‹ Traité des maladies des femmesChapitre 35 sur 114 · Rac. arom. Valériane es · texte numérisé non relu

Rac. arom. Valériane es

DU PICA

h la flamme, et si cela ne suffit pas, une autre dans la région dorsale; cette révulsion empêche la congestion vers l’estomac; si la fluxion ne devait pas être diminuée, on appliquerait un cataplasme chaud avec de l’orge, du froment non criblés additionnés d’oxycrat. Le principal sera de donner à la malade des aliments légers, de facile digestion, qui puissent être aisément absorbés et pénétrer dans le corps et qui ne se corrompent pas ; tels des œufs (à la coque), de la bouillie avec de la farine et de l’eau fraîche ou de l’eau acidulée ou une bouillie, des pâtes tendres, surtout avec oryza1; des chairs d’oiseaux plus charnus que chargés de graisse, qui sont tendres comme du chevreuil, des ramiers, des perdreaux, des canards sauvages, des grives, ou des poissons de mer, des poules, dont on donne particulièrement le blanc ; et de la chair de gibier, du lièvre, du chevreuil ou du cerf ; des têtes, pieds, oreilles, estomacs et intestins de jeunes porcs bien cuits. On pourra aussi donner des poissons de mer à chair ferme, comme nous l’avons dit, parmi lesquels le mulet, le homard, les crabes, les coquillages, les palorides et la pourpre. Parmi les légumes, la chicorée crue ou cuite, le chervi, le porcilage, le plantin et l’asperge sauvage ; parmi ceux qui sont conservés dans le fruitier, les olives confites dans du sel et les pommes de Cydonie ; parmi ces conserves, il faut choisir ce qui a été bien imprégné par la saumure ; ce qui est resté cru se digère difficilement. Ce qui a subi la macération perd dans l’eau une grande partie de son âcreté ; mais ce qui était resté couvert par la saumure conserve ses qualités et se digère facilement. Si on veut prendre ces choses cuites, il faut les placer dans le vase sur des roseaux de façon qu’elles ne soient pas immergées dans l’eau, mais cuites par la vapeur. On peut prendre ainsi (préparés) des poires, des nèfles, des sorbes ou du raisin, qu’on aura

Atteint-elle toutes les femmes enceintes? — Non, celles seulement dont les humeurs sont abondantes.

i. Ri/, peu nourrissant et astringent.

placés dans un pot ou suspendus, car crus ces aliments donnent des flatuosités; on pourra aussi prendre des amandes. Il faut se garder de trop édulcorer ces aliments, car cela pourrait troubler la digestion ou la corrompre. Si, avant de les prendre, l’estomac renfermait des liquides qui pourraient empêcher la digestion, il faudrait l’évacuer par un vomitif, car l’aliment pris dans cette condition pourrait occasionner une indigestion. Ceux qui ne partagent pas cette opinion donnent le conseil de boire de l’eau tiède et d’introduire le doigt dans la gorge pour se faire vomir. Il en est qui, contre une humeur mordante et brûlante dans l’estomac, donnent le conseil de prendre une infusion ou une décoction de péplide ( Portulacca , euphorbe) ou même de manger du melon, ou de la semence de concombres avec du vin doux de Crète, ou de l’armoise, ou de l’absinthe, ou du nard de Syrie en infusion, ou bien du faux origan de Crète; si l’humeur est épaisse ou visqueuse, de donner des petits radis avec de l’oxymel et du sel, et un autre remède avec de la moutarde, de l’hysope mêlés en décoction dans de l’eau. Toutes ces choses sont absurdes : ce n’est pas à la diversité des humeurs qu’il faut avoir égard, mais à l’état du corps. La diversité existe dans le corps luimême; les radis se digèrent difficilement, le vin doux occasionne des flatuosités, l’absinthe peut provoquer l’avortement, il faut donc s’en abstenir dans cette circonstance. Il faut savoir résister aux appétits désordonnés des femmes enceintes, et par des remontrances, leur faire comprendre qu’obéir à cet appétit désordonné est une cause de lésions pour l’estomac ainsi que pour leur enfant qui attire à lui non un aliment quelconque, mais celui qui lui est profitable, et le corps peut en absorber qui ne lui conviennent pas, car l’eau qui suinte de la terre, bien que pure, peut être sale et troublée. Si les femmes supportent mal (les aliments), il ne faut rien leur donner. Si, après quelques jours

Quel est le traitement qu’il faut instituer ? — Les astringents conviennent quand les humeurs sont abondantes et les vomitifs quand il y a des nausées.

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d’attente, elles n’arrivent pas à la guérison qu’elles désirent, la tristesse elle-même peut les faire maigrir. Pour les soulager, il leur faudra donner comme premier conseil de ne pas prendre ce qui fait l’objet de leur désir pendant le traitement que vous avez prescrit, bien que ce qui en somme est utile, si cela est absorbé, ne nuise point, mais elles devront le prendre avec un aliment convenable et en petite quantité ; ce qui est moins utile et même peut être plus nuisible, c’est de le prendre avec d’autres aliments; seulement, il ne faut pas le prendre tout d’abord, mais après avoir pris d’autres aliments; l’estomac pourrait être lésé, car il surnagera sur les autres aliments et peut les corrompre.

Tel est le traitement du pica; celui qui conviendra à d’autres moments de la grossesse sera indiqué plus tard.

Que devons-nous employer ? — Si faire se peut, il faudra commencer par un jour d’abstinence; si cela n’est pas possible, prescrire une diète sévère pendant quelques jours, commencer par ne boire que de l’eau, puis un peu de vin et permettre des aliments secs et astringents et des applications de même nature ; on permettra des promenades en litière et, si cela est possible, on permettra des lectures à haute voix.

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