. Après ces quelques jours, il faudra donner des bains chauds, et faire boire du vin léger en petite quantité. L’exercice sera pris d’abord dans une litière, seulement, plus tard, dans un char; on fera alors des promenades, des déclamations, des lectures avec gestes, on dansera, on ira au gymnase pour jouer à la boule et pour se faire faire des frictions.
A quel mois se montre cette maladie cbc{ les femmes enceintes ? Le
plus souvent au deuxième mois, quelquefois plus tôt, quelquefois plus tard.
Ce qui fortifie particulièrement est un régime sec et le pain, le corps se trouve ainsi soulagé et affranchi des tourments du pica. Nous pensons qu’après avoir prescrit un bain quotidien, on pourra ne le prescrire que tous les deux ou trois jours. Mais quand l’estomac est très malade et s’il y a une surabondance d’humeurs, nous faisons appliquer sur la région de l’estomac des linges trempés dans des substances astringentes, de l’huile récemment faite avec des olives non mûres ; le corps sera entouré de laine, et onctionné avec de la pommade de roses et de pommes ; le myrte1, le mastic2 3 et le nard? sont des toniques de l’estomac ; une pommade faite avec l’une ou l’autre de ces substances pourra servir à faire des onctions. S’il y a des vomissements, plénitude d’humeurs de l’estomac, il sera nécessaire d’employer des astringents plus énergiques ; on pourra faire des topiques avec des fruits du palmier sec qui auront été macérés et cuits dans du vin astringent, ou dans de l’oxycrat, et des pommes de Cydon ainsi cuites entre elles ; on ajoutera à la décoction avec les fruits du palmier une des préparations dont nous avons parlé plus haut. Si nous voulons augmenter l’activité de ces médicaments, nous y ajouterons de l’alun liquide ou sec, du mastic, des roses, des fleurs de vigne, des écorces de grenade et du suc de raisins non mûrs, la noix de galle, des fleurs d’hypocistides d’acacia et des gruaux. Si les vomissements continuent et si le rejet persévérant de toute nourriture entraîne l’amaigrissement des extrémités, car leur intégrité dépend aussi des fonctions de l’estomac, il faudra les immerger dans l’eau chaude, ce qui aura pour effet d’augmenter leur densité. A la hauteur du creux de l’estomac, on appliquera une grande ventouse à large ouverture qu’il faudra bien chauffer
Quelle est sa durée ? — Elle persiste parfois jusqu’à la fin de la grossesse.