‹ Traité des maladies des femmesChapitre 36 sur 114 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

APRÈS LA GUERISON DU PICA, QUEL EST LE TRAITEMENT A SUIVRE JUSQU’A l’aCCOUCHEMENT?

Nous avons montré comment il faut soigner la femme enceinte pendant qu’elle est atteinte du pica ; voyons maintenant ce qu’il y a à faire pour le traitement qui suit cette affection, s’il en reste encore quelque trace. Il faut voir quels sont les modes de locomotion et de promenade, de récitation, de lecture, les onctions et les frictions qui peuvent convenir aux forces de la malade ; la nourriture sera plus abondante, mais elle ne devra pas en abuser ni des bains, qui ne seront pas plus fréquents que d’habitude ; il en est de même des distractions et du sommeil, il n’en faut pas plus que le nécessaire ; car, quand le corps est ainsi réconforté pour résister davantage aux maladies, la femme enceinte jouira d’une meilleure santé, et sera préparée à supporter avec plus de vaillance les douleurs de l’accouchement. Le foetus, plus développé et sain, participera à une nourriture suffisante. Au septième mois, il faudra que la femme enceinte soit plus réservée pour les mouvements, particulièrement l’exercice du cheval et tous les autres ; périlleuse est toute déchirure au commencement (de la grossesse), surtout quand l’adhérence de la semence est

Comment faut-il traiter les femmes enceintes au septième mois ? — 11 faudra user de patience et de repos afin d’éviter que le fœtus déjà bien formé soit expulsé, bien qu’à cette époque il puisse naitre vivant; il faut ne faire des frictions qu’avec précautions, ne pas comprimer les mamelles avec des bandes ; des laxatifs seront utiles afin qu’elles puissent se remplir de lait, les constrictions sont mal supportées.

traitement a suivre jusq.u’a l’accouchement. 55

encore délicate, non encore suffisamment solide pour résister à la violence et ne pas être détachée facilement de l’utérus ; plus tard, le foetus étant plus lourd, puisqu’il est plus développé, il faudra se garder des mouvements trop forts pour que le chorion ne subisse pas de rupture, que le liquide qu’il renferme ne s’échappe pas, qu’il n’en résulte pas un accouchement sec où le foetus et la mère sont exposés à des dangers prématurés ; les mouvements du foetus sont suspendus, puisqu’il est encore petit, peu adhérent à l’utérus; le chorion est encore bien relâché et pas distendu et le fœtus est exactement maintenu par lui. Il est prudent d’examiner la grosseur du ventre et d’apprécier les signes d’un accouchement prochain que nous décrirons plus loin, car si un de ces signes apparaissait, il faudrait préparer ce qui est nécessaire à l’accouchement. L’expérience a appris que les enfants nés à sept mois sont viables ; il faut donc faire usage des moyens que nous avons prescrits. Il faut bien se garder de faire des frictions sur les mamelles qui deviennent plus turgescentes et de les comprimer ; on les lèse facilement, et par suite il se forme des abcès. Par ce motif, il faut donner plus d’ampleur au vêtement habituel de la poitrine (le corset) pour que toutes les parties des mamelles puissent aisément se développer. Au huitième mois, que par euphémisme on a appelé le mois agréable (Koûcpov, lèvent), qui amène avec lui un surcroît d’incommodités et d’autres souffrances encore, il faudra diminuer la quantité des aliments ; on pourra permettre la locomotion, mais en litière seulement, ou en chaise longue, de peur que la femme n’ait la fantaisie de se promener à pied. Si les incommodités deviennent plus intenses, il faudra différer la promenade d’un jour pour qu’elles cessent

An huitième mois , comment faudra-t-il agir? — Il faudra user de beaucoup de sollicitude et de diligence, car pendant ce mois bien des choses graves peuvent survenir; pour cela, il faut moins se promener, prendre moins de nourriture, soutenir le ventre avec des bandes, faire usage d’onctions avec de l’huile verte ou de myrte sur le ventre* pour le rendre plus résistant afin qu’il ne se rompe pas, quand le travail commencera, sous la tension des efforts.

sous l’influence du repos. Il ne faut pas faire usage de bains froids que le peuple aime beaucoup ; les femmes enceintes ne supportent pas bien ces astrictions sous l’influence desquelles le désir des aliments devient plus intense et ceux-ci pris en temps inopportun sont mal supportés. La nourriture mal digérée non seulement ne nourrit pas, mais affaiblit. Il faut aussi de temps en temps s’abstenir de l’usage des bains. Les rapprochements sexuels sont nuisibles aux femmes enceintes dans tous les temps, à cause des mouvements que l’utérus subit et qui sont dangereux pendant tout le temps de la grossesse. Il faut s’en abstenir surtout dans les derniers mois, de peur de léser le cho'rion qui contient le liquide si utile à l’accouchement. Si la tuméfaction du ventre est considérable, si l’utérus est lourd et pendant, il faut le soutenir avec des bandes de linge dont le plein sera appliqué sur le milieu du ventre; les chefs, repliés sur les côtés, seront ramenés en arrière sur le dos, puis sur les épaules et fixés sur la partie antérieure placée sur le ventre1. Le pourtour de la tumeur sera enduit avec une pommade faite avec de la cire et de l’huile, laquelle sera rendue plus active en y ajoutant du jus de raisins non mûrs et du myrte; la peau, rendue ainsi plus résistante, est préservée des vergetures. Après le huitième mois, le bandage sera enlevé, car l’accouchement sera favorisé par le poids même de la matrice et rendu plus rapide. Il faudra augmenter l’usage des bains qui relâchent les tissus par le contact de cette eau douce

Que faire au neuvième mois ? — Il faudra relâcher l’enveloppement des parties inférieures, resserrer celui des parties supérieures au-dessous des mamelles pour pousser l’enfant vers les parties inférieures afin de lui préparer une sortie plus facile et plus rapide, il faudra préparer ce relâchement avec des applications ou des lotions, faire usage de pessaires préparés avec de la graisse d’oie ou de la moelle de cerf, oindre l’orifice de la matrice et l’ouvrir doucement.

i. Si c’est avec un drap de lit, le plier en cravate, le plein sera placé sur l’abdomen, les chefs se croiseront sur le dos et seront ramenés sur les épaules et noués sur le plein en avant

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